Du Colbertisme au capitalisme financier

En 2004, lors des premières difficultés d’Alstom, Elie Cohen s’interrogeait sur les malheurs du capitalisme français. Pourquoi n’a-t-il pas réussi sa mue du colbertisme au capitalisme financier ?
J’aperçois plusieurs raisons dans cette analyse. Il était (est ?) aux mains d’une toute petite clique de grands patrons intimement liés à l’Etat, dominée par un gourou (Ambroise Roux, initialement). Quelque chose qui ressemble à une forme occulte du Comité central du PC chinois. Ces gens avaient le rêve grandiose de créer des champions internationaux. Cela a bien fonctionné jusqu’aux dénationalisations. Elles les ont privés de la protection de l’Etat et les ont laissés face aux marchés financiers. Plusieurs problèmes se sont alors posés. La clique du moment était médiocre : « successions ratées« , « Les entreprises ne disposaient pas d’un système de repérage interne de sélection et de promotion d’élites : c’est un processus de sélection par réseaux qui le remplaçait, au sein d’un étroit vivier passé du service de l’Etat à celui d’une oligarchie fermée. » Or, elle a tous les pouvoirs, et, faute de garde-fou, elle peut « dilapider les actifs de (ses) entreprises » (ce qu’elle a parfois fait). Elle avait, aussi, la culture des amitiés d’Etat, mais pas des marchés financiers. En outre, la France manque de fonds de pension : « la privatisation à la française (…) va de fait aboutir à un transfert de la propriété du capital, de l’Etat français aux fonds de pension anglo-américains. (…) L’évolution sera masquée par le maintien des mêmes équipes à la tête de l’entreprise. »
Tout ceci semble dire que la « gouvernance » de nos grandes entreprises mériterait d’être repensée. 

Vive l’Irlande, honte à l’Amérique, l’Europe et au Japon…

The Economist en veut aux politiques américains qui règlent les problèmes financiers de leur nation à l’européenne, en les repoussant à plus tard. « Pourquoi les pays en développement devraient-ils faire confiance au leadership américain, quand il semble incapable de résoudre quoi que ce soit chez lui ? Et pendant que la démocratie occidentale par excellence est paralysée, la Chine décide, et avance. » Il désire aussi que l’Europe aide l’Irlande à rembourser ses dettes. Argumentation curieuse, car l’Irlande ne semble pas sans ressources : « les entreprises étrangères continuent à préférer le pays comme plaque tournante de fabrication et de service pour les marchés internationaux, en grande partie du fait de son faible taux d’imposition. » « Une fois que la grosse part de PIB qui va aux multinationales étrangères peu imposées est prise en compte, (la dette publique) atteint presque 140%. » Pourquoi ne pas augmenter les impôts des entreprises étrangères ?

Le Japon devient révisionniste. Danger d’un conflit avec la Chine ou la Corée ? Rejet de l’influence occidentale ? (Bien que le Japon semble compter plus que jamais sur les USA pour le défendre.) Gérard Depardieu fait de la publicité à son pays, ainsi que, en ce qui concerne le leur, les ministres grecs, qui auraient falsifié une liste d’évadés fiscaux. Les salafistes pourraient prendre la direction de l’Egypte.

La climatisation favoriserait la productivité, attirerait du monde là où les conditions climatiques ne sont pas favorables à l’homme. Mais elle consommerait beaucoup (8% de l’énergie des ménages aux USA), d’autant qu’elle se généralise. Apparemment, des habitations conçues différemment des nôtres n’en auraient pas besoin. (Ce qui transférerait des revenus des pays producteurs d’énergie vers des emplois locaux ?) Toujours est-il que l’Europe brûle de plus en plus de charbon. Les producteurs américains, concurrencés par le gaz de schiste, nous exportent leur charbon. Il est moins cher que le gaz. Et la politique d’énergie propre de Mme Merkel aurait la conséquence inattendue de favoriser le charbon au détriment du gaz…

On construit beaucoup de métros. Ce qui est bon pour Bombardier, Siemens et Alsthom. L’enveloppe du riz contiendrait de la silice qui, dans un pneu, lui permettrait de réduire sa résistance au roulement…

Enfin, la vie des primitifs serait plus saine que la nôtre. Pas d’attaques cardiaques, et absence de beaucoup de cancers. Peut-être surtout une vie sociale plus amicale que chez nous, les enfants, par exemple, seraient élevés par la communauté. Mais le primitif meurt jeune.  

Green IT

Début d’enquête sur un sujet sur lequel j’avais peu réfléchi. Premières informations à confirmer :

  • green IT c’est réduire les 2% d’émission de CO2 qu’émettent télécom + informatique (autant que le transport aérien). Statistique : 49% viendraient des PC et des imprimantes, 37% des réseaux télécom, 14% des data centres.
  • Mais c’est surtout utiliser l’informatique pour abaisser émission de CO2 et consommation d’énergie du reste de l’activité humaine (par exemple en optimisant les déplacements – logistique). D’ici 2020 son bon usage permettrait de réduire d’un 5ème les émissions de CO2 actuelles. Il y a donc beaucoup à faire dans ce qui est « smart ». C’est-à-dire qui s’adapte intelligemment aux événements pour minimiser la consommation. Cette intelligence vient essentiellement du logiciel. « Smart grid » qui répartit au mieux énergie entre production et consommation, places de marché d’échange d’énergie, terminaux intelligents (Ex. contrôle de l’allumage des ampoules, qui ferait gagner 40% en énergie (Street light vision)), etc.
  • Microsoft serait forte sur ce marché. Il y aurait aussi un grand espace de création de start up, notamment en France, avec quelques belles sociétés qui déjà apparaîtraient. On parle aussi d’IBM, et de HP (PC et data centres).

Je découvre au passage deux autres informations non IT :

  1. La capture de carbone : capturer le carbone émis permettrait, par exemple, d’utiliser sans dommages le charbon, une des sources d’énergie les plus abondantes au monde et capitale pour la Chine.
  2. Peut-être une bonne nouvelle pour nous : la France aurait une forte industrie de l’énergie qui saurait profiter du nécessaire changement que demanderait l’effet de serre, il s’agirait non seulement d’Areva, mais aussi de sociétés comme Alsthom.

(à suivre)

Compléments :