Energiques Allemands

Je lisais (politico.eu), il y a quelques-temps, que si l’Allemagne s’opposait au nucléaire français, c’était par peur de perdre ses entreprises !

La question du prix de l’énergie est si aiguë pour elles, qu’elles pourraient venir en France.

Voilà qui est inattendu. Et qui montre que l’Allemagne pourrait être un géant au pied d’argile.

En tous cas, il me semble que les problèmes de chacun des membres de l’UE devraient être considérés comme des problèmes de la communauté…

Bas bleu

Le bas bleu serait une traduction de « blue stockings » anglais.

C’était un club de femmes de la haute société, à la fin du 18ème siècle. Son concept aurait été différent de celui du « salon » parisien. On y prônait la raison, et l’on recevait ce qu’elle comptait de mieux.

Sa fondatrice était une femme de tête ayant épousé un noble parmi les plus riches, possesseur de mines de charbon, mines qu’elle gérait. Elle avait acquis la célébrité en critiquant le traitement que Voltaire avait fait subir à Shakespeare.

Le club a souffert, dans ses dernières années, de la mauvaise image qu’avaient, en Angleterre, les clubs français de la révolution.

Pourquoi le terme est-il péjoratif ? Vengeance masculine ? Ou rire selon Bergson ? On devient ridicule lorsque l’on perd le sens de la mesure ?

(D’après In our time, de BBC4.)

La France qui a faim ?

Réunion de producteurs bio, ou toute variante du terme. Notre problème : c’est le prix, qui est le critère de décision du Français. Nos produits ne trouvent pas preneurs. Il faudrait éduquer le consommateur.

En les écoutant, je me suis demandé s’il n’existe pas une France dont on n’entend pas parler. Une France pauvre, et qui a de moins en moins les moyens de se nourrir correctement.

Et si, au lieu de vouloir imposer leurs idées toutes faites, nos producteurs partaient des besoins de la population ? Ils parlent de « circuits courts » : cela ne signifie-t-il pas des gains de coûts ? En réorganisant l’agriculture locale et ses moyens de transport, ne serait-il pas possible de réduire le prix de la nourriture saine ?

Et si, surtout, on parlait moins de climat, et plus des difficultés des citoyens ?

Horizon anglais

Ouf, la recherche anglaise rejoint le programme Horizon européen, entendais-je dire la BBC.

Tous les programmes de recherche anglais que je rencontre ont des budgets européens. Je me demandais comment l’université anglaise allait se tirer du Brexit. Peut-être est elle sauvée ?

Et l’Europe ? Il est probable que ceux qui la dirigent considèrent que plus on est de fous, plus on s’amuse. Même si l’Angleterre tire de l’affaire beaucoup plus que son dû. Après tout, il est bien connu que le coq français est une race de pigeons.

Et le Brexit ? disent les Anglais. En voilà d’autres qui n’ont rien compris ? Le Brexit, c’est l’UE sans les contraintes. Là où il y a de la gêne…

MEPs TO GRILL BULGARIA’S NEW COMMISSIONER: It’s showtime! A group of lawmakers will today grill Bulgaria’s designated EU commissioner Iliana Ivanova, who is bidding to take over the innovation and research portfolio from her compatriot Mariya Gabriel, who left her post in Brussels to become Bulgaria’s deputy prime minister and foreign minister in May. 

“The hearing will be decisive,” Stéphane Séjourné, leader of Renew Europe told Playbook. Bulgaria had put forward two candidates for the post — Ivanova, from Bulgaria’s center-right GERB party (a member of the EPP) and Daniel Laurer from the centrist anti-corruption party We Continue the Change, which is closer politically to Renew. 

Focus on “like-minded countries”: In her written homework ahead of the hearing, Ivanova made the pitch that the EU should work with its friends on research and innovation, amid the big geopolitical race to control new technologies. “Creating stronger ties with like-minded countries is essential in this challenging geopolitical context and associating them to Union programs is key in this regard,” was the killer line in Ivanova’s replies

Like who? Some of the like-minded countries mentioned were the U.K. and Switzerland, and the prime program to associate with is the bloc’s flagship R&D-program Horizon Europe (which has a blockbuster budget of €95 billion). 

(Politico.eu du 5 septembre)

Grand théorème de Fermat

En anglais, le grand théorème de Fermat serait appelé son « dernier théorème ». Apparemment, parce qu’il aurait été le dernier à être démontré.

In our time, de la BBC, lui consacrait une émission. J’ai appris, en particulier, qu’il y avait une formule qui permettait de savoir si un exposant vérifiait ou non le théorème.

J’ai aussi appris que ce théorème n’avait aucun intérêt. Ce qui en a eu, c’est tout l’effort qui a été nécessaire pour le résoudre.

Fermat dit avoir trouvé une solution. Elle n’était pas dans ses papiers. Mais, si elle existe, cela a certainement été un bien qu’on l’est perdue.

