La colle serait plus résistante que ce qu’elle colle. Or, on l’utilise de plus en plus, et partout. Or, désormais, nous voulons recycler à tour de bras.
Il y aurait une solution à cette question. Mettre dans la colle des particules de fer. Soumises à un champ magnétique, la colle se décolle. (« Colle réversible ».) Ce qui, accessoirement, pourrait nous permettre de jouer à l’Homme-araignée. Une émission de la BBC (Glued Up).
L’émission ne disait pas comment recycler la colle et son métal. Et s’il n’y aurait pas d’autres façons de procéder qu’une course en avant dans la recherche de solutions technologiques aux problèmes créés par la technique…
On aurait trouvé des quantités de nanoparticules dans les bouteilles d’eau minérale. Jusque-là on ne savait pas les détecter.
J’ai découvert la nanoparticule au hasard d’une mission pour une entreprise qui, justement, avait les moyens de les mesurer. Elles sont inquiétantes, car notre système immunitaire est sans défenses face à elles.
Faut-il avoir peur de l’eau minérale ? Peut-être faudrait-il examiner ceux qui en consomment beaucoup ? (On peut imaginer que si les effets néfastes étaient manifestes on en aurait déjà pris conscience.)
En tous cas, on voit une nouvelle fois le progrès en marche. On « innove », puis on découvre que l’innovation avait des conséquences imprévues. La science est pleine de surprises.
Un ami me disait qu’un mur antique s’était effondré à la suite d’une réparation. Le « ciment » de l’époque avait des vertus qui n’étaient pas celles des matériaux modernes, et que l’on avait oubliées. (Par exemple, celles de pouvoir soutenir des tremblements de terre.)
Ce type de nouvelle est fréquent. On découvre, de temps à autres, que notre science n’est pas systématiquement supérieure à ce qu’elle a remplacé.
En fait, elle semble avoir une particularité : un complexe de supériorité. Elle croit pouvoir s’affranchir du passé.
La différence entre les anciens et les modernes est peut-être l’équation. L’illusion que tout peut tenir dans une formule (magique ?). J’ai l’impression que jusque-là le savoir était empirique. Il s’accumulait, et se transmettait, par une forme de compagnonnage, ou peut-être même par des réseaux sociaux professionnels.
Faudrait-il réconcilier les anciens et les modernes ?
(Je me souviens, par exemple, d’avoir lu des articles sur la construction de cathédrales, qui disaient que les constructeurs européens s’informaient les uns les autres de leurs expériences. Ils faisaient profiter immédiatement leurs travaux en cours des constats de leurs collègues.)
L’année prochaine plus de deux milliards de personnes vont être concernées par des élections. L’intelligence artificielle, manipulée par quelques esprits mauvais, pourrait leur faire prendre des vessies pour des lanternes. Voici ce que j’ai entendu dire aux information du matin de la BBC, il y a quelques jours.
Ordinaires conséquences imprévues du progrès ?
La personne qui tenait ces propos pensait que nous allions en arriver à ne plus rien croire. Je me demande, si, au contraire, ce ne pourrait pas être des circonstances favorables à une renaissance de l’esprit scientifique. Descartes et quelques autres ne disent-ils pas qu’il commence par le doute absolu ?
Faire analyser son ADN peut révéler des surprises.
C’est devenu très à la mode, en particulier dans les pays anglo-saxons. Et, comme toujours, cette mode a des conséquences imprévues. The gift, une émission de BBC4, en étudiait quelques-unes.
Certains ont ainsi découvert que leurs parents n’étaient pas ceux qu’ils croyaient. Adoption qui n’avait pas été avouée, infidélités, mais aussi erreur ou malversations. Cela a montré que les pratiques de l’insémination artificielle pouvaient se prêter à l’erreur, et les donneurs de sperme n’étaient pas toujours volontaires, et que, en ce qui concerne cette activité, certains médecins avaient beaucoup donné de leur personne, et qu’eux et d’autres se trouvaient avec des centaines d’enfants. (Avec ce que cela signifie de risque de consanguinité ?)
Plus curieux : une personne a découvert que son (excellent) père était un parricide en cavale.
Et il y a plus classique : découvrir que l’on a une maladie génétique, ou que l’on n’a pas les origines que l’on se croyait.
Surtout, c’est la fin de l’anonymat : il suffit que vos proches aient craché dans un plastique pour que votre ADN soit connu…
Ce qu’il y a de curieux est que l’on est tout à fait capables de prévoir les difficultés à venir, mais que l’on ne fait rien pour les prévenir, ou, du moins, en débattre démocratiquement :
even small dings to battery packs can destabilise cells, potentially causing fires and even explosions. A combination of high costs and volatile outcomes means many EVs are simply being written off for damage that traditional vehicles would survive.
