Le roman policier serait-il anglais ? Eh bien non, il aurait été inventé par Edgar Poe, qui se serait inspiré de Vidocq. C’est un Anglais qui le dit, en 1948.
Nul n’est prophète en son pays ? Surtout s’il est Français ?
Le roman policier serait-il anglais ? Eh bien non, il aurait été inventé par Edgar Poe, qui se serait inspiré de Vidocq. C’est un Anglais qui le dit, en 1948.
Nul n’est prophète en son pays ? Surtout s’il est Français ?
Quel fut le sort des femmes françaises, durant la dernière guerre ? Cette émission ne vous apprendra rien.
Entre cette histoire et celle que j’ai entendue de ma famille, il y a la même différence qu’entre une équation et un jour de printemps. L’historien cherche ses clés à la lumière du lampadaire ?
Les médecins nous prennent pour des machines, les économistes ne jurent que par la productivité ce qui nous fait bouffer du cadmium et liquide l’agriculteur. Je soupçonne que le mal de la société n’est pas là croissance mais l’esprit qui la produit.
Ne faudrait-il pas trouver un moyen de donner de la valeur à ce qui en a vraiment ? Fameux bonheur intérieur brut ?
Je pensais à cela, lorsque je découvre une émission des années 80, qui semble partager ce point de vue. Dans les années 50, le gouvernement (de Gaulle ?) a décidé de rendre « productive » la paysannerie. Alors qu’elle produisait (horreur ?) du foie gras, de grand luxe, on l’a forcée à cultiver le maïs de manière intensive.
L’étude de la SCOP (précédent billet), m’amène à de curieuses observations :
La SCOP serait le lieu idéal pour la créativité à la française. Le dirigeant français (le Français) est extrêmement créatif, seulement il confond idée et exécution. La culture démocratique de la SCOP le force à convaincre ses associés, et, ce faisant à concevoir la mise en oeuvre pratique de ce qu’il a dans la tête. (« Le succès est dans l’exécution » disait Napoléon.)
La SCOP réalise, aussi, le rêve des économistes : adapter à nos entreprises le « modèle allemand » de cogestion. Mais, en plus, celui des élus locaux : la SCOP est « fixée au sol », et, en particulier, non délocalisable.
Seulement, la SCOP n’est pas pour tout le monde. Une SCOP ne fonctionne bien que si les « bonnes personnes sont au bon endroit ». La SCOP pourrait être mieux adaptée à une entreprise qui a fait ses preuves, même si son dirigeant, jusque-là, était « seul dans son bureau », qu’à une entreprise en création, dont la cohésion n’a pas été testée par « l’épreuve du feu ».
Ce qui amène à une dernière question : et si la SCOP était la structure d’entreprise qu’exige la culture (au sens anthropologique du terme) de notre pays ?
Jadis de Gaulle parlait de la « grandeur de la France ». Il n’était pas le premier. La France, depuis longtemps, « rayonne ». Ensuite, la gauche en est revenue à la lutte des classes (ultra marxiste ? la fin de l’histoire, selon Marx, serait l’ère culturelle – la réaliser ne fut-il pas la politique de la gauche ?), et la droite au libéralisme de la performance et de la productivité, lutte des classes encore.
Ces politiques nous auraient-elles monté les uns contre les autres ? Ont-elle fait éclater la structure sociale héritée de la 3ème république (cf. l’école républicaine) ? Nous ont-elles appauvris ?…
Et s’il fallait en prendre le contre-pied ? La France peut-elle trouver à « grandeur » une acception qui ne soit ni celle de De Gaulle, ni celle de Louis XIV ?
Henri Barbusse, voilà un nom familier à l’habitant d’une banlieue communiste. Henri Barbusse fut un pur et dur. Il est allé jusqu’à écrire une hagiographie de Staline et à mourir en URSS, en 1935. Ce qui lui valut des obsèques nationales. Il avait été un écrivain célèbre, qui s’était engagé à 41 ans, comme simple soldat, dans la guerre de 14, par pacifisme. Peut-être pour que ce soit la « der des der ». De l’année et demi passée dans les tranchées, il a tiré un roman, Le feu, qui a été publié en feuilleton à partir de 1916. Ce qui semble dire que la presse avait une liberté certaine. Ensuite, son livre a reçu le prix Goncourt, et a connu un succès mondial. Il a été traduit en 60 langues.
