Génie humain

Elle éclate, elle n’éclate pas ? Aux USA les bourses sont sur des montagnes russes, malmenées par les nouvelles des performances des champions de l’intelligence artificielle.

Génie humain ? On a transformé cette instabilité en argent !

Tech groups find a new way to monetise AI hype: selling volatility
Elevated convertible bond issuance is, at heart, a response to the market being twitchier than usual

Financial Times du 4 juin

Ou aliénation ?

Essorage Ponzi

La France subit un phénomène de concentration du pouvoir économique. Certes, direz-vous. Mais soupçonnons-nous sa nature et ses implications ? La franchise est une concentration, par exemple. Maisons de retraite, santé, éducation supérieure… la concentration est partout, à commencer par ce qui était jadis public.

Cette concentration éloigne les centres de décision des territoires et peut-être du territoire. Elle résulte d’une croissance effrénée par acquisitions et endettement massif favorisé par des taux bas, une politique agressive de création monétaire et les encouragements des Etats. D’où gigantesques fortunes, qui auraient quelque-chose de Ponzi… La France, une fois n’est pas coutume, serait à la pointe de ce phénomène.

« De l’ordre de 100 000 sociétés sont en fait des filiales des 7 000 principaux groupes. Ceux-ci ne représentent que 0,15 % des 4,5 millions d’entreprises françaises, mais 54 % des emplois privés. Ils assurent les deux tiers des chiffres d’affaires et 58 % des valeurs ajoutées. Ils portent l’essentiel de l’export, de la R&D, de l’investissement. »

Antidote ? « La structuration d’écosystèmes territoriaux bien organisés, avec un capital-investissement régional puissant, des réseaux d’entreprises solidaires, me semble seule en mesure de tempérer les mouvements de concentration et de financiarisation actuels. »

Mais en attendant ? Edifice précaire en des temps incertains ? Combien de temps encore ces conglomérats auront-il envie de faire travailler le Français ? Plus curieux, peut-être : leur principe ne serait-il pas « d’extraire la valeur » de notre pays pour l’envoyer « ailleurs » ?…

Passionnante étude de Nicolas Portier pour la Banque des Territoires.

Grand pari

L’unité d’investissement est devenue la centaine de millions. Et cela n’étonne personne. Ce qui est surprenant.

CEO Elon Musk has staked Tesla's future on AI-powered robotaxis and humanoid robots. Here's what to know about the electric vehicle maker's pivot.

Bloomberg News (@bloomberg.com) 2026-04-24T15:30:07Z

Oracle’s $300 billion megadeal with OpenAI is testing the limits of Wall Street’s appetite for debt tied to America’s data-center boom.

The Wall Street Journal (@wsj.com) 2026-04-24T14:51:40.126920Z

Rebondissement

Feuilleton de la spéculation artificielle.

Qui l’eut dit ? Les géants du GAFA, qui nagent dans les bénéfices, s’endettent ! C’est la course au « data centre ».

Comment tout cela va-t-il se finir ?

Long reliant on revenues to fuel growth, big tech firms are now borrowing heavily to build AI technology

Bloomberg News (@bloomberg.com) 2026-03-13T03:00:19Z

Quant au data centre :

The AI industry could completely transform our energy systems and bring us into a carbon-free future—but companies’ impatience could threaten communities and the environment instead, @matteowong.bsky.social reports:

The Atlantic (@theatlantic.com) 2026-03-13T17:45:16Z

Prix de l’art

On oublie que l’artiste est aussi et avant tout un commerçant. Il ne peut vivre sans clients. En fait, les artistes de jadis étaient des artisans. Chaque grande fortune de ce temps avait le sien. Quand ils voyaient qu’un tableau avait du succès, ils le produisaient en série. Concordance des temps.

Progressivement, l’art est devenu spéculatif. Je me demande si ce n’est pas le surréalisme qui lui a donné sa forme actuelle. Le surréalisme est de l’hyper concret qui fait croire qu’il cache des vérités profondes. L’idéal du néant intellectuel qu’est le spéculateur ?

