Pépite

La France en changement. Une France « souterraine » qui s’interroge, analyse, constate, cherche, avec pragmatisme, mais aussi avec une élégance intellectuelle certaine, et qui met en œuvre des solutions. Voilà ce qui ressortait de la conférence de lancement de la chaire PÉPITe (mardi dernier).

La chaire PÉPITe combine la recherche « académique » à l’étude « de terrain ». Son sujet : la « transition écologique » est un moteur de réindustrialisation, qui passe par les « territoires ». L’événement réunissait le public et le privé, des représentants des « parties prenantes » de ce grand changement. Ce que je retiens :

La France « pivote ». L’UE et elle doivent devenir une « puissance industrielle ». Seulement, sa situation se détériore vite. Et elle est « totalement dépendante ». Terres rares chinoises, qui font de ses « champions » des géants aux pieds d’argile, numérique américain, mais aussi interconnexion avec le reste de l’Europe, dont certains membres sont tentés de faire entrer le loup dans la bergerie… Et la dégradation du tissu industriel, en cours, produit un cercle vicieux. Or le « paradoxe » est partout. L’économie qui émerge est celle de la mine, désastre écologique. Donc recyclage, circuits courts, biosourcé… Mais, ce n’est pas rentable. Le gouvernement s’embarque dans un grand plan d’électrification, mais réindustrialisation signifie hausse massive de la consommation… Et il y a le foncier… Et la transition écologique creuse quasi exponentiellement les déficits, le matériel acheté étant chinois.

Bref, il faut une politique industrielle, qui reconstitue des filières entières, et qui finance des « modèles économiques » d’avenir mais déficitaires. Et qui forme le nombre impressionnant de personnels qualifiés dont elles ont besoin. Elle doit être mue par « l’intérêt général », seul moyen de vaincre la résistance à un changement aujourd’hui vu comme motivé par l’enrichissement personnel et « l’opportunisme subventionné ». Ce qui demande à nos gouvernements, et à ceux de l’Europe, de retrouver la voie du temps long et de la planification.

Cela ne suffira pas. Le changement doit se faire « bottom up ». Il faudra donc que la France se réveille, que nous tous, citoyens, nous fassions preuve de génie (voire de notre fameux « système D » ?).

Humour noir

Qu’est-ce que l’humour noir ? me suis-je demandé en écoutant France Culture.

Rire de ce qui ne devrait pas faire rire ?

Peut-on évoquer Bergson ? Nous rions de ce qui n’est pas naturel ? Mais aussi manipulation ? Faire passer pour pas sérieux quelque-chose qui l’est considérablement ? En tous cas, le rire dépend éminemment du contexte social : à l’époque de l’émission, immédiat après guerre, ce qui faisait rire avait changé.

Guerre des talents

L’UE devient une puissance industrielle. Ce qui nous promet des surprises. Celle du moment : elle découvre que la réussite du changement repose sur les hommes, pas sur la technique, et, justement, sur ces hommes que son système éducatif déclassait !

The European Commission will today recast the EU’s quest for competitiveness as a labor-market challenge. The argument is this: The ability to compete with the likes of China and the U.S. in everything from defense to clean tech increasingly hinges on finding enough skilled workers.

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The Commission’s message is that Europe can’t just regulate or subsidize its way to competitiveness and that from now on economic performance will be judged not just by deficits and debt, but also by whether governments invest in their workforce.

Politico.eu 3 juin

Mais, il apparaît aussi que les grandes entreprises se donnent les moyens d’atteindre leurs fins. Elles créent des filières entière de formation.

Les vertus de l’irresponsabilité

Christine Ockrent n’en finit pas de s’interroger sur la nature de l’Amérique et de ses habitants. De sa dernière émission, je retiens qu’ils cherchent uniquement à satisfaire leur intérêt immédiat et que, pour cela, ils font des essais. Et plus ils nous prennent par surprise, en particulier moins ils sont raisonnables, plus ils ont de chances de réussir.

Bien sûr, ils ont aussi une faculté de réaction extrêmement rapide, contrairement à nous. Une capacité exceptionnelle à sortir de l’immeuble dont ils ont attaqué un mur de soutènement.

Deux stratégies possibles ? Chercher nos intérêts convergents et rendre coup pour coup ? (Ce qui semble la tactique de MM. Xi et Poutine.)

