Grèce humiliée par la BCE ?

La BCE coupe les vivres à la Grèce. C’est ce que j’ai cru entendre ce matin à la radio. La Grèce va-t-elle être humiliée ? Lâchée par tous ? Surtout la France ? Pas d’alternative à la rigueur ? Paul Krugman pense qu’il s’agit, au contraire, d’une manœuvre de M.Draghi. La ligne de crédit qui a été fermée ne comptait pas. Mais sa fermeture serait une façon de couper toute retraite à l’Allemagne et de la mettre en face de ses responsabilités :
Maybe it’s an effort to push the Greeks into reaching a deal, but my guess — and it’s only that — is that it’s actually aimed more at the Germans than at the Greeks. On one side, it’s the ECB making tough noises, which might keep Germany off their backs for a little while. On the other, it’s a wake-up call: dear Chancellor Merkel, we are *this* close to watching a Greek banking collapse and euro exit, and are you really sure you want to go down this route? Really, really?
Ce qui semble confirmer ce que je disais ailleurs : on pourrait bien être en face d’un numéro de négociation de très haut vol. Attendons-nous à quelques beaux coups de théâtre ?

Le monde se tient par la barbichette, et ça pourrait faire boom ?

Cette semaine, monde en équilibre instable entre jeux de forces particulièrement dangereux. La Grèce, pour commencer. Le premier ministre grec est pris entre et des marchés et une BCE qui ne lui laissent quasiment aucune marge de manœuvre, Mme Merkel qui ne veut pas lui faire de concessions pour ne pas faire de cadeau à la France et à l’Italie, et une coalition d’idéologues extraordinairement peu expérimentée, qui va exploser s’il revient sur ses promesses. Il reste l’Europe qui aimerait bien trouver une autre voie que la rigueur… En tout cas, ce qui semble se jouer c’est une attaque contre les partis de gouvernement traditionnels. The Economist pense que cette offensive va discréditer les assaillants. Mais qu’il faudrait tout de même que les dits partis traditionnels se remettent en cause. Ce qu’ils ne semblent pas prêts à faire… Plus dangereuse, peut-être est la situation russe. En Ukraine, M. Poutine s’est mis dans un guêpier, que ne fait qu’aggraver la baisse des prix du pétrole, dont il tente de se tirer par une course en avant insensée. « Tout ceci rend la situation même plus périlleuse que durant la guerre froide. » « La probabilité de conséquences imprévues, y compris l’usage des armes nucléaires devient de plus en plus possible. »
La monarchie saoudienne est en équilibre précaire. Une partie de la population occidentalisée, voulant une plus grande liberté, une autre, fondamentaliste bornée, des revenus pétroliers en baisse et une politique d’achat de la paix sociale non durable. (Curieusement, le pays est géré comme une entreprise familiale à la Antoine Roullier.)
Politique d’aide à l’accession à la propriété, mal du capitalisme ? Elle pousserait l’argent des banques vers les particuliers, créant ainsi des risques de crises systémiques, et en priverait les entreprises en développement, plombant l’économie.
Les entreprises du numérique ne touchent plus terre. Elles veulent changer le monde. Les entreprises traditionnelles, elles, dépriment. La révolution technologique crée le chômage et détruit la société, pensent-elles. « L’agilité a remplacé la puissance comme qualité la plus prisée. » Du coup, elles n’investissent plus. L’économie n’a plus de moteur.
La politique de la BCE est-elle bonne pour l’économie européenne ? Plutôt non (et même plutôt mauvaise ?). Elle stimule les exportations, mais les multinationales sont installées partout et n’en profitent pas. Et la demande mondiale est faible. Les entreprises cherchent plutôt à se refaire qu’à investir. Idem pour les banques européennes. Elles sont plus affectées par la baisse des taux à long terme que par la perspective de nouvelles affaires.
Aux USA, on se suicide de plus en plus. En cause, la crise, les armes et les guerres (les anciens combattants ont du mal à revenir à une vie normale). Clint Eastwood fait un film à la gloire d’un tueur d’élite. Un vrai Américain. La politique américaine est le terrain d’une corruption exemplaire. Le FMI a besoin de plus d’argent, mais les USA ne veulent pas le lui donner, et ne veulent pas non plus être dilués. Pendant ce temps, les émergents fondent un FMI Bis. Le Canada, qui se croyait un émirat arabe, revient de son amour du pétrole. En Europe, la France ayant renoncé à défendre ses banques, la possibilité d’une taxe financière refait surface.
On a cru que la fonte des glaces ferait de l’Arctique un Eldorado. C’est raté, il demeure difficile d’y naviguer, ou de l’exploiter. Nouvelle victime de la baisse du prix du pétrole.
Apple ne sait plus quoi faire de son argent (178md$ d’économies). Il vend de plus en plus d’iPhone, ses nouveaux gadgets devraient faire un malheur, ainsi que le logiciel et les services qui viennent s’ajouter à son offre. Quand à McDo, il passerait un mauvais moment. Un Américain, qui avait fait fortune en Russie, et qui s’en est fait sortir, s’est attaqué seul à l’Etat russe. Jusqu’ici, il a eu le dessus. Comme dans les films. Etonnants Américains. 

