Nature de la nature

Ce blog se moque souvent des scientifiques qui croient que la nature est mathématique. Nous brassons des concepts qui n’ont aucune réalité, dit-il. Ce qui est facile à démontrer.

Et pourtant pensais-je, en lisant Feynman, c’est étonnant à quel point ce qui paraît erroné nous a amené loin. Il est vrai que, même dans son domaine, la science sait qu’elle ne sait rien, et qu’elle n’arrête pas de donner de la tête contre les murs, mais, tout de même.

En lisant Victor Segalen, je voyais à quel point la tradition était importante pour la Chine. Je me suis demandé si la science n’était pas le triomphe culturel de l’Occident. Depuis les Grecs, l’Occident incite l’individu à douter des traditions, et à utiliser sa tête. Cela peut être une mauvaise idée, les traditions sont généralement l’accumulation de l’expérience passée. Mais, comme toutes les erreurs, cela finit souvent par être juste…

Nouveau PC

Le Parti communiste aurait le vent en poupe.

Révélation existentielle ? Le PC n’a plus l’image qu’il avait dans mon enfance (passée dans une ville communiste). Jadis c’était la 5ème colonne du totalitarisme soviétique. Maintenant que celui-ci a disparu, il révèle peut-être sa véritable nature : la défense de la dignité du « petit peuple ». Et celle-ci passe, avant tout, par des « bons emplois » ?

L’étude que je mène m’a fait découvrir de remarquables initiatives, qui précèdent souvent de beaucoup les efforts de réindustrialisation du gouvernement. A chaque fois, à leur origine étaient d’anciens élus communistes.

Au fond, le FN s’est installé sur les terres communistes.

Six not so easy pieces

Après les Six easy pieces, j’ai acheté les Six not so easy pieces, sans savoir ce qu’elles contenaient.

Il s’agit essentiellement de ce que l’on appelle en français la « relativité restreinte ».

Voilà qui m’a fait pester contre l’enseignement français. Chez nous l’enseignement de la physique est rébarbatif. Tout semble se ramener à une formule mathématique. Ensuite, plus rien à voir.

Avec Feynman, il n’y a rien d’évident. Le monde n’est pas fondamentalement mathématique. Le vecteur, par exemple, n’est qu’un outil bien pratique. Et tout est dans l’application. Du coup, on découvre des phénomènes extrêmement surprenants. Et il pousse l’exploration, à coups de raisonnements simples, dans des endroits qui semblaient hors de portée de l’intellect le plus sophistiqué (et que je pensais ressortir à la relativité générale) : notamment l’espace temps, et les principes qui sont l’équivalent, chez Einstein, de ceux de la mécanique classique de Newton.

Je me demande parfois s’il ne pousse pas ses formules un peu en dehors de leur domaine de validité. Mais c’est peut-être un exercice naturel à la physique. Et je n’aurais pas l’occasion de l’interroger sur la question. Dommage.

Islafrique ?

Coups d’Etat en Afrique, qu’en penser ? Christine Ockrent et ses Affaires étrangères sont de retour chez France Culture.

Apparemment, ce serait des questions purement internes. La Chine, pour sa part, serait inquiète pour ses intérêts. Il n’y aurait même pas d’anti colonialisme. La France serait simplement, à son habitude, ridicule de ne rien avoir vu venir en dépit de sa présence sur place et du fait qu’elle a formé les putschistes.

En écoutant l’émission, je plaignais l’Afrique. On lui a imposé une morale, une économie de marché, le concept de nationalité, un ordre mondial… qui ne correspondent en rien à sa réalité et aujourd’hui, ses multiples ethnies se débattent au milieu des conflits que ces idées contre nature provoquent chez elle.

Et, m’a-t-il semblé, c’est ce à quoi est arrivé l’émission. Les Etats africains recherchent des régimes qui rétablissent l’ordre. La démocratie, telle qu’on la leur présente, ne donnant rien de bon, ils sont tentés, comme beaucoup d’autres Etats, par tel ou tel pouvoir fort, probablement islamiste dans leur cas.

L’homme des îles

La vie de paysans pêcheurs irlandais accrochés au dernier rocher avant l’Atlantique, à la fin du 19ème siècle. Ecrit par l’un d’entre eux.

Probablement pas très différent de la vie d’autres paysans, ou d’autres pêcheurs. Une vie dure, en communauté et en cercle fermé, mais qui a ses joies, et où l’on gagne parfois bien. Souvent même mieux qu’aux USA, où l’on émigre parfois. La pêche peut rapporter beaucoup. Et le pêcheur est son propre chef. Pas un ouvrier sous les ordres d’un contre-maître. En outre, les épaves apportent des trésors, qui peuvent même éviter à l’île les famines que connaît l’Irlande, au moment de sa naissance.

