Egalité des chances

En me renseignant sur la dernière tueuse en série anglaise, j’ai trouvé la fiche d’une autre tueuse en série, qui aurait établi un record, en Angleterre, tous sexes confondus : 400 bébés.

Cela m’a rappelé une autre histoire de tueuse, cette fois en France. On la prenait sur le fait mais on la relâchait aussitôt. Probablement, me suis-je dit, parce que la société d’alors ne pouvait pas supporter cet affront à l’image de la mère, pilier de sa culture. De même que la France de Dreyfus ne pouvait accepter que l’on critique son armée, sous peine de disparaître.

Le crime est une pathologie sociale, aurait probablement dit Durkheim.

Tueuse en série

L’affaire du moment, en Angleterre, est le meurtre de bébés par un infirmière.

J’ai lu ce qu’en disait wikipedia. Je retrouve dans cette affaire beaucoup de questions que se pose ce blog.

En particulier la question du jugement et de la justice. Les exactions de l’infirmière ont été relativement vite identifiées. Mais, du fait de certains procédés sociaux mystérieux, les faits sont transformés en paroles, qui véhiculent un sens nouveau. Et ceux qui jugent évoluent dans un monde d’idées. Si bien que, dans un des premiers épisodes de l’histoire, on a demandé à ceux qui avait accusé l’infirmière de lui présenter leurs excuses !

Si, pour certains sujets, notre société est celle de la « cancel culture », pour d’autres elle est celle du doute systématique !

Une autre question est la raison du crime. Elle paraît difficile à déterminer. D’autant que nos personnalités semblent, comme celle de Tartuffe, double. Il y a celle qui tue, et celle qui s’offusque qu’on puisse soupçonner son intégrité ?

Mais, faut-il s’attarder sur cette question ? Il est peut-être fatal que, dans un grand nombre d’individus, il y ait toujours un petit nombre de « déviants » ? Problème de « contrôle qualité », comme dans l’industrie ?

Université

Paris a eu la plus belle université de tous les temps. Au Moyen-âge, l’université de Paris formait l’élite du monde chrétien. C’était un Etat dans l’Etat. Puis les autres nations ont créé leurs universités, et Paris a décliné. Mais aucune de celles-ci, même aujourd’hui, n’a pu s’approcher du rayonnement de la nôtre.

Voilà ce que je retiens d’In our time, de la BBC, qui consacrait une émission aux universités. Et qui n’a pas été capable de trouver l’origine du phénomène, qui démarre, en Europe, avec Bologne.

En fait, comme souvent, le réformateur français a préféré détruire qu’améliorer. C’est avec la révolution que l’université a disparu. Apparemment le révolutionnaire ne voulait pas de « pouvoirs intermédiaires » entre l’Etat et le citoyen. Et ce contrairement à l’opinion de Montesquieu, qui estimait que, pour garantir la liberté individuelle, la force doit s’opposer à la force.

Bizarrement, nos gouvernements récents ce sont, eux-aussi, mis à supprimer ces contre-pouvoirs.

Concordance des temps

Hier soir, il n’y en avait que pour M.Prigogine.

Pour une fois, ce blog ne s’était pas trompé. En fait, contrairement à ce que l’on entend, cela fait probablement depuis longtemps que les jours de M.Prigogine étaient comptés. Ce blog avait repéré un article qui comparait la milice Wagner aux SA nazis. Il prévoyait une Nuit des longs couteaux.

Dans ce monde qui semble perdre la tête, voilà qui est rassurant, il y a au moins une chose qui ne change pas : le totalitarisme ?

Victor Segalen

J’ai acheté les oeuvres complètes de Victor Segalen, il y a bien longtemps, mais ne les avais pas regardées. Contre-coup du confinement, je me suis mis à relire les ouvrages de ma bibliothèque. J’en arrive à Victor Segalen.

Victor Segalen était un médecin naval, qui a eu une relativement courte vie, en partie gâchée par la guerre de 14. Il semble avoir été un pionnier de l’étude de l’antiquité chinoise.