Syriza : les amateurs au pouvoir ?

Grèce. Syriza au pouvoir. Tremblons ?, se demandait Hervé Kabla. Je lui ai répondu, en substance, que je distingue trois scénarios possibles dans la presse internationale :
  • Le scénario idéal. Pas de changement d’objectif : la Grèce rembourse et se réforme. Mais la manière de mener le changement change. On passe du changement comme punition à un changement comme recherche de performance. J’ajoute qu’ici Syriza a un atout que personne ne remarque. La Grèce souffre de clientélisme. Or les partis de gouvernement sont les causes premières du mal. Ils ne peuvent pas se mettre à dos leur clientèle en lui faisant subir le changement ! Syriza a, en théorie, les mains libres. D’ailleurs, que Syriza conduise des changements désagréables, mais utiles, est probablement dans l’intérêt des partis de gouvernement. Il y a mieux. L’Europe apprend une nouvelle façon de se réformer. Le peuple n’est plus la victime de « l’austérité ». C’est elle qui le pousse, en désespoir de cause, vers les extrêmes. L’économie et la société s’écartent du précipice au bord duquel elles chancellent… 
  • Il y a le scénario chaos : Syriza ne parvient pas à établir un gouvernement. Ce scénario a été écarté. 
  • Il y a le scénario « bande d’amateurs ». C’est celui qui paraît, pour le moment, le plus vraisemblable. En effet, Syriza, très à gauche, s’est allié avec un parti qui ressemble à notre FN, en un peu plus de gauche, mais avec un QI inférieur. En outre Syriza est constitué d’un assemblage hétéroclite qui pourrait se disloquer au premier compromis. (Jean Quatremer parle de la question.)
La probabilité de nouvelles élections à court terme est élevée. Mais on ne peut pas écarter l’hypothèse qu’un montage aussi invraisemblable et fragile soit voulu. Puisque se mettre le dos au mur, brûler ses bateaux, est la technique la mieux adaptée à une négociation conflictuelle. Comme souvent, la frontière entre génie et bêtise est bien mince !
Tremblons, donc ? Pas nécessairement. On est dans le cas d’un changement « incontrôlé ». Il est incontrôlé parce qu’il n’a pas d’objectif. Plus exactement on cherche l’objectif en même temps que l’on essaie de réussir le changement. Ce type de changement est par nature chaotique. Mais il est rationnel. La société « pense » par essais et erreurs. Chaque crise lui permet d’avancer, d’expérimenter. Le coup de théâtre est la norme. C’est ainsi que les uns et les autres se testent. Le danger, dans cette situation, est le dogmatisme. Qu’un acteur se fige, et l’affaire peut mal tourner. Surenchère dans la menace. Jusqu’au geste irréparable. Pour ma part, j’ai l’impression, en dépit de tout le mal que l’on peut dire de nos gouvernants européens, que le pragmatisme est aux commandes.

