Art et argent

Les choses ont bien changé. Aujourd’hui, un artiste peut bâcler une oeuvre en quelques minutes. Jadis le peintre, Dürer en particulier, avait tout de l’artisan, un tableau pouvait lui prendre des mois, voire des années. Comme les peintres en bâtiment d’il y a encore peu, il passait plusieurs couches de peinture (mais bien plus que le peintre en bâtiment : cinq ou plus ?). Peinture qui coûtait une fortune. Et comme aujourd’hui, Bouygues, il ne cessait de négocier des avenants au contrat initial. Contrairement à Bouygues, il revenait un an plus tard, chez son client, pour déposer la dernière couche de vernis, qui rendrait l’oeuvre immortelle.

Voici ce que révèle la correspondance dudit Dürer. Quant au tableau, il a disparu dans un incendie.

L’IA au secours de la France ?

Saga de la bulle. Suite. Où l’on voit à l’oeuvre la complexité du monde. L’inquiétude que suscite cette bulle amène les investisseurs à s’emparer de la dette américaine. Vont-ils sauver Donald Trump ? Financial Times d’hier :

Big Tech stocks suffer biggest weekly drop since ‘liberation day’
AI trade jitters send investors scrambling for government debt in a move that halts a months-long Treasury sell-off

La France, aussi, a de la dette qui ne trouve pas preneur. Et si notre gouvernement leur faisait signe ?

PS. Pourtant les taux offerts par le secteur de l’intelligence artificielle sont alléchants :

Anthropic offers Blackstone double-digit yield in latest chip financing
High borrowing costs complicate AI lab’s goal of achieving investment-grade status

De la fin des bulles

Un ami se demande ce qui pourrait, finalement, faire éclater la bulle internet. Le Financial Times d’hier dit :

The AI boom stumbles
Should investors prepare for an AI bust? And if so, how?

Investors dump data centre bonds as AI borrowers face ‘Darwin moment’
Debt issued by AI infrastructure providers and neocloud companies such as CoreWeave has sunk to increasingly stressed levels

Il semble qu’un éclatement puisse avoir deux causes. Une cause physique et une cause morale.

La première est que la bulle soit à court d’argent. C’est ce qui est arrivé à M.Drahi et à la France : la hausse des taux a rendu leur dette insupportable. Cela ne semble pas être le cas de l’IA : la banque centrale américaine, à chaque crise, imprime beaucoup d’argent et le donne à l’investisseur, qui doit bien le mettre quelque-part. Y a-t-il une autre bulle en cours de gonflage ?

La seconde est une panique irrationnelle. C’est le propre de la bourse. On n’investit pas en raison de la valeur d’un actif, mais parce que l’on pense que le marché va y investir. Dès que ce sentiment change, c’est la pagaille. (L’un peut être lié à l’autre : c’est en partie parce que la France donne une mauvais image d’elle-même que l’investisseur s’en méfie.) Mais la pagaille n’est pas obligatoire. L’investisseur vit au jour le jour, il peut investir dans une période de décrue, où rien ne va plus, pour profiter d’un rebond sans lendemain. Un « trader » m’a dit, alors que la crise de 2008 était imminente, que c’était en ces moments que son métier devenait passionnant !

Bref, tout ceci est « complexe », dirait sans doute Edgar Morin.

Baudelaire

Au fond, Baudelaire a dit vrai :

Lorsque, par un décret des puissances suprêmes,

Le Poète apparaît en ce monde ennuyé,

Sa mère épouvantée et pleine de blasphèmes

Crispe ses poings vers Dieu, qui la prend en pitié…

Imaginez que vous enfantiez un Baudelaire. Un bon à rien, qui vit de l’argent qu’il n’a pas. C’est un calvaire. Mais ce n’est pas lui qu’il aurait fallu maudire mais ce qui faisait office d’Education nationale en ce temps. Car c’est l’institution qui lui a « monté la tête ». Pas étonnant que bien des Américains veuillent éduquer leurs enfants à la maison ?

Le plus curieux, peut-être, est qu’il fut son héros. Et que les enseignants, représentants mêmes de l’ordre établi, en ont fait leurs délices et le supplice de générations d’enfants.

Au moins peut-on dire qu’il nous a légué quelques belles formules, et fourni un sujet de réflexion.

De la complexité du changement social ?

(Une émission.)

Start up nation

La panique des marchés financiers menace la France, selon le Point.

Ses conséquences sont imprévisibles. Celle provoquée par Liz Truss révèle qu’une économie s’effondre comme un chateau de cartes. Les raisons d’une panique n’ont rien de rationnel. Certains pays sont rassurants, comme l’Allemagne au temps des Nazis et aujourd’hui, d’autres font peur, comme la France et la Grèce, pays de grandes gueules.

