Reagan

Trump et Reagan, même combat ? Dans les deux cas, l’Amérique doute, dans les deux cas, les étudiants se sont emparés des universités (un signe avant coureur ?)… et Trump a volé MAGA à Reagan.

Mais Reagan est un homme sympathique, une sorte de Forrest Gump. Sa particularité est de voir toujours le bon côté de la vie, et de prendre ce qu’elle lui donne sans se lamenter sur son injustice. Il est pauvre, a un père alcoolique, fait des études modestes, devient speaker de radio, car il n’a pas les relations qui lui permettraient d’être acteur, puis acteur, quand il les a, et même une célébrité, contrairement à ce que l’on a dit. Mais la guerre survient, les modes changent, son étoile pâli, alors il est le premier acteur d’Hollywood à passer à la télé. Démocrate dans sa jeunesse, par reconnaissance à Roosevelt pour ce qu’il a fait pour le petit peuple, il préside le syndicat des acteurs. C’est alors qu’il voit monter le syndicalisme communiste. Ce qui l’inquiète et le fait changer de camp. Puis il devient gouverneur de Californie. Son succès est tel que l’on parle déjà de lui comme président. Mais il lui faudra trois tentatives pour être élu.

On disait qu’il était idiot et il ne revendiquait pas l’intelligence. Il avait une ligne, c’était tout, et il représentait l’Amérique, pour le reste c’était à son « intendance » de s’occuper des questions pratiques. Il lui faisait confiance. Peut-être aussi faisait-il confiance à l’Amérique. Il en était fier. Et il était heureux que l’on veuille y émigrer.

Un peu trop simpliste tout de même ? Sa « politique de l’offre », retirons impôts et lois et l’Américain libéré fera la prospérité nationale, a enfoncé les USA dans le déficit. Où l’on retrouve Trump.

(Salle des archives.)

Dangereuse séduction ?

Un surréaliste disait apprécier l’art américain qui était libre des contraintes culturelles de la tradition. La culture américaine, qui semble une absence de culture, a eu un curieux pouvoir de séduction, voire de dissolution. Elle s’est infiltrée, par exemple, en URSS et en Allemagne nazie. Et elle a été fatale à tout ce que nous, Français, appelions culture encore il y a quelques décennies.

Les cultures européennes étaient soit aristocratiques soit populaires et traditionnelles, la culture américaine est celle d’un peuple moderne, sans tradition ? Pour cette raison, elle est d’accès facile ? Peut-on espérer voir renaître une culture digne de ce nom ?

Du calme

Comme moi, les Américains se demandent pourquoi les manifestants d’hier ne se manifestent plus.

“The events of the past three months seem almost perfectly engineered to spark campus unrest,” Rose Horowitch argues. “But campuses across the country—places where students colonized the quad to protest Israel’s war against Hamas—are strangely silent.”

The Atlantic (@theatlantic.com) 2026-03-25T12:30:05Z

Une hypothèse ? L’intellectuel, c’est-à-dire le manifestant en puissance, est un gamin qui fait la nique à l’autorité, mais file droit dès qu’elle s’affirme ? Il ne traite de fascistes que les faibles ?

Retour en 29

J’ai longtemps lu ce qui s’écrivait aux USA. J’ai été surpris par la « nouvelle économie ». A la chute de l’URSS, de grands esprits ont dit que le capitalisme avait gagné, que le marché produisait l’optimum humain. Pour moi ce qui avait fait le succès des USA était son rouleau compresseur logistique, la science, la raison, l’oeuvre de Roosevelt. Il était ridicule que l’on puisse dire que c’était « le marché ». Et que l’on exhume des théories remontant aux Lumières (françaises !), stupides. Erreur ! ce qui compte n’est pas la raison, mais ce que le peuple croit. Vox populi !

