L’honneur perdu de la BBC ?

Scandal en Angleterre. La BBC avait publié un reportage sur la guerre vue par un enfant palestinien. Or, il était le fils d’un dirigeant du Hamas (son ministre de l’agriculture). Or, le Hamas n’est pas n’importe quoi : c’est une organisation reconnue terroriste par l’Etat britannique (et quelques autres). En outre, la famille de l’enfant a été payée pour son témoignage. Financement d’un organisme terroriste.

Apparemment, la BBC n’a pas contrôlé le travail d’un sous-traitant. Elle s’est excusée et a retiré le reportage. Ce contre quoi 500 « people » ont vigoureusement protesté.

Je suis vieux jeu. En quelque sorte mon image de l’Angleterre est celle d’après guerre. Pour moi, la BBC a toujours été un modèle de professionnalisme, de rigueur et d’impartialité admirables. En particulier, en termes d’enquêtes. Comment a-t-elle pu en arriver là ?

(Article de la BBC, sur le sujet.)

Munich

Il y a des moment où l’on ne regrette pas d’écouter la BBC.

Ce matin, c’était Munich. Grand soupir de soulagement. M.Starmer venait de rencontrer M.Trump. Il n’y aura pas de guerre avec les USA. Même les journalistes goûtaient l’humour de M.Trump. Et je ne vous parle pas de l’enthousiasme des patrons anglais.

Or, M.Trump était incroyablement méprisant pour le pauvre premier ministre, qui arrivait armé pourtant d’une arme absolue : une lettre de sa majesté le roi d’Angleterre ! M.Trump a commencé par se moquer de l’accent de M.Starmer, puis il a dit que ce dernier s’était vraiment donné beaucoup de mal pour lui plaire. Quand à l’engagement de soutenir l’Ukraine ou les troupes européennes ? Les armées anglaises ont fait la preuve de leur valeur !

La seule chose qui intéresse M.Trump est de faire des affaires, si possible en exploitant la partie adverse. Prochaine étape : faire éclater l’union européenne. Cela s’appelle « diviser pour régner ». Il y a même deux expressions pour le dire en anglais. Effectivement, l’Angleterre doit être fière de son héritier.

Abandon

Vendredi matin, j’entendais la BBC dire que l’armée locale avait été victime de « neglect ».

« Neglect » a été à la mode. C’est le « laisser faire ». La croyance, agréable, que le marché doit être laissé à lui-même.

Or, une société est comme un jardin. Elle s’entretient. L’avenir appartiendra probablement aux cultures qui sont capables de construire des organisations solidaires et efficaces, qui cherchent le succès dans leur travail et ne croient pas au miroir aux alouettes de la spéculation pour start-up.

Anthropologie de l’Angleterre

Ecouter la BBC me fait réfléchir à la situation de l’Angleterre. Une rencontre avec un chercheur de mon ancien collège à Cambridge a renforcé l’impression que j’avais déjà.

En fait, elle n’a pas changé. Dans ma jeunesse, on considérait que l’Anglais était paresseux et inefficace. Les universitaires que j’avais rencontrés en Angleterre, quoi que fort sympathiques, ne m’avaient guère impressionnés. Thatcher, Blair n’ont été que poudre aux yeux. Ce pays est un chaos. Comme au Moyen âge, une élite relativement éclairée domine une masse inculte.

La BBC est à l’image du pays. On y entend de brillants esprits, mais son site web est bancal.

Si le pays surnage, cela tient probablement à l’injection de personnels, de capitaux et d’idées venue de ses anciennes colonies.

Un des mérites de la culture anglaise, à l’opposé de la nôtre, est qu’elle suscite l’amitié. C’est probablement la raison pour laquelle j’écoute la BBC.

Vendu

La famille de l’auteur de James Bond aurait vendu ses droits à Amazon.

The British family that has steered the James Bond franchise for more than 60 years, zealously protecting the superspy from the indignities of Hollywood strip mining, has agreed to relinquish control to Amazon.

The New York Times (@nytimes.com) 2025-02-21T05:40:55.366Z

Même l’espion de sa majesté est à vendre !

Curieux phénomène, si l’on y songe un rien. Une personne passe sa vie à créer une idée, et c’est sa famille, qui n’a rien fait, qui en profite. Injustice ? Les créateurs devraient-ils faire de la société leur héritier ?

Valmy

Il y a quelque temps, In our time de la BBC parlait de Valmy. Je suis surpris. Notre culture et notre histoire semblent plus importantes pour l’Angleterre que pour nous. Serions-nous une partie de son identité ? (Ou de celle de son élite ?)

Je me souviens d’avoir entendu parler de Valmy à l’époque du CE1 ou du CE2. Dans la litanie de noms oubliés : Jeanne d’Arc, etc.

En écoutant, l’émission, je me suis dit que l’histoire que l’on me racontait avait un sens que l’on me dissimulait : à chacun de ces événements, l’histoire du pays aurait pu aller d’un côté ou d’un autre.

Valmy fut une curieuse bataille. Les troupes prussiennes et autrichiennes et les émigrés français croyaient que ce serait une partie de plaisir. Une moitié des troupes françaises était faite de conscrits. Elles paniqueraient au premier coup de canon. Non seulement ça n’a pas été la cas, mais les dîtes troupes sont parvenues à couper l’ennemi de son approvisionnement. Si bien que celui-ci, constatant que l’adversaire tenait le choc, et que ses chants guerriers n’avaient rien de rassurant, a préféré rompre l’engagement. De ce fait, la bataille a été étonnamment peu meurtrière.

Noel Coward

Pour le nouvel an, la BBC donnait des pièces radiophoniques de Noel Coward.

Noel Coward est inconnu chez nous. Il fut une immense célébrité du théâtre, en Angleterre, à une époque où le théâtre était tout.

Le ressort de ses pièces me semble être la dispute absurde. Elle est amusante et pleine d’humour. Au lieu d’obéir aux conventions de la société, les protagonistes se disent la vérité et revendiquent leurs défauts. Et, à la fin, c’est l’esprit de fantaisie qui gagne, les gens sérieux n’étant au fond que des Tartuffe.

Occasion de réfléchir sur les différences culturelles entre la France et l’Angleterre. L’art anglais parle de la vie quotidienne, des sentiments humains les plus communs et cela à commencer par Shakespeare. Le Français a un esprit abstrait, que ce soit la farce ou le drame, il ne connaît que l’idéal.

Whinging poms

Le gouvernement anglais donne un spectacle lamentable.

Son principal souci est de plaire à M.Trump. Il cherche à devancer ses désirs. Il rappelle la « relation spéciale » qu’a l’Angleterre avec les USA… Surtout qu’on ne le punisse pas !

Apparemment, sa côte de popularité s’est effondrée si vite que cela gêne le parti conservateur : il ne peut pas le critiquer, sans qu’on lui rappelle son récent bilan. Cela fait le jeu de l’extrême droite. Quoique M.Musk se soit fâché avec son dirigeant.

Perfide Albion

Hier, j’entendais la BBC dire que les « utilities » (services publics généralement privés) se livraient à la pratique du « back billing » particulièrement perverse.

Les dites institutions répondaient que le « back billing » représentait une faible proportion des plaintes reçues.

J’ai pensé que seul un esprit issu de la haute éducation anglaise pouvait faire une telle réponse : un Français aurait pensé que cela signifie qu’elles reçoivent des masses de réclamations.