Xploiteur

Traders are increasingly betting against SpaceX just weeks after IPO
Shares of Elon Musk’s rockets and AI company have slipped below their listing price for the first time

Financial Times du 18 juillet

J’ai souvent observé ce phénomène, aux USA. Une introduction en bourse tonitruante. Puis le cours de l’action s’effondre.

A croire que la société américaine est divisée en deux : d’un côté des moutons, de l’autre ceux qui savent les tondre.

Alan Greenspan

Alan Greenspan est mort, la semaine dernière, centenaire. Je me souviens qu’il fut une énorme célébrité dans ma jeunesse. Une figure de proue du néolibéralisme. Curieusement, lui que l’on disait d’une intelligence rare, fut le disciple d’Ayn Rand, qui ne semble pas l’avoir été. Elle était le gourou de l’égoïsme. (Ce qui, en termes de popularité, aux USA, en fait un sérieux challenger de Gad.)

Peut-être est-il à l’origine de la spéculation massive qui a gagné les USA, et le monde, depuis quelques décennies ? Et qui nous menace d’un big bang ?

Pour ma part, ce que je retiens de lui est une phrase, que je répète souvent : « si vous croyez m’avoir compris, c’est que je me suis mal exprimé ».

C’est la question du « biais de confirmation ». On ne retient de ce que l’on entend que ce qui confirme nos idées reçues. Alors que, au contraire, cela devrait amener à les changer.

Big bang ?

A chaque crise, les banques centrales impriment plus d’argent et pourtant, il n’y a pas d’inflation. Etrange ?

Au temps de la gloire de Bill Gates, l’homme le plus riche du monde était milliardaire, aujourd’hui il est mille fois cela. Les milliards c’est pour les chanteurs. Il y a des masses monstrueuses d’argent à placer, mais aucun projet qui le permette. Alors, il faut faire preuve de trésors d’imagination. Fusion nucléaire, cerveau artificiel, robot humain, immortalité, transhumanisme, conquête de l’univers… tout y passe. Et la course en avant est de plus en plus désespérée. Seule une crise peut l’arrêter ? De quelle nature ?

Génie humain

Elle éclate, elle n’éclate pas ? Aux USA les bourses sont sur des montagnes russes, malmenées par les nouvelles des performances des champions de l’intelligence artificielle.

Génie humain ? On a transformé cette instabilité en argent !

Tech groups find a new way to monetise AI hype: selling volatility
Elevated convertible bond issuance is, at heart, a response to the market being twitchier than usual

Financial Times du 4 juin

Ou aliénation ?

Essorage Ponzi

La France subit un phénomène de concentration du pouvoir économique. Certes, direz-vous. Mais soupçonnons-nous sa nature et ses implications ? La franchise est une concentration, par exemple. Maisons de retraite, santé, éducation supérieure… la concentration est partout, à commencer par ce qui était jadis public.

Cette concentration éloigne les centres de décision des territoires et peut-être du territoire. Elle résulte d’une croissance effrénée par acquisitions et endettement massif favorisé par des taux bas, une politique agressive de création monétaire et les encouragements des Etats. D’où gigantesques fortunes, qui auraient quelque-chose de Ponzi… La France, une fois n’est pas coutume, serait à la pointe de ce phénomène.

« De l’ordre de 100 000 sociétés sont en fait des filiales des 7 000 principaux groupes. Ceux-ci ne représentent que 0,15 % des 4,5 millions d’entreprises françaises, mais 54 % des emplois privés. Ils assurent les deux tiers des chiffres d’affaires et 58 % des valeurs ajoutées. Ils portent l’essentiel de l’export, de la R&D, de l’investissement. »

Antidote ? « La structuration d’écosystèmes territoriaux bien organisés, avec un capital-investissement régional puissant, des réseaux d’entreprises solidaires, me semble seule en mesure de tempérer les mouvements de concentration et de financiarisation actuels. »

Mais en attendant ? Edifice précaire en des temps incertains ? Combien de temps encore ces conglomérats auront-il envie de faire travailler le Français ? Plus curieux, peut-être : leur principe ne serait-il pas « d’extraire la valeur » de notre pays pour l’envoyer « ailleurs » ?…

Passionnante étude de Nicolas Portier pour la Banque des Territoires.

Grand pari

L’unité d’investissement est devenue la centaine de millions. Et cela n’étonne personne. Ce qui est surprenant.

CEO Elon Musk has staked Tesla's future on AI-powered robotaxis and humanoid robots. Here's what to know about the electric vehicle maker's pivot.

— Bloomberg News (@bloomberg.com) 2026-04-24T15:30:07Z

Oracle’s $300 billion megadeal with OpenAI is testing the limits of Wall Street’s appetite for debt tied to America’s data-center boom.

— The Wall Street Journal (@wsj.com) 2026-04-24T14:51:40.126920Z

Rebondissement

Feuilleton de la spéculation artificielle.

Qui l’eut dit ? Les géants du GAFA, qui nagent dans les bénéfices, s’endettent ! C’est la course au « data centre ».

Comment tout cela va-t-il se finir ?

Long reliant on revenues to fuel growth, big tech firms are now borrowing heavily to build AI technology

— Bloomberg News (@bloomberg.com) 2026-03-13T03:00:19Z

Quant au data centre :

The AI industry could completely transform our energy systems and bring us into a carbon-free future—but companies’ impatience could threaten communities and the environment instead, @matteowong.bsky.social reports:

— The Atlantic (@theatlantic.com) 2026-03-13T17:45:16Z

Prix de l’art

On oublie que l’artiste est aussi et avant tout un commerçant. Il ne peut vivre sans clients. En fait, les artistes de jadis étaient des artisans. Chaque grande fortune de ce temps avait le sien. Quand ils voyaient qu’un tableau avait du succès, ils le produisaient en série. Concordance des temps.

Progressivement, l’art est devenu spéculatif. Je me demande si ce n’est pas le surréalisme qui lui a donné sa forme actuelle. Le surréalisme est de l’hyper concret qui fait croire qu’il cache des vérités profondes. L’idéal du néant intellectuel qu’est le spéculateur ?

Grand pari

Un article des Echos annonce que le pays se désindustrialise à vitesse accélérée. En revanche 67md€ iraient aux data centres. (Paradoxalement, ils feraient partie de l’investissement industriel.)

Curieusement, la presse américaine s’interroge, avec inquiétude, plusieurs fois par jour, sur la nature spéculative du data centre.

Peut-être serait-il bien de se poser la question ?

Betting the farm

Le capitalisme américain à son meilleur.

La fuite dans une spéculation de plus en plus créative.

2 annonces du Financial Times, le 2 février dernier :

SpaceX buys xAI in $1.25tn deal to unite crucial parts of Elon Musk’s empire
Rocket company boosts valuation to $1tn and pays $250bn to acquire AI start-up as Musk envisions data centres in space

Oracle raises $25bn in bond offering despite concerns over rising debt
Company’s huge bet on AI has prompted investor concerns about the sustainability of its spending

(Un tel phénomène serait-il possible chez un peuple un peu plus évolué ?)

Post scriptum

Big Tech’s ‘breathtaking’ $660bn spending spree reignites AI bubble fears

Financial Times du 6 février

Big Tech groups race to fund unprecedented $660bn AI spending spree
Executives face choice between cutting returns to shareholders, raiding reserves or tapping the markets

Financial Times du 8 février