Perfide Albion ?

Les patrons anglais sont très inquiets du sort que leur réserve Trump. Du moins, c’est ce que je retire des informations de la BBC.

Pourtant Trump les a à la bonne. Il ne leur a infligé que 10% de droits de douane. Cela serait-il dû aux excellents rapports qu’il a avec le premier ministre anglais, ou au Brexit ? se demande-t-on.

Mais on espère encore que l’on pourra être épargné.

L’esprit de Munich ? Tristes patrons ?

Maurice Merleau-Ponty

Drôles d’Anglais. Nos philosophes ont plus de succès chez eux que chez nous. Ils parlent encore de Jean-Paul Sartre comme de quelqu’un qui a marqué l’histoire de la pensée, par exemple. Mais aussi de Maurice Merleau-Ponty, dont j’ai découvert l’oeuvre, grâce à In our time de la BBC.

Le peu que j’ai compris me fait penser que son travail mériterait d’être approfondi.

Apparemment, sa grande affaire aurait été la mise en cause du modèle de l’âme et du corps. Le corps emmagasinerait la connaissance et aurait, en quelque sorte, une vie propre. (On conduit tout en pensant à ses vacances.) Ces capacités influencent aussi la représentation que nous nous faisons du monde. Pour quelqu’un qui a un marteau, tout ressemble à un clou ? En tous cas, cette représentation susciterait spontanément notre action. Comme on dit maintenant le monde serait un « call to action » ?

La fin de Thatcher ?

Ecouter la BBC, c’est entendre parler de l’obsession de son gouvernement : la réforme de l’Etat. On veut en réduire la taille et le coût, tout en le remettant en fonctionnement.

Voilà qui pourrait sembler Thatchérien. Ce serait oublier que le dit Etat résulte de sa politique. Il avait deux principes contradictoires : le laisser-faire et l’imposition en force des lois du marché. Ce qui exigeait des organes de destruction du lien social, qui s’y oppose. On a donc multiplié les structures incontrôlées, mais financées (généreusement) par l’argent public, et qui faisaient un large appel aux cabinets de conseil.

La mode Thatchérienne ayant contaminé l’Europe, serions-nous à l’aube d’une inversion de tendance ?

Esprit es-tu là ?

Alain Decaux parlait de son ami Sacha Guitry, il y a longtemps. (Deux émissions rediffusées par France Culture.)

J’ai pensé, qu’en ce temps, la France avait beaucoup d’esprit. Et que nous l’avions perdu. Pourquoi donc ?

Mais y a-t-il beaucoup de différence entre l’esprit de Sacha Guitry et celui de Noel Coward ? Les dialogues de leurs pièces et films sont agréables, vifs, surprenants, mais, au fond, pas très profonds. Un plaisir intellectuel du moment ?

Tous les deux n’étaient-ils pas, simplement, les enfants de leur temps, un temps qui avait de l’esprit ?

Sébastopol

Et si les Anglais étaient nos amis, finalement ? Jean-Noël Jeanneney parlait de Sébastopol (France Culture). Ce fut la première fois depuis la guerre de cent-ans que nous avons combattu avec l’Angleterre. Et, depuis, nous avons toujours été alliés.

Nous retrouverions-nous dans les moments de grands dangers ?

Drôle de guerre. Déjà, il s’agissait d’arrêter l’envahissante Russie, qui voulait mettre en pièces l’empire ottoman. L’Angleterre s’est battue pour des raisons économiques, et la France, pour la gloire : la Russie la menaçait de lui voler sa mission de défenseur des lieux saints ! Bizarrement, ayant constaté que ses alliés habituels, la Prusse et l’Autriche, n’étaient pas venus à son secours, la Russie, après sa défaite, a décidé de se rapprocher de la France et de l’Angleterre.

L’homme a-t-il un avenir ?

Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu ? Les rêves du féminisme semblent exaucés. En Angleterre, au moins, l’homme est défait, la femme triomphe. Cela commence dès le premier jour de l’école : elle le surclasse de la tête et des épaules. On parle de « crise des jeunes hommes ». (Une émission de la BBC.)

