Paradis artificiels

Ca y est : quelqu’un a gagné de l’argent avec l’intelligence artificielle ! Pas n’importe qui, en plus, Amazon. Voilà ce qu’annonçait la BBC hier matin.

Raison : l’IA consomme énormément de capacité de calcul, ce qui fait exploser les ventes des services « cloud » d’Amazon.

On dit que lors des ruées vers l’or, ce sont les vendeurs de pelles qui ont fait fortune…

La règle du jeu

Big Tech investors question AI pay-off
How long can Wall Street’s AI-fueled rally continue without clear evidence of profit?

Financial Times du 29 avril

Si vous voulez trouver de l’argent dites « Intelligence artificielle ». Cela plaît au « marché ».

Seulement, comme toute spéculation, cela ne paie qu’un temps. La question qui mériterait d’être étudiée par les scientifique est : comment repérer quand va se former, puis se déformer une bulle spéculative ?

Un travail pour l’IA ?

Aurais-je résolu le problème posé ?

Tesla

« Contre-histoire » de Tesla ? Je le voyais comme un inventeur génial, le jumeau maudit d’Edison.

En fait, il doit sa gloire à une invention : le moteur qui a permis au courant alternatif de s’imposer. Mais, pour le reste, il a passé son temps à divaguer. Il semble avoir entretenu des théories farfelues, en particulier. Et il est mort dans la pauvreté.

En fait, il avait compris qu’aux USA tout était spectacle. Pour lever des fonds, il était devenu un homme de spectacle. Ce qui était bien. Seulement, apparemment, une fois le spectacle fini, il ne s’intéressait plus à son invention. Ainsi en est-il de la télécommande.

Quasiment depuis les origines des USA, ou peut-être même de l’Angleterre industrielle (cf. Isambard Kingdom Brunel), l’entrepreneur doit être un showman. C’est ce que lui demande l’investisseur. En quelques décennies cette pratique culturelle a envahi le monde.

(Idées venues de In our time, une émission de la BBC.)

Croyance artificielle

Generative AI is sucking up cash, electricity, water, copyrighted data. It is not sustainable. A whole new approach may be needed.

Financial Times du 6 avril

FT donne la parole aux critiques de l’Intelligence artificielle. Ou plutôt aux sceptiques. Ils sont majoritaires. Mais ils n’ont pas l’oreille des médias. (Particulièrement en France, dont les journalistes ont depuis longtemps mis leur cerveau en veille.)

Un simple constat : l’IA ne marche pas.

Le véritable enseignement de cet article, à mon avis, est que tout le monde sait que l’IA est un leurre, mais il y a tellement d’argent à placer qu’il faut bien lui trouver un emploi. Alors ce que l’on demande aux ingénieurs de la Silicon Valley, ce sont, simplement, des idées nouvelles et qui puissent être un peu crédibles. Au moins par des journalistes.

Court circuit

Le séisme à Taïwan rappelle la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement en puces électroniques

Le Monde du 6 avril

« Dialectique » dirait peut-être Hegel. Hier la globalisation était l’alpha et l’omega. Aujourd’hui on a l’impression que le sort s’acharne sur la « supply chain ». Epidémies, guerres, accidents…

Enseignement ? Tout ce qui est arrivé était prévisible, et prévu par les gens que lit ce blog. Il y a une science qui marche. Ce qui révèle peut être une des lois d’airain de l’économie de marché : profiter de l’inertie de la société pour lui faire prendre des vessies pour des lanternes. La globalisation fut une belle bulle spéculative ?

Peut-être aussi que, comme dans la dialectique de Hegel, c’est un mal pour un bien. Ce mécanisme pervers empêche l’humanité de s’endormir ? Il la force à avancer ?

TSMC boosts Biden’s AI chip ambitions with US production deal
The world’s biggest chipmaker, Taiwan Semiconductor Manufacturing Co, has agreed to make its most advanced products in Arizona from 2028, in a boost to the Biden administration’s efforts to bring the semiconductor supply chain on to home soil.

Financial Times du 8 avril

Intelligence spéculative

Big tech strives to satisfy investor hunger for AI profits

Financial Times de samedi

Depuis quelque temps, je lis que la valeur de l’action Microsoft croit vigoureusement. Explication : le bruit de l’intelligence artificielle.

On s’est interrogé sur la rationalité du marché financier. Il semble qu’elle soit là. De temps à autre émerge un mot, « intelligence artificielle » par exemple. Il n’a aucune signification, sinon qu’il y a de l’argent à gagner, façon ruée vers l’or. Il faut être présent au bon moment, mais pas trop longtemps. Car la bulle finit rapidement par éclater.

Un métier à inventer ? Ou du moins à faire sortir de l’artisanat ? Souffleur de bulle ?

Comment gagner des milliards

Elon Musk’s AI start-up seeks to raise $6bn from investors to challenge OpenAI
Elon Musk’s xAI is in talks to raise up to $6bn, as the Tesla and X chief looks to global investors, including in Hong Kong, to finance his challenge to Microsoft-backed OpenAI.

Financial Times de jeudi

Grande inflation ? La start-up a maintenant besoin de milliards.

En tous cas, lorsque vous avez accès aux « bons réseaux », il y a là une façon habile de s’enrichir. Vous saisissez une idée dans le vent, vous levez une poignée de milliards. L’investissement donne une grande valeur à ce qu’il vous reste d’actions. Cercle vertueux.

(Quand on vit de la spéculation, il faut être inventif ? Au moment où Tesla commence à avoir du plomb dans l’aile, Elon Musk a besoin d’un « relais de croissance » ?)

(PS. Depuis, un autre article du FT a donné la valeur estimée du projet par Elon Musk : 20md$. Il vient de gagner 14md$. Comme le dit M.Macron, il n’y a qu’à traverser la rue pour gagner de l’argent.)

Tesla boom ?

China’s BYD moves closer to unseating Tesla as EV leader
Strong sales increase pressure on US pioneer to keep crown as top seller of purely electric vehicles

Financial Times du 1er janvier

Tesla et Elon Musk auront été un signe de notre temps.

Rien ne justifie le prix des actions de Tesla : ses concurrents, qui peuvent faire de meilleures voitures que lui, valent infiniment moins. Tesla est un titre spéculatif.

Ce blog dit que la spéculation est rationnelle, mais qu’elle n’a qu’un temps. Elon Musk n’a pas su renouveler le rêve qui gonfle les bulles.

Au moins aura-t-il profité de son image de libertaire, qui en a fait le grand prêtre d’une religion de médiocres. A l’ère des réseaux sociaux, ce sont les troupes de choc de la notoriété et de la fortune.

Intelligence dégénérée ?

The AI revolution’s first year: has anything changed?
The launch of ChatGPT was heralded as the dawn of a new age. But companies are wondering how useful generative AI really is

Financial Times de samedi

On ne peut faire le bilan de l’année sans parler d’Intelligence Artificielle « générative ».

L’IA s’est révélée, depuis 40 ans que je la connais, comme un formidable outil pour marketing et spéculation financière. Comme l’escroquerie, elle semble profiter de la caisse de résonance de nos fantasmes. Une intelligence qui dominerait la nôtre, la fin du travail, le péril jaune, etc. Et, en plus, une intelligence mystérieuse, qui « émerge » d’algorithmes bestiaux à qui la puissance des ordinateurs donne vie. Ce qui convainc ceux qui les créent qu’ils sont des dieux. (Moins on domine ce que l’on fait, plus on le croit !)

Surtout elle se prête aux tours de passe-passe qui frappent les esprits. Et un champion d’échecs par ci et un tableau de maître par là…