Grand pari

Un article des Echos annonce que le pays se désindustrialise à vitesse accélérée. En revanche 67md€ iraient aux data centres. (Paradoxalement, ils feraient partie de l’investissement industriel.)

Curieusement, la presse américaine s’interroge, avec inquiétude, plusieurs fois par jour, sur la nature spéculative du data centre.

Peut-être serait-il bien de se poser la question ?

Betting the farm

Le capitalisme américain à son meilleur.

La fuite dans une spéculation de plus en plus créative.

2 annonces du Financial Times, le 2 février dernier :

SpaceX buys xAI in $1.25tn deal to unite crucial parts of Elon Musk’s empire
Rocket company boosts valuation to $1tn and pays $250bn to acquire AI start-up as Musk envisions data centres in space

Oracle raises $25bn in bond offering despite concerns over rising debt
Company’s huge bet on AI has prompted investor concerns about the sustainability of its spending

(Un tel phénomène serait-il possible chez un peuple un peu plus évolué ?)

Post scriptum

Big Tech’s ‘breathtaking’ $660bn spending spree reignites AI bubble fears

Financial Times du 6 février

Big Tech groups race to fund unprecedented $660bn AI spending spree
Executives face choice between cutting returns to shareholders, raiding reserves or tapping the markets

Financial Times du 8 février

Course artificielle

Je ne voyais pas comment Tesla pourrait faire face aux constructeurs traditionnels. Il semble que j’ai eu raison. Tesla est dépassé, ses profits s’effondrent. (Ce que je n’avais pas compris, initialement, c’est que le marché financier américain ne voyait pas les Tesla comme des voitures, mais comme des « iCars », des logiciels.)

Alors Elon Musk va où le pousse le vent de la spéculation : vers les paradis artificiels ?

Tesla trims car line-up in pivot to AI as annual revenue falls for first time
Elon Musk’s electric-car maker invests $2bn in the billionaire’s xAI

Financial Times du 29 janvier

Bulle

Cette année aura été celle du doute : et si l’intelligence artificielle était une bulle spéculative ?

Australia’s biggest pension fund to cut global stocks allocation on AI concerns
AustralianSuper warns of ‘maturing’ US tech cycle and high valuations

Financial Times du 20 décembre

Qu’est-ce qui peut percer la bulle ? Le manque d’énergie (on lit qu’aux USA, il va manquer 40% de l’énergie nécessaire) ? Un financement façon Ponzi (le fournisseur finançant le client) ? Les Chinois, leurs modèles intelligents, et leur politique industrielle ? Comment souvent, dans ces situations, la bourse américaine fait du yoyo, ce fut le cas dernièrement du titre d’Oracle. Car le jeu de la spéculation, c’est de profiter des hausses et des baisses. Au fond, le spéculateur sérieux ne croit probablement pas un instant à l’IA.

Pour autant le crash ne semble pas en vue.

En fait, ce qu’il manque est une étude sérieuse des « modèles économiques » des entreprises du secteur et de leurs liens. Quelles sont les hypothèses sur lesquelles ils reposent ? Une modélisation façon « dynamique des systèmes ». C’est l’opacité qui permet la spéculation ?

Year in a word: AI bubble ft.trib.al/1AhoJwO | opinion

Financial Times (@financialtimes.com) 2025-12-23T05:31:16.012247Z

Grand jeu

Je n’ai peut-être pas toujours tort. Pendant l’épidémie de COVID, j’estimais que Moderna avait fait un hold up et que ses actionnaires devraient vendre l’entreprise.

Il semble, effectivement, que ses affaires ne vont pas fort. Les Américains sont devenus anti vaccin. Et, il est peut-être maintenant possible de dire que, de toute manière, la vaccination anti COVID ne semble pas avoir été un succès extraordinaire.

Certes, Moderna rêve, depuis son origine, d’un vaccin anti-cancer. Cependant, il y a des moments où rêver n’est plus américain…

Moderna is most shorted stock in S&P 500 as Americans skip jabs on.ft.com/48vPERR

Financial Times (@financialtimes.com) 2025-11-23T12:07:51.407912Z