Gain de productivité

On me dit que l’on utilise l’intelligence artificielle pour planifier des rendez-vous. Un travail que faisaient jusqu’ici des assistants. Parfois, cela fonctionne, mais de temps en temps plus rien ne va et c’est la panique. Le mécontentement et le stress sont grands.

Je suis surpris que l’on soit surpris. Car c’est le comportement ordinaire de l’intelligence artificielle.

Je suis surtout surpris que l’on utilise l’intelligence artificielle. Car on est en face d’un problème de mathématique bien connu : le voyageur de commerce. Un problème dit « NP complexe », qui épuise les ordinateurs si on veut le résoudre parfaitement.

Jadis, un de mes collègues a travaillé à cette question. Il s’agissait de remplacer une équipe de planificateurs par un logiciel. Curieusement, à chaque fois que le logiciel faisait mieux que ceux-ci, ils s’amélioraient et battaient le logiciel. Je ne sais pas si le cabinet pour lequel je travaillais alors a pu vendre son logiciel. (J’ai suggéré que sa valeur était dans la stimulation qu’il apportait auxdits planificateurs, mais je n’ai probablement pas été entendu.)

Leçon ? L’homme (le planificateur) a des ressources insoupçonnées, mais l’homme (l’utilisateur d’IA) devient inculte. Ce genre d’aventure doit expliquer pourquoi l’on peine autant à mesurer le moindre gain de productivité venant de l’IA.

Rassurer les marchés

La situation allemande est explosive. L’AFD a le vent en poupe. Le parti du chancelier va-t-il céder à ses sirènes ? Le chancelier lui-même ne va-t-il pas être renversé ? Or, voici ce qu’il dit aux « marchés » :

« Nous incarnons tout ce que les investisseurs apprécient le plus » : comment l’Allemagne vante ses mérites auprès des géants de l’économie mondiale

Les entreprises se sont engagées à réaliser près de 230 milliards d’investissements en Allemagne cette année, a annoncé le gouvernement

Les Échos du 20 cotobre

Il ne parle pas de « l’Etat » mais de « nos entreprises ».

Et la France, quel spectacle donne-t-elle, au fait ?

Guerre en Europe

Quelqu’un qui a de la famille en Bulgarie me parlait d’agressions permanentes par la Russie. Il voyait même la main de Poutine derrière les violentes manifestations que nous connaissons.

Il semble effectivement que Poutine nous ait déclaré la guerre. Que faisons-nous ?

Seven commercial ships have been attacked by Russian drones off the coast of Bulgaria and Romania since the start of October. The strikes killed more than two dozen sailors, according to both countries’ authorities

— Bloomberg News (@bloomberg.com) 2026-10-22T17:45:10Z

Esprit du temps

L’exercice budgétaire actuel ne donne-t-il pas l’impression que le gouvernement cherche ce qui ne résiste pas pour lui couper les vivres ? Peut-il faire autrement ? doit-il se demander. Mais une manifestation lui fait ouvrir grand les vannes. Nouvel exemple d’énantiodromie ?

Trump n’aurait-il pas été le révélateur d’un phénomène sournois et ancien ? De même qu’il y a un « esprit des lois », y aurait-il un « esprit du temps », et celui-ci serait-il d’écraser le faible ? Le fameux « effet Matthieu » ? Autre aspect curieux, qui va au delà de Matthieu, Trump et nos gouvernants détalent en rase-campagne face à la force. Greed and fear ? Instincts animaux ?

Dans mon enfance, même s’il y avait certainement beaucoup d’hypocrisie, la plupart des gens étaient convaincus, je crois, que le bonheur de l’humanité était en vue. On y parviendrait par ce qu’on nommait la science, peut-être simplement le travail collectif, altruiste, d’hommes de bonne volonté, droits, courageux.

La meilleure façon de décrire l’esprit de ce temps est probablement de dire que c’est l’exact opposé de celui de Trump.

(Dostoievski penserait-il que Trump est un « possédé » ? Certains individus se chargent-ils des pêchés de l’humanité ? Ils sont l’abcès qui va éclater ? Voilà qui ressemble à du Durkheim.)

Dranem

Un illustre inconnu. Dranem fut une énorme vedette comique du siècle dernier. Comme il était courant en ces temps, c’était un autodidacte qui avait tous les talents, il faisait rire, savait chanter, et jouer Molière. (France culture.)

