Feed back loop

Feed back loop / boucle de rétroaction, je n’ai entendu parler que de cela pendant mes études. C’est fondamental, et pourtant c’est oublié.

Pour contrôler un « système », il faut, simplement, savoir ce qui s’y passe. Et réagir en fonction. Les anglo-saxons ont un terme qui est peut être plus pédagogiquement efficace : « skin in the game ».

La France, depuis toujours, rejette cette idée. Pour elle, il y a une vérité absolue, qui doit être appliquée en force. Voilà ce qui fait qu’il y a des révolutions et des vagues de « dégagisme ». Quand on ne comprend pas ce qui se passe dans un pays, quand on n’a pas une bonne feed back loop, on a de violentes surprises.

Serait-ce ce que la « démocratie participative » de M.Macron essaie de corriger ?

Intelligence relationnelle : ce dont nous manquons le plus ?

Maître Sabine Bernert parle « d’intelligence relationnelle ». Mieux que l’intelligence émotionnelle ?

Maître Bernert dit : « dans un procès, tout le monde perd » ! Ce qui est essentiel pour nous est la relation avec l’autre (pour l’entreprise : ses clients, fournisseurs, employés…). Le principe même du droit, moi et « mes droits », est fatal à la relation, mauvais !

Tout l’exercice du conflit, qui se solde aujourd’hui par un procès, doit conduire à changer la façon dont on voit sa relation à l’autre, pour en tirer une solution qui profite à chacun. Car cette relation, bien comprise, a en elle-même quelque-chose qui peut me rapporter beaucoup plus qu’un procès. Et c’est, d’ailleurs, la même chose pour l’autre.

Mais alors, plus besoin d’avocats ? Le droit demeure. L’avocat nouveau, médiateur et créatif, invente des solutions qui s’appuient sur le droit pour aller au delà.

Comme il y a physique et métaphysique, l’intelligence relationnelle, c’est le passage de la justice à la métajustice ?

(Article.)

Raison, énantiodromie et fin du monde

On a voulu réformer la société pour la rendre économiquement efficace, conséquence : une crise économique sans précédent ! Vouloir réussir produit l’échec, vouloir faire de ses enfants des génies, produit des cancres. Suivre sa raison donne le contraire de ce que l’on voudrait. C’est « l’énantiodromie ».

Et si c’était, plus que le réchauffement climatique, ce qui menace l’espèce humaine ?

Peut-on l’expliquer ? Je me demande si cela ne vient pas de l’association entre raison et « lois ». La raison croit qu’il y a des lois naturelles. Il suffit de les suivre, sans réfléchir. Or, même les lois de la physique ne marchent pas. Par exemple, un satellite ou une sonde demandent des ajustements de trajectoire permanents. Sinon ? « Enantiodromie ». Et les sociétés ? Les lois s’appliquent à tous, sauf à quelques exceptions. Et ces exceptions retournent l’opinion !

Antidote ? Aime et fais ce que tu veux. Une attention permanente.

Prendre l'épidémie à la racine

Comment attaquer les épidémies à leur cause, de manière systémique ? se demande un groupe d’experts internationaux. Après une étude systématique des causes de passage d’un virus de l’animal à l’homme, ils concluent que « les interactions des hommes et des animaux domestiques et sauvages doivent changer radicalement ». Ils proposent « 161 options ». (Article.)

Les 161 options comprennent :

  • Des lois interdisant la cohabitation de différents animaux sauvages ou d’animaux sauvages et domestiques pendant le transport et sur les marchés ; 
  • L’augmentation de la consommation d’aliments d’origine végétale afin de réduire la consommation et la demande de produits d’origine animale ; 
  • Des protocoles de sécurité pour la spéléologie dans les zones à forte densité de chauves-souris, comme l’utilisation de combinaisons et de masques étanches ; 
  • L’amélioration de la santé animale dans les fermes en limitant les densités de stockage et en garantissant des normes élevées de soins vétérinaires.

Enfin une façon rationnelle de prendre le problème ?

L'Etat d'après : il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas ?

