Réaliste Trump

Le président américain, lui, craint que l’éclatement de la bulle IA conduise à une récession, selon le « New York Times ». (Le Monde du 19 septembre)

Un mystère est la part qu’occupe l’intelligence artificielle dans la croissance américaine. Il semble, par exemple, qu’une grande partie de l’activité industrielle soit due à la construction de data centres.

Une fois de plus, on constate que M.Trump, que l’on dit un clown, est beaucoup plus réaliste que nos gouvernants. Ils ont la curieuse caractéristique de croire au père Noël. Ou, peut-être, comme le disaient mes petits copains « de prendre leurs désirs pour des réalités » ?

OpenAI expects to burn $280bn by 2030
AI start-up has projected deeply negative cash flows as it invests in infrastructure and faces price pressures (Finacial Times du 18 septembre)

Bonnes affaires

Nvidia to buy open-source AI platform Hugging Face for $13bn
Nvidia has agreed to buy AI model platform Hugging Face for $13bn, in the latest step by the $5.4tn chip giant to use its financial might to accelerate the technology’s boom.

Financial Times du 3 septembre

Nouvelle ruée vers l’or ? Nvidia achète tout ce qui bouge : le jeu, pour l’entrepreneur « really smart », et les fonds qui le soutiennent, est de faire assez de bruit pour être remarqué. Et gagner beaucoup d’argent, sans avoir rien vendu… Mais qu’est-ce que cela coûte à Nvidia vue la valeur que lui accorde la bourse ?

Profitez-en, tant que ça dure ?

(A l’époque de la bulle internet on racontait une histoire de chat vendu 1 m$ contre deux chatons à 500.000$. Aujourd’hui on aura probablement multiplié ces nombres par mille.)

Ponzi bis

Big Tech profits get $160bn boost from gains on stakes in other AI companies
Analysts say large paper windfalls on investments in OpenAI, Anthropic and SpaceX have muddied the tech sector’s earnings metrics

Financial Times, 30 août

La logique de l’innovateur est la course en avant. Il doit inspirer confiance pour qu’on lui donne les moyens de poursuivre ses recherches. Il doit faire rêver. Pour cela tout est bon. Y compris créer un marché fictif.

L’homme d’affaire est un poète ?

Mais, seulement dans une certaine mesure :

Pharma stocks soar as investors seek AI alternatives
Pricing deals with the White House and positive clinical data boost sector

Financial Times, 30 août

Saint Ponzi priez pour nous ?

Nvidia discloses $21bn stake in SpaceX
Filing comes after Elon Musk announced exclusive arrangement to kit out its data centres

Financial Times, 14 août

L’union fait la force ? Voilà ce que l’on n’attendrait pas d’ultralibéraux ? Nvidia semble le parrain d’un système quelque peu crapuleux. Grâce à la valeur boursière que lui donne la spéculation, il peut s’endetter et financer ses clients. Ceux-ci lui renvoient l’ascenseur, ce qui fait augmenter son cours de bourse. Et, comme lors des précédentes bulles, les banques s’engouffrent dans la combine.

Comment cela va-t-il se finir ? Par une nouvelle injection d’argent de la banque centrale américaine, comme d’habitude ? Et par un prix Nobel d’économie pour Trump ?

Wall Street giants bet Nvidia’s AI chips will defy the laws of finance
Private capital firms are wagering that the crucial hardware will hold its value for years to come

Financial Times, 12 août

Wall Street giants partner with Nvidia on $500bn AI financing deal
Apollo, Blackstone and Goldman Sachs are among groups working with chipmaker to raise capital for data centre boom

Financial Times, 10 août

Les banques américaines se ruent sur le filon du financement de l’IA
Les banques américaines se ruent sur le filon du financement de l’IA
Après une saison de résultats record, les grandes institutions financières des États-Unis comme Bank of America ou Morgan Stanley veulent leur part du gâteau des montants colossaux empruntés par les entreprises technologiques.