L’OCDE tire la sonnette d’alarme : le PIB par habitant décroche face aux leaders mondiaux.
(La Tribune du 9 avril)
Nouveau paradoxe ? Ces dernières décennies ont connu l’obsession de la « productivité ». C’est, en particulier, en son nom que l’on a licencié en masse, et que les dirigeants se sont augmentés en masse.
Loi de la systémique : à trop vouloir quelque-chose, on obtient son contraire ?
Miracle des rediffusion. On redécouvre des illustres inconnus. Qui fut Jacques Yonnet ?
Petit-à-petit, j’ai fini par comprendre que c’était, comme de Gaulle, le représentant d’une espèce disparue : le « gros malin ». Titi parisien, roi du canular, sa vie est rocambolesque et lui fait fréquenter toutes les strates du monde. Il rencontre Lénine et Trotsky, prend le thé avec Hitler, est reçu par Staline et de Gaulle, en Angleterre. Et tous, il les perce à jour. D’ailleurs, il n’a pas une bonne impression de De Gaulle, qui sans être un monstre glacé comme Hitler et Staline, est froid et méprisant pour la valetaille qu’est le résistant. Car c’est un héros de la résistance, qui, profitant de multiples dons, en particulier de spécialiste du faux papier, et de sa débrouillardise innée, monte et dirige un réseau de renseignement, qui ne sera pas démantelé. C’est lui qui démasque Petiot.
Je me suis demandé si les barrières entre les classes sociales n’étaient pas, en son temps, plus poreuses que maintenant. En effet, il appartenait à un milieu ouvrier, mais d’ouvriers syndicalistes, ce qui les mettait en contact avec les hautes classes du pays. Par ailleurs, il fut coiffeur, mais aussi traducteur d’anglais et d’allemand, pianiste, dessinateur et écrivain à succès.
(D’après France culture : Jacques Yonnet, un homme en liberté, une émission de 1963. Selon wikipedia, Jacques Yonnet est mort en 1974, à seulement 59 ans, ce qui explique peut-être que l’on n’en ait pas entendu parler.)
Curieux phénomène. Il existe des mots dont on ne saisi pas le sens. Exemple : la « productivité » des économistes. Petit à petit, j’ai fini par comprendre que, pour eux, c’était une obsession.
Un précédent billet me fait pas me demander si elle ne tient pas au modèle de société qui s’est imposé. Il est fondé sur la concurrence entre hommes, la « performance ». Ce qui est très bien, me direz-vous. Eh bien non, car la concurrence sans création n’est que lutte fratricide. D’ailleurs, tout ce que cette ère appelle innovation, robot humanoïde, super intelligence, conquête de l’univers, élimination de la mort… n’est que fantasmes d’esprits malades.
Cette vision du monde explique probablement le qualificatif « d’élite » que se donne la classe dirigeante et celui de « paresseux » qu’elle nous jette à la tête. Elle croyait que « productivité » était synonyme de prospérité, et que, par « ruissellement », tout le monde y trouverait son compte. Mais la productivité ne crée rien, et peut-être même est toxique, elle pousse à empoisonner la nature. Le peuple mis à rude épreuve est mécontent de la mauvaise gestion de « l’élite », qu’il juge incompétente.
(Ce qui semble aller dans le sens des thèses de J.K. Galbraith : l’économiste n’est pas un scientifique, mais « rationalise » les idéologies des dominants.)
De Gaulle passera-t-il à la postérité par la caricature ? Il a été, partout dans le monde, l’un des sujets favoris des dessinateurs de presse – métier né en Grande Bretagne. Il avait le physique de l’emploi : une grande taille, un grand nez, un uniforme, un képi.
Il me semble que la plupart de ces caricatures étaient hostiles. De Gaulle était tout ce que la France représente de haïssable pour l’étranger et pour elle-même. Y compris ses qualités. Mais cela, l’émission qui traitait de ce sujet n’en parlait pas.