Miracle des rediffusion. On redécouvre des illustres inconnus. Qui fut Jacques Yonnet ?
Petit-à-petit, j’ai fini par comprendre que c’était, comme de Gaulle, le représentant d’une espèce disparue : le « gros malin ». Titi parisien, roi du canular, sa vie est rocambolesque et lui fait fréquenter toutes les strates du monde. Il rencontre Lénine et Trotsky, prend le thé avec Hitler, est reçu par Staline et de Gaulle, en Angleterre. Et tous, il les perce à jour. D’ailleurs, il n’a pas une bonne impression de De Gaulle, qui sans être un monstre glacé comme Hitler et Staline, est froid et méprisant pour la valetaille qu’est le résistant. Car c’est un héros de la résistance, qui, profitant de multiples dons, en particulier de spécialiste du faux papier, et de sa débrouillardise innée, monte et dirige un réseau de renseignement, qui ne sera pas démantelé. C’est lui qui démasque Petiot.
Je me suis demandé si les barrières entre les classes sociales n’étaient pas, en son temps, plus poreuses que maintenant. En effet, il appartenait à un milieu ouvrier, mais d’ouvriers syndicalistes, ce qui les mettait en contact avec les hautes classes du pays. Par ailleurs, il fut coiffeur, mais aussi traducteur d’anglais et d’allemand, pianiste, dessinateur et écrivain à succès.
(D’après France culture : Jacques Yonnet, un homme en liberté, une émission de 1963. Selon wikipedia, Jacques Yonnet est mort en 1974, à seulement 59 ans, ce qui explique peut-être que l’on n’en ait pas entendu parler.)