L’intelligence artificielle s’attaque aux mathématiques. Dernièrement, elle s’est intéressée à l’Hypothèse de Riemann, un problème mythique, et en a résolu une version atténuée. Stupeur et tremblements.
Cette fameuse hypothèse, qui porte sur un problème ridicule de simplicité et d’inutilité, amène à se demander si le mathématicien n’est pas pris dans ce que Paul Watslawick appelait un « jeu sans fin ». Mais, après tout, la course automobile paraît sans objet, et elle a été un stimulant de la recherche.
Que révèle cette démonstration ? Elle est illisible, inutilement compliquée. Il a fallu beaucoup de travail pour en faire quelque-chose de compréhensible. Alors, on a découvert que les chercheurs s’étaient découragés trop tôt. Ils avaient la solution sous les yeux.
Même si l’IA semble fantasque, elle paraît avoir retenu quelque-chose de la machine : contrairement à l’homme, elle est systématique. Mais est-ce son unique force, ou sera-t-elle réellement capable d’un « changement de rupture » ?
Toujours est-il que l’homme, pour le moment, demeure le seul à pouvoir inventer un problème.