La nature du bien

La particularité de l’activité humaine est qu’elle produit des déchets toxiques : la nature ne sait pas les réutiliser. Voilà ce que l’on entend.

Eh bien, il existerait des organismes qui se sont adaptés aux environnements les plus effroyables. Ils sont susceptibles de liquider beaucoup de nos déchets. (Ce qui est tout de même un peu inquiétant lorsque l’on réfléchit à ce que cela signifie des transformations que l’homme fait subir à la planète ?)

Article.

Teilhard de Chardin

Teilhard de Chardin n’aurait-il pas voulu réconcilier ses deux passions : la science et la religion ? L’évolution amènerait l’humanité, en tant que tout, vers un état ultime de spiritualité. (Du moins, si j’ai bien compris.)

Qui se souvient encore de Teilhard de Chardin ? Les papes ! Après qu’elle l’ait renié, l’Eglise s’est intéressée à ses idées. Les deux précédents papes l’auraient apprécié. (Le nouveau aussi, qui était très proche du précédent ?)

Changement réussi ? Est-il parvenu à dégager la religion d’une interprétation littérale des textes, lourd handicap, pour la ramener à son essence spirituelle ? D’où des papes qui sont désormais de leur temps, et peuvent exercer une autorité morale ?

Emission de France culture. (Les lectures des papes sont tirées de wikipedia.)

Economie de la beauté ?

Les économistes souffrent d’une obsession de la productivité : l’avenir de l’humanité serait l’inéluctable remplacement de l’homme par la machine. Mais l’exemple de Fernand Pouillon ne leur donne-t-il pas tort ?

Ils font l’hypothèse implicite que l’entreprise appartient à une personne. Elle conçoit une procédure d’exécution de son idée, qui requiert, donc, des « exécutants », autrement dit des machines. Faute de machine, on utilise un homme.

Ce dispositif n’emploie pas l’intelligence humaine, est rigide et policier (la surveillance des exécutants est coûteuse et sans utilité) et il recherche des gains excessifs (l’idéal du fondateur étant de devenir trilliardaire). Son résultat est uniforme et laid, soviétique, inefficace et coûteux.

Imaginons maintenant une organisation conçue sur le principe des bâtisseurs de cathédrales. Une communauté de créateurs modestes s’unit pour concevoir et fabriquer un nouveau produit… Ne pourrait-elle pas faire mieux et moins cher ?

L’art de Trump

Connaissez vous « the smile curve » ? L’Occident a cru que seul comptait la conception et la vente, autrement dit, « le service », la fabrication devait aller au moins disant.

D’où déficit commercial béant. Alors Trump a fait ce que nous sommes en train de faire : dire à ses partenaires commerciaux que les règles du jeu ont changé. Mais il la manière Trump. « The art of the deal. »

Trump a souvent vu juste. Seulement, il n’a pas entendu Napoléon : « tout le succès est dans l’exécution » ?

Fernand Pouillon

Un architecte de la reconstruction d’après guerre aurait été un grand escroc. Un scandale ? J’écoute l’émission.

Eh bien non. Il bâtissait du logement social de masse, certes, mais beau et lumineux, en utilisant des techniques traditionnelles, en formant des ouvriers, et pour remarquablement peu cher, si j’en crois wikipedia. Il semble avoir été dépassé par ses rêves, et peut-être ses associés. D’où faillite et prison. Après quoi il a reçu l’asile de l’Algérie. (On lui reproche d’avoir caricaturé l’architecture traditionnelle, peut-être pour flatter le gouvernement.) N’étions nous pas condamnés à la laideur des barres de béton et des Le Corbusier ?

Une inspiration pour nos temps de remise en cause, d’artificiel, de pauvreté et de manque de ressources naturelles ?

