Pestilence

L’Anglais invente les Water Closets, le contenu des toilettes part dans la Tamise, où il stagne. Pestilence et choléra, qui tue des dizaines de milliers de personnes. Indignation générale.

Un certain Joseph Bazalgette, ingénieur descendant d’Huguenots, construit un réseau d’égouts. L’incident est clos.

(In our time, BBC 4)

Conséquence imprévue du progrès ? Dommage que l’on n’ait pas encore compris qu’il fallait s’y préparer ?

Octavius

Je découvre Octavius. Hasard de wikipedia. Il doit son nom à ce qu’il était le huitième fils du roi George III d’Angleterre.

Le roi l’aimait beaucoup. Malheureusement, il est mort après avoir été vacciné contre la variole.

Il est apparemment difficile de trouver une autre cause à sa mort que cette vaccination. (L’article serait il écrit par une cinquième colonne « d’antivax » ?)

Que ce soit le cas ou pas, il est certain que la mise au point des vaccins a coûté des vies. Le nier n’est pas bon pour le progrès. Car il doit être un risque assumé.

L'humanité a-t-elle toujours tort ?

Les livres de mon enfance feraient horreur à l’homme moderne. 

Bientôt, nous vivrions dans les étoiles, ou sous les mers, et mangerions des pilules, lisait-on. Le progrès était matériel, et il était bon, par principe. La mission de l’homme était d’imposer sa loi à la nature. Aux USA, on rasait des montagnes. Des machines en extrayaient le charbon, qui était acheminé automatiquement à d’énormes usines. Les Soviétiques utilisaient l’énergie atomique pour des travaux de génie civil. Dans un film de Paul Newman, une adolescente bombarde des plantes de rayons gamma, pour obtenir des mutations qui seront utiles à l’humanité… C’est l’avènement du pétrole, de la chimie du pétrole, du plastique… Le commandant Cousteau, que l’on appellerait aujourd’hui un touriste, se disait « scientifique », et faisait des expériences « scientifiques », qui consistaient à utiliser des explosifs pour compter les cadavres de poissons qui remonteraient à la surface… Le moindre prix Nobel arrêtait ses recherches pour écrire des livres pédagogiques et nous expliquer, à nous pauvres types, qu’il avait vu la lumière, et ce qu’était la nature… 

L’homme est-il condamné à se tromper ? Jusqu’à l’erreur de trop ? 

Il se peut aussi que l’évolution se fasse par étapes. Chaque étape prépare la suivante. Pour qu’elle réussisse, il faut « y croire » ? Mais il ne faut pas s’entêter ?

Variole du singe

Variole du singe. Depuis quelques mois, il en est question. 

La variole n’est pas une maladie comme les autres. C’est la première qui ait été vaincue par le « progrès », sous les espèces du vaccin. 

Si la variole revient, cela signifie peut-être que nous avons vécu une parenthèse bénie. Et si tout recommençait comme avant ? 

Cela signifierait que nos « activistes » qui s’en prennent violemment à notre société, porteuse du mal, feraient bien de s’interroger sérieusement sur la réelle nature du dit « mal ». Cela signifierait aussi qu’il faut nous demander ce qui fait que notre « progrès » ne marche pas. Ce qui nous donnera peut-être des idées plus pertinentes. 

Le rayon vert de Jules Verne

Aventures au pays de Walter Scott. La fille prodigue de deux oncles gâteaux part avec toute sa maisonnée à la recherche du « rayon vert », qui va lui révéler la réalité de ses sentiments. De déconvenue en déconvenue, ils s’éloignent de la civilisation. Ils découvrent l’Ecosse à son plus sauvage, les îles des Hébrides, battues par les tempêtes, qui traversent l’Atlantique, pour se fracasser sur cette pointe avancée de l’Europe. Comme le Club des 5, ils s’installent dans une grotte.

Jules Verne, c’est le progrès triomphant. La gloire de l’homme de science. Eh bien, cette fois, c’est tout le contraire. Le scientifique est ridicule, c’est une sorte de savant Cosinus. Les héros du roman sont deux nobles esprits romantiques.

Jules Verne aurait-il eu des remords ? Aurait-il pensé que le regard du scientifique rendait, à tort, le monde absurde ? Qu’il passait à côté de tout ce que la vie a de beau ? Qu’il y avait une « vérité alternative » comme le dit M.Trump ?

Plombés

Quel âge a la terre ? Le même que celui des météorites. Or, les météorites contiennent de l’uranium, qui, à une vitesse connue, se transforme en plomb. Un scientifique décide donc d’analyser une météorite. Seulement, pour cela, il ne faut pas de trace de plomb dans son laboratoire. Or, il a beau faire ce qu’il veut, il en trouve partout : dans les tables, les chaises, la peinture, ses cheveux, sa peau… Il lui faudra plusieurs années pour créer un environnement sans plomb, et faire ses mesures. 

C’est alors qu’il est parti en croisade contre le plomb. Il est allé chercher sa trace dans les neiges polaires. Et a trouvé que la pollution au plomb commence avec la révolution industrielle, puis connaît une brutale envolée dans les années 30. Pourquoi ? On ajoute du plomb à l’essence. 

Ses découvertes n’ont pas fait beaucoup de bruit. Mais, tout de même, il y a moins de plomb dans l’essence et dans notre vie que de son temps. Environ 25 fois moins, si j’ai bien compris. Mais cela fait tout de même 100 fois plus qu’avant le début de la contamination. En tous cas, cela aurait eu un impact notable sur le QI de la population. 

Au fond, la révolution industrielle fut l’âge de l’innocence. L’idéologie du « progrès » régnait. Ce que fait l’homme est bien. La nature, c’est le mal. Illustration de « l’éthique de conviction », et de son danger : qui veut faire l’ange finit plombé ?