Autre phénomène de ce temps, bien que comique troupier, personnage ridicule, il s’habillait, en dehors de la scène, comme un aristocrate, avec une élégance recherchée, si j’en crois les photos que l’on trouve sur internet. Il m’a fait penser à un de mes grands pères.

J’ai toujours tort

Les erreurs que je commets sont effrayantes. Il y a une décennie, ou plus, j’écrivais que nos gouvernants mondiaux doutaient. Ce qui était rassurant.

Rien de plus faux. Je continue à penser, paradoxalement, que Poutine et Xi Jinping savent qu’ils vivent sur un volcan. C’est probablement ce dont est conscient tout dictateur. A commencer par Staline. Mais ce ne fut pas le cas des gouvernements occidentaux. En particulier de notre président.

J’ai cru que les échecs de sa scolarité lui avaient appris l’humilité. Au contraire, il ne semble croire qu’en lui même et, de surcroît, vouloir accomplir des actes d’éclat !

Français

Contrairement à ce que je pensais, c’est l’orthographe qui influence la prononciation. Par exemple, jadis, on prononçait fi, pour fils. (Dans certains endroits on disait aussi « fieu ».)

En revanche, la prononciation des gens du moyen âge venait de celle des mots latins dont venaient ceux qu’ils employaient.

(Centre d’études radiophoniques – Pierre Fouché : Cours de prononciation – France culture.)

Des changements du langage.

Patrice Bollon

Patrice Bollon. Découverte d’un écrivain. Il combat la théorie du complot. Nous sommes le produit de « l’esprit du temps », pas de telle ou telle manipulation. Et il étudie des faits sociaux, tels que la cuisine. Il aurait trouvé, ainsi, qu’il existe un « goût » propre à une époque, à une société.

Cependant, il me semble que les forces qui nous modèlent peuvent être modifiées. Un employé ne dira pas de mal de son entreprise, par exemple. Un membre du GAFA défend ses intérêts. De telles forces peuvent être néfastes et doivent être « orientées » correctement. Comme nous le faisons du vent. C’est l’objet de la « conduite du changement ».

Faiblesse humaine

L’intelligence artificielle s’attaque aux mathématiques. Dernièrement, elle s’est intéressée à l’Hypothèse de Riemann, un problème mythique, et en a résolu une version atténuée. Stupeur et tremblements.

Cette fameuse hypothèse, qui porte sur un problème ridicule de simplicité et d’inutilité, amène à se demander si le mathématicien n’est pas pris dans ce que Paul Watslawick appelait un « jeu sans fin ». Mais, après tout, la course automobile paraît sans objet, et elle a été un stimulant de la recherche.

Que révèle cette démonstration ? Elle est illisible, inutilement compliquée. Il a fallu beaucoup de travail pour en faire quelque-chose de compréhensible. Alors, on a découvert que les chercheurs s’étaient découragés trop tôt. Ils avaient la solution sous les yeux.

Même si l’IA semble fantasque, elle paraît avoir retenu quelque-chose de la machine : contrairement à l’homme, elle est systématique. Mais est-ce son unique force, ou sera-t-elle réellement capable d’un « changement de rupture » ?

Toujours est-il que l’homme, pour le moment, demeure le seul à pouvoir inventer un problème.

Les innocents

En relisant un ancien billet, je constate que, déjà sous Obama, je disais que les USA haïssaient l’Europe. La fascination qu’a exercée et qu’exerce toujours peut-être ce pays sur nos élites a quelque-chose d’étrange. Dans un autre billet, il était question d’un M.Macron convoquant les meilleurs économistes démocrates pour qu’ils lui dictent sa politique.

La France a adopté le modèle anglo-saxon. Ce qui lui vaut, comme les USA et l’Angleterre, une industrie sinistrée et un déficit béant. Mais alors que M.Sarkozy voulait être républicain (d’où le nom de son parti ?), M.Macron et l’UE ont choisi les démocrates (tendance woke). Ce qui leur vaut l’inimitié de M.Trump et des réactionnaires façon Poutine.

Comme le disait, en substance, Simone Weil, quand on croit à l’élitisme, on accepte d’obéir à des supérieurs ?