Français

Contrairement à ce que je pensais, c’est l’orthographe qui influence la prononciation. Par exemple, jadis, on prononçait fi, pour fils. (Dans certains endroits on disait aussi « fieu ».)

En revanche, la prononciation des gens du moyen âge venait de celle des mots latins dont venaient ceux qu’ils employaient.

(Centre d’études radiophoniques – Pierre Fouché : Cours de prononciation – France culture.)

Des changements du langage.

Patrice Bollon

Patrice Bollon. Découverte d’un écrivain. Il combat la théorie du complot. Nous sommes le produit de « l’esprit du temps », pas de telle ou telle manipulation. Et il étudie des faits sociaux, tels que la cuisine. Il aurait trouvé, ainsi, qu’il existe un « goût » propre à une époque, à une société.

Cependant, il me semble que les forces qui nous modèlent peuvent être modifiées. Un employé ne dira pas de mal de son entreprise, par exemple. Un membre du GAFA défend ses intérêts. De telles forces peuvent être néfastes et doivent être « orientées » correctement. Comme nous le faisons du vent. C’est l’objet de la « conduite du changement ».

Faiblesse humaine

L’intelligence artificielle s’attaque aux mathématiques. Dernièrement, elle s’est intéressée à l’Hypothèse de Riemann, un problème mythique, et en a résolu une version atténuée. Stupeur et tremblements.

Cette fameuse hypothèse, qui porte sur un problème ridicule de simplicité et d’inutilité, amène à se demander si le mathématicien n’est pas pris dans ce que Paul Watslawick appelait un « jeu sans fin ». Mais, après tout, la course automobile paraît sans objet, et elle a été un stimulant de la recherche.

Que révèle cette démonstration ? Elle est illisible, inutilement compliquée. Il a fallu beaucoup de travail pour en faire quelque-chose de compréhensible. Alors, on a découvert que les chercheurs s’étaient découragés trop tôt. Ils avaient la solution sous les yeux.

Même si l’IA semble fantasque, elle paraît avoir retenu quelque-chose de la machine : contrairement à l’homme, elle est systématique. Mais est-ce son unique force, ou sera-t-elle réellement capable d’un « changement de rupture » ?

Toujours est-il que l’homme, pour le moment, demeure le seul à pouvoir inventer un problème.

Les innocents

En relisant un ancien billet, je constate que, déjà sous Obama, je disais que les USA haïssaient l’Europe. La fascination qu’a exercée et qu’exerce toujours peut-être ce pays sur nos élites a quelque-chose d’étrange. Dans un autre billet, il était question d’un M.Macron convoquant les meilleurs économistes démocrates pour qu’ils lui dictent sa politique.

La France a adopté le modèle anglo-saxon. Ce qui lui vaut, comme les USA et l’Angleterre, une industrie sinistrée et un déficit béant. Mais alors que M.Sarkozy voulait être républicain (d’où le nom de son parti ?), M.Macron et l’UE ont choisi les démocrates (tendance woke). Ce qui leur vaut l’inimitié de M.Trump et des réactionnaires façon Poutine.

Comme le disait, en substance, Simone Weil, quand on croit à l’élitisme, on accepte d’obéir à des supérieurs ?

Chamanisme égyptien

Les anciens Egyptiens n’auraient-ils pas été ce que nous pensons ? Apparemment, ils croyaient que le monde était en réinvention permanente et que toute la société devait combiner ses forces pour le maintenir en vie. Chacun aurait eu son rôle dans cet effort collectif. Cette pensée aurait beaucoup du chamanisme et pourrait venir des cultures de l’Afrique, le berceau de l’humanité. Si je comprends bien, elle serait à l’origine de l’alchimie.

Ce qui m’a fait penser à Bachelard. Il fait un parallèle entre l’alchimie et le fonctionnement de l’inconscient.

Et si nous étions des billes ? me suis-je demandé. Voltaire en particulier. L’alchimie n’était pas transformation d’or en plomb. Elle aurait été un phénomène complexe, qui nous échappe. On nous montre la lune, nous ne voyons que le doigt. Nous jugeons le passé à la lumière de ce que nous sommes et trouvons idiot ce que nous ne comprenons-pas. Et si nous étions le résultat d’une transformation massive ? Jadis la société était-elle un tout, régi par une pensée globale ressemblant à l’inconscient humain ? Avons-nous perdu tout cela pour n’être plus qu’une « raison simplifiante » et extrêmement bornée, qui ne sait construire que des blocs de béton ?

France culture invite René Lachaud.

Trahison !

Rendez-vous hebdomadaire avec Affaires étrangères. Dans cet épisode, l’Arabie Saoudite est attaquée par les Houthis. L’intelligence artificielle leur a donné la recette des drones. Elle est lâchée par Trump, en dépit de pots de vin royaux.

S’il en avait encore une, Trump vendrait son âme pour un baril de Diesel. Il courtise la Russie et l’Iran. C’est la règle, désormais. Pour se tirer d’affaire, chacun veut pactiser avec le diable. A commencer par les fanatiques religieux américains, soutiens inconditionnels d’Israël et d’un président qui est la négation des valeurs chrétiennes.

Qu’est-ce que le diable ? L’Iran pourrait ne plus avoir de direction. Partout, notamment en France, la division règne.

Effet Matthieu

L’effet Matthieu expliquerait le changement qu’a subi la France, selon Nicolas Portier. Il doit cet effet au sociologue Robert Merton. Saint Matthieu dit :

« À celui qui a, il sera beaucoup donné et il vivra dans l’abondance, mais à celui qui n’a rien, il sera tout pris, même ce qu’il possédait. »

Le pauvre est faible, le riche n’a qu’une obsession : s’enrichir ? Renard libre dans un poulailler libre ? Antidote ? La solidarité, au moins entre poules ? Elle a disparu ? (Habile manoeuvre des renards ?)

(Un avertissement à la France ? C’est une nation pauvre.)

Art et argent

Les choses ont bien changé. Aujourd’hui, un artiste peut bâcler une oeuvre en quelques minutes. Jadis le peintre, Dürer en particulier, avait tout de l’artisan, un tableau pouvait lui prendre des mois, voire des années. Comme les peintres en bâtiment d’il y a encore peu, il passait plusieurs couches de peinture (mais bien plus que le peintre en bâtiment : cinq ou plus ?). Peinture qui coûtait une fortune. Et comme aujourd’hui, Bouygues, il ne cessait de négocier des avenants au contrat initial. Contrairement à Bouygues, il revenait un an plus tard, chez son client, pour déposer la dernière couche de vernis, qui rendrait l’oeuvre immortelle.

Voici ce que révèle la correspondance dudit Dürer. Quant au tableau, il a disparu dans un incendie.