La guerre de la supply chain

Ouvrons un livre d’économie. On nous explique que l’on a intérêt à commercer, que, dans l’intérêt général, chacun doit se spécialiser. Ce qui conduit à la fameuse « supply chain » mondiale, grand triomphe des précédentes décennies.

Or, cette fameuse « supply chain » est maintenant utilisée, au contraire, pour torpiller l’ancien partenaire commercial, qui n’était, en fait, qu’un ennemi d’idéologie. La règle du jeu, c’est l’impérialisme. Et l’économie en est l’outil.

Et l’on découvre, ce que la Chine sait depuis longtemps, et Colbert avant elle, qu’un avantage « comparatif », cela se crée !

Combien de temps faudra-t-il pour laver les livres d’économie des fantasmes des économistes, et y faire entrer la réalité ?

Nihilisme

Le nihilisme serait, plus ou moins, lié à Nietzsche. (In our time, la BBC.)

Nietzsche serait revenu à Socrate : doute et interrogation.

Une invitée disait que c’était une attitude saine : ce sont les certitudes qui ont produit les grandes catastrophes.

Certes, mais il faut aussi se méfier du doute. Le scepticisme absolu conduit au titre de l’émission : le nihilisme des possédés de Dostoïevsky. Autrement dit « sous les pavés, la plage ». Faisons sauter la société, il ne pourra qu’en résulter du bien.

Le charme de l’escroc

La vie de Talleyrand a été une de mes grandes découvertes. On dénonçait ses vices, mais dès que l’on était en difficultés, on avait recours à ses services.

On me racontait une histoire similaire concernant quelqu’un généralement considéré comme un escroc.

Nouvelle erreur de raisonnement ? Pourquoi un escroc serait-il infréquentable ? Comme le diable, il a de grandes vertus !

(En fait, la raison de ne pas fréquenter les escrocs est qu’ils n’escroquent que ceux qui croient en eux. Le phénomène est bien connu. On en a récemment parlé au sujet de l’affaire Madoff.)

L’industrie dévisse

La production industrielle est en recul en Allemagne. En cause, en grande partie, l’industrie automobile, victime de la concurrence chinoise. (Informations de la BBC, hier matin.)

Les Allemands ont vendu la corde pour nous pendre ? Ils commencent peut-être à s’en rendre compte ?

Ces mêmes informations disaient que, si l’Europe subventionnait autant ses usines de batteries, cela tenait à ce que, sans elles, elle n’aurait plus de fabricants d’automobiles.

Un premier succès écologiste ?

Euclide

Euclide a-t-il vécu ? On n’a pas d’information sur lui. Mais il a inventé les mathématiques, telles qu’on les pratique aujourd’hui. Ses « éléments » ont servi de livre de cours jusqu’au début du vingtième siècle.

Génie ou homme de son temps ? Il semble avoir assemblé des travaux antérieurs. Mais, surtout, ce qu’on lui doit, c’est le raisonnement et la preuve. Et cela correspond à l’émergence de la cité, de la « politique ». La cité a besoin de lois. Euclide ou « in the mood for laws » ?

Ce qui semble conforter une des idées qui apparaît dans ce blog : l’invention est le fruit des circonstances sociales.

(In our time, de la BBC)

(Quant aux démonstration d’Euclide, elles sont très différentes de ce qui se pratique aujourd’hui. Elles sont géométriques. Par exemple, le théorème de Pythagore ne se dit pas a2 + b2 = c2, mais la somme des surfaces des carrés de côté a et b égale la surface du carré de côté c. Ce qui conduit à des démonstrations dont on a perdu l’habitude. L’algèbre a été inventée par les Arabes.)

Déluge

Décidément, j’ai toujours tort. Il y a un mois j’écrivais que je ne sortirais plus ma tondeuse. Depuis, il n’arrête pas de pleuvoir. Avec du vent, de surcroit. (La météo annonce maintenant le soleil…)

Si j’étais malhonnête, je dirais que je n’ai pas suivi une autre de mes constatations : le temps du nord de la France ressemble à celui de l’Angleterre, et depuis pas mal de temps les Anglais se demandent quand arrivera l’été… Dans toutes mes croyances, il y en a toujours une de bonne ?

En fait, la seule chose que je puisse dire est qu’il y a des années pluvieuses et d’autres qui ne le sont pas. Le climat est un phénomène « complexe », imprévisible. Qu’on croit au changement climatique ou pas, cela ne change pas ?

Puis-je faire mieux ? J’ai observé qu’au début de l’été, il y avait beaucoup de nuages, mais il ne pleuvait pas (d’où ma théorie de la tondeuse). Le « fond de l’air » était chaud. Puis, progressivement, ce fond de l’air s’est refroidi, et il s’est mis à pleuvoir. Je me suis demandé si la pluie ne demandait pas des conditions favorables, une atmosphère relativement froide, qui mettent du temps à s’installer. Dommage que l’on n’ait plus de scientifique pour étudier le climat ?