Elie Cohen s’interroge sur l’Etat d’après :

Pour le gouvernement, passé le moment de l’autocritique, trois chantiers ont été ouverts qu’il faudra suivre : celui de la réforme du système de santé qui éclipse celle des retraites ou comment tirer le meilleurs parti des budgets mobilisés (comparables à l’Allemagne mais bien moins efficaces) ; celui de la réforme de l’État dans le sens de la déconcentration, de la décentralisation et de la simplification administrative (qu’est devenu le nouveau girondisme un moment envisagé par le président de la République ?) ; et enfin celle de la stratégie industrielle articulée entre niveau européen et niveau national (sans renouer avec les mânes de Colbert, quels sont les segments des chaînes de valeur ajoutée à préserver sur le territoire européen et à défaut français ?).

C’est la mise en cause du principe même des réformes des dernières décennies. il

La légumineuse, solution à l'alimentation durable ?

Le Sénat changerait-il ? Voilà qu’il fait des propositions. Comment aller vers une « alimentation durable ».

Et une surprise : une approche systémique du changement : remplacer la viande par les légumineuses pourrait être une transformation décisive !

La proposition la plus originale du rapport consiste en la promotion d’une filière légumineuse (pois chiches, fèves, lentilles, haricots et autres) – car, comme le disent les rapporteurs, une transition alimentaire durable implique de réduire la consommation de viande, et les légumineuses sont une excellente source alternative de protéines. « Réduire la consommation de viande animale de 20 à 30 % n’aurait pas d’effet sur notre équilibre alimentaire, mais permettrait de revenir à un élevage plus extensif pour remobiliser des espaces (de pâturages, ndlr) abandonnés, et de libérer en même temps du foncier pour, par exemple, la culture des légumineuses », affirme Jean-Luc Fichet. 

Les sénateurs proposent d’augmenter leur consommation de 4 à 11 kilos par Français et par an, ce qui implique une surface cultivée de 520 000 hectares, contre 115 000 aujourd’hui. Et également « d’abandonner la monoculture, de remettre des rotations longues » – les légumineuses sont connues pour capter l’azote dans l’air et le fixer dans le sol, ce qui permet de préparer celui-ci pour des cultures plus gourmandes en nutriments, comme les légumes.

Action Research

Action Research, une technique à redécouvrir ?

Action Research a été la grande mode des sciences humaines d’après guerre. Elle a notamment été appliquée dans le règlement des conflits sociaux (par exemple conflits entre communautés immigrées aux USA). Pendant la guerre on l’a utilisée, par exemple, pour savoir comment communiquer au peuple américain (elle a conclu, en substance, que, conformément à la culture américaine, il fallait lui dire la vérité). Elle a eu une longue influence, mais le terme a été oublié.

Action Research, c’est le contraire de la façon dont le monde a été dirigé ces dernières décennies. Ce monde a appliqué « d’en haut » des théories, sans se préoccuper de savoir si elles donnaient bien ce que l’on en attendait. Théories multiples d’ailleurs. Un exemple en est le marché, supposé mener à l’optimum humain. Dans les années 90, l’Amérique a cru que la chute de l’URSS enlevait le dernier obstacle au capitalisme, et que nous allions vivre heureux, sans plus de crise, et que la croissance mondiale serait, éternellement, d’au moins 4% (« nouvelle économie »). A l’inverse se trouve la théorie du « care », la compassion donnant le droit d’intervenir dans la vie de l’autre. Mais c’est probablement Internet qui a produit le plus d’idées farfelues. Par exemple, on a cru que ce serait un paradis libertaire, puis qu’il répandrait la démocratie, mais aussi que tout serait logiciel et qu’il n’y aurait plus d’intervention humaine dans sa vente (« no touch »), etc.

Tout cela a donné le contraire de ce qui était annoncé. Phénomène qui s’appelle l’énantiodromie.

Action Research part de la réalité des hommes, comme être sociaux (elle travaille avec des groupes, pas des individus), et essaie de comprendre ce qui se passe. Si elle détecte une insatisfaction, elle propose ses services. Acceptés ou non. S’ils le sont, elle tente de créer des conditions qui facilitent la recherche par le groupe humain de ce qui cause ses difficultés, et de solutions qui lui conviennent. Pour cela, elle va, notamment, lui proposer le secours de la « science« , c’est-à-dire de méthodes qui semblent avoir marché par le passé. De cette expérience va résulter une évolution de la dite « science ».

