Paris libéré

Il y a quelque temps, j’ai vu que Madame Hidalgo avait été interrogée par la presse anglo-saxonne et parlait des difficultés qu’elle avait eues à transformer la ville.

Je lisais aussi que le nouveau maire était arrivé à son bureau en vélo. Un symbole ? Le vélo était-il l’enjeu de l’élection municipale ? La bataille de Madame Hidalgo fut-elle celle du vélo ? Et elle l’a visiblement gagné. Mais le vélo n’est peut-être que la partie émergée de l’iceberg. Car, apparemment, l’entreprise et l’emploi ont aussi fui Paris.

Paris va-t-il devenir une réserve ? La réserve de la classe culturelle ?

Henri Barbusse

Henri Barbusse, voilà un nom familier à l’habitant d’une banlieue communiste. Henri Barbusse fut un pur et dur. Il est allé jusqu’à écrire une hagiographie de Staline et à mourir en URSS, en 1935. Ce qui lui valut des obsèques nationales. Il avait été un écrivain célèbre, qui s’était engagé à 41 ans, comme simple soldat, dans la guerre de 14, par pacifisme. Peut-être pour que ce soit la « der des der ». De l’année et demi passée dans les tranchées, il a tiré un roman, Le feu, qui a été publié en feuilleton à partir de 1916. Ce qui semble dire que la presse avait une liberté certaine. Ensuite, son livre a reçu le prix Goncourt, et a connu un succès mondial. Il a été traduit en 60 langues.

(Concordance des temps.)

Irresponsabilité sociale

Arrêts maladie : l’État lance la traque numérique
Face à la dérive des comptes, le gouvernement instaure un « bouton d’alerte » pour permettre aux entreprises de signaler les absences suspectes. Un durcissement majeur du contrôle qui vise à freiner un phénomène devenu structurel.

(La Tribune du 9 avril.)

La Sécurité sociale est un exemple type d’un éternel casse-tête. La société met en commun ses ressources pour aider ses membres, mais ceux-ci, aveuglés par leur égoïsme, profitent du système, ce qui lui est fatal.

Productivité

L’OCDE tire la sonnette d’alarme : le PIB par habitant décroche face aux leaders mondiaux.

(La Tribune du 9 avril)

Nouveau paradoxe ? Ces dernières décennies ont connu l’obsession de la « productivité ». C’est, en particulier, en son nom que l’on a licencié en masse, et que les dirigeants se sont augmentés en masse.

Loi de la systémique : à trop vouloir quelque-chose, on obtient son contraire ?

Recette du succès

Les revues de management américaines disent qu’il faut imiter ceux qui réussissent. Ce qui est ridicule.

De Gaulle et Pétain étaient des ratés. Sans la guerre, ils seraient partis à la retraite simples colonels. Pendant la guerre, c’est ce qui était la cause de leur échec qui fut celle de leur gloire. Mais, en temps de paix, le gouvernant ne peut être qu’un « politicard », un manoeuvrier sans cerveau. Il en est de même pour l’entreprise. Ce sont les circonstances qui font les succès de « pendules arrêtées ».

Perfide Albion

A l’occasion d’une émission parlant de la « poche de Royan », j’ai découvert que les Anglais n’avaient pas eu le rôle que je croyais pendant la guerre.

A la fin de la guerre, les Anglais ont bombardé Royan. C’était une poche de résistance allemande, solidement fortifiée. Curieusement, ils ont frappé le coeur de la ville où ne se trouvaient pas les installations militaires. D’où une hécatombe civile. Curieusement, aussi, il ne s’en est rien suivi, aucune opération terrestre n’étant prévue.

Un peu comme l’homme saoul qui cherche ses clés sous la lumière du lampadaire, les Anglais bombardaient ce que savait leur indiquer leur système de guidage : le centre des villes. Mais cela avait une heureuse conséquence imprévue : le déclenchement de gigantesques incendies, qui tuaient énormément de civils, à la façon d’Hiroshima. (Et donc démoralisait l’ennemi ?)

Lorsque j’écoutais la BBC, j’ai beaucoup entendu parler des bombardements allemands qui avaient détruit tel ou tel site historique, beaucoup moins des bombardements anglais (que j’attribuais d’ailleurs aux Américains).

Hold up social

Au temps glorieux des débuts des réseaux sociaux, j’ai eu l’impression que le talent pouvait y être reconnu. Mais, plus cela va, moins ce que l’on écrit semble répercuté. J’ai même l’impression que le réseau social s’arc-boute pour bloquer la diffusion des messages. Si bien que l’on est confiné dans sa « communauté ». Ce qui, d’ailleurs, n’a pas que des inconvénients.

Les réseaux sociaux veulent notre argent. Mais à quoi cela sert-il de les payer, lorsque l’on fait face à des multinationales ? Et d’ailleurs, qu’est-ce que ces multinationales ont gagné avec les réseaux sociaux ? Et s’ils étaient de l’espèce de ces mafieux, qui vous réclament de l’argent pour vous protéger d’eux-mêmes ?

En considérant wikipedia ou l’Eglise au temps de sa gloire, je me demande si l’histoire n’aurait pas pu tourner différemment. Seulement, il aurait fallu faire des réseaux sociaux de véritables serviteurs de la société.

Pascal Paoli

La Corse fut-elle, bien avant les USA et la France, la première république ?

Au milieu du dix-huitième siècle, Pascal Paoli a mené une révolte contre Gènes, à laquelle appartenait la Corse. Peut-être parce que cette dernière trouvait cette possession encombrante, elle l’a vendue à la France, qui y a remis de l’ordre. Paoli a fuit. Ce qui en a fait une vedette internationale. Il était à la fois adoré par les Lumières et par les ennemis de la France. Soit toute l’Europe. Lors de la révolution française, il a été considéré comme un héros, en France. Puis il s’est brouillé avec les révolutionnaires, et est revenu en Corse avec l’armée anglaise. Episode sans lendemain.

Il semble s’être vu comme un dictateur, un « führer », dont la première mission était de mettre le Corse au pas, par la terreur. Car le pays était déchiré par la vendetta, qui avait pris des proportions invraisemblables. Condition nécessaire de liberté en Corse ?

(D’après une émission de France Culture.)

Désobéissance

J’ai lu que les putschistes de l’Algérie française avaient pour modèle la désobéissance de Gaulle. Je lisais quelque-chose de similaire sur Trump, récemment. Et s’il s’était inspiré des considérations humanitaires qui ont présidé aux « printemps arabes » ? D’ailleurs, n’a-t-on pas aussi parlé de « cancel culture » ? N’a-t-il pas fait, à sa manière, ce que s’étaient permis ceux qui l’avaient précédé ?

Kant n’a-t-il pas raison, lorsqu’il affirme qu’il faut se demander ce que donnerait une décision si tout le monde la prenait ? Plus exactement, n’est-il pas une erreur de penser seulement que c’est la « bonne décision », ne faudrait-il pas aussi s’interroger sur ce qu’en ferait une personne mal intentionnée ?