Inintelligence collective

Chronique d’une bulle spéculative ?

How OpenAI put itself at the centre of a $1tn network of deals
The company behind ChatGPT has signed agreements with many of the largest tech groups, adding to a growing web of financial dependencies across the AI world

Financial Times du 10 octobre

J’ai vécu plusieurs bulles spéculatives. Ce qui m’étonne toujours, c’est à quel point l’humanité est désarmée face à elles. La société, collectivement, semble incapable de penser.

(Et que dire des guerres ?)

La BBC, sur le même sujet.

G bulle

5G, 5 ANS APRÈS (1/2) – Gouffre financier pour les opérateurs, indifférence des utilisateurs : le nouveau standard de téléphonie mobile n’a pas tenu ses promesses malgré des performances techniques bien réelles.

La Tribune du 6 octobre

Se rappelle-t-on de l’hystérie que suscita la 5G, en particulier au sein de notre gouvernement ? Eh bien, une fois de plus, c’était un coup de pub sans lendemain.

Peut-être, au temps de l’intelligence artificielle, serait-il bon de se le rappeler ?

Bulle artificielle

Il y a quelque temps, je lisais que NVidia investissait 100md$ dans Openai.

Or, Openai, c’est 7 ou 8% du chiffre d’affaires de NVidia. Et, pour atteindre la puissance de calcul qu’il vise, il lui faut des dizaines de fois ce qu’il possède déjà en termes de processeurs (voire plus).

NVidia financerait-il son marché pour montrer à ses investisseurs, qui lui accordent une valeur de 4000 md$, qu’il existe ?

Autre exemple :

AI coding start-ups reap $7.5bn wave of investment
Sequoia, NEA and Nvidia invest $50mn in Factory in bet software engineering will be critical application for the tech

Financial Times du 25 septembre

Carotte américaine

Tesla’s board has proposed a new pay package for chief executive Elon Musk worth $1tn over the next decade if he is able to hit a series of formidable targets.

Financial Times, 5 septembre

L’argent est-il un bon stimulant ? Son effet a tendance à s’épuiser, me disait, jadis, un spécialiste des « challenges commerciaux », qui lui préférait les idées de Maslow.

Au temps où Bill Gates était l’admiration du monde, il suffisait de quelques milliards pour faire un heureux. Maintenant, à moins de 100md, on n’est rien.

IA : risque systémique ?

La semaine dernière je lisais une série d’annonces du Financial Times :

Nearly eight in 10 companies have reported using generative A.I., but just as many have reported “no significant bottom-line impact,” according to recent research.

Routine AI assistance hits skills of health experts performing colonoscopies
Study comes amid rapid adoption of the fast-developing technology

CoreWeave investors sell more than $1bn in shares as IPO lock-up ends
Director Jack Cogen offloads stake with an aggregate market value of about $300mn

Qu’arriverait-il si l’engouement pour Internet se révélait une bulle spéculative ?

(Rappel : j’ai toujours tort.) Il me semble que le dommage ne serait pas grand. Quelques entreprises disparaîtraient. Des valorisations stratosphériques se dégonfleraient. Beaucoup d’entreprises découvriraient que ce qu’elles croyaient des investissements productifs sont une perte sèche. Mais rien d’anormal. Nos grandes entreprises, faute de compétence, vivent de rêves. Cette aventure leur arrive régulièrement.

La fabrique des bulles

Les journalistes font-ils leur travail ? Ils s’émerveillent de l’IA. Pourquoi ne cherchent-ils pas ce qu’il y a derrière la façade ?

Ils y verraient un tout petit nombre d’entreprises qui se tiennent par la barbichette. Pyramide de Ponzi ?

Openai devrait dépenser 320md$ dans les prochaines années. Le gros de son financement vient de SoftBank, qui n’a, évidemment, pas les épaules assez larges pour cela, et vit d’expédients. Sa capacité de calcul est fournie par Microsoft, qui passe la main à CorWeave, une start-up, qui n’a qu’un client ! Et tout cela représente 6% des revenus de NVIDIA.