La cause première en serait l’explosion de la cellule familiale. Dans un cas sur deux, l’enfant grandirait sans père. Or, l’enfant mâle aurait besoin d’un modèle. Du coup, il tombe sous l’emprise des médias sociaux, qui ne veulent pas son bien.

Seul désagrément pour la femme : cet homme nouveau lui en voudrait, parfois, à mort. Il va falloir l’enfermer ?

(Je lisais un article de wikipedia qui expliquait que « Californie » signifierait quelque-chose comme « état des Amazones ». Notre avenir ?)

Quangos

Comme d’autres, Kier Starmer veut réduire la taille de l’Etat. La BBC, mercredi dernier, disait qu’il allait éliminer les « quangos ».

Ces quangos sont une création de Mme Thatcher. Il me semble quils sont les ancêtres de nos « agences ».

Ces quangos étaient une technique de conduite du changement : des organismes qui avaient un seul objectif, et qui devaient réussir coûte que coûte (par exemple réduire radicalement les coûts de la médecine) et pulvériser l’administration. C’était Musk avant la lettre.

Effet systémique bien connu : ils ont donné l’exact opposé de ce que l’on en attendait. Il n’y a jamais eu autant d’administration, et elle n’a jamais été aussi inefficace…

Et si l’on imitait l’Angleterre ?

Boarding school

Drôle de chose que ces « boarding school ». Si je comprends bien, leur rôle est de former des leaders. Pour cela; on met des enfants de 5 ou 6 ans en pension.

Comme souvent, cela produit un effet imprévu. L’enfant coupé brutalement de sa famille subit un choc psychologique violent. Il développe une double personnalité. Il a des failles tout à l’opposé de ce qui est attendu d’un leader. Et, un peu comme il semble que ce soit le cas pour l’église catholique, ce type d’institution attire les pervers et les psychopathes. Les enfants y subissent des traitements dégradants.

Paradoxe ? On nous rebat les oreilles avec l’innocence de l’enfant, alors qu’on lui fait subir les pires vilénies.

(D’après une émission de la BBC4 : How boarding school shaped Britain.)

Amiante

Les dangers de l’amiante ont été découverts dès les années 20. Mais, en Angleterre, l’entreprise qui en était spécialiste, et qui était l’une des plus grandes du pays, est parvenue à empêcher que la loi ne l’interdise et que le peuple découvre le danger. Une émission de la BBC.

Je me suis demandé ce que j’aurais fait, si j’avais dirigé l’entreprise. J’aurais fermé l’activité, en cherchant à trouver d’autres marchés pour le savoir-faire de l’entreprise. Mais que se serait-il passé ? D’un seul coup, toutes les victimes se seraient retournées contre l’entreprise, ainsi que ses actionnaires. Le dirigeant n’aurait pas fait de vieux os. L’entreprise non plus.

Si l’on ne veut que l’entreprise résiste à la loi, et tue énormément de monde, il serait bien de prévoir que, dans ce cas, l’Etat exproprie les investisseurs et absorbe les pertes ?

L’honneur perdu de la BBC ?

Scandal en Angleterre. La BBC avait publié un reportage sur la guerre vue par un enfant palestinien. Or, il était le fils d’un dirigeant du Hamas (son ministre de l’agriculture). Or, le Hamas n’est pas n’importe quoi : c’est une organisation reconnue terroriste par l’Etat britannique (et quelques autres). En outre, la famille de l’enfant a été payée pour son témoignage. Financement d’un organisme terroriste.

Apparemment, la BBC n’a pas contrôlé le travail d’un sous-traitant. Elle s’est excusée et a retiré le reportage. Ce contre quoi 500 « people » ont vigoureusement protesté.

Je suis vieux jeu. En quelque sorte mon image de l’Angleterre est celle d’après guerre. Pour moi, la BBC a toujours été un modèle de professionnalisme, de rigueur et d’impartialité admirables. En particulier, en termes d’enquêtes. Comment a-t-elle pu en arriver là ?

(Article de la BBC, sur le sujet.)