Supraconductivité

J’ai toujours tort. Je ne savais pas ce qu’est la supraconductivité.

En général, on dit que lorsque l’on abaisse la température de certains éléments, ils se mettent à conduire l’électricité, sans perte d’énergie. En fait, il s’agit d’un « état émergent », qui ne se produit pas forcément à basse température, et qui défie toutes les théories. Dans sa découverte, on navigue à vue. Initialement, par exemple, on cru qu’il fallait des éléments purs. Puis on a découvert que, justement pour produire l’effet à haute température, il fallait utiliser, au contraire, des composés.

En fait, il semblerait que l’on soit dans la situation de l’atome. Les électrons tournent autour du noyau sans perte d’énergie. Ici, on aurait reproduit la même situation.

L’atome obéit à la mécanique quantique. « Mécanique quantique » étant un terme que l’on a inventé pour sauver la face de notre raison désorientée ?

La science en arriverait elle à douter de son déterminisme ? Découvrirait-elle que la voie qu’elle suivait n’est pas la seule possible, et même qu’elle l’aveugle, que le hasard est fructueux ?

J’entendais aussi dire que l’on avait découvert un nouvel état de la matière : de la glace ayant une structure et une densité d’eau.

Cette glace pourrait se trouver sur certains satellites de planètes solaires, qui présentent des conditions favorables. Cependant, je constate que l’homme semble faire émerger des états de la matière que l’on ne trouve pas dans la nature…

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Le gâteau de Rawls

Demander à un enfant de découper un gâteau, et à un autre de choisir sa part, garantit une répartition égalitaire. C’est une histoire qu’utilisait un invité de In our time de la BBC, pour expliquer une idée de Rawls.

Intéressante idée. Je me demande si elle n’explique pas, à l’envers, beaucoup de changements. Quand une classe sociale se réserve d’un peu trop belles parts d’un gâteau, elle attise les appétits d’autres couches sociales.

La raison du plus fort est toujours la meilleure. Voilà une incitation à la justice ?

(Cette émission a utilisé un argument imparable pour me donner envie de lire Rawls : s’il est autant critiqué, c’est parce qu’il a posé beaucoup de questions fondamentales.)

Triomphante Amérique

Joe Biden serait triomphant. Sa politique réussit. Les USA n’ont jamais eu aussi peu de chômage. Et les bas salaires ont profité de grosses augmentations. Même la menace d’inflation s’estomperait. Le pays récupère sa souveraineté à grande vitesse. Il a fait ce que lui conseillait ce blog, i.e. la politique de Trump, afin de récupérer son électorat, qui était, auparavant celui des démocrates. Curieusement, il n’est plus incorrect, dorénavant, de dire que la précédente politique démocrate appauvrissait la population. Et non, elle ne votait pas Trump parce qu’elle était soudainement devenue insensée.

Plus inquiétant : on s’acheminerait vers un affrontement entre Biden, 82 ans, et Trump, 78 ans, au moment de la prochaine élection présidentielle. La Chine emprunte sa gestion du covid aux USA, et les USA les pratiques du PC chinois ? (Réflexions tirées de Politique étrangère de France Culture – qui allait jusqu’à dire que M.Biden avait mis un terme à un demi siècle de Reaganisme.)

Curieux, qu’en France, la population se dise épuisée par le travail, alors que ces hommes politiques, qui n’ont certainement pas une minute à eux, en redemandent jusqu’à ce que mort s’ensuive !

Si nos syndicats étaient intelligents voilà une idée qu’ils devraient opposer au gouvernement : pourquoi le travail est-il si dur pour l’individu ? Comment le rendre aussi agréable que la politique ?

Voilà qui mettrait tout le monde d’accord : bonheur au travail et plus de retraite !

Ubérisation

La société a été ubérisée, me disait un chasseur de têtes. Les plans sociaux successifs ont jeté dans la nature beaucoup de cadres (les gens avec qui il travaille), qui se sont réinventés en indépendants.