La valeur d’Openai, qui n’est pas cotée, est faite par ses investisseurs. Qui ont, bien sûr, tout intérêt à ce qu’elle augmente.

Seulement, Openai risque de rapidement manquer d’investisseurs, mais aussi d’être limité par la disponibilité de capacités de calcul : elle aurait obtenu 16.000 unités de traitement graphique contre 300.000 promises. En outre tout cela repose sur STARGATE, dans lequel serait impliqué Oracle, un programme de construction de datacentres pharaonique. Or,

future data center expansion is based on two partners supporting CoreWeave and Oracle: Crusoe and Core Scientific, neither of which appear to have ever built an AI data center.

Course artificielle

Je lisais l’autre jour que l’intelligence artificielle coûtait peu, car les entreprises qui la produisent sont financées par leurs investisseurs. Mais cela ne pourrait pas durer. Attendons-nous à des hausses de prix.

Ce raisonnement me semble erroné. L’exemple d’Openai : on ne voit pas comment il pourra financer les investissements prévus, et il n’arrive plus à trouver les capacités de calcul dont il a besoin. Microsoft, parce qu’il a obtenu ce qu’il cherchait ? s’en désengage. D’une manière plus générale : « absolutely nobody other than NVIDIA is making any money from generative AI ».

Or, Openai vaut 500md$. En 2024, il en a gagné un peu moins de 4 et perdu 5 ! Il ne prévoit d’être rentable que le jour où son chiffre d’affaires dépassera 125md$.

Depuis la bulle internet et l’innovation de Goldman Sachs, on donne à une entreprise la valeur que promet son business plan. L’investisseur achète un résultat futur. Mais raisonné-je à l’époque de la bulle, si toutes ces prévisions sont justes, alors l’économie mondiale devrait être multipliée par 100 ou plus.

Ce qui pourrait arriver cette fois (voir l’article cité plus haut) est que les investisseurs ne puissent plus financer les pertes de leur champion. Une hausse des prix ne pourra les remplacer.

Serait-il prudent de ne pas devenir trop dépendant de l’IA ?

Bluff artificiel ?

Paradoxe : plus le problème est complexe, moins l’intelligence artificielle est efficace. A un certain point, elle s’effondre.

Les leaders du secteur sont massivement déficitaires. Mais personne ne s’en soucie.

Le propre des USA : la bulle spéculative ? Comment tout ceci va-t-il finir ? Comment l’en sevrer ?

Cutting-edge AI models ‘collapse’ in face of complex problems, Apple study finds https://bsky.app/profile/theguardian.com/post/3lr6se2lbpc23

OpenAI expects subscription revenue to nearly double to $10bn
Company behind the ChatGPT tool is still lossmaking, as are its biggest rivals
Financial Times, 9 juin.

Fin d’Apple ?

Une de mes idées reçues est que le dieu d’Apple est mort. Cette société ne vivait que par la créativité de Steve Jobs.

Biais de confirmation ?

Even before President Trump’s tariffs threatened to upend Apple’s manufacturing business in China, there were questions about the company’s inability to make good on new ideas, fueling angst among employees and customers.

The New York Times (@nytimes.com) 2025-04-11T16:38:31.312Z

Problème général ? Une grosse partie de la valeur de la Silicon Valley provient de supposés extraordinaires revenus à venir. Et si cet avenir se rapprochait et n’avait rien de ce que l’on espérait ?

Farce artificielle

Article linkedin. L’un dit à l’autre : c’est trop long !

Alors, l’un demande à ChatGPT : résume-moi ce texte.

Résultat : un texte plus long que l’original !

Ce que ChatGPT et la folie de l’intelligence artificielle révèlent est à quel point l’homme est crédule ? Au fond, inné ou acquis, il rêve de ne plus utiliser son cerveau ? C’est pourquoi il est aussi séduit par la promesse de pouvoir le sous-traiter ?