Philosophie analytique

J’en reviens à la philosophie analytique américaine. Je me demande si ce n’est pas une discipline anti-complot.

En effet, elle demande de n’affirmer que lorsque l’on a des preuves.

Du coup, l’histoire change de sens. Dans ma jeunesse, tous les événements historiques avaient une causalité bien claire. Y compris les dessins trouvés dans les cavernes. Aujourd’hui, on ne sait plus rien. Sinon que les théories d’hier étaient, au mieux, délirantes. Elles étaient le fruit des fantasmes de leur inventeur. On n’affirme plus rien. On doute.

Le seul endroit qu’elles n’ont pas touché, c’est le « forum », le lieu de la politique, où se décide l’avenir de l’humanité.

Trump et Poutine

M.Trump est l’espoir de M.Poutine ? Mais, si M.Trump n’est pas élu, M.Poutine jettera l’éponge ?

Je lisais que l’on se demandait pourquoi les Occidentaux n’avaient pas donné aux Ukrainiens les armes qu’ils ont fini par leur donner. Peur des représailles et stratégie du voleur chinois ? Volonté de faire traîner la guerre en longueur pour user les ressources de M.Poutine ?…

Pas de complot, simplement « de bruit et de fureur » comme dit Shakespeare ?

Bataille de Tours

« Bataille de Poitiers » se traduit « bataille de Tours », en anglais. J’ai découvert cela, en écoutant In our Time de la BBC.

Qu’en sait-on ? Rien. On ne sait même pas combien de personnes se sont affrontées. En tous cas, ce n’est pas ce que l’on a dit. Les « Arabes » étaient en maraude. Ils n’avaient probablement aucune envie de conquérir la Gaule. La rapine leur permettait de garder leur train de vie. Ensuite, ils ont appris à administrer leurs propriétés.

La bataille en question a coïncidé avec une autre bataille, à l’autre bout du monde, gagnée contre les Chinois. Sans qu’on sache expliquer pourquoi, ces deux événements ont marqué la fin du désir d’expansion musulman.

(Emission qui a mis un terme à un mythe familial. La famille de ma grand mère maternelle fait « arabe ». Ma grand mère me disait : « les Arabes se sont arrêtés à Poitiers ». Ce qui voulait dire, qu’ils avaient dû habiter nos lieux d’origine…)

Tambora

Je connaissais le Krakatoa, mais pas le Tambora. Or le volcan Tambora a fait beaucoup plus de dégâts que le Krakatoa.

Il a explosé en 1815. L’explosion aurait été entendue à 1000km à la ronde, et tout aurait été rasé sur un cercle de 20km. Il aurait expédié dans la haute atmosphère des quantités de dioxyde de soufre, ce qui aurait bloqué le rayonnement solaire. 1816 aurait été une année sans été, et la température mondiale aurait baissé de 0,5 degré, mais de deux degrés à certains endroits.

Impact sur les sociétés ? Il y a eu pas mal de changements à l’époque. Mais il y a plusieurs causes possibles.

L’émission dans laquelle j’ai entendu (In our time, BBC: 1816 : The year without a summer) évoquait une curieuse hypothèse : plusieurs explosions de ce type pourraient déclencher un petit âge glaciaire.

En tous cas, cela montre l’hybris de ceux qui croient à « l’anthropocène ».

Elan vital

La similitude entre Athènes d’après la guerre du Péloponnèse et l’Angleterre d’après la Révolution industrielle est frappante. Dans les deux cas, l’aristocratie locale, oisive, cherche à attirer des métèques entreprenants, en leur offrant un environnement idéal pour le « business ». 

Une autre idée remarquable. Récemment, j’ai entendu des universitaires anglais comparer la France de Louis XIV avec la Chine moderne. Dans les deux cas, ce sont de formidables puissances, à qui l’avenir est promis. Or, elles se font ridiculiser par des barbares. Les Anglais, dans un cas, les Occidentaux, dans l’autre. Alors, elles cherchent à réagir, à retrouver leur rang, en adoptant les idées des barbares. Ce qui les rend folles et sanguinaires. 

Il est possible que ce qui explique la différence entre la Chine, la France, d’un côté, et l’Angleterre, les USA, Athènes, de l’autre, est ce que l’on a appelé « société d’individus ». D’un côté, on a des liens sociaux forts, de l’autre, ils sont faibles. 

Le propre de la « société d’individus », c’est la raison. C’est n’en faire qu’à sa tête.Mais, toutefois, avec une culture qui compense ces excès, font remarquer Weber et Hayek : le protestantisme est la culture de l’anarchisme. 

Qu’est-ce qui a été fatal à l’Angleterre ? Le déclin a commencé du temps de Victoria. La technique a fait sa fortune, mais les parvenus ont donné à leurs enfants une éducation aristocratique. La culture est le poison de la société d’individus. Pourquoi cela n’arrive-t-il pas aux USA qui leur ressemblent tant ? Moins de culture, certainement, et le pays est un monde à lui seul, la condition pour que le modèle athénien fonctionne : les USA aspirent suffisamment de talents, pour nourrir les classes oisives. 