C’était par nature, je crois, un anthropologue, qui rêvait de donner aux cultures leur lustre originel. En cela il va bien au delà de Rousseau. Pour lui, le naturel n’est pas naturellement bon. Le propre d’une culture saine c’est une forme d’épanouissement, de joie de vivre. On y vit, et on y meurt, glorieusement. Notre morale, médiocre, est hors sujet. Voilà pourquoi il aimait Gauguin : s’il avait vécu, il aurait rendu son âme à Tahiti.

Victor Segalen a un procédé littéraire qui ressemble à « l’innutrition » des poètes de la Renaissance. Il regarde le monde avec les yeux de la société qui l’intéresse. Il écrit comme elle. Mais sans la singer. En renouvelant sa pensée. Ainsi, dans Le fils du ciel, il se met à la place de l’historiographe (pas très futé) du dernier empereur chinois. De même, ses poèmes reprennent la forme de poèmes chinois, pour traiter des questions universelles.

A recommander aux puritains qui nous gouvernent ?

Professeur Raoult

Surprise. J’écoute The origin of infectious deceases de In our time, de la BBC, une émission de 2011. Ai-je bien entendu ? Il est question du professeur Raoult. Et avec beaucoup d’admiration. Or, que cette émission cite un Français contemporain est quasiment sans précédent.

Comme il le disait, le professeur Raoult était effectivement un « hot shot » ?

En tous cas, on n’en entend plus parler. Il a été proprement liquidé ? Cancel culture ?

René Leys

Peu de temps avant la première guerre. Un résident français à Pékin, quelque-peu dilettante, rencontre un jeune Belge, qui a un don prodigieux pour les langues, et parle couramment chinois. Il lui dit être puissance occulte de la cité interdite.

Léger et extrêmement élégant.

(Oeuvres complètes de Victor Segalen, dans la collection Bouquins, de Robert Laffont.)

Portrait de l’écologiste

Suite à un billet précédent concernant le « sur tourisme », j’ai enquêté sur la psychologie de l’écologiste.

L’échantillon très militant mais non significatif qui m’entoure, voyage énormément. Justification : on le mérite bien, vu ce que l’on fait pour la « cause ».

Pour l’ensemble de mon échantillon, la « cause » résulte en du « business ».

Ce qui est logique, lorsque l’on y réfléchit bien.

Repli chinois ?

Je pense depuis longtemps que la Chine pourrait suivre le chemin japonais. A moins que, dans un dernier élan vers la grandeur, elle ne déclenche une guerre mondiale.

D’après la BBC d’hier matin (informations matinales de BBC4), le scénario japonais est toujours vraisemblable. 20% de l’économie chinoise viendrait d’un immobilier spéculatif, et, comme les Japonais, les Chinois auraient décidé d’ignorer la question…

à suivre.

(Au passage, j’ai appris que la Chine souffrait du même problème que le nôtre : elle forme des masses d’intellectuels. Or, l’offre d’emplois intellectuels est limitée. D’où important chômage, structurel, des jeunes.)

Changement climatique

Paradoxe : il n’y a jamais eu autant de tourisme. Entre les pauvres qui protestent, et les riches qui voyagent, qui est prêt à faire le moindre sacrifice pour la transition climatique ?

Et, il y a pire : il y a des milliards de « sous développés » qui désirent notre train de vie ! Et qui l’auront sans doute.

Or, les solutions que l’on nous propose ne marchent pas. La batterie électrique, la mine de lithium… est-ce bon pour l’environnement ? Et, d’ailleurs, est-ce efficace ? Et les énergies dites « propres », le sont-elles autant que cela ? J’entendais qu’en Angleterre, on propose aux riverains de nouvelles lignes à haute tension des dédommagements, et qu’ils les refusent.

Le jour où l’étude du changement ne sera plus censurée, la transition climatique sera un cas d’école ?