Chamanisme égyptien

Les anciens Egyptiens n’auraient-ils pas été ce que nous pensons ? Apparemment, ils croyaient que le monde était en réinvention permanente et que toute la société devait combiner ses forces pour le maintenir en vie. Chacun aurait eu son rôle dans cet effort collectif. Cette pensée aurait beaucoup du chamanisme et pourrait venir des cultures de l’Afrique, le berceau de l’humanité. Si je comprends bien, elle serait à l’origine de l’alchimie.

Ce qui m’a fait penser à Bachelard. Il fait un parallèle entre l’alchimie et le fonctionnement de l’inconscient.

Et si nous étions des billes ? me suis-je demandé. Voltaire en particulier. L’alchimie n’était pas transformation d’or en plomb. Elle aurait été un phénomène complexe, qui nous échappe. On nous montre la lune, nous ne voyons que le doigt. Nous jugeons le passé à la lumière de ce que nous sommes et trouvons idiot ce que nous ne comprenons-pas. Et si nous étions le résultat d’une transformation massive ? Jadis la société était-elle un tout, régi par une pensée globale ressemblant à l’inconscient humain ? Avons-nous perdu tout cela pour n’être plus qu’une « raison simplifiante » et extrêmement bornée, qui ne sait construire que des blocs de béton ?

France culture invite René Lachaud.

Trahison !

Rendez-vous hebdomadaire avec Affaires étrangères. Dans cet épisode, l’Arabie Saoudite est attaquée par les Houthis. L’intelligence artificielle leur a donné la recette des drones. Elle est lâchée par Trump, en dépit de pots de vin royaux.

S’il en avait encore une, Trump vendrait son âme pour un baril de Diesel. Il courtise la Russie et l’Iran. C’est la règle, désormais. Pour se tirer d’affaire, chacun veut pactiser avec le diable. A commencer par les fanatiques religieux américains, soutiens inconditionnels d’Israël et d’un président qui est la négation des valeurs chrétiennes.

Qu’est-ce que le diable ? L’Iran pourrait ne plus avoir de direction. Partout, notamment en France, la division règne.

Effet Matthieu

L’effet Matthieu expliquerait le changement qu’a subi la France, selon Nicolas Portier. Il doit cet effet au sociologue Robert Merton. Saint Matthieu dit :

« À celui qui a, il sera beaucoup donné et il vivra dans l’abondance, mais à celui qui n’a rien, il sera tout pris, même ce qu’il possédait. »

Le pauvre est faible, le riche n’a qu’une obsession : s’enrichir ? Renard libre dans un poulailler libre ? Antidote ? La solidarité, au moins entre poules ? Elle a disparu ? (Habile manoeuvre des renards ?)

(Un avertissement à la France ? C’est une nation pauvre.)

Art et argent

Les choses ont bien changé. Aujourd’hui, un artiste peut bâcler une oeuvre en quelques minutes. Jadis le peintre, Dürer en particulier, avait tout de l’artisan, un tableau pouvait lui prendre des mois, voire des années. Comme les peintres en bâtiment d’il y a encore peu, il passait plusieurs couches de peinture (mais bien plus que le peintre en bâtiment : cinq ou plus ?). Peinture qui coûtait une fortune. Et comme aujourd’hui, Bouygues, il ne cessait de négocier des avenants au contrat initial. Contrairement à Bouygues, il revenait un an plus tard, chez son client, pour déposer la dernière couche de vernis, qui rendrait l’oeuvre immortelle.

Voici ce que révèle la correspondance dudit Dürer. Quant au tableau, il a disparu dans un incendie.

L’IA au secours de la France ?

Saga de la bulle. Suite. Où l’on voit à l’oeuvre la complexité du monde. L’inquiétude que suscite cette bulle amène les investisseurs à s’emparer de la dette américaine. Vont-ils sauver Donald Trump ? Financial Times d’hier :

Big Tech stocks suffer biggest weekly drop since ‘liberation day’
AI trade jitters send investors scrambling for government debt in a move that halts a months-long Treasury sell-off

La France, aussi, a de la dette qui ne trouve pas preneur. Et si notre gouvernement leur faisait signe ?

PS. Pourtant les taux offerts par le secteur de l’intelligence artificielle sont alléchants :

Anthropic offers Blackstone double-digit yield in latest chip financing
High borrowing costs complicate AI lab’s goal of achieving investment-grade status

De la fin des bulles

Un ami se demande ce qui pourrait, finalement, faire éclater la bulle internet. Le Financial Times d’hier dit :

The AI boom stumbles
Should investors prepare for an AI bust? And if so, how?

Investors dump data centre bonds as AI borrowers face ‘Darwin moment’
Debt issued by AI infrastructure providers and neocloud companies such as CoreWeave has sunk to increasingly stressed levels

Il semble qu’un éclatement puisse avoir deux causes. Une cause physique et une cause morale.

La première est que la bulle soit à court d’argent. C’est ce qui est arrivé à M.Drahi et à la France : la hausse des taux a rendu leur dette insupportable. Cela ne semble pas être le cas de l’IA : la banque centrale américaine, à chaque crise, imprime beaucoup d’argent et le donne à l’investisseur, qui doit bien le mettre quelque-part. Y a-t-il une autre bulle en cours de gonflage ?

La seconde est une panique irrationnelle. C’est le propre de la bourse. On n’investit pas en raison de la valeur d’un actif, mais parce que l’on pense que le marché va y investir. Dès que ce sentiment change, c’est la pagaille. (L’un peut être lié à l’autre : c’est en partie parce que la France donne une mauvais image d’elle-même que l’investisseur s’en méfie.) Mais la pagaille n’est pas obligatoire. L’investisseur vit au jour le jour, il peut investir dans une période de décrue, où rien ne va plus, pour profiter d’un rebond sans lendemain. Un « trader » m’a dit, alors que la crise de 2008 était imminente, que c’était en ces moments que son métier devenait passionnant !

Bref, tout ceci est « complexe », dirait sans doute Edgar Morin.

Baudelaire

Au fond, Baudelaire a dit vrai :

Lorsque, par un décret des puissances suprêmes,

Le Poète apparaît en ce monde ennuyé,

Sa mère épouvantée et pleine de blasphèmes

Crispe ses poings vers Dieu, qui la prend en pitié…

Imaginez que vous enfantiez un Baudelaire. Un bon à rien, qui vit de l’argent qu’il n’a pas. C’est un calvaire. Mais ce n’est pas lui qu’il aurait fallu maudire mais ce qui faisait office d’Education nationale en ce temps. Car c’est l’institution qui lui a « monté la tête ». Pas étonnant que bien des Américains veuillent éduquer leurs enfants à la maison ?

Le plus curieux, peut-être, est qu’il fut son héros. Et que les enseignants, représentants mêmes de l’ordre établi, en ont fait leurs délices et le supplice de générations d’enfants.

Au moins peut-on dire qu’il nous a légué quelques belles formules, et fourni un sujet de réflexion.

De la complexité du changement social ?

(Une émission.)