Le jeune Haroun

Haroun Tazieff est interviewé en 1959. Il a 45 ans et est déjà célèbre.

On découvre un révolté, qui n’étudiait bien qu’avec les enseignants qui lui plaisaient, qui a rejeté le milieu universitaire de ses parent et l’esprit des colons qu’il a rencontrés au Congo Belge. (Mais il trouvait que les colonisés étaient bien traités.) Comme je le pensais, il était avant tout un sportif et un aventurier. Il est devenu vulcanologue par hasard. Il est séduit par le spectacle que donne le volcan. Et très déçu lorsqu’il n’est pas actif.

En 1959, il envisage la retraite. Il est las des voyages et aimerait avoir du temps à soi…

(France culture : Tous les plaisirs du jour sont dans la matinée – Haroun Tazieff (1ère diffusion : 21/11/1959 France II Régionale))

Maronnier artificiel

OpenAI says it took a week to detect its AI models had hacked Hugging Face
Start-up says AI agents communicated among themselves and sometimes tried to conceal efforts to cheat during testing

Financial Times, 26 août

Marronnier de ce blog : l’intérêt qu’il y aurait à étudier le comportement de l’intelligence artificielle. Et le fait qu’elle ressemble à une sorte de Mr Hyde. L’enfant naturel d’une culture obsédée par le bien et le mal ? (Et qui produit le mal en disant faire le bien.)

Simenon

L’oeuvre de Simenon est faite pour la radio. Le roman est trop court (écrit à la hâte ?), le film aussi. La radio laisse à l’ambiance le temps de s’installer. Et je préfère imaginer les personnages que les voir.

Les Maigret montrent une curieuse image de la France. Le couple Maigret est peut être l’exemple de l’ascenseur social. Le policier semble, à cette époque, une des rares personnes à avoir une situation assurée. Une grande partie du pays paraît vivre dans la précarité et la pauvreté. Une frange importante basculant même dans la prostitution et le crime. D’après ce que dit un des créateurs de la polie scientifique, dont parle ce blog, la France était bien ainsi. Une situation que l’on a oubliée. Quant aux inconnus dans la maison, on y voit un portrait sinistre de la bourgeoisie provinciale. Si Moulins fut comme cela, il est méconnaissable.

Son oeuvre compte aussi un grand nombre de nouvelles. Elles me semblent, souvent, parler des ratés. Mais Simenon a aussi inventé « l’agence O ». Il exploite une veine comique. Et s’inspire de Sherlock Holmes ? y compris de son sens, très particulier, de la justice ?

Feuilletons Simenon.

Simenon

Drôle d’homme que ce Simenon. Il est très content de soi. Et susceptible à la galéjade : à l’en croire, certains Africains vivent dans les arbres et d’autres les chassent et les mangent ! Et il annonce taper 92 mots à la minute (une dactylo professionnelle dépasse difficilement les 40 mots minutes), il est vrai que son orthographe est approximative.

Il accuse les vedettes de la littérature de son temps « d’intellectualisme ». Elles vivent entre elles, ne connaissent rien à la vie. Quel peut être l’intérêt de leur oeuvre ? Ce qui n’est pas faux. D’ailleurs leur notoriété est surprenante, elles sont peu lues (surtout en comparaison de sa production : il annonce 55 millions d’exemplaires vendus, par ouvrage – qui lui aurait demandé 7 jours de travail), et comprises.

Argent

L’argent, c’est le mal, lis-je souvent. Simone Weil en fait le principal facteur de « déracinement », de malheur humain. Mais qu’est-ce que « l’argent » ? Rien. Simplement un bon qui permet l’échange à distance du travail de l’un contre le travail de l’autre. Cela paraît une bonne idée, seulement, on tombe immédiatement dans la « complexité ». Le bon prend une valeur en lui-même, on le thésaurise, on le manipule, on en crée trop ou pas assez… Et l’économie, qui devrait en être la science désintéressée, fait l’objet d’une prise d’otage par des « intérêts spéciaux », qui la détournent.

En tout cas, une société ne peut pas vivre sans.

