Iran USA

Les experts de Christine Ockrent ne paraissent pas plus éclairés que l’homme de la rue lorsqu’il s’agit du conflit entre l’Iran et les USA. L’Iran est le Vietnam de Trump. Il a coûté la vie a beaucoup de monde mais a coupé le sifflet à Trump. Une compensation ?

Que va-t-il émerger une fois que la poussière sera retombée ? Un nouvel ordre du monde ? De nouvelles puissances qui auront creusé leur sillon plutôt que de contempler les événements bouche bée ? On ne sait pas. Ils constatent, comme nous tous, que l’économie mondiale paraît absorber le choc. Ce qui est une bonne nouvelle et le signe que la société s’adapte, en dépit du désarroi de ses élites ?

Anxiété de survie

Un ami me disait qu’il trouvait les Français étonnamment passifs. Les agriculteurs, par exemple, se laissent tondre la laine sur le dos. Hier, ils auraient mis le pays à feu et à sang.

L’émotion que suscite l’effondrement de notre système éducatif – l’oeuvre de la 3ème République, dont nous étions si fiers, le budget de l’Etat, qui serait devenu la première préoccupation de nos concitoyens, des propos de dirigeants constatant que le prochain gouvernement sera aussi impuissant que celui-ci et qu’il faut agir… Un frémissement ?

Bilan

Cela n’a certainement échappé à personne, M.Macron aura obtenu l’envers de ses intentions.

Il s’était présenté comme le digne produit de notre système scolaire, le président de l’entreprise et le pourfendeur du FN. Or, le FN est aux portes du pouvoir, l’Education nationale forme des cancres, quant à l’économie…

L’économie française en plein décrochage par rapport au reste de l’Europe : croissance faible, inflation et chômage en hausse
La croissance ne devrait pas dépasser 0,4 % en 2026, contre 0,7 % prévu, selon l’Insee. Les principaux moteurs de la demande – consommation et investissements – sont à l’arrêt, quand l’inflation et le chômage continuent de grimper. Cette contre-performance contraste avec la reprise des autres grandes économies de la zone euro.

Le Monde du 11 septembre

Voilà qui enchanterait le spécialiste de systémique. Le problème est la solution, disait Jay Forrester. Quelle était la solution que M.Macron avait en tête ?

Bonne impression

Les enseignants préfèrent les filles ? Il semblerait au moins que ce soit le cas en Angleterre. Ils tendent à sur évaluer leur capacité à faire des études supérieures, par rapport aux garçons. En cela, ils pourraient être influencés par des considérations extra scolaires.

“Teachers are not supposed to base predicted grades on students’ character, but they are probably not doing so consciously”

Pourrait-il en être de même pour notre Parcoursup ?

(D’ailleurs, est-ce une question de sexe ou d’attitude ?)

Mozart

Mozart de la finance. Ce serait un qualificatif de M.Macron. Pertinent ? Alors que l’on aurait cru qu’il allait s’atteler à réduire un déficit qui avait atteint un seuil interdit, il l’a doublé. Et personne n’a bougé.

Son idée ? Relancer l’économie par le déficit vu comme un investissement. Un investissement dans des projets glorieux, qui brillent ailleurs.

Pouvait-on faire autrement lorsque l’on possède sa vocation ? Gérard Philipe jouant le Cid – grandes tirades et actes glorieux qui remplissent l’humanité d’horreur (au sens de Victor Hugo) ? Dans son ouvrage-manifeste, n’annonce-t-il pas qu’il va faire entrer dans la modernité notre pays de ploucs ?

(Dommage qu’il n’ait pas compris son potentiel, car il en était le publicitaire idéal, et aurait pu connaître la gloire ? Et, comme Gérard Philipe, être enterré dans le costume du Cid ?)

Antoine Blondin

Devrais-je faire une nouvelle tentative ? Je n’ai pas réussi à lire un livre d’Antoine Blondin. Une question de style, de vocabulaire. Antoine Blondin confirme mon impression : le lecteur ordinaire est rebuté par son oeuvre. Et, pourtant, il a connu le succès.

Drôle d’homme, qui semble avoir vécu à contre-temps. Et dans la vie de qui l’alcool et l’amitié ont beaucoup compté.

Il semblait s’inquiéter, à juste titre ? des conséquences qu’aurait sur la société l’esprit de 68. Il remarquait que lorsque tout le monde veut être marginal, il n’y a plus rien sur la page. Et que lorsque tous les intellectuels sont de gauche, le véritable homme de gauche se retrouve à droite.