L’auteur avait probablement le talent des études. Il reçoit peu d’instruction, mais un maître d’école lui demande de le seconder. Et, à chaque fois que la puissance publique décide de donner un coup de main aux iliens, on s’adresse à lui pour diriger ou réaliser les travaux. Il semble aussi avoir joué un rôle important dans la redécouverte de l’Irlandais.

Trump président ?

Une fois de plus, j’ai tort. Je pensais que M.Trump séduisait une majorité républicaine, mais une minorité américaine. Les sondages que j’ai vu passer le montrent plutôt au coude à coude avec M.Biden. Et, parfois, avec de l’avance.

Effet procès ? L’homme de spectacle a le moment de sa vie ? C’est d’autant meilleur pour lui qu’il va être en plein procès au milieu des élections ? Moins il parle, plus on l’aime ? Cela lui évite de montrer son incompétence ?

Ou effet Biden ? D’après ce que j’ai lu, on lui reproche d’être vieux et gaffeur, y compris dans son camp.

En tous cas, il ne semble pas avoir trouvé les voies de l’affection du petit peuple américain.

Comme quoi, le monde est plein d’incertitudes, et nous ferions bien de nous y préparer ?

Ruine de l’école

L’autre jour, j’entendais que beaucoup d’écoles anglaises tombaient en ruine. J’ai songé que les nôtres n’avaient pas grand chose à leur envier.

Mais que font, en Angleterre, les « charities » ? Et, chez-nous, comment se fait-il que l’école, le projet de la 3ème République, nous soit sortie de la tête ?

Curieux que l’on en soit arrivé là, me suis-je dit. Faut-il chercher un parallèle avec le réchauffement climatique, qui semble nous faire oublier la question du traitement de l’eau potable ?

Ce qui ne va pas, je crois, est que nos ministres sont des gens qui ont un programme à appliquer. Au contraire, il nous faudrait des gens « qui ne savent pas ». Qui sont capables d’examiner un problème avant de chercher à le résoudre ?

Mohamed Al Fayed

Ce matin la BBC annonçait le décès de Mohamed Al Fayed. Vendeur de rue devenu milliardaire, ayant acheté « le grand magasin le plus célèbre du monde » (Harrod’s, pour ceux qui ne sont pas anglais), et ayant trempé dans quelques affaires louches, comme il se doit.

Au fond Mohamed Al Fayed a réussi mieux qu’aucun parvenu : tous ont rêvé pour leur fille d’épouser un duc, son fils à lui a partagé la vie de la femme d’un roi !

Succès typique du monde anglo-saxon, aussi. Celui du métèque entreprenant, auquel tout est permis, tant qu’il réussit. Les affaires, dans ce monde, ressemblent à la politique, en France : La politique, c’est comme l’andouillette, ça doit sentir un peu la merde, mais pas trop. (Edouard Herriot.)

Du bon usage de l’IA

Un ami me disait que l’IA générative faisait un travail impeccable en termes d’écriture de programme informatique.

(Ce qui est une bonne nouvelle pour moi : cela fait fort longtemps que je ne sais plus programmer, alors que j’ai pas mal d’idées de programmes. Cela m’ouvrirait-il de nouvelles perspectives ?)

Une amie, historienne, me disait le contraire : elle a interrogé ChatGPT sur un chercheur qu’elle étudie, et l’IA a mélangé, dans sa réponse, tous les travaux des savants de son époque, qui travaillaient dans sa spécialité.

Pourquoi l’IA générative est-elle aussi désastreuse dans certains domaines et si géniale ailleurs ?

Par son principe même. Il consiste à compléter une phrase avec ce qui vient « le plus souvent » derrière : « qui va à la chasse… ».

Un code informatique laisse peu de place à l’improvisation. Ce n’est pas le cas ailleurs.

En revanche, ce manque de rigueur est un atout dès qu’il s’agit d’être créatif, sans faire preuve de génie.

IA et copyright

Un chanteur artificiel aurait signé un premier contrat avec une maison de disques.

On s’interrogeait sur la question des droits d’auteur. (Informations de la BBC, ce matin.)

Effectivement, bonne question. L’IA n’est que parasitisme. Elle exploite le patrimoine de l’humanité : « dessine-moi un mouton à la façon de Picasso, mâtiné de Velasquez »…

Comme pour le carbone, ne devrait-on pas s’inquiéter de « net zero » : comment remplacer la créativité perdue du fait de l’IA ?