(Illustration d’une de mes principales idées. Elle est issue de mon observation du changement. Le critère ultime de succès d’un changement est « l’in quiétude » (en deux mots). C’est-à-dire le fait non d’être stressé mais d’être vigilant. Je pense que nos dirigeants sont « in quiets ».)

11 septembre français ?

Attentats en France. La presse doit pouvoir publier ce qui lui plaît, même si cela peut « offenser » (The Economist n’a pas voulu publier les caricatures de Mahomet). Et surtout, attention à ne pas faire d’amalgame entre une infime minorité terroriste, et une immense majorité pacifique.
La Lybie est à feu et à sang, comment se tirer d’un chaos (incompréhensible) ? L’Occident avait mis à la tête du pays un comité d’intellectuels. Il n’a pas osé affronter les hommes forts de ses communautés. Car, la Lybie n’avait pas de tradition unitaire, mais, au contraire, est constituée de groupes ennemis. Curieusement, il demeure un certain Bernardino Leon qui tente d’organiser des négociations entre combattants. Son espoir est de leur couper les vivres pour les contraindre à la discussion. L’Allemagneest aux prises avec des mouvements anti-immigrés. Mais des mouvements opposés prendraient le dessus. Mme Merkel, finalement, aurait décidé de ne pas peser sur les élections grecques (où règne la confusion). En Angleterre, les élections devraient se jouer sur les thèmes des années 90. Ce qui donnerait un avantage aux conservateurs. La situation du pays paraît inquiétante. En effet, ses revenus dépendraient en grande partie de ses placements à l’étranger (560% de son PIB). Or, ils ne lui rapportent plus rien, du fait de la crise mondiale. Sa croissance pourrait se faire par « épuisement de sa richesse ». Le modèle de développement économique de l’Afriquepourrait, enfin, changer. Elle commencerait à se dégager de sa dépendance vis-à-vis des matières premières. Le marché des services, en particulier, se développe. Pour réussir, définitivement, il faut « améliorer son système d’éducation, des investissements dans les infrastructures et une réforme intelligente de la réglementation ». Aux USA, le système politique va continuer à être la proie des escarmouches. Et le parti démocrate manque de quelqu’un qui puisse donner un sens à son combat. Quant à M.Obama il veut laisser une trace dans l’histoire. Ce qui l’amène à rechercher des majorités dans lesquelles son camp se retrouve rarement entier. Les pays du Golfe doivent maintenir leur « stabilité sociale » par la subvention. Ils vont devoir compenser la baisse de leurs revenus pétroliers. Probablement par les impôts.
McDonald’s est à nouveau en difficultés. Faiblesse : sa dépendance vis-à-vis d’une image qui peut-être facilement attaquée. Emergence d’une concurrence « haut de gamme » : le « Fast casual ». Sans OGM.
Le TGV européen n’a pas eu les effets attendus. On utilise toujours autant la voiture. Le bus est en perte de vitesse. Le train n’a pas pris de marché (le TGV a cannibalisé les lignes lentes). C’est l’avion qui a le plus progressé ! The Economist incrimine l’incapacité des opérateurs ferroviaires européens à gagner en efficacité. Faute de concurrence.
« Dans trois grands secteurs (le capitalisme) a singulièrement échoué : la santé, l’éducation et le logement ». Comment, en particulier, réduire le prix du logement, qui n’a fait qu’augmenter. Il faut « avancer sur plusieurs fronts ». (Je ne vois rien de lumineux se dégager de l’article…) Que signifie un monde endetté ? La stagnation. Le Japon est dans cette situation depuis 20 ans. Mais nos sociétés sont moins « homogènes » que la sienne. Plus fragiles aux chocs… Les armées privées connaissent un remarquable développement. Pourraient-elles se créer un marché en déclenchant des guerres ?
Applications de Big Data chez les entreprises du numérique : prévenir le départ de compétences ; équilibrer offre et demande (rien de neuf ?). Quels sont les bénéfices du commerce électronique ? Curieusement, pas majoritairement économiques ! Cela profiterait à des produits peu achetés (livres rares). Mais l’impact économique serait faible. En fait, Internet aurait un intérêt non financier : c’est une distraction gratuite du même type que le léchage de vitrine. 

