Fake it

Fake it until you make it est la devise des USA. En fait celui qui « fake it » correctement n’a même pas à « make it ».

L’intelligence artificielle en est un exemple. C’est une course en avant financée par la planche à billets de la FED. Comme pour les taxis d’Uber, l’espoir est d’installer un monopole, en vendant à perte, et alors de « se refaire ». Que l’on produise un désastre écologique ou que l’IA exploite les failles de l’individu et le détruise, rien de cela ne compte. Le succès, la fin, justifie tous les moyens. D’ailleurs, malheur au vaincu.

C’est la logique du virus. Et le virus a contribué à la vie. Il est partout dans notre génome. Ce qui ne tue pas renforce.

Stress test

Lorsque j’ai vu arriver Trump, j’ai pensé qu’il serait un « stress test » pour nous et pour le monde. C’était le mieux que je pouvais dire. Mais cela semble juste.

La guerre d’Iran et le détroit d’Ormuz sont en passe de révéler des failles invisibles du système résultant de l’ère de la globalisation.

PPE : la pénurie qui enraye toute la tech mondiale
La résine de polyphénylène éther, indispensable aux circuits imprimés, est devenue silencieusement l’un des premiers points de rupture provoqués par le conflit dans le Golfe.

La Tribune du 6 mai.

Quelles vont en être les conséquences ? Impossible à dire. Ceux qui m’en parlent, quelle que soit leur position, en France ou ailleurs, me font penser à cette personne qui tombe d’un gratte-ciel : « pour le moment, tout va bien ».

Modèle français

On n’aime pas le dire, mais la France est à l’origine de bien des idées qui secouent le monde. C’est en France que le Bobo a son origine, c’est aussi elle qui a théorisé la liberté par le marché. Aujourd’hui, les Américains semblent découvrir qu’ils se comportent comme nous sous l’occupation.

“The Sorrow and the Pity,” a four-hour documentary from 1969 about Nazi-occupied France, chronicles the way that many ordinary citizens simply lived their lives as if nothing had changed—and the film is more relevant than ever, @dgraham.bsky.social argues. theatln.tc/tzsVJihW📸: Everett Collection

The Atlantic (@theatlantic.com) 2026-04-26T00:15:05Z

Hannah Arent a proposé une explication simple de ce phénomène : la « banalité du mal ». Au fond, c’est une propriété de la raison. Elle nous convainc que l’on minimise ses tourments en collaborant avec la dictature. C’est ainsi qu’Hannah Arendt expliquait que la coopération des Juifs avait permis aux Allemands de les transporter sans difficulté dans des camps d’extermination.

Jean-Paul II

Le pape serait-il un nouveau Jean-Paul II ? Comme au temps de l’URSS, l’Eglise déclarerait-elle une croisade contre le totalitarisme ? Cette fois-ci de l’Amérique de Trump ? Totalitarisme dont l’arme est l’intelligence artificielle et l’exécuteur des basses oeuvres les billiardaires de la Silicon Valley ?

Toujours est-il que l’émergence de Trump révèle aux USA un fondamentalisme religieux qui paraît, par sa bêtise confondante, sans équivalent. Défaite de millénaires de civilisation ?

Ou, au contraire, conséquence logique du processus de civilisation ? La société est divisée entre ceux qui pensent et ceux qui produisent. Et lorsque ceux qui pensent mécontentent les autres, c’est l’invasion barbare ?

Affaires étrangères.

Les mérites de Donald

A 103 ans, le long chemin vers la citoyenneté allemande de Ruth Gruenthal, juive américaine ayant fui Hambourg dans les années 1930
Quatre-vingt-six ans après en avoir été déchue, une retraitée résidant à New York a décidé de « récupérer » sa nationalité par crainte de dérives de Donald Trump.

Le Monde du 30 avril

L’Allemagne a beaucoup de malheurs, mais peut-être a-t-elle matière à se consoler : en 80 ans, elle est parvenue à faire oublier son passé ? Une leçon ?

Reagan

Trump et Reagan, même combat ? Dans les deux cas, l’Amérique doute, dans les deux cas, les étudiants se sont emparés des universités (un signe avant coureur ?)… et Trump a volé MAGA à Reagan.

