Les économistes souffrent d’une obsession de la productivité : l’avenir de l’humanité serait l’inéluctable remplacement de l’homme par la machine. Mais l’exemple de Fernand Pouillon ne leur donne-t-il pas tort ?
Ils font l’hypothèse implicite que l’entreprise appartient à une personne. Elle conçoit une procédure d’exécution de son idée, qui requiert, donc, des « exécutants », autrement dit des machines. Faute de machine, on utilise un homme.
Ce dispositif n’emploie pas l’intelligence humaine, est rigide et policier (la surveillance des exécutants est coûteuse et sans utilité) et il recherche des gains excessifs (l’idéal du fondateur étant de devenir trilliardaire). Son résultat est uniforme et laid, soviétique, inefficace et coûteux.
Imaginons maintenant une organisation conçue sur le principe des bâtisseurs de cathédrales. Une communauté de créateurs modestes s’unit pour concevoir et fabriquer un nouveau produit… Ne pourrait-elle pas faire mieux et moins cher ?