Loi de l’homme

Qu’est-ce que certains grands philosophes ont contre la science ?

Ils disent que l’humanité ne lui obéit pas. Elle crée ses lois de la nature. Elle n’est pas déterminée. En quelque-sorte elle n’est que « big bangs ». C’est à l’homme, en groupe, d’inventer son avenir.

Certains peuples pensent que l’animal descend de l’homme, d’autres que l’animal et l’homme sont frères et que la proie se donne au chasseur… Claude Lévi-Strauss dit que la notion « d’histoire » n’existe pas chez les peuples primitifs… Les sociétés développent des croyances, des descriptions de l’univers, adaptées aux conditions dans lesquelles elles vivent et qui font leur succès. A nous de trouver la croyance qui marche le mieux ?

Gérard Philipe

Il y a des acteurs dont la gloire est durable. Il me semble que Gérard Philipe est l’un d’entre eux. Je pense que cela tient à ce qu’il était ses personnages. Curieusement, j’ai l’impression que c’est le cinéma qui a fait sa fortune, mais que c’est le théâtre qui a fait cette gloire.

Curieux aussi l’entretien qu’accorde son épouse. On apprend peu de choses sur lui, sinon qu’il entrait immédiatement dans son rôle. Et que le succès ne lui montait pas à la tête. On y entend peu d’émerveillement. Peu d’amour ?

Je me suis demandé s’il n’avait pas épousé une Madame Macron (mais en beaucoup moins sympathique).

Science et conscience

Simone Weil n’aime pas Bergson, et pourtant ils semblent dire la même chose.

Et cette chose est que la science passe à côté de l’essentiel. Simone Weil va jusqu’à écrire, en citant Mein Kampf, que c’est des enseignements de la science qu’est sorti Hitler. Elle le trouve bien moins coupable que ceux qui ont écrit ce qu’il a lu, ou qui pensent comme lui mais n’ont pas le courage de passer à l’action.

En fait, cette idée était courante après guerre. Beaucoup de savants estimaient que la science moderne était basée sur un présupposé erroné, qui était responsable des horreurs de la guerre, qui avait failli être fatale à notre espèce, et amenait l’humanité à sa perte. Car le succès de la science est celui de la physique, la science de l’atome, de l’individu ultime. D’où une tentative de créer une « science de la société », systémique, puis théorie de la complexité.

En fait, l’erreur de la science est peut-être, tout bêtement, de croire que l’on peut en tirer des enseignements. Car les enseignements que l’on en tire à un moment sont niés par les découvertes suivantes.

Quant à Simone Weil, Bergson et Hannah Arendt, ils semblent penser, avec raison ? qu’il existe un principe qui échappera éternellement à la science : l’humanité.

Art

Claude Lévi-Strauss discute de l’évolution de l’art. Curieusement, l’artiste moderne aurait voulu redevenir primitif.

L’art du primitif est fait de signes, c’est un langage, celui du civilisé veut représenter la réalité. Ayant abouti à une impasse, il a cherché (inconsciemment), à revenir aux origines. Mais il a échoué. Chacun a inventé un langage que personne ne comprend.

En fait, le phénomène est peut-être plus étrange qu’il ne le dit. Il donne l’exemple d’un peuple primitif : lorsqu’une personne est malade, elle fait appel à un guérisseur, qui vient passer une nuit chez le patient, communique par le rêve avec les esprits, et en tire une peinture murale qui, paradoxalement, ressemble à toutes les peintures murales ayant la même fonction. Et si le surréalisme avait été le dernier effort de nos artistes pour se transformer ? Comme les chamans, les surréalistes prétendaient avoir accès, par le rêve, aux esprits de la nature, à la véritable réalité. Mais le langage qu’ils ont produit ne nous parlait pas. Car, contrairement aux chamans, ils n’étaient pas les autorités culturelles de la société, qui ont accès non à la nature ultime, mais à l’esprit commun à leur groupe social ?

Je me demande si Claude Lévi-Strauss ne se trompe pas : l’art n’est pas un concept universel. C’est un sous-produit des religions des peuples primitifs. L’Occident, avec sa manie de la division des tâches, n’en a-t-il pas fait une activité en tant que telle ? Activité qui a pris sa propre vie. Et qui a connu une série d’innovations, comme tout ce qui est occidental, et a fini, comme d’habitude, en contradiction ?