Mme Merkel contre le peuple grec

J’entends dire que Madame Merkel veut sortir la Grèce de l’euro, si elle vote mal. Je crois me souvenir qu’il y a peu, elle voulait nous encourager à voter Sarkozy. Cela pose plusieurs questions :
  • Un Etat peut-il s’immiscer ainsi dans les affaires d’un autre ? Peut-être me dira-t-on que c’est la conséquence de l’Europe : la disparition des nations. Mais alors, quid de la position allemande, qui défend farouchement ses particularismes ? 
  • Madame Merkel affole les marchés. Est-ce malin ? Mais sont-ils concernés ? Si j’en crois ce que j’entends, la dette grecque est aux mains des Etats. Manœuvre populiste ? Signal à son peuple plus qu’à l’Europe ? 
  • N’y a-t-il pas une façon plus intelligente d’agir ? Par exemple, au lieu de s’en prendre à la démocratie grecque, de lui expliquer ce que l’Allemagne considère être un comportement « responsable » ?

Ubérisation de la société ou l’homme à la coupe

Epoque fantastique. La mode est à Uber. Le capital risque finance des Uber pour tout. Les services humains (mais pas uniquement) sont achetables en fractionné. Le secret de ce modèle est de contourner la législation et les coûts inhérents au salariat. Et d’exploiter les chômeurs, étudiants ou autres, qui sont prêts à tout. Et elles profitent d’un personnel déjà formé. Tout cela n’a rien d’un avantage concurrentiel durable. En tout cas, si elles durent un peu, il n’y aura plus de droit social, et nous devrons tous nous transformer en micro entreprises, et prendre à notre compte les charges de formation permanente, de marketing, d’assurance, de retraite… Les entreprises du numérique ont découvert que leurs produits pouvaient créer des habitudes. Elles ont maintenant des « designers de comportement ». « Il est de plus en plus facile de manipuler les esprits. » Les milliardaires du numérique sont à l’image des milliardaires du début du siècle précédent, les « robber barons ». Leur caractéristique commune est d’avoir émergé après « deux des périodes les plus égalitaires de l’histoire américaine » et d’avoir « contribué à la création d’une Amérique très différente, divisée en classes et obsédée par l’argent » ; d’avoir exploité les défaillances du marché pour ériger des monopoles ; d’être pris de la folie des grandeurs ; et de croire qu’ils peuvent « résoudre les problèmes de l’humanité ».
Nouvelles de la crise. En Grèce, le risque principal est qu’un gouvernement ne puisse pas se former. L’Espagne se prépare à de nouvelles élections. « L’éruption de Podemos, qui appelle la droite espagnole « l’ennemi » mais méprise l’ensemble de la classe politique, donne le ton d’une nouvelle ère d’affrontement, et a changé le jeu ». En Angleterre, les dettes augmentent et l’immobilier est spéculatif. Et de grandes entreprises font faillite. Les conservateurs ont-ils raison de dire que l’économie nationale est réparée ? Les pays affectés par Ebola semblent se tirer d’affaire. Mais « les gouvernements ont renforcé leur emprise et montrent des inclinations autoritaires rarement vues chez ces trois jeunes démocraties. » Une fois de plus, « ce qui a nuit au monde a profité à l’Amérique. » L’économie américaine se porte à nouveau bien. Ce qui prend à contre-pied les hommes politiques des deux camps ! Il est possible que Sony n’ait pas été piraté par des Coréens mécontents. En tout cas, l’incident « pourrait enfin encourager le Congrès à faciliter le partage d’informations sur les menaces Internet entre entreprises et gouvernement ». Le marché des actions devrait connaître des hauts et des bas. A moins d’une crise aux USA ou d’un durcissement de la politique monétaire.
Les biotechnologies arrivent au secours de l’industrie pharmaceutique. Leurs médicaments coûtent très chers et il est difficile d’en faire des « génériques ». Les systèmes d’assurance santé risquent de passer un mauvais moment. L’Arabie Saoudite veut se diversifier dans l’industrie, en attirant de très grandes entreprises mondiales. The Economist ne croit pas à ses chances.
  