La Tribune du 14 août

SpaceAI

Anthropic investors bet on $2tn valuation in record IPO
Anthropic investors expect the AI start-up to float at a valuation of $2tn or more in October, a dizzying figure that would eclipse SpaceX and make the AI lab’s debut the largest ever initial public offering.

Financial Times 13 août

Voilà qui n’est pas loin de la capitalisation de l’ensemble du CAC40. Que nous sommes peu de choses ! (Jusqu’ici Anthropic était en pertes.)

Logique spéculative

Palantir rides high on greed and fear — but mostly fear
Given its prodigious growth and the belief that this will continue, the anxiety many feel is the fear of missing out

Financial Times du 4 août

La logique du spéculateur n’est pas ordinaire. Il ne vit qu’à court terme. Son obsession est de s’enrichir. Il n’a aucune éthique. Il n’a aucune opinion sur le potentiel d’un investissement sur son utilité sociale. La seule chose qui compte est que d’autres veuillent y investir, ou non. Et ce à court terme. Tout de suite.

Paradoxalement, cela en fait à la fois une sorte de parasite primitif, mu par « greed and fear », et un fin connaisseur de la psychologie de la société à laquelle il appartient.

Ere du dumping ?

Il y a quelque temps, le dirigeant d’une entreprise de « reconditionnement » de portables me disait que les start-up nuisaient gravement à ses affaires. Elles vivent des fonds financiers et n’ont pas de souci de rentabilité. Elles « cassent les prix ».

On trouvera dans ce blog l’histoire d’Uber. Une hypothèse plausible est apparue petit à petit. L’histoire d’Uber part de propos que l’on entendait beaucoup un temps : le chauffeur de taxi est un voleur. Une théorie surprenante, car ces propos étaient tenus par des « privilégiés ». Une sorte de Marxisme inversé. Uber avait pour mission de redresser ce tort. Ce qui n’était pas totalement désintéressé. Son « innovation de rupture » consistait à faire de grosses économies de charges sociales, en transformant le statut du taxi de salarié à entrepreneur. Mais aussi d’abaisser les prix suffisamment pour que la concurrence ne puisse survivre. Une fois en situation de monopole, les prix se seraient adaptés à cette nouvelle situation.

Il n’est pas interdit de penser que cette logique de « dumping » soit celle de beaucoup d’investisseurs. L’innovation serait la feuille de vigne de bien des « grandes » start-up ?

Ce qui est peut être plus intéressant est que cette stratégie pourrait avoir été imitée par les Chinois. Mais, eux, ont organisé toute leur société pour la mettre en oeuvre, notamment en formant des personnels d’élite scientifique que l’on ne trouve pas aux USA, sinon chez les immigrés, comme, d’ailleurs, les USA l’avaient fait pendant la guerre.

Vivons cachés

Les géants américains de la technologie vont émettre 30 % de toutes les obligations de qualité aux États-Unis. Un afflux massif de titres de créance qui expose les portefeuilles des investisseurs à la bulle de l’IA.

La Tribune

Les conséquences d’une bulle spéculative commencent à se manifester ? Qu’en pensent nos « décideurs » ? (Et le petit peuple qui pourrait boire le bouillon ?)

Big Tech AI spending spree tops $1tn
Google, Amazon, Microsoft and Meta have vastly increased their investments since the AI boom began in 2023

Financial Times

Rodéo

Oracle could face $7bn collateral bill for Wisconsin data centre
Increased power costs add to challenges facing tech giant’s AI ambition amid high spending and mounting debt

Financial Times du 20 juillet

L’intelligence artificielle comme pari. « Betting the farm » dit-on aux USA. Trait culturel ?

Complément :

Google burns through $6bn in cash as AI spending climbs again
Search giant says it will commit up to $205bn to AI investments in 2026

Financial Times du 22 juillet

Meta faces higher borrowing costs in latest $12bn data centre financing
BlackRock-led deal meets investor anxiety over rising AI exposure

Financial Times du 24 juillet.