Voici ce que j’ai appris sur l’histoire des USA, et que l’on retrouve de ci de là dans ce blog :

Le propre des USA, c’est une volonté folle de s’enrichir qui produit la spéculation. Et la spéculation se termine en crise ultra violente. Au siècle dernier, économistes et magnas parlent de « destruction créatrice » dont l’antidote est le monopole, seul capable d’encaisser les crises, non le marché. La crise de 29 produit une crise et une guerre mondiales. Devant l’échec de l’idéologie libérale, Roosevelt, pragmatique – autre trait américain, adopte la planification socialiste ou fasciste qui semble efficace. La guerre sauve le pays. Il connaît la prospérité. Peut-être que le tempérament individualiste de l’Américain lui fait donner de la tête contre les règles d’une société de la raison ? Il n’est pas fait pour un monde borné ? La situation se retourne. L’Amérique doute d’elle-même. Comme toujours dans ce cas, elle élit un président populiste et borné, qui lui dit qu’elle doit revenir aux sources. Il se lance dans une course à l’armement avec l’URSS. Elle s’effondre. Voir premier paragraphe. Retour en 29 ?

Eternelle Amérique

Aurais-je raison, pour une fois ?

Trump serait un Américain normal. (Ce qui expliquerait le peu d’indignation que suscite sa politique, en dehors du fait qu’elle augmente le coût de la vie et qu’elle bouscule la bourse ?)

L’Américain est un protestant et la caractéristique du protestant est d’être « self righteous », il est convaincu qu’il suffit de croire quelque-chose pour que ce soit volonté divine ?

In @nytopinion.nytimes.com President Trump has revealed a deep malady within the country, our columnist Lydia Polgreen writes: “America’s unshakable faith in its ability to shape the world to its liking, indifferent to what others might want and supremely confident that its plan is the right one.”

The New York Times (@nytimes.com) 2026-03-27T03:40:06.243632Z

Silence des agneaux

On me dit qu’aux USA, c’est le calme. Les habitants vivent comme si de rien n’était.

Ce qui est surprenant, surtout, c’est le silence des démocrates. Eux qui déplaçaient ciel et terre pour le moindre acte de racisme, eux qui avaient raillé M.Trump lors de son premier mandat. Approuveraient-ils la guerre iranienne, comme un prolongement des printemps arabes ? Mais leur silence vient de plus loin.

Pourquoi ne se révoltent-ils pas ? aurait dit Camus. Parce que la révolte n’est qu’une question de conviction et que l’intellectuel n’est que raison ?

Une exception ?

US counterterrorism chief resigns over Iran war
Joe Kent, the director of the US National Counterterrorism Center, has resigned in protest at the Iran war. He said Tehran posed “no imminent threat to our nation” and the US launched the conflict “due to pressure from Israel and its powerful American lobby”.

Financial Times, 17 mars

Guerre artificielle

L’intelligence artificielle remplace l’homme. Sa première victime serait le général américain, si je comprends bien.

Voilà qui expliquerait les raisons de la guerre ? M.Trump aurait été victime du fameux « biais de positivité » de l’Intelligence artificielle ?

The US turned to Claude and other artificial intelligence systems to help shape its vision for AI warfare. In Iran that strategy is unfolding in real time.Read The Big Take ⬇️

Bloomberg News (@bloomberg.com) 2026-03-13T03:40:23Z

Animal blessé ?

Erreur de calcul ? On disait le régime iranien fragile, il semble avoir trouvé l’énergie du désespoir.

Retournement de situation ? La faille de Donald Trump, c’est le prix de l’essence et la bourse. Celle des Israéliens est, peut-être, leurs illusions : détruire leurs ennemis ? Ne s’en font-ils pas de nouveaux, et de bien plus méchants ? On entend de plus en plus que les USA épuisent leurs munitions. Bientôt, ne pourront-ils plus se défendre ? Et, surtout, défendre ceux que veulent conquérir les ennemis des démocraties ?

Nouveau clou dans le cercueil de la globalisation, et de l’irresponsabilité de l’UE ?