(Inspiré par une émission de Radiolab, diffusé par la BBC.)

Cauchemar numérique

J’achète Office 365. Jusque-là le logiciel était installé sur mon ordinateur. Pas cette fois. Il est tout cloud. 

Il y a bien une version téléchargeable. Seulement, j’ai découvert, au moment de payer, qu’elle était en option. Et j’en ai marre de me faire exploiter. De toute manière, j’utilise déjà un équivalent Office, fourni par Apple, qui est plein de bugs, mais qui permet de générer le format Office. 

Tout commence mal. Déjà, procédure compliquée, qui me demande de créer une nouvelle adresse mail, avec un nom de domaine Microsoft pour ma société, avec un nouveau mot de passe (ce machin qui est stocké quelque-part, mais qui ne semble jamais marcher quand on en a besoin). 

Le logiciel, qui doit être accessible une heure après passage du contrat, ne l’est pas. Je finis par contacter l’aide Microsoft. Après un « chat » avec un anglophone et son système de traduction, je suis envoyé vers un centre d’appel, qui finit par m’expédier vers un autre centre de dépannage, aux USA. Il m’appelle. Charmante conversation. (Entre temps, le logiciel avait été débloqué.) Quoi que un peu inquiétante : se faire aider demande d’autoriser Microsoft à avoir accès à son ordinateur. 

Finalement, j’utilise assez peu Office 365. L’autre jour, au moment d’y avoir accès : refus. Message incompréhensible. Je pense à résilier mon contrat, mais je n’y ai plus accès ! J’y reviendrai quand j’aurai du temps. Ce que je fais. Il s’agit de charger un logiciel d’authentification sur mon portable. (Et s’y je n’en avais pas ?!). Puis de lire, avec mon portable, un code, qui est sur mon écran. Cela finit par réussir. Mais j’ai encore à utiliser ce sacré système pour d’autres manipulations. 

Entre temps, Explorer s’est mis à me redemander des mots de passe et MacBook aussi. Je parviens à régler ces problèmes. Mais, en ce qui concerne MacBook, la procédure semble avoir été compliquée : elle a demandé à Apple plus d’une semaine. (Elle concernait le service de commerce en ligne d’Apple, que je n’utilise pas, et dont j’avais perdu le mot de passe.) J’oubliais : mon ordinateur s’est remis à me demander mon mot de passe, et plus mon empreinte… Et aussi : Google Drive ne conserve plus une copie de mes programmes sur mon ordinateur… J’envisage une grande migration. 

Kafka : notre vie va-t-elle devenir un enfer numérique ? 

Grandeur et décadence de l'ingénieur

Dans mon enfance, l’ingénieur était élite de la nation. Aujourd’hui, il est une sorte d’espèce protégée. Il a quelques emplois réservés, extérieurement prestigieux, mais sans conséquence. 

C’est peut-être l’histoire des deux sens de logos. Logos voudrait à la fois dire raison et parole. Eh bien, le tout parole a pris le pas sur le tout raison. L’X-Mines a été remplacé par l’inspecteur des finances. « Ingénieur » est à entendre au sens anglais : rustre.

Causes ? Trois hypothèses :

  • Le progrès, et ses grosses usines pestilentielles, a fait son temps. Toute la séduction de l’ingénieur s’est envolée. 
  • On a testé, ça n’a pas marché. L’ingénieur a dirigé notre pays et ses entreprises. Cela leur a été fatal. En le ménageant, on l’a écarté. 
  • Désormais, celui qui veut arriver au sommet doit s’expliquer. Or, l’ingénieur n’a pas été formé pour cela. 

Après l’ère de l’ingénieur autiste nous en sommes arrivés à celle du bonimenteur ? Pas tellement mieux ? Comment le dirait Aristote, il faudrait un « juste milieu » entre ces deux extrêmes. Le logos bien compris. L’homo sapiens ? 

Intelligence artificielle, calamité agricole ?

L’avenir de la ferme serait le robot. Attention, danger, disent des chercheurs

Dangers apparemment paradoxaux. Ils sont pour ceux qui utilisent, et pour ceux qui n’utilisent pas…

  • Cyber risque, pour commencer. Sans commentaire. 
  • Danger de mauvais dosage et de dommages graves à l’environnement, faute de prise en compte des effets à long terme des traitements.
  • Perte de compétitivité de la plupart des agriculteurs, qui ne pourront se payer ces robots…
Que penser de cette étude ? En tout cas, cela pourrait illustrer un effet pervers d’une forme de progrès : des gains à court terme, qui l’imposent, mais des coûts à long terme. 
(Illustration d’un billet précédent sur le coût du progrès ?)

Les externalités du progrès

L’ordinateur est sensible au rayon gamma. Or, le rayon gamma est partout. Résultat ? Un pilote automatique qui se débranche, un comptage électoral faux… Problème sérieux lorsqu’il s’agit de commande de type « discret », zéro ou un (j’accélère ou je freine, par exemple.)

C’est pourquoi, de plus en plus, les systèmes de contrôle sont redondants. 

Seulement, la miniaturisation constante des composants électroniques pose de nouvelles difficultés : contrairement aux anciens composants, ceux des nouvelles générations sont sensibles à des impulsions électriques infimes… 

Voilà ce que disait l’émission de radio Radiolab. 

Ce qui amène à s’interroger sur le progrès, au sens où on l’entend depuis quelques siècles. Il est de notoriété publique que l’on commence par en voir les avantages, avant d’en percevoir les « externalités négatives ». Externalités que l’on met des décennies à maîtriser de manière « satisfaisante ». Seulement, la question que l’on ne se pose pas est : et si ce progrès était une sorte « d’attrape nigaud ». Et si l’innovation consistait à masquer habilement son coût réel ?