Mais Reagan est un homme sympathique, une sorte de Forrest Gump. Sa particularité est de voir toujours le bon côté de la vie, et de prendre ce qu’elle lui donne sans se lamenter sur son injustice. Il est pauvre, a un père alcoolique, fait des études modestes, devient speaker de radio, car il n’a pas les relations qui lui permettraient d’être acteur, puis acteur, quand il les a, et même une célébrité, contrairement à ce que l’on a dit. Mais la guerre survient, les modes changent, son étoile pâli, alors il est le premier acteur d’Hollywood à passer à la télé. Démocrate dans sa jeunesse, par reconnaissance à Roosevelt pour ce qu’il a fait pour le petit peuple, il préside le syndicat des acteurs. C’est alors qu’il voit monter le syndicalisme communiste. Ce qui l’inquiète et le fait changer de camp. Puis il devient gouverneur de Californie. Son succès est tel que l’on parle déjà de lui comme président. Mais il lui faudra trois tentatives pour être élu.

On disait qu’il était idiot et il ne revendiquait pas l’intelligence. Il avait une ligne, c’était tout, et il représentait l’Amérique, pour le reste c’était à son « intendance » de s’occuper des questions pratiques. Il lui faisait confiance. Peut-être aussi faisait-il confiance à l’Amérique. Il en était fier. Et il était heureux que l’on veuille y émigrer.

Un peu trop simpliste tout de même ? Sa « politique de l’offre », retirons impôts et lois et l’Américain libéré fera la prospérité nationale, a enfoncé les USA dans le déficit. Où l’on retrouve Trump.

(Salle des archives.)

Dangereuse séduction ?

Un surréaliste disait apprécier l’art américain qui était libre des contraintes culturelles de la tradition. La culture américaine, qui semble une absence de culture, a eu un curieux pouvoir de séduction, voire de dissolution. Elle s’est infiltrée, par exemple, en URSS et en Allemagne nazie. Et elle a été fatale à tout ce que nous, Français, appelions culture encore il y a quelques décennies.

Les cultures européennes étaient soit aristocratiques soit populaires et traditionnelles, la culture américaine est celle d’un peuple moderne, sans tradition ? Pour cette raison, elle est d’accès facile ? Peut-on espérer voir renaître une culture digne de ce nom ?

Du calme

Comme moi, les Américains se demandent pourquoi les manifestants d’hier ne se manifestent plus.

“The events of the past three months seem almost perfectly engineered to spark campus unrest,” Rose Horowitch argues. “But campuses across the country—places where students colonized the quad to protest Israel’s war against Hamas—are strangely silent.”

The Atlantic (@theatlantic.com) 2026-03-25T12:30:05Z

Une hypothèse ? L’intellectuel, c’est-à-dire le manifestant en puissance, est un gamin qui fait la nique à l’autorité, mais file droit dès qu’elle s’affirme ? Il ne traite de fascistes que les faibles ?

Retour en 29

J’ai longtemps lu ce qui s’écrivait aux USA. J’ai été surpris par la « nouvelle économie ». A la chute de l’URSS, de grands esprits ont dit que le capitalisme avait gagné, que le marché produisait l’optimum humain. Pour moi ce qui avait fait le succès des USA était son rouleau compresseur logistique, la science, la raison, l’oeuvre de Roosevelt. Il était ridicule que l’on puisse dire que c’était « le marché ». Et que l’on exhume des théories remontant aux Lumières (françaises !), stupides. Erreur ! ce qui compte n’est pas la raison, mais ce que le peuple croit. Vox populi !

Voici ce que j’ai appris sur l’histoire des USA, et que l’on retrouve de ci de là dans ce blog :

Le propre des USA, c’est une volonté folle de s’enrichir qui produit la spéculation. Et la spéculation se termine en crise ultra violente. Au siècle dernier, économistes et magnas parlent de « destruction créatrice » dont l’antidote est le monopole, seul capable d’encaisser les crises, non le marché. La crise de 29 produit une crise et une guerre mondiales. Devant l’échec de l’idéologie libérale, Roosevelt, pragmatique – autre trait américain, adopte la planification socialiste ou fasciste qui semble efficace. La guerre sauve le pays. Il connaît la prospérité. Peut-être que le tempérament individualiste de l’Américain lui fait donner de la tête contre les règles d’une société de la raison ? Il n’est pas fait pour un monde borné ? La situation se retourne. L’Amérique doute d’elle-même. Comme toujours dans ce cas, elle élit un président populiste et borné, qui lui dit qu’elle doit revenir aux sources. Il se lance dans une course à l’armement avec l’URSS. Elle s’effondre. Voir premier paragraphe. Retour en 29 ?