On n’a pas conscience de notre bonheur. Il y eut un temps où la peste faisait des ravages. On doit à Yersin d’en avoir découvert le bacille.
Yersin n’était pas celui que je croyais. Venu de Suisse, il avait travaillé avec Pasteur à une époque glorieuse, où Pasteur était vu comme une sorte de dangereux révolutionnaire. Mais il ne s’est pas plu dans ce milieu. Il est devenu médecin militaire et s’est retrouvé au Vietnam. Un Vietnam qui n’est pas le nôtre. Le pillard y terrorisait encore le villageois?
Lorsque la peste s’est déclarée en Chine, il y est parti et y a découvert le bacille de la peste au nez et à la barbe d’un chercheur japonais bien mieux équipé et bien mieux en cour. En cela, il ne faisait qu’appliquer les méthodes de Pasteur, qui ont produit une étonnante vague de découvertes. Puis il est revenu au Vietnam, où il a cultivé l’hévéa, et beaucoup d’autres choses, afin de fournir des revenus à l’institut Pasteur local, qu’il dirigeait.
Il est un des seuls apports de la colonisation qui y soit encore révéré.
(Emission de France culture.)