Paradoxalement, l’indépendance correspond de plus en plus aux aspirations des jeunes, et de moins jeunes.

Cela pose une question : la pérennité de l’emploi. Un ingénieur m’a dit qu’à moins de choisir la voie, de plus en plus étroite, donc risquée, du management, être indépendant était la seule manière de cultiver son savoir-faire, et de maintenir son intérêt pour l’employeur.

D’ailleurs, je découvre beaucoup qu’il y a de plus en plus de spécialités extrêmement « pointues », cruciales à certains moments, mais sans emploi la plupart du temps. Le seul moyen de les conserver (elles évoluent sans cesse) est de travailler pour beaucoup de monde.

Proposer ces gens pourrait être la mission des cabinets de conseil. Seulement, ils ont choisi le modèle de la « chair à canon ». En conséquence, les indépendants de valeur tendent à s’organiser en nuées plus ou moins structurées.

Ce qui m’amène à une étrange idée. J’ai déjà rencontré ce modèle, dit « japonais », dans une usine espagnole. Elle devait sa performance exceptionnelle, qu’aucun délocalisé ne pouvait approcher, au fait qu’elle gérait une nuée de sous-traitants. Elle ne se préoccupait pas de prix, mais de charge : elle cherchait à en assurer un minimum, partout. Pour ce faire, elle avait développé un système d’information sophistiqué, et elle possédait quelques vieilles machines, qui lui permettaient de prendre la charge qui dépassait les capacités de ses sous-traitants, ou ce qu’ils ne voulaient pas faire. Si l’on remplace, dans cette histoire, la machine par l’homme, a-t-on là le modèle de l’avenir ?

Prématuré

Les stéroïdes couramment administrés aux bébés prématurés, pour améliorer leurs chances de survie, augmentent le risque de problèmes cardiovasculaires à long terme. Mais une nouvelle étude sur des rats a révélé que, s’ils sont administrés en conjonction avec des statines, leurs effets positifs persistent tandis que les effets secondaires négatifs potentiels sont «éliminés». (Université de Cambridge.)

De notre responsabilité sociale ?

De la grève

Quasi grève générale en Angleterre. Les écoles sont fermées, le NHS souffre… Les syndicats demandent le double de l’inflation. Le gouvernement répond qu’il ne veut pas rendre l’inflation irréversible.

La médecine privée et les « public schools » ne sont pas en grèves. Les professions intellectuelles sont en télé travail. C’est le petit peuple qui paie la note. Guerre fratricide ?

Comment éviter ce phénomène, que nous connaissons aussi en France ?

L’école de la 3ème République fut un succès. Il en est probablement de même des services publics d’après guerre. Ce succès ne provenait pas du dispositif lui-même. Il a été attaqué en 68, avec des arguments qui lui ont été fatals. Son succès tenait, je crois, au « contrat social » qui l’avait précédé. Tout le monde était d’accord pour y jouer son rôle.

N’est-ce pas ce type de contrat qu’il faudrait réécrire ?

(PS. C’est comme cela que je lis La politique d’Aristote : toute société humaine est fondée sur une « constitution », qui est ce contrat.)

Ancrage de la pensée

Décidément, les « laboureurs » de B.Cyrulnik me posent des questions.

L’ai-je bien compris ? Je trouve que sa vie et celle de mon père contredisent totalement ses théories.

On peut difficilement imaginer plus « insécure ». Et pourtant, ce sont des gens qui sont parvenus à penser par eux-mêmes, sans chercher la protection de gourous, comme le font tant de jeunes, pourtant aimés de la société, voire privilégiés.

Dans leurs deux cas, je vois un phénomène similaire : la société, en ces temps, avait un sens. Le progrès. Et des institutions, telles que l’école, qui le réalisaient. Se rattacher à ce mouvement, d’un seul coup, donnait un sens à la vie, et rendait fort.