China über alles

La semaine dernière, je lisais que l’on venait de découvrir que la Chine était une superpuissance du médicament. On lit aussi que son intelligence artificielle va ridiculiser celle des USA. Des avantages d’une économie planifiée sur l’économie de marché ? (D’ailleurs n’est-ce pas elle qui a fait le succès des USA pendant et après la guerre ?)

La stratégie de la Chine est de faire mieux que tout le monde, et moins cher (en particulier grâce à des subventions massives) ce qui est vital à l’économie mondiale.

Ne ressemblerait-elle pas aux start-up américaines ? Grâce aux fonds levés elles éliminent la concurrence, puis pratiquent une politique de monopole. Mais comment payer la Chine si nous n’avons plus rien à lui vendre ? Et que reste-t-il de la Chine d’ancienne et subtile culture ? L’influence occidentale l’aurait-elle vidée de son âme ? Nous en voudrait-elle à mort ? Stratégie suicidaire ?

Ecole des annales

Marc Bloch et Lucien Fèvre ont créé l’école des annales. Cette « école » a inventé une façon nouvelle d’étudier l’histoire. Une forme d’anthropologie qui recherche les forces qui font bouger l’humanité. Une façon d’étudier le passé pour comprendre le présent.

Encore une fois, il est possible que l’on doive cette école aux Allemands. Ces derniers étaient les précurseurs de cette démarche. Le Français, aimable amateur, a fini par prendre conscience de son retard ? Et cela a produit des travaux passionnants. C’est la force de l’amateur lorsqu’il fait un travail sérieux ?

Mais cette école n’est-elle pas morte ? La nouvelle génération d’historiens paraît avoir pour seule obsession de dénoncer les méfaits de l’Occident. Elle n’a plus rien à apprendre de l’histoire, elle lui donne des leçons.

Intelligence service

Comment augmenter les revenus de mon association ? Un ami fait appel à trois logiciels d’intelligence artificielle pour m’aider.

Mistral : indigent. Curieusement, le texte contient des caractères chinois. Traduits, ils semblent effectivement correspondre au mot manquant.

Tchat : solutions faciles.

Claude : plus malin. J’ai appris quelque-chose. Seulement, une vérification prouve que ce que dit Claude est FAUX. Non seulement il oublie une partie des modalités d’application, mais surtout que nous ne sommes pas éligibles au dispositif proposé !

A chaque fois, le chiffre d’affaires progresse vertigineusement. Seulement, cela demeure du yakafocon. La conduite du changement que requiert ces recommandations est ignorée. Ces logiciels ont dû faire leur apprentissage chez les consultants. (Ou chez Balzac.)

Limites de l’artificiel

Enfin ? On porte un regard critique sur l’intelligence artificielle ?

Et on constate que quoi qu’elle fasse, il y a certains problèmes qu’elle ne pourra jamais résoudre. Autant qu’elle évite de perdre du temps à s’y attaquer.

The researchers identified two main reasons why machine learning breaks down when analysing complex systems: either the algorithm can’t tell when it’s seen enough data to return a reliable result, or patterns in the system can be hidden or hard to distinguish.

Article

Implicitement les promoteurs de l’IA croient à la force brute. Plus ils nourrissent l’IA plus son QI augmente. En fait, elle est désorientée par la complexité du monde, elle aussi rencontre « l’effet papillon ». Il est, en outre, possible qu’un problème ne puisse pas être résolu « bestialement », mais qu’il requière de franchir plusieurs étapes.

Adaptation

Je lisais que les incendies actuels paralysent des « acteurs » critiques de l’économie. Défaut de préparation. Ils cherchent la réduction d’émission de CO2 (la loi les y oblige), mais ils oublient les risques courants, et ne protègent pas leurs installations.

Un rapport de Terra Nova fait la distinction entre « atténuation » (réduire les émissions) et « adaptation » (devenir résilient).

Le paradoxe de l’ère libérale que nous vivons est que la production de lois est incessante. Aurait-elle fait perdre aux entreprises, et aux citoyens, leurs instincts de survie ?