(Au passage, j’observe que l’on a eu un hiver assez clément, mais que le printemps et l’été ont été frais.)

Perte de mémoire

La particularité de l’intelligence artificielle, c’est d’utiliser le travail de l’homme, pour se passer de lui.

C’est croire, implicitement, que l’on n’aura plus jamais besoin de sa capacité de création !

C’est une tendance, que j’ai détectée depuis longtemps : une grande partie de « l’innovation » moderne n’est, en fait, que travail d’illusionnisme. Avec, en particulier, un jeu sur les mots : la mort est une maladie, pourquoi n’investit-on pas plus pour la soigner (investissez dans ma start-up) ?…

La question : comment en prendre le contre-pied, avant que les dommages ne soient irréversibles ?

Les immémoriaux de Victor Segalen

Salambo à Tahiti !

Je ne pensais pas que l’on puisse imiter Flaubert. Erreur, encore. Victor Segalen y parvient très bien. (Ce qui retire beaucoup de prestige à Flaubert.) Il transpose le procédé de Flaubert au moment de la colonisation culturelle de Tahiti par les Anglais. Elle est racontée du point de vue du natif.

Cela a aussi quelque-chose de 1984. On y voit un Tahitien en particulier et tous les Tahitiens d’une manière générale renoncer à leur liberté, leur culture et à leur bonheur de vivre pour l’arbitraire d’un effrayant totalitarisme puritain, minable et coincé. Banalité du mal ?

Pour quelles raisons ? Les Anglais appuient un médiocre, moche et lâche de surcroît, dont il font le roi de l’île. Mais aussi beaucoup de méprises. Les autochtones ont la vague impression que le dieu qu’on leur propose est plus puissant que les leurs. Ils n’ont pas vu dans quel engrenage ils mettaient le doigt.

Regard d’anthropologue, que l’on ferait bien d’adopter plus souvent ? Particulièrement en ce moment où l’on est écrasé sous une chape de plomb de morale ?

C’est amusant, mais curieusement construit, avec, au milieu du livre, un étrange voyage totalement vide, et ça manque cruellement du souffle épique et de la folie de Salambo.

(Oeuvres complètes. Editions Bouquins, Robert Laffont.)

Consensus n’est pas scientifique

J’ai entendu dire que les eaux de surface, en moyenne, avaient battu un record. Record d’autant plus curieux qu’il était en juillet, et pas en mars, comme d’habitude. Mars s’expliquant par le fait que le gros des mers est dans l’hémisphère sud. Cause évidente : réchauffement climatique. Résultante nécessaire : drame car les mers régulent le climat. (informations de la BBC.)

Quand on aborde le moindre autre sujet scientifique (j’écoutais récemment un débat portant sur l’origine de la lune, et lisais un article sur l’éruption du Krakatoa au 5ème ou 6ème siècle), les théories s’affrontent, et on ne parvient jamais très bien à être sûr que celle qui est la plus vraisemblable soit réellement juste. D’ailleurs cette théorie change au cours des ans. Dans ce cas, pourquoi ne pas nous dire le raisonnement qui a conduit à cette conclusion ? Les théories qui se sont affrontées, les hypothèses qui ont été étudiées ? D’ailleurs, que cache la moyenne ? Comment s’explique-t-elle ? Il y a eu récemment un pic de chaleur sur l’Europe du sud et peut-être ailleurs : et si c’était suffisant pour changer significativement la moyenne des eaux de surface ? Et pourquoi transformer un événement peut-être exceptionnel en une tendance permanente ? etc.

Il semble qu’il y ait une machine à informer qui transforme toute nouvelle climatique en justification du réchauffement climatique, et qui, à chaque fois, invente des conséquences toujours plus terribles. « Cancel culture » ? Les intellectuels qui nous gouvernent estiment que s’ils veulent nous amener quelque-part, ils doivent nous servir un message aussi facile à comprendre que possible ?

J’ai vu récemment passer un article de Newsweek disant, ainsi, qu’un prix Nobel de physique 2022, s’est vu refuser l’accès à une conférence, parce qu’on le soupçonnait de critiquer la « doxa » climatique. On nous parle de « consensus scientifique ». Mais « consensus » n’est pas scientifique ! Car consensus signifie critique interdite ! Plus de « découverte », l’histoire est finie ! Sans scepticisme on en serait resté à la génération spontanée ou à la religion façon foi du charbonnier. La science est remise en cause permanente. Apprentissage. La religion aussi, d’ailleurs.

D’où paradoxe : comment peut-on croire une doxa, s’il est interdit de la critiquer ? Comment se fait-il que l’intellectuel ne comprenne pas qu’il perd toute crédibilité et qu’il fait le jeu de M.Trump et de ses comparses ? Parce que, justement, il n’a plus d’esprit critique ? Il n’est plus scientifique ?