Dans les deux cas, un enseignant, l’agent même du progrès, le porteur même du projet social, les a repérés, et les a mis sur la voie de l’éducation supérieure. Ce qui en a fait des hommes forts : ils avaient appris à se défendre par eux-mêmes. Et ce, même si, en ces temps, l’éducation supérieure n’était pas tendre pour les pauvres.

Les recettes du labour ? Une société qui croit en elle-même, et qui s’arme de « hussards noirs » porteurs de ses valeurs ?

Liberté

De la liberté selon Hegel… Discussion de In our time, de BBC 4.

Liberté. Question d’actualité. Ne vivons-nous pas au temps du « libéralisme » ? Le libéral dit : la liberté, c’est ne pas avoir de contraintes. Il se trouve qu’un autre interviewé de la BBC expliquait que le Brexit avait été un bonheur pour la City, et qu’il y avait encore beaucoup trop de réglementation.

Cela paraît tomber sous le sens. Jusqu’à ce que l’on examine ce qui empêche sa liberté. Eh bien, c’est celle de l’autre. Les « droits de l’homme ». La liberté du libéral, c’est avoir des droits, mais pas de devoirs.

Le devoir n’est qu’une contrainte pour l’esprit limité ? L’humanité a voulu se protéger de la mort infantile, des épidémies, du froid, de la faim, des accidents de la route… Tout cela a créé des contraintes. Et, surtout, elle a des désirs. Un enfant qui ne peut pas faire les études dont est digne son intellect, pour la seule raison qu’il n’habite pas le 6ème arrondissement de Paris, est-il véritablement libre ? Et que peut-on faire, seul ? Le chef d’orchestre est il libre, sans musiciens ? Et un informaticien, sans ordinateur ? Et Einstein est-il libre d’exprimer son génie, sans maçon et cuisinier ?

Mais que signifie « libre » ? Comme pour la « justice », on est tous certains que c’est évident, mais il n’y a aucun accord sur sa signification ? Apparemment, Hegel pensait qu’elle évoluait avec le temps et les circonstances…

La liberté guidant le peuple

BBC 4 étudiait La liberté guidant le peuple, de Delacroix. (In our time, une émission de 2011.)

Remarque surprenante : il y aurait autant de noms en français pour la foule, qu’en esquimau, pour la neige. (Je ne connais pas l’esquimau, mais je ne suis pas convaincu. L’avis du CNRTL.)

Et le tableau rappellerait une constante française : à quel point une insurrection est vite survenue, dans notre pays.

Ce que disait aussi l’émission, c’était à quel point Charles X était peu intelligent. Alors que la France est hautement inflammable, il l’a défiée.

Concordance des temps, comme dirait une émission de France Culture ?

Olaf Scholz

Tank allemand en Ukraine. La semaine dernière, et avant, j’ai beaucoup entendu parler d’Olaf Scholz, à la fois par la BBC et France Culture. On (notamment Daniel Cohn-Bendit) lui reprochait son manque de vision.

J’ai une autre vision des choses. Il me semble qu’il manoeuvre « dans le brouillard », comme Mme Merkel. Et, qu’au fond, il a le courage de ne pas céder à la pression. De prendre le temps de la réflexion. Et, finalement, il me semble avoir réussi son coup. Il a plus ou moins réussi à embarquer un peuple divisé. Et, surtout, il a rallié M.Biden à sa cause.

Me trompé-je ? Il me semble qu’il a recréé une solidarité occidentale, à un moment où les USA tendaient à oublier leurs racines européennes. Et cet Occident dit à la Russie, que « quoi qu’il en coûte », il soutient l’Ukraine, et la démocratie. C’est aussi un message d’avertissement bien venu, en ce qui concerne la belliqueuse Chine.

Bien sûr, cela nous expose à une possibilité de guerre nucléaire avec M.Poutine, ou avec un successeur putschiste. Mais l’alternative n’était-elle pas pire ?

Leçon de démocratie ?