Pétrarque

Je me suis toujours demandé pourquoi Pétrarque, un Italien, était venu escalader le Mont Ventoux, en France. Eh bien, c’était un courtisan qui avait suivi le Pape à Avignon.

Pourquoi en fait-on un tel cas, alors que personne ne le lit ? Parce qu’il aurait la réputation d’avoir inventé la poésie moderne. Toujours est-il qu’il connut la gloire et la fortune de son vivant. Il n’y a pas que des artistes maudits !

Concordance des temps.

L’homme grec

Je pense donc je suis aurait été impensable pour un Grec ancien. Les Grecs avaient une conception du monde incompatible avec ce qui nous paraît évident. Voilà ce que disait Jean-Pierre Vernant. Pour le Grec, ce serait le regard de la société qui ferait de l’homme un homme. Lorsqu’Ulysse est seul et perdu, il n’est plus personne (aurait-il été puni pour la ruse qu’il a utilisé avec le cyclope ?). Il ne redevient quelqu’un que lorsqu’il est reconnu par les siens.

Et voilà l’intérêt de l’anthropologie (historique dans ce cas). Elle révèle que chaque société bâti une sorte de modélisation du monde, qu’elle croit la vérité même.

Emission de France culture.

Nigel Farage

Qui l’eut cru ? On entend dire que la situation de l’Angleterre serait pire que celle de l’Italie ou même de la France !

Je n’écoute plus la BBC, celle-ci ne le permettant plus, je ne fais que voir passer des titres de journaux. Ils disent tous que son premier ministre est un homme droit, mais « clueless ». Ce n’est pas mieux chez les Conservateurs.

Lors des dernières élections, le parti de Nigel Farage, grand promoteur du Brexit a réussi un raz de marée.

Comment expliquer que les Anglais pensent majoritairement que le Brexit a été une bévue et qu’ils soient sur le point d’élire Nigel Farage et de torpiller un système politique qui fait l’admiration du monde depuis des siècles ? Ils n’ont pas le choix ?

Affaires étrangères.

Rapport de force

Pour les USA seul le « rapport de force » compterait, nous dit-on. La vertu de Trump aurait été de le révéler.

Mais le rapport de force n’a-t-il pas été le mot d’ordre de notre temps ? Pourquoi, par exemple, notre pays suit-il, depuis des décennies, une politique qui, quoi que simple, n’a jamais été clairement expliquée à l’électeur ? Pourquoi associe-t-on transition climatique et « urgence », qui, comme les lois du même nom, signifie suspension de démocratie ?…

Il semblerait que Xi Jinping ait parlé de Thucydide à Donald Trump. La guerre entre Sparte et Athènes n’est pas le seul sujet de Thucydide, il témoigne d’un moment de notre histoire où l’individualisme s’est emparé de la société et l’a rendue folle. L’homme est devenu un loup pour l’homme. Une de ses armes a été le langage, sûr moyen de manipulation et de renversement des valeurs collectives.

Heureux Ulysse

Jean-Pierre Vernant racontait l’histoire d’Ulysse à des enfants. Je pensais l’avoir oubliée, mais j’ai surtout constaté qu’il avait omis de leur parler du Cheval de Troie, de Nausicaa et des Sirènes. Faute de temps ? J’ai appris toutefois qu’Ulysse avait voyagé dans un monde parallèle, qui n’était pas celui des hommes.

En utilisant wikipedia pour remettre en marche ma mémoire, j’ai aussi découvert que l’Odyssée, comme l’Iliade, n’était pas un récit linéaire. Il ne durait que quelques-jours, et utilisait le « flash back » pour raconter l’ensemble de l’histoire. Et que l’Odyssée, comme l’Iliade, a connu de nombreuses versions. La nôtre est le résultat de choix. Dans ces conditions, il semble faux de parler d’un auteur. Et cela pose une question : beaucoup de gens y ayant apporté leur fantaisie, les préoccupations de leur temps… peut-on dire qu’elles sont porteuses d’un message ? d’une sagesse antique ? A moins que l’homme soit le porte-parole de la culture de son temps ?

(Pourquoi s’est-on intéressé à Ulysse, d’ailleurs ? L’Iliade est fondée sur un fait réel. Quel intérêt pouvait présenter un voyage ? A moins que, comme les navigateurs de ce temps, Ulysse n’ait été un beau parleur qui a connu quelques aventures mouvementées qu’il a enjolivées et qui ont enflammé l’imagination des poètes ?)