Meta Trump ou pourquoi M.Trump est populaire

Comment les Américains peuvent-ils tolérer un président qui n’arrête pas de se contredire ? Et pourtant les sondages disent que les élections américaines sont incertaines.

Explication systémique ?

Nous sommes des gens de raison, donc nous jugeons que tout doit être raison (sauf ce que nous faisons !). Mais il y a la foi. J’ai vécu au temps du Parti Communiste. Ses partisans croyaient ce qu’il disait quelles que soient sa vérité et sa cohérence. Même Jean-Paul Sartre, normalien et major de l’agrégation de philosophie, peut-il y avoir mieux en termes de raison ?, croyait. Il y a aussi la religion, raillée pour ses incohérences par Voltaire et les philosophes des Lumières, et pourtant qui tient ferme.

Comme Jean-Paul Sartre, qui ne voulait pas « désespérer Billancourt », le croyant a ses raisons, que la raison ne comprend pas. Il pense qu’il y a une raison au dessus de la raison. C’est même l’argument de certains docteurs de la loi : les contradictions des textes sacrés révèlent un au delà. « Aime et fais ce que tu veux », dit Saint Augustin.

Le système américain ? M. Trump a compris que ce qui comptait était son comportement et pas ses paroles (la recette du populisme). La presse « d’opposition » a compris que dénoncer les incohérences de M.Trump faisait vendre. Ce qui, en retour, renforce la popularité de Trump… Tout le monde y gagne.

L’économie en perspective de J.K. Galbraith

Une histoire de l’économie fort agréable à lire ! (Ce qui mérite d’être signalé.)

J.K. Galbraith explique non seulement que l’économie classique est basée sur des hypothèses fausses, mais que si elle a eu une vie aussi longue, c’est simplement parce qu’elle est favorable aux « puissants » (et aux économistes). D’ailleurs, il montre que chaque théorie économique a plus ou moins inconsciemment justifié les idées de classes dominantes ou montantes.

Il explique qu’il faut faire sauter la barrière (que l’on doit à Keynes) entre micro et macro économie, car les mesures macro économiques sont impuissantes pour réparer les grands problèmes de la société (exemple : le chômage) dont les causes sont micro économiques, et se trouvent dans le comportement de l’homme ou du groupe humain, qui n’est pas celui que lui prête l’économiste classique.

Un exemple : dans les années 30, les économistes du brain trust de Roosevelt ont découvert que, contrairement à ce qu’affirmait la théorie classique, l’économie était dominée par un tout petit nombre d’entreprises. Le problème de l’époque, qui avait été amené par l’avènement des ces oligopoles qui se trouvaient en situation de force par rapport à leurs employés, était un cercle vicieux de baisse des prix. Ils ont donc proposé d’amener ces quelques entreprises, par négociation, à relever leurs prix.

(Remarque : à rapprocher de la systémique ? On y voit 1) les fameux cercles vicieux, sujets de la systémique ; 2) l’élimination du problème, grâce à une solution à énergie faible, parce qu’on a repéré le blocage, qui est « micro économique ».)

A relire ?

Comment être populaire ?

Internet est le rêve de l’homme de systémique. Toutes les prévisions que l’on a faites le concernant (le triomphe du libertaire, de la démocratie…) ont été mises cul par dessus tête ! Récemment, je me suis intéressé à la popularité des nouvelles qu’on lit sur Internet. On disait que les meilleurs articles seraient « nécessairement » ceux qui gagneraient et que nous lirions tous…

Ce n’est pas la qualité qui crée le lectorat, mais le contraire. Internet est favorable au développement de communautés de copains. Les journalistes eux-mêmes appartiennent à de telles communautés. Leurs messages n’en sortent pas. Vue la façon dont fonctionnent les moteurs de recherche, ils donnent le plus de poids aux articles des plus grosses communautés…

Quant à la censure qu’exerce Facebook, on peut se demander sur quoi elle s’exerce. En effet, ces cercles s’alimentent eux-mêmes. Mon hypothèse est que Facebook censure essentiellement tout ce qui diffère de la doxa, donc, essentiellement, des informations utiles (les autres étant intouchables). Il ne doit pas bon s’appeler Pasteur par les temps qui courent.

Comment cela marchait-il avant ? Il y avait des leaders d’opinion globaux, reconnus de tous. Quand le jury Goncourt jugeait bon un livre, tout le monde le lisait…