Ecole des annales

Marc Bloch et Lucien Fèvre ont créé l’école des annales. Cette « école » a inventé une façon nouvelle d’étudier l’histoire. Une forme d’anthropologie qui recherche les forces qui font bouger l’humanité. Une façon d’étudier le passé pour comprendre le présent.

Encore une fois, il est possible que l’on doive cette école aux Allemands. Ces derniers étaient les précurseurs de cette démarche. Le Français, aimable amateur, a fini par prendre conscience de son retard ? Et cela a produit des travaux passionnants. C’est la force de l’amateur lorsqu’il fait un travail sérieux ?

Mais cette école n’est-elle pas morte ? La nouvelle génération d’historiens paraît avoir pour seule obsession de dénoncer les méfaits de l’Occident. Elle n’a plus rien à apprendre de l’histoire, elle lui donne des leçons.

Marc Bloch

Marc Bloch, il avait une « certaine idée » de la France et de la science. Deux choses auxquelles je suis attaché.

Surtout, il a « pensé sur ses pieds », le grand universitaire a été un homme d’action. Et il a fait preuve d’un courage exceptionnel. Un modèle probablement inatteignable ?

Emission.

Egalité

Qu’est-ce que l’égalité ? demande une émission. En particulier, l’égalité de la devise de la France.

Il me semble qu’égalité = justice. Et que cette égalité est ce qu’en dit Rousseau : une « égalité de puissance », pouvoir résister à M.Trump, même s’il mobilise toutes les ressources de l’Amérique ! Comment ? Un peu comme lui ont résisté les Iraniens. Plus exactement, à la façon de l’écosystème, dont l’ensemble peut remplacer n’importe lequel de ses membres. La solitude, c’est la mort.

Pourquoi croire à l’égalité ? Une croyance à une essence commune, « l’humanité », au sens de « crime contre l’humanité » ?

Bien entendu, tout cela n’est que de grands principes. Le succès est dans l’exécution.

Fin de l’école

Qui se souvient de Huysmans ? Pour ma part, je trouve qu’il écrivait fort bien. Mais les experts de jadis m’auraient contredit. Suis-je un inculte ? Digne représentant de la société à laquelle j’appartiens ? (Les Goncourt d’hier par les Goncourt d’aujourd’hui – Joris-Karl Huysmans (1ère diffusion : 17/10/1966) – France cultre.)

Huysmans appartenait à une école, le « symbolisme ». Il reniait le « naturalisme » de Zola. La littérature française est faite d’écoles, chacune reniant les autres, et se croyant la seule au monde. Ce qui la rend risible, au sens de Bergson.

Pour autant, toutes ont contribué à notre culture, autant par leurs qualités que par leurs illusions. Toutes méritent l’intérêt, en dépit de leur ridicule.

Aujourd’hui, il n’y a plus d’école. Fin des illusions ? L’ère de la sagesse ?

Le jour n’est pas plus pur

Le jour n’est pas plus pur que le fond de mon coeur.

Voici ce qu’il faut répondre lorsque l’on vous demande de citer un alexandrin. C’est ce que j’ai appris en écoutant une émission de France culture. (Le vers se trouve dans Phèdre, de Racine.)

L’alexandrin a été l’originalité de la France et le propre de sa culture pendant quatre siècles. Mais il n’a pas survécu à la modernité. (Questions autour de l’alexandrin.)

Les règles d’écriture de l’alexandrin étaient complexes. Il est possible que, comme pour notre langue, on ne pouvait qu’apprendre à l’écrire « à l’oreille », et non en absorbant des traités théoriques, me dis-je. Toujours est-il qu’écouter des experts parler de poésie ôte ses complexes au cancre. Car ils se posent les questions qu’il n’ose pas poser. Par exemple, comment lire le poème, avec ses vers qui ne correspondent pas à des phrases ? Comment en tenir compte ?

Ou encore, ô sacrilège ! je ne comprends rien, le poème a-t-il un sens ? Certains poètes pourraient-ils être des escrocs ? Paul Léautaud ne semble pas loin de le dire.

Ville et campagne

Exercice de prospective : vos souhaits sont réalisés, à quoi ressemble la France ?

Eh bien, à l’Allemagne, avec ses usines et ses sièges sociaux à la campagne. Car, pour vivre et élever une famille, il n’y a, à la réflexion, rien de mieux que la ruralité et ses valeurs.

Curieusement, c’est l’inverse du programme de « métropolisation » voulu par notre classe gouvernante. Pas étonnant qu’elle s’enflamme pour « l’artificiel » ?

Masse

La France aurait été pionnière en matière de dessin animé. Puis est arrivé Disney, qui s’est mis à produire pour les masses. (France culture.)

Cette histoire est la même pour l’automobile et l’aviation. L’Américain est un industriel ? Le Français est un artisan ? Un créateur ?

Mais la masse n’a pas que du bon ? Comment réintroduire un peu de fantaisie, d’originalité, dans notre société ?

Armistice

Une hypothèse se confirme ? Notre image de l’histoire est peut-être faussée par la façon dont les événements ont tourné.

Pétain pourrait avoir cru que l’Allemagne aurait rapidement le dessus sur l’Angleterre. Ce qui semblait vraisemblable. (Mais qui était sans compter sur l’intelligence de la perfide Albion, qui s’était préparée à un siège – ce qui était impossible à la France, qui ne pouvait que prendre l’armée allemande de plein fouet.) Alors, comme en 70 (y compris avec la perte de l’Alsace et de la Lorraine ?), tout serait rentré dans l’ordre, et Pétain serait devenu Franco ?

(France Culture.)

Vive le régionalisme ?

Le dirigeant du pôle de compétitivité véhicule du futur me disait que, ne comptant plus sur l’Etat, ses membres ont décidé de prendre leur sort en main (un billet précédent). Voilà une bonne nouvelle !

Et si les Régions faisaient de même et devenaient les poids lourds du régime ? Elles sont conçues pour être des Etats. Idem pour les intercommunalités.

Président de Région, un bon moyen, pour un politique, de prouver ses compétences ? Un tremplin ?

Grand hôtel

Un grand hôtel de Paris après la guerre. Le Claridge. C’est ce que l’on appellerait une ETI, aujourd’hui. Plus de 400 employés. Et un « taux de remplissage » surprenant. Pour beaucoup, c’est une résidence secondaire.

Une haute société policée le jour, mais abjecte la nuit, lorsqu’elle cède à ses démons. Et en changement. L’homme d’affaire remplace l’aristocrate. Elle perd son éducation.

(Le quart d’heure des grands reportages – La vie d’un grand hôtel (1ère diffusion : 20/06/1950 Chaîne Nationale).)