Une réglementation environnementale bien conçue serait favorable aux entreprises performantes et défavorable aux autres. On essaie de transformer l’openspace cloisonné. Il dégagerait du formaldéhyde cancérigène et placerait l’homme dans des conditions de travail qui réduiraient considérablement sa productivité.

L’histoire de l’industrie du Coton ou les démons du capitalisme ? Pionnière de la globalisation, de l’innovation et de la révolution industrielle, « capitalisme guerrier » où tous les coups sont permis : protectionnisme, colonialisme, expropriation, esclavage… 

Grèce, Syriza = chaos ?

Les prochaines élections grecques nous annoncent-elles un chaos, européen et mondial ?
Ce n’est pas fatal. Si j’en crois Jean Quatremer :
  • Syriza, que l’on présente comme un épouvantail, est devenu un parti de gouvernement qui a renoncé à ses positions extrémistes. 
  • Ce que demande ce parti (et les Grecs) n’est pas une remise en cause du pourquoi des réformes, mais du comment. Il faut améliorer l’efficacité de l’existant et non continuer dans le libéralisme aveugle : réduction des salaires, mise au chômage des fonctionnaires (« alors que leur nombre est passé de 900.000 fin 2009 à 656.000 fin 2014« )… D’autres (une majorité ?), au sein de la zone euro, en sont arrivés à la même conclusion.
Qu’est-ce qui peut faire dérailler le changement ? Classique du changement, et danger qui menace toutes mes missions : l’ego prime l’intérêt bien compris. Résistance au changement de ceux qui sont à l’origine des réformes originelles. Comment cela peut-il se manifester ?
  • Le plus évident : intransigeance. La négociation échoue parce que changer de politique, c’est perdre la face. 
  • Le plus subtil : la diabolisation de Syriza influence les Grecs. Aucune majorité de gouvernement n’émerge. Le pays devient un chaos.

Syriza : ça passe ou ça casse ?

La crise grecque, c’est la politique du pire. Et on a le pire.
L’origine de la crise, c’est une dénonciation. Un parti politique en a accusé un autre de malversations. Ce qui a attiré sur le pays les foudres du marché. Récemment, le premier ministre grec a cru qu’il assurerait sa position en suscitant une crise. Et il a eu une crise. Elle va porter au pouvoir l’épouvantail Syriza. Or, entre-temps, on a fait tout ce que l’on a pu pour que l’élection de Syriza ne puisse que susciter le chaos.
Va-t-on poursuivre cette politique ? Nos gouvernants vont-ils trouver de nouvelles entourloupes pour préserver le statu quo ?  La crise grecque annoncée va-t-elle les forcer à chercher des alternatives à la politique qu’ils ont menée jusque-là ?

La Grèce à nouveau au bord du précipice

Comment se fait-il que la Grèce soit de nouveau au bord de l’explosion ? Intéressant article de Jean Quatremer
Si je comprends bien la Grèce est prise entre le marché et le politicien. D’un côté un premier ministre joue avec le feu, en ayant cru un peu trop vite être sauvé et pouvoir en revenir aux bonnes vieilles combines, de l’autre les idéologues de la libéralisation à outrance du FMI, que la Grèce ne peut plus supporter. Comme souvent l’un et l’autre auraient parti lié : le dit premier ministre aurait joué la politique du pire pour créer une panique boursière telle que son remplacement par Syriza ne pourrait que plonger la Grèce et la zone euro dans le chaos. 