Ennemi public

Meta to pay up to $16.7bn to settle children’s social media harm case
Meta has agreed to pay up to $16.68bn to settle its blockbuster legal battle with more than two dozen US states over alleged failures of child protection and social media addiction, just as the case was getting under way in a California courtroom.

Financial Times du 26 août

Précédent ? Que retenir de ce précédent ? Les réseaux sociaux sont dangereux pour la santé ? Et même très dangereux ? Sommes-nous, nos enfants plutôt ? correctement protégés ? Un sujet qui mériterait une réflexion, pas uniquement des tribunaux ?

Complément :

Addiction à Facebook et Instagram : Meta s’évite un procès historique et une sanction colossale aux Etats-Unis
Menacée d’une amende de 200 milliards de dollars pour avoir délibérément rendu les mineurs dépendants de ses réseaux sociaux, l’entreprise a accepté de limiter l’accès des adolescents à ses plateformes et de verser jusqu’à 18 milliards de dollars pour clore les poursuites, l’équivalent d’un mois de chiffre d’affaires.

Le Monde du 27 août

L’esprit de l’occident ?

Un commentaire de livre retrouvé par hasard. Aurait-il vu juste ?

Le moteur du capitalisme serait la misère et l’innovation. Effectivement, l’ère de la « mondialisation » a produit une recherche frénétique du « coût bas ». Je lisais, aussi, quelque-part que nos grandes entreprises licenciaient de l’ordre de 300.000 personnes par an. Quant à l’innovation, serait-ce l’intelligence artificielle ou le robot humanoïde, qui ont la curieuse propriété, pour l’un, de copier le cerveau humain, et, pour l’autre, de remplacer l’homme, tout simplement ?

La révolte de notre temps, le « populisme » ? Le capitalisme, effectivement, une « lutte de classes » ? Un mal propre à la culture, individualiste, occidentale ?

Crépuscule de la culture

Années 50. Entretiens avec Claude Lévi-Strauss. Il s’engage dans des considérations qui ne peuvent être que françaises : de l’évolution des sociétés. Passionnant ! Mais tout cela tourne vite court. L’interrogateur ne s’intéresse qu’à la culture, au sens « maison de la culture ». La société est lasse de l’art classique, dit Claude Lévi-Strauss. En revanche l’art moderne est dans une impasse : il n’est pas populaire. Il est même restreint à un individu.

Il est fait d’intéressantes considérations sur le surréalisme : changer un objet de son environnement, c’est de l’art ! Mettez une saucisse dans votre salle de bain ou une brosse à dent dans votre cuisine et vous êtes un artiste !

La dimension populaire me semble, effectivement, capitale. Tout groupe humain crée sa culture et son art. Les cultures sont mortelles mais l’art est immortel ?

Analyse comportementale

La police utiliserait des « analystes comportementaux » dit une émission. Sont-ils efficaces ? Difficile d’en être sûr : on ne parle que de succès, et l’on ne sait pas ce qui se serait passé si l’on ne les avait pas utilisés.

Cela m’a rappelé le temps de mes études de marché. J’en tirais une « typologie comportementale ». Par exemple, vis-à-vis d’un certain type d’innovation, les « leaders d’adoption » étaient des inquiets (si mes souvenirs sont justes, ils représentaient 8% de notre échantillon, mais un tiers de son chiffre d’affaires global – l’inquiétude a du bon ?). Contrairement à ce qu’espéraient les comités de direction clients, il était impossible de « piloter l’entreprise par ordinateur », de déduire le comportement du marché des données qu’ils possédaient. En revanche, lorsque l’on présentait l’analyse au commercial, il la trouvait évidente. (Et utile !)

Durkheim constate que les circonstances sociales influencent les comportements. Et si l’on se demandait comme les modifier pour qu’elles produisent moins de crimes ?

Exotisme

Le progrès a produit l’exotisme. Au dix-neuvième siècle on promenait son spleen au rythme des diligences. Puis est arrivée la vapeur, et l’on a rendu visite au monde. Et on en est revenu avec des souvenirs piquants. Et ce, d’autant plus que l’esprit du touriste est limité, et qu’il est incapable de comprendre la complexité humaine. Ce qui semble avoir été le cas de Loti.

Emission de France culture.