Fin du libéralisme

L’autre jour, je suivais une conférence du Commissariat au Plan. Il fêtait ses 80 ans, et sa résurrection d’entre les morts. Ce que l’on y entendait semblait confirmer ce que je lis depuis quelque temps : la Chine est à la mode. Nous devons l’imiter. Devenir une puissance industrielle et appliquer une politique industrielle. L’industrie et le plan sont à la mode.

Fin d’une autre mode, le libéralisme ? Si j’en crois, une fois de plus, ce que j’entends, « en Europe, la réglementation précède la filière » : on a cru qu’il suffisait de légiférer, et que le marché ferait des miracles. C’est raté. Quand on veut modifier la société, il faut, comme lorsque l’on désire construire un bâtiment, un plan.

Investisseur artificiel

On raconte qu’une intelligence artificielle gère un café. Elle achète, prend les commandes, fait les menus, embauche et dirige le personnel… Et fait n’importe quoi. C’est un désastre (6000 serviettes…).

Cela en dit aussi long sur les fonds d’investissement. Car tout cela est financé, alors que ce n’est pas le cas de projets utiles. La logique du fonds d’investissement ? La spéculation façon Panurge ?

Intérêt général

Conférence « Les Territoires à l’heures des transitions industrielles ». On s’interroge sur la résistance à certains projets industriels, en particulier aux éoliennes. Une enquête montre que les raisons, contrairement à ce que l’on pense, sont multiples. Un spectateur : les éoliennes n’ont rien avoir avec l’intérêt général, c’est de « l’opportunisme subventionné ». Voilà pourquoi l’on n’en veut pas. Eureka, « il faut remettre de l’intérêt général dans les énergies renouvelables », entend-on dire.

Et s’il fallait remettre de l’intérêt général partout ? Secret d’un changement réussi ?

L’intellectuel et le changement

Victor Basch fut le président de la Ligue des droits de l’homme, avant guerre.

Il a vu la montée du fascisme et les crimes qu’il a immédiatement perpétrés. Il s’est demandé pourquoi l’affaire Dreyfus avait pu secouer toute une nation, alors que l’indifférence était devenue totale. Le Pape doit se poser la même question.

Qu’est-ce qui met en mouvement une nation ? La souffrance ? La famine, comme au temps de la révolution, la crise et la pauvreté à l’époque du fascisme, la dégradation des conditions de vie des Gilets Jaunes. Mais on peut être remué par des idées. Et les intellectuels jouent alors un rôle essentiel, comme au temps de l’affaire Dreyfus. Seulement, il faut que leurs préoccupations trouvent un écho dans le peuple. Ce qui ne semble pas avoir été le cas en ce qui concerne leur combat pour la transition climatique ou la cause palestinienne. Et ils ne paraissent réagir qu’à certains types de signaux. Par exemple à l’affaire Dreyfus et pas aux crises économiques.

Les sociétés ressemblent quelque peu à des machines ? Comment pourrait-on les rendre intelligentes ?

(Remarque : mettre en mouvement une société est, à proprement parler, la tâche de la « conduite du changement », le sujet de ce blog.)

Henri Bosco

Henri Bosco fut un auteur fameux après guerre. Il a disparu de notre mémoire collective. Le sort des célébrités ?

Ou la fin d’un temps ? Le révélateur d’un bouleversement extraordinaire mais ignoré ? Jusqu’à lui et son oeuvre, la véritable religion de l’homme était l’animisme. Vivre à proximité de la nature fait qu’on lui prête une âme inquiétante et fascinante. Elle est habitée d’esprits. Notre monde, citadin et matérialiste, est devenu terne, aseptisé, désenchanté.

France culture.

Intelligente Encyclique

Encyclique du Pape. Que dit-il ? Pour le savoir il faudrait la lire.

De ce que l’on entend, j’en retire qu’il s’interroge sur l’esprit qui anime les promoteurs de l’intelligence artificielle et les conséquences que cela va avoir pour l’humanité.

Trop subtil ? Le pape fait-il l’hypothèse qu’ils ont encore une conscience ?

A moins qu’il ne s’adresse à ceux qui devraient en avoir une, nous ? Le prêche dans le désert est une spécialité de l’Eglise ?