USA : mort aux sous-hommes

Si vous êtes Américain et que vous trouvez que la tête de quelqu’un ne vous revient pas, vous pouvez lui faire subir le traitement qu’il vous semble bon. Les drones de M.Obama, d’ailleurs, montrent l’exemple.
Les 4 grands cabinets d’audit internationaux ne servent pas à grand-chose. Et ce pour la bonne raison qu’ils s’auto-contrôlent : « la profession (…) a mis la barre au plus bas : en fait, les auditeurs se contentent de dire si les états financiers respectent les normes comptables – ce qui fait qu’il est impossible qu’ils puissent mal faire leur travail ». Une solution originale : que les assureurs assurent les entreprises contre les risques comptables ; ce qui les contraindrait à pousser les auditeurs à devenir compétents. Peut-être n’en aura-t-on pas besoin. A l’exception de Google, les grandes entreprises découvrent qu’il est bon de ne rien cacher au marché. « la franchise (…) fait augmenter le prix des actions en signalant que le management s’en prend aux risques cachés ». En tout cas, les constructeurs automobiles allemands et français sont parvenus à faire croire qu’ils respectaient les normes européennes d’émission. Ce qui est de plus en plus faux. (L’écart entre ce qu’ils disent et la réalité approcherait 50%.)
Elections à haut risque en Grèce. Le support des Russes à M.Poutine pourrait faiblir à mesure que les sanctions occidentales affectent leur train de vie. La Mafia a infiltré le nord de l’Italie et sa classe politique. C’est l’Allemagne qui est l’obstacle aux négociations de libre échange entre l’Europe et les USA. Curieusement, les nationalistes écossais auraient repris du poil de la bête. Ce serait devenu le 3ème parti anglais. Ici comme ailleurs, l’électeur est à la recherche d’idéaux qui remettent un peu de couleur dans sa vie. En Chine, la propagande du PC passe au numérique.
Depuis qu’il n’y a plus de chômage aux USA, leur banque centrale veut combattre une inflation qui n’existe pas. Ce qui semble malencontreux. En Europe, M.Draghi voudrait expédier rapidement sa politique monétaire, de façon à pouvoir prendre la présidence de l’Italie. 
Conclusion. Chute du prix du pétrole, changement de politique monétaire américaine, possible crise grecque et retour de celle de la zone euro, fragilité chinoise… attention risque d’explosion
Grâce aux fameuses supply chains, et à la suppression des barrières douanières, les échanges mondiaux ont connu un extraordinaire développement. Avec des résultats surprenants : « des 2md$ d’exportations d’iPhone par la Chine, seulement 73m$ de leur valeur a été ajoutée en Chine, contre 108m aux USA et 670m au Japon ». Le mouvement se serait arrêté. Mais peut-être a-t-il changé de nature. Du commerce de pièces détachées il est passé à celui de l’immatériel ? 
La Chine est devenue le pays le plus innovant au monde, depuis que son gouvernement en a décidé ainsi. Tentative de « disruption » de la banque : des start up mettent en relation emprunteur et prêteur. Et on découvre que, sans garantie, on réduit les coûts de transaction. Mais à quoi servent donc les banques ?
L’Organisation Mondiale de la Santé, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Plus de budget, plus de personnel. Dommage, elle est utile.
Geoengineering (génie climatique ?). Pour le moment seul Bill Gates veut financer des expériences en grandeur nature. Quant aux sacs plastics, ils ont colonisé les océans. Et, surtout, ils se dissolvent en particules qu’absorbent les êtres vivants et les sédiments. « Personne ne sait vraiment où ils vont. »