« On peut dire que le progrès social ou humain ne suit pas le progrès matériel. » Raymond Aron et Pierre Schaeffer s’entretiennent.
Il y a plus d’un demi siècle ils parlaient déjà d’arrêter la croissance et du désenchantement de la jeunesse ! (Un universitaire vient d’utiliser presque les mêmes mots pour parler du malaise ambiant.)
Raymond Aron souligne déjà les difficultés pratiques de changer notre mode de vie. Du Gilet jaune avant la lettre.
Ils s’interrogent aussi sur le pouvoir du penseur de changer le cours de l’histoire. Raymond Aron, un brin optimiste, croit que le professeur influence ses élèves. Il faut vingt ans, en conséquence, pour voir l’effet de sa parole.
Et si leur impuissance était une réclame pour l’étude de la conduite du changement ?
(Une citation de Raymond Aron : « Ce que je déteste en tant que citoyen c’est la capitulation morale. Et ce qui m’était odieux dans les journées de mai 1968, c’était la capitulation morale des prétendues élites devant un mouvement de jeunes gens qui avaient des aspects sympathiques, mais qui en tout état de cause ne devaient pas provoquer cette abdication.« )
