L’élite en col roulé

Par Studio Harcourt — RMN, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=76812068

L’autre jour j’écoutais deux très jeunes hommes parler de leur rôle important dans leur multinationale. Avec mon mauvais esprit habituel, je pensais que l’on en était revenu à l’ancien régime. Ce n’est pas la compétence qui compte, mais la naissance.

Alors, j’ai remarqué qu’ils portaient tous les deux des cols roulés ! Voilà, à mon avis, un fait statistiquement représentatif.

Notre gouvernement aurait-il lancé la mode du col roulé ? Le col roulé, « acte militant » ? Défi aux puissances des ténèbres ? Marque de reconnaissance du progressiste ?

Acclimatation

L’autre jour il était question « d’acclimatation » dans l’émission de Jean-Noël Jeaneney (France culture).

En fait on y parlait de notre rapport à la nature, et à l’animal. Au 19ème, la société avait une vision « utilitariste ». Elle voyait dans l’animal une ressource naturelle. Le « progrès » consistait à « acclimater » des espèces étrangères à nos latitudes, de façon à en faire quelque-chose d’utile pour nous.

Puis on s’est rendu compte que ce n’était pas possible, et que les ressources naturelles étaient limitées. En conséquences, la « doxa » a changé.

Autrement dit la pensée manichéenne actuelle est fausse. Nos ancêtres n’étaient pas manipulés par les « forces du mal », qui se seraient soudainement dissipées. Le pragmatisme succède à l’idéalisme.

Les dangers du métro

« Selon des chercheurs de Cambridge, le métro de Londres est pollué par des particules métalliques ultrafines suffisamment petites pour se retrouver dans le sang humain. Ces particules sont si petites qu’elles sont probablement sous-estimées par les enquêtes sur la pollution du plus ancien métro du monde. » (Nouvelles de l’université de Cambridge)

Les autres métros font-ils exception ?

Conséquences imprévues du progrès ? Les prévenir : une nouvelle science à inventer ?

La terre en héritage

Un dirigeant me disait que les vêtements modernes, synthétiques, produisent, au lavage, des micro billes de plastique. La machine à laver d’une famille pourrait polluer un étang de deux hectares en un an. Et que toutes ces billes comptent pour un tiers de la pollution par le plastique des mers. Plastique qui est consommé par le poisson. Poisson que nous mangeons.

Celui qui a vécu par le plastique…

J’ai pensé qu’il serait temps de faire la somme des conséquences imprévues du progrès ; que la génération 68 a atteint les sommets de la tartufferie ; et que le malaise des nouvelles générations est tout à fait légitime.

Une vie de retraité

« La jeunesse mélenchoniste est persuadée que la solution est le revenu universel et l’inactivité d’une grande partie de la population (sous-entendu le travail sera fait par des IA et des robots payés par les taxes sur les revenus du capital qui travaillera tout seul). » écrit un ami.

Je suis frappé par cette analyse. Je ne m’étais pas interrogé sur la jeunesse mélenchoniste.

Je vois dans cette idée, presque aussi vieille que le monde, une hérésie. La machine ne crée pas le chômage. Au contraire, le principe même de l’économie est le « gain de productivité ». Plus il y a de machines, plus un homme peut produire et plus, collectivement, la société est riche. Si je pouvais produire dix fois plus, j’achèterais dix fois plus !

Comme le dit un livre que cite ce blog, l’art du tailleur de pierre des cathédrales était de concevoir des outils qui lui permettaient de travailler vite et bien.

Bien sûr, la machine pose la question du changement. Mais elle pose surtout celle du fantasme. D’un côté, il y a les Elon Musk, qui rêvent d’éliminer le travailleur. De l’autre il y a leur opposé, peut-être bien le mélenchoniste, qui rêve de ne rien faire.

Pas étonnant que les élucubrations sur l’IA aient eu un tel succès ?

Pestilence

L’Anglais invente les Water Closets, le contenu des toilettes part dans la Tamise, où il stagne. Pestilence et choléra, qui tue des dizaines de milliers de personnes. Indignation générale.

Un certain Joseph Bazalgette, ingénieur descendant d’Huguenots, construit un réseau d’égouts. L’incident est clos.

(In our time, BBC 4)

Conséquence imprévue du progrès ? Dommage que l’on n’ait pas encore compris qu’il fallait s’y préparer ?

Octavius

Je découvre Octavius. Hasard de wikipedia. Il doit son nom à ce qu’il était le huitième fils du roi George III d’Angleterre.

Le roi l’aimait beaucoup. Malheureusement, il est mort après avoir été vacciné contre la variole.

Il est apparemment difficile de trouver une autre cause à sa mort que cette vaccination. (L’article serait il écrit par une cinquième colonne « d’antivax » ?)

Que ce soit le cas ou pas, il est certain que la mise au point des vaccins a coûté des vies. Le nier n’est pas bon pour le progrès. Car il doit être un risque assumé.

L'humanité a-t-elle toujours tort ?

Les livres de mon enfance feraient horreur à l’homme moderne. 

Bientôt, nous vivrions dans les étoiles, ou sous les mers, et mangerions des pilules, lisait-on. Le progrès était matériel, et il était bon, par principe. La mission de l’homme était d’imposer sa loi à la nature. Aux USA, on rasait des montagnes. Des machines en extrayaient le charbon, qui était acheminé automatiquement à d’énormes usines. Les Soviétiques utilisaient l’énergie atomique pour des travaux de génie civil. Dans un film de Paul Newman, une adolescente bombarde des plantes de rayons gamma, pour obtenir des mutations qui seront utiles à l’humanité… C’est l’avènement du pétrole, de la chimie du pétrole, du plastique… Le commandant Cousteau, que l’on appellerait aujourd’hui un touriste, se disait « scientifique », et faisait des expériences « scientifiques », qui consistaient à utiliser des explosifs pour compter les cadavres de poissons qui remonteraient à la surface… Le moindre prix Nobel arrêtait ses recherches pour écrire des livres pédagogiques et nous expliquer, à nous pauvres types, qu’il avait vu la lumière, et ce qu’était la nature… 

L’homme est-il condamné à se tromper ? Jusqu’à l’erreur de trop ? 

Il se peut aussi que l’évolution se fasse par étapes. Chaque étape prépare la suivante. Pour qu’elle réussisse, il faut « y croire » ? Mais il ne faut pas s’entêter ?

Variole du singe

Variole du singe. Depuis quelques mois, il en est question. 

La variole n’est pas une maladie comme les autres. C’est la première qui ait été vaincue par le « progrès », sous les espèces du vaccin. 

Si la variole revient, cela signifie peut-être que nous avons vécu une parenthèse bénie. Et si tout recommençait comme avant ? 

Cela signifierait que nos « activistes » qui s’en prennent violemment à notre société, porteuse du mal, feraient bien de s’interroger sérieusement sur la réelle nature du dit « mal ». Cela signifierait aussi qu’il faut nous demander ce qui fait que notre « progrès » ne marche pas. Ce qui nous donnera peut-être des idées plus pertinentes. 

Le rayon vert de Jules Verne

Aventures au pays de Walter Scott. La fille prodigue de deux oncles gâteaux part avec toute sa maisonnée à la recherche du « rayon vert », qui va lui révéler la réalité de ses sentiments. De déconvenue en déconvenue, ils s’éloignent de la civilisation. Ils découvrent l’Ecosse à son plus sauvage, les îles des Hébrides, battues par les tempêtes, qui traversent l’Atlantique, pour se fracasser sur cette pointe avancée de l’Europe. Comme le Club des 5, ils s’installent dans une grotte.

Jules Verne, c’est le progrès triomphant. La gloire de l’homme de science. Eh bien, cette fois, c’est tout le contraire. Le scientifique est ridicule, c’est une sorte de savant Cosinus. Les héros du roman sont deux nobles esprits romantiques.

Jules Verne aurait-il eu des remords ? Aurait-il pensé que le regard du scientifique rendait, à tort, le monde absurde ? Qu’il passait à côté de tout ce que la vie a de beau ? Qu’il y avait une « vérité alternative » comme le dit M.Trump ?