Exemple, aussi, qu’il n’y a pas de « conquête de l’inutile ». C’est le défi, souvent risible, qu’il se lance, qui est le moteur du génie de l’homme !

France explosive

Et si l’histoire d’Heuliez était celle de la France ?

On peut lire la disparition de cette « ETI » industrielle comme une parabole du sort de l’industrie en France. Beaucoup de talent détruit. Et pour quoi ? Pour rien.

Mais on peut aussi y voir un phénomène beaucoup plus profond. Il y aurait au sein même de la société française des tensions violentes. Le Français hait le Français. Il en faut peu pour qu’elles s’expriment. Ce phénomène est peut-être bien à l’origine de la Saint Barthélemy et de nos incessantes guerres intestines. Un sujet qu’a étudié Michel Winock dans La fièvre hexagonale.

Voilà un sujet que ferait bien de prendre en compte nos gouvernants ? Comme le disaient Montesquieu et Tocqueville, pour bien le gouverner, il faut veiller à comprendre l’esprit d’un peuple. Et ce, au moins, de façon à ne pas encourager ses passions destructrices.

Chaque gouvernement porte en lui-même un vice naturel qui semble attaché au principe
même de sa vie; le génie du législateur consiste à le bien discerner. Un État peut triompher
de beaucoup de mauvaises lois, et l’on s’exagère souvent le mal qu’elles causent. Mais toute
loi dont l’effet est de développer ce germe de mort ne saurait manquer, à la longue, de
devenir fatale, bien que ses mauvais effets ne se fassent pas immédiatement apercevoir.

Tocqueville

Pygmalion

Pygmalion est un pièce de George-Bernard Shaw. C’est l’origine de My fair lady. Mais cela ne se termine ni comme le Pygmalion d’Ovide, ni comme My fair lady. Unhappy end ! Le professeur Higgins n’épouse pas Liza Doolittle.

La créature échappe au créateur. Ce dernier demeure un « vieux con », un misanthrope, qui, contrairement à celui de Molière, se réjouit de la médiocrité de la société. Elle lui fauche la technique dont il s’est servi pour la transformer, pour faire du « business ». Et ce avec le pire ennemi du professeur. Une autre de ses créatures, qui utilise l’enseignement du professeur pour faire chanter la haute société.

Si elle se marie avec quelqu’un, ce sera avec Freddy, un homme objet, tendre bon à rien, qu’elle entretiendra.

Qu’a voulu dire George-Bernard Shaw ?

Liza Doolittle sainte féministe ?

(Pièce de théâtre entendue à la BBC.)

Solitude

La question de la solitude a préoccupé la religion et la philosophie.

Comme souvent ce que l’on entend par là n’est pas évident. Il semble que ce soit un état propice à une forme de découverte. Découverte de soi, de la nature, de quelque valeur fondamentale. Mais aussi, pour Pascal, lieu de confrontation avec ses angoisses existentielles.

Je me reconnais dans ce que je comprends de l’opinion de Montaigne : la solitude permet d’assimiler l’expérience. Sans expérience, pas de pensée. Mais sans moment à soi, pas d’analyse.

Ce besoin de « temps à moi », fait peut-être que je n’ai jamais réussi à rester dans une entreprise, et même qu’une mission de conseil, lorsqu’elle dure, m’oppresse. Dès que je quitte la contrainte, mon cerveau se met à marcher. C’est à quoi me servent les vacances, actuellement.

Mon opposé est le « politique ». Il « pense sur ses jambes ». Sa vie n’est que sociale. Il n’est jamais aussi bon que lorsqu’il est victime d’un complot.

A chaque personne sa solitude ?

(Idées venues par In our time, de la BBC, qui, curieusement, ne parlait pas de Pascal.)

Claude Lévi-Strauss

Claude Lévi-Strauss se serait opposé aux idéologies à la mode de son temps : l’existentialisme et la phénoménologie. (Entendu dans In our time, de la BBC.)

Et, avec raison, sans doute. Ces deux doctrines sont des individualismes, alors qu’il est évident, quand on considère la monde actuel ou l’histoire, que l’individu est façonné par la société. On parle « du » Français, de l’Anglais, du Romain…

Pour autant, elles ne sont pas inutiles. L’une est à la recherche de son « authenticité » et l’autre de la vérité. Dans les deux cas, il s’agit de nous débarrasser la tête des excès de la société, qui finit par chercher à nous imposer un mode de pensée unique, ou « aliénation ». Or, dans notre intérêt commun, nous avons besoin de lucidité, pour juger correctement.

Si le véhicule détermine le type de voyage que nous pouvons faire, son conducteur doit garder l’esprit clair ?

Pénurie RH

Curieux. La question du recrutement. On accuse le chômeur, la génération Z, la paresse endémique du Français… Pourquoi ne voit-on pas la nature du problème ?

On ne forme que des intellectuels. Des chefs. Il y a désormais quasiment 100% de bacheliers, et une quantité phénoménale de Bac + 5 (plus d’un quