Le docteur Roux a pris la suite de Pasteur. Une émission le qualifiait de « saint laïc » : il a consacré sa vie à chercher à sauver celle des autres, habitant une cellule monacale de l’institut Pasteur.
Les « saints laïcs » furent les héros de ma famille. Leur vie était un exemple. Cela faisait partie de notre culte de « l’ascenseur social ». L’on s’élevait dans la société par sa détermination et son travail au service de la collectivité. C’était vrai aussi bien pour des pauvres que des riches, comme Bergson, pour des scientifiques, comme Pasteur, ou des sportifs, comme Mimoun ou Poulidor, qui auraient pu faire des études s’ils avaient été moins pauvres, pour des Français de souche ou des immigrés. Et cela s’étendait même aux étrangers, comme Flemming.
Ces saints ont été remplacés par des autorités morales. Un progrès ?