Roulette américaine

Donald Trump, qui cherche à « monétiser » son pouvoir présidentiel, devrait organiser des paris sur ses décisions.

Va-t-il envahir Cuba ? Sa tactique serait celle utilisée au Vénézuela : je remplace le dirigeant par quelqu’un qui me laisse exploiter les ressources du pays. Cela n’a pas marché en Iran, et il doit maintenant se refaire avant les « élections de mi mandat ». En tous cas, il a mis en oeuvre l’arme favorite des USA : l’extraterriorialité de ses lois : il accuse le dirigeant cubain d’être un criminel. Quant aux ressources, ce pourrait être le tourisme. Trump a déjà voulu y installer un hôtel. Et la Floride, où se trouvent les immigrés cubains, serait un « Etat pivot », lors des élections. Cuba est à genoux, deux millions de personnes sur onze auraient déjà émigré. Voilà, enfin, une nation à la mesure de l’Amérique de Trump. Seulement, il y a une difficulté : et si l’intervention américain provoquait un flux d’immigrants cubains aux USA ?

Les jeux sont ouverts.

Affaires étrangères

Autonomiste

Le gouvernement décide de tester le véhicule autonome. (Commissariat au plan.)

Nous copions les étrangers, avec des années de retard ? Aux USA, il y a des enjeux financiers énormes, qui écrasent tout sur leur passage. En Chine, c’est une politique d’Etat. Dans ces deux cas, rien ne compte, même pas la faisabilité du projet ou la vie du piéton. Comme pour les batteries (cf. ACC), les risques sont considérables, nous n’avons pas de savoir-faire, et ce sont les « copains » qui vont, quasi certainement, récupérer les subventions, ceux qui grenouillent à proximité du gouvernement. Subventions perdues, ce qui creusera le déficit national, forcera le gouvernement à prélever sur le salarié et l’entreprise, réduisant le pouvoir d’achat et la compétitivité de l’économie, d’où faillites, chômage…

Le pays est secoué de toutes parts, on ne lui annonce que des catastrophe, et son élite fait preuve d’une incroyable incapacité à regarder la réalité en face, et, surtout, à accoucher d’une pensée qui lui soit propre ? Elle ne sait qu’adopter les idées étrangères. L’éducation qu’elle a reçue serait-elle en cause ?

Baroque

La musique classique a ses modes. Dans mon enfance, le romantisme avait le vent en poupe. Il était bien question de baroque, de Vivaldi, de Bach, de Händel, de Pachelbel… Mais on n’entendait que des « tubes » et on les présentait comme les précurseurs du romantisme et de la modernité.

Mais, petit-à-petit, le baroque s’est imposé. On a joué de plus en plus d’oeuvres des musiciens déjà célèbres, mais, surtout, on a redécouvert beaucoup d’autres musiciens. D’ailleurs, bizarrement, le baroque tend de plus en plus à inclure la renaissance et le moyen-âge.

Ceci résulte peut-être de tout un travail effectué sur l’instrument d’époque. Peut-être aussi de l’accroissement du nombre de musiciens, qui ont dû chercher de nouveaux marchés. Peut-être, encore, de l’évolution des goûts du public. Le baroque a démodé la musique qui l’a suivi ?

Gros dégueulasse

Pour l’Américain, il n’y a pas de justice. La justice est une arme dont il se sert pour dévaliser le faible, et détruire les concurrents de ses entreprises. Jusque-là, à l’époque des Clinton et Obama, il se donnait un peu de mal pour le cacher. Mais Trump lui a enlevé ses derniers complexes. Voilà ce que disait un dirigeant que les USA prirent en otage.

Ce à quoi une amie répondait « Quand allons-nous montrer les dents ? ».

Il disait aussi que si nous étions à la place des USA nous ferions de même. Qui est « nous » ai-je envie de dire ? La justice serait-elle pour les chiens ?

(Ce qui pose aussi la question de l’attitude de nos gouvernants. Qu’est-ce qui explique qu’ils aient si longtemps accepté de nous faire dévaliser ? Ne se fait escroquer que celui qui croit faire un mauvais coup ?)