L’Europe a voulu l’économie des services, puis celle de la connaissance. La France a obtempéré et liquidé son industrie. Puis elle a constaté qu’elle exportait peu de services et beaucoup de produits. D’où déficit. Mais pas de GAFAM français. Puis l’Europe a voulu le Green deal. Elle a écrit beaucoup de règles. Mais l’on a constaté que c’était les Chinois qui en profitaient, que l’automobile française buvait la tasse, et que le déficit national accélérait son augmentation. Maintenant l’Europe constate qu’elle s’est trompée et veut devenir une puissance industrielle. Et la France suit, sans pour autant avoir renoncé à ses illusions « d’innovation de rupture » et de grandeur numérique passées.
Comment se fait-il que nous soyons des suiveurs, alors que nous sommes dirigés par une élite intellectuelle ? Comment se fait-il qu’au pays de la critique, l’élite n’ait aucun esprit critique ?
Ce qui est frappant lorsque l’on écoute un très haut fonctionnaire d’élite, c’est qu’il fait toujours référence à un « rapport ». Et si ses études l’avaient sélectionné, justement, pour comprendre extraordinairement vite des raisonnements extraordinairement complexes, mais, pour y parvenir, en faisant l’hypothèse implicite qu’ils sont justes ?
(Ce n’est pas nouveau, notre élite a aussi été fascinée par le fascisme, « le major des majors » de polytechnique ayant même joué le rôle de collaborateur en chef – et terminant mystérieusement sur une table d’opération allemande.)