Mais il y a plus étrange. Ce qui rassurerait les marchés plairait au jeune et à la classe moyenne inquiète : montrer que le pays a un potentiel économique. Car, ce qui fait la valeur d’une start-up est son avenir, pas ses dettes, qui ne comptent pas. Et ce dont a besoin le Français c’est d’un emploi, d’une noble cause à défendre, et d’être fier de son pays.

Il se trouve que ce potentiel existe. Start up nation, dirait notre président ?

Walter Scott

Walter Scott fut un catalyseur : son oeuvre a transformé l’Europe, la France en particulier, son nom est oublié.

Il a inventé le roman romantique. Sa gloire fut immense et instantanée. Il en a d’ailleurs été de même, en ce qui concerne la poésie, pour Byron.

On sous-estime l’Angleterre. Elle n’a pas inventé que la Révolution industrielle. Sa démocratie est probablement l’inspiratrice des boute-feu qui ont fait le coup de poing partout en Europe. Et, il y a donc, aussi, ses hommes de lettres.

Qui sème le vent récolte la tempête ? D’où son état actuel ?

Coup de génie

Ce blog critique l’intelligence artificielle. Bulle spéculative, science d’apprenti sorcier…

Imaginons que c’ait été une invention des Trente glorieuses. Tout aurait été différent. Je me serais émerveillé qu’un ordinateur puisse me parler. Et peut-être encore plus du fait qu’il emploie un français correct, sans faute, ce qu’aucun de nos contemporains n’est capable de faire. Certes, il se trompe parfois, il est péremptoire alors que la moindre question le fait changer d’avis, et une tâche évidente peut provoquer une irrationalité kafkaïenne. D’autant que son obséquiosité masque une inquiétante personnalité de faux-cul. Et il faudrait aussi parler de sa folle consommation d’énergie, qui n’est pas étrangère à la crise actuelle. Invraisemblable rendement décroissant du progrès ! Mais obtenir ce résultat n’est-il pas miraculeux ? D’autant que l’on ne comprend pas comment on y est parvenu.

Qu’est-ce qui a changé ? Après guerre, à l’époque qu’Hayek qualifiait de « route vers la servitude », on croyait que l’humanité, la science en particulier, travaillait pour le bien de l’humanité. A l’image de Pasteur, nos héros étaient désintéressés. Aujourd’hui, nous ne pouvons faire confiance à personne.

Une bombe à 3.000 milliards ? Comment la dette IA a flambé en deux ans

Les craintes autour de l’existence d’une bulle dans l’intelligence artificielle sont accentuées par l’accélération du niveau d’endettement des géants…

Les Echos du 12 octobre

Scénario grec

Un article envisageait le scénario grec pour la France. L’Allemagne refuse que l’Europe l’aide à payer ses dettes et lui demande de vendre ses actifs au plus offrant (l’Allemagne ? La Chine ?…).

Curieusement le gouvernement français a adopté la méthode Drahi. Il a accumulé des dettes au moment où les taux étaient nuls. Maintenant, il doit vendre ses biens.

La technique des scénarios est une méthode de prospective. Elle cherche à rattacher l’évolution possible du cas étudié à des situations connues. Va-t-on, par exemple, vers un scénario allemand avec un démantèlement à la Schröder du système de sécurité sociale ? Les retraités vont-ils devoir trouver de petits emplois ? etc.

Ou scénario du Moyen-âge ? Les antibiotiques étant devenus inefficaces, les grandes épidémies pourraient revenir. Ajoutons à cela une paralysie d’Internet mettant à l’arrêt la société et on est chez Mad Max. D’ailleurs, avec M.Trump, nous avons déjà des brigands de grand chemin.

(Le Moyen-âge ne semble pas nous avoir été propre. La Chine en aurait aussi connu un. Dans les deux cas, ce fut un temps de grande spiritualité. D.Trump et Léon XIV : signaux faibles de l’avènement d’une nouvelle ère ?)

Confucius

On ne sait pas ce qu’a dit Confucius. Pourtant sa pensée a marqué la Chine. Comme Socrate, ce sont ses disciples qui nous ont transmis cette pensée. Et comme toutes les pensées, elle a été adaptée au gré des événements et des intérêts.

D’ailleurs, est-ce la pensée d’un homme ou d’une société ? Une société qui a été toujours fort peuplée et pour qui la dimensions sociale de l’existence est capitale ?

(Emission.)