- Systématiquement, il y avait incompréhension. Et cette incompréhension conduisait à une prédiction auto réalisatrice destructrice. Curieusement, cette incompréhension était toujours extraordinairement banale et stupide. Exemple : l’entreprise était deux fois trop grosse du fait d’un terme, « plate-forme », dont personne ne savait ce qu’il signifiait. Mais que chaque unité essayait de construire, en concurrence avec les autres. Autre exemple : un dirigeant parlait de mesures d’économies, ses employés dépensaient à plein tube. D’ailleurs, quasiment nulle part, je n’ai rencontré d’entreprise connaissant la stratégie de son dirigeant. Cela m’a fourni longtemps un exercice amusant : je disais à mon client : voici ce que votre entreprise pense qu’est votre stratégie. Voilà ce qu’elle fait pour la mettre en oeuvre. Mine déconfite.
- L’intermédiaire est un confident. On lui dit ce que l’on croit honteux. Le « déchet toxique ». (Par exemple, je ne sais pas ce que je devrais savoir, où je suis incompétent, mais, vus mes énormes diplômes, je perdrais la face si j’occupais une autre place.) Là aussi, il s’agit d’une forme d’incompréhension. Souvent avec soi. Car nos erreurs sont humaines, alors que nous les croyons diaboliques. (Mais ça pourrait devenir de moins en moins vrai : la prédiction est auto réalisatrice, là aussi…)
- L’intermédiaire est un catalyseur. J’ai appelé, dans mon livre 1, sa technique la « méthode navette ». Il discute avec tous indépendamment. Il voit le dessous des cartes. Mais, surtout, il révèle à chacun que l’autre n’est pas tel qu’il le croit. Il est bien plus amical qu’on ne le pense. Ou, plus exactement, il a des intérêts qui sont complémentaires aux siens, pas antagonistes. Une fois que l’humeur n’est plus au conflit, il peut réunir les uns et les autres autour d’une table. Il leur propose une formulation rationnelle de leur problème collectif. Ils travaillent à sa résolution comme s’il ne s’agissait plus d’eux, mais d’un problème qui leur est extérieur. Le problème de la collectivité.
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Grèce : rien ne va plus ?
La Grèce facteur d'unité européenne ?
« La Grèce est le seul exemple connu d’un pays vivant en pleine banqueroute depuis le jour de sa naissance« . (La Grèce contemporaine, Edmond About, 1858.)
Présentation du contenu d’un chapitre :
Observations générales sur la situation financière de la Grèce. – La Grèce vit en pleine banqueroute depuis sa naissance. – Les impôts sont payés en nature. – Les contribuables ne payent point l’Etat, qui ne paye point ses créancier. – Budget d’exercice et budget de gestion. – Les ressources du pays ne se sont pas accrues en vingt ans.
(Texte transmis par un ami : édition plus récente sur Gallica.)
PS. Article de Jean Quatremer allant dans la même direction : la Grèce était déjà en faillite à son entrée dans l’UE ; aujourd’hui, c’est un handicap facteur de cohésion.
Faut-il avoir peur des Grecs ?
(Bien entendu, tout ceci n’est qu’un jeu de bluff. Plus les Grecs, par exemple, nous croirons attachés à eux, plus ils seront irresponsables. Une condition nécessaire pour qu’une négociation réussisse est qu’elle puisse se terminer en catastrophe…)
Grexit : quelles conséquences pour le monde ?
- Les Grecs, comme les Portugais, sont entrés dans l’UE pour échapper à une dictature. Pas pour des raisons économiques. Le principe fondateur de l’UE, c’est la paix.
- Après guerre on parlait de la Grèce comme d’un « domino« . Si la Grèce tombait entre les mains des Soviétiques, l’Europe allait suivre. Le Plan Marshall, d’aide économique à l’Europe, en a résulté.
Immigration en Europe : mort par chaos ?
Traités internationaux : combat entre modèles de sociétés ?
Et si une guerre des civilisations était en train de se livrer ? Les traités commerciaux mondiaux sont remplacés par des traités régionaux. L’enjeu réel de ces traités est d’y fixer des normes (culturelles ?), et de les imposer à ceux qui n’y ont pas participé. Combat entre modèles de société. A ce jeu, l’Amérique n’aurait pas le dessus. Elle veut marginaliser les Chinois. Elle a refusé d’entrer dans leur banque de financement des travaux d’infrastructure en Asie. Pas de chance, tout le monde s’y rue. L’Amérique est isolée. Idem ?, les USA s’en prennent au président du Venezuela. Effet inverse de celui attendu : son peuple se regroupe derrière lui.
Grèce : négociation ou apprentissage ?
La Grèce fait souffler le vent du renouveau ?
Grèce humiliée par la BCE ?
Maybe it’s an effort to push the Greeks into reaching a deal, but my guess — and it’s only that — is that it’s actually aimed more at the Germans than at the Greeks. On one side, it’s the ECB making tough noises, which might keep Germany off their backs for a little while. On the other, it’s a wake-up call: dear Chancellor Merkel, we are *this* close to watching a Greek banking collapse and euro exit, and are you really sure you want to go down this route? Really, really?