Et leurs « innovations », que rien ne peut contrôler, et donc bien souvent simple poudre aux yeux, ébranlent le monde. 

Et si les USA étaient le coeur de ce monde, justement ? Le principe qui le maintient en vie, en le forçant à ne jamais s’endormir ? Et si les pays à culture forte devaient se préparer à la résilience, au sens de ce blog, c’est-à-dire se structurer pour profiter des, imprévisibles, tsunamis destructeurs anglo-saxons ? 

(L’intérêt d’écrire un blog est que l’on peut y émettre des hypothèse, sans avoir besoin de les justifier outre mesure !) 

Prêt d’organe

Mercredi dernier, les informations matinales de la BBC annonçaient qu’un utérus avait été transplanté d’une soeur qui avait eu deux enfants, à une soeur qui ne pouvait en avoir. Et que, lorsque celle-ci aurait eu deux enfants, le dit utérus lui serait retiré – la greffe de tout corps étranger demandant, pour éviter un rejet, un traitement qu’il n’est pas bon de faire durer longtemps. Il n’était pas dit ce qu’on allait ensuite faire du dit utérus. (Article.)

Avoir un enfant devrait-il être considéré comme un droit absolu ? Pourquoi se conformer au diktat social, et ne pas chercher à tirer parti de ses originalités ?…

Peut-être parce que cela fait « avancer la science » ?

Egalité des chances

En me renseignant sur la dernière tueuse en série anglaise, j’ai trouvé la fiche d’une autre tueuse en série, qui aurait établi un record, en Angleterre, tous sexes confondus : 400 bébés.

Cela m’a rappelé une autre histoire de tueuse, cette fois en France. On la prenait sur le fait mais on la relâchait aussitôt. Probablement, me suis-je dit, parce que la société d’alors ne pouvait pas supporter cet affront à l’image de la mère, pilier de sa culture. De même que la France de Dreyfus ne pouvait accepter que l’on critique son armée, sous peine de disparaître.

Le crime est une pathologie sociale, aurait probablement dit Durkheim.

Tueuse en série

L’affaire du moment, en Angleterre, est le meurtre de bébés par un infirmière.

J’ai lu ce qu’en disait wikipedia. Je retrouve dans cette affaire beaucoup de questions que se pose ce blog.

En particulier la question du jugement et de la justice. Les exactions de l’infirmière ont été relativement vite identifiées. Mais, du fait de certains procédés sociaux mystérieux, les faits sont transformés en paroles, qui véhiculent un sens nouveau. Et ceux qui jugent évoluent dans un monde d’idées. Si bien que, dans un des premiers épisodes de l’histoire, on a demandé à ceux qui avait accusé l’infirmière de lui présenter leurs excuses !

Si, pour certains sujets, notre société est celle de la « cancel culture », pour d’autres elle est celle du doute systématique !

Une autre question est la raison du crime. Elle paraît difficile à déterminer. D’autant que nos personnalités semblent, comme celle de Tartuffe, double. Il y a celle qui tue, et celle qui s’offusque qu’on puisse soupçonner son intégrité ?

Mais, faut-il s’attarder sur cette question ? Il est peut-être fatal que, dans un grand nombre d’individus, il y ait toujours un petit nombre de « déviants » ? Problème de « contrôle qualité », comme dans l’industrie ?

Université

Paris a eu la plus belle université de tous les temps. Au Moyen-âge, l’université de Paris formait l’élite du monde chrétien. C’était un Etat dans l’Etat. Puis les autres nations ont créé leurs universités, et Paris a décliné. Mais aucune de celles-ci, même aujourd’hui, n’a pu s’approcher du rayonnement de la nôtre.

Voilà ce que je retiens d’In our time, de la BBC, qui consacrait une émission aux universités. Et qui n’a pas été capable de trouver l’origine du phénomène, qui démarre, en Europe, avec Bologne.

En fait, comme souvent, le réformateur français a préféré détruire qu’améliorer. C’est avec la révolution que l’université a disparu. Apparemment le révolutionnaire ne voulait pas de « pouvoirs intermédiaires » entre l’Etat et le citoyen. Et ce contrairement à l’opinion de Montesquieu, qui estimait que, pour garantir la liberté individuelle, la force doit s’opposer à la force.

Bizarrement, nos gouvernements récents ce sont, eux-aussi, mis à supprimer ces contre-pouvoirs.

Concordance des temps

Hier soir, il n’y en avait que pour M.Prigogine.

Pour une fois, ce blog ne s’était pas trompé. En fait, contrairement à ce que l’on entend, cela fait probablement depuis longtemps que les jours de M.Prigogine étaient comptés. Ce blog avait repéré un article qui comparait la milice Wagner aux SA nazis. Il prévoyait une Nuit des longs couteaux.

Dans ce monde qui semble perdre la tête, voilà qui est rassurant, il y a au moins une chose qui ne change pas : le totalitarisme ?