Financial Times du 28 octobre
Il en faut peu pour endommager une batterie. Et une batterie vaut cher, et n’est pas facilement réparable, ou pas réparable du tout.
Trouvera-t-on des assurances pour les véhicules électriques. Si oui, à quel prix ? Que va-t-il en résulter pour les ventes de véhicules électriques ? se demande l’article. Une remarque originale : le marché des « early adopters » serait saturé. En conséquence, l’achat de véhicules électriques pourrait marquer une pause.
D’ailleurs, a-t-on une idée de toutes les conséquences d’un feu de batterie ? (Imaginons qu’il soit à l’origine de l’incendie d’un quartier…)
Curieusement, le progrès a, toujours, des conséquences imprévues. Quand notre société parviendra-t-elle à maîtriser les jeux d’intérêt qui les lui masquent ? Comment s’y prendre ?
Plaisirs de la BBC : des séries des années 50. Découverte de Jet Morgan, explorateur interplanétaire d’un distant avenir (1970).
C’est amusant de revenir dans les années 50. Mais, peut-être, ne peut-on y revenir que lorsque l’on y a déjà vécu.
Drôles de temps. D’un côté les intellectuels hurlaient à la mort, de l’autre la population était heureuse, car l’avenir était plein de promesses. Le monde allait de découverte en découverte, le niveau de vie collectif augmentait, on était optimistes, on rêvait aux étoiles.
L’exploration spatiale n’a pas été ce que l’on attendait d’elle. Jet Morgan était le frère de Magellan. Il partait avec ses vaisseaux vers l’inconnu, ne sachant pas s’il en reviendrait. Aujourd’hui, l’astronaute est un robot. C’est aussi un conquérant de l’inutile : on doit se casser la tête pour lui trouver une mission qui intéresse un peu le public, et qui justifie que l’on finance son voyage. Et l’on n’y parvient pas.
L’empreinte digitale fut une révolution. J’entendais l’autre jour une émission racontant la première fois qu’elle fut utilisée dans un procès, en Angleterre.
On l’a oublié aujourd’hui, mais l’utilisation des empreintes ne va pas de soi. Elle est supposée reposer (au moins était-ce le cas à l’époque victorienne) sur l’analyse de onze points de l’empreinte.
L’avocat des accusés s’en est pris à la technique. Et il a produit des experts qui étaient prêts à expliquer en quoi elle n’était pas sérieuse.
L’accusation a fait preuve de présence d’esprit : elle a demandé aux jurés de prendre leurs empreintes de façon à se faire une idée personnelle de la validité de la théorie.
Je me suis demandé si l’on n’est pas, actuellement, un peu victime de paresse intellectuelle, et s’il ne serait pas bon d’être plus critique.
Comment peut-on en rester à l’âge de pierre (billets précédents) ? Comment se fait-il qu’un groupe humain n’ait pas évolué comme le reste de l’humanité ?
Une hypothèse pourrait être sa taille. Lorsque l’on observe l’histoire de l’humanité, il semblerait que la plupart des inventions (les cités, l’écriture, les grands courants de pensée…) se soient faites en même temps, mais de manière non coordonnée. Le point commun était probablement social. Une petite communauté n’a pas beaucoup de difficultés à se maintenir en équilibre avec la nature. Il faut faire preuve d’inventivité, lorsque l’on doit nourrir une grande quantité d’hommes. Et peut-être qu’alors on tend à trouver le même type de solution.
Mais alors pourquoi la Chine n’a-t-elle pas fait la révolution industrielle ? Une hypothèse pourrait-être celle du « cluster » : l’innovation nait d’une certaine forme de stimulation sociale.
Les hommes de l’âge de pierre vieillissent vite (billet précédent). A 35 ans ils sont vieux, à 55 des déchets.
N’est-ce pas curieux ? Leur existence ne semble pas excessivement épuisante, et ils vivent au coeur de la nature, dans une sorte de paradis des origines. Cela ne contredit-il pas beaucoup de nos théories modernes ?
A mon âge actuel, mon père était mort depuis longtemps. Mais, pourtant, je l’ai beaucoup entendu parler de retraite. Comment se fait-il que nous puissions envisager de travailler nettement plus tardivement que par le passé ? Etat d’esprit différent ou y aurait-il eu un progrès apporté à notre condition physique ? Extension de la jeunesse plutôt que de l’espérance de vie ?