Public ennemies

Film de Michael Mann, 2009.

La prise de vue est le véritable héros du film. Tout est fait pour que l’on se sente dans l’époque, et dans l’action. Ce qui est épuisant.

Pour le reste, les forces de l’ordre sont peu sympathiques, peu efficaces, et presque plus dangereuses que les voleurs. Quant à Dillinger, comme le tueur de Toulouse, la prison a révélé sa vocation et en a fait un expert du crime. Il avait été condamné à 10 ans pour un vol de 50$, il a, a posteriori, justifié sa peine. 

La meilleure façon de marcher

Film de Claude Miller, 1975.

Une colonie de vacances en 1960. Autres temps, autres mœurs. L’époque était sexuellement coincée.

Mais ce qui ne change pas est l’exploitation de la différence, transformée en infériorité. Et la solution du problème : être fier de ce que l’on est. 

Zelig

Film de Woody Allen, 1983.

Zelig a la capacité de ressembler à ceux dont il veut se faire aimer.

C’est probablement le désir de tous ceux qui vivent à la limite d’une société dans laquelle ils désireraient bien entrer.

Le film est un Zelig, lui-même. Il ressemble à s’y méprendre aux films d’actualité des années 30, et aux enquêtes des années 80. Tous les films de Woody Allen sont d’ailleurs comme cela : ils s’approprient à la perfection un style de film particulier. 

Despair

Film de Rainer Werner Fassbinder, 1978.

Théâtre filmé, mais comme on le filme rarement. C’est une sorte de chorégraphie. La caméra tourne autour des acteurs en passant, curieusement, derrière les murs et les cloisons. Étonnant succès technique. Les mouvements des acteurs eux-mêmes semblent calculés pour faire rencontrer à chacune de leurs actions une partie du (très esthétique) décor probablement lourde de sens.

Quant à l’argument, il semble que l’on y parle d’une sorte d’aristocrate qui apparemment veut faire une œuvre d’art de sa vie, et qui, pour cela, tue le seul être humain de la pièce. Tout ceci sur fond d’une représentation conventionnelle de la montée du nazisme. Faut-il y voir une parabole ?

Bref, trop intello pour moi. 

La taupe

Film de Tomas Alfredson, 2011.

Ce film a au moins deux intérêts : un voyage dans la très dépaysante classe dirigeante anglaise et une intrigue beaucoup plus compréhensible que celle du roman initial.

Mais, c’était peut-être sa complexité qui était l’intérêt du roman. J’en ai gardé le souvenir d’une sorte de jeu aux règles infiniment subtiles entre intelligences exceptionnelles. La satisfaction de se savoir un champion à ce jeu, au fond, rendait secondaires les problèmes de la vie. 

Les amants traqués

Film de Norman Foster, 1948.

Titre original : Kiss the blood off my hands. L’année précédente un autre film s’était appelé : Build my gallows high. Les destins maudits faisaient recette à l’époque.

Film noir, donc, mais vraiment très noir. La lumière du jour n’atteint jamais Londres, pluvieux à sauts, labyrinthique, pavé et démoli. Une cours des miracles dans laquelle le policier omniprésent cherche à tenir en respect la vermine perverse qui se tapit dans l’ombre.

Mais l’amour fait des miracles : il convainc deux malheureuses victimes d’un sort aveugle que la pendaison est préférable à la fuite. 

L’adieu à la Reine

Film de Benoît Jacquot, 2012.

Versailles au crépuscule ? Peut-être pas tant parce que Versailles est humide, insalubre ou que les personnages n’y sont pas impeccables. Après tout, l’envers du décor du Versailles du duc de Saint Simon ne semblait guère reluisant. Et puis, le noble se moquait de la perfection, il était au dessus de tout. 
Plutôt parce que, à mesure qu’ils approchent de leur perte, et qu’ils sont gagnés, comme le reste de la société, par les idées des Lumières, les rois deviennent humains ?

La fureur de vivre

Film de Nicholas Ray, 1955.

Au fond, c’est un film pour ado. Révolte (bien élevée) contre le mode de vie bourgeois des années 50. Envie d’aventure. Idéal ? Montrer que l’on est un homme à ses copains, et trouver une compagne (ou un compagnon). Heureux les adolescents d’avoir des rêves aussi simples ! (Ont-ils toujours de telles aspirations ?)

Par ailleurs, Rebel without a cause semble un titre plus approprié, et j’ai été surpris par la ressemblance entre Brad Pitt et James Dean (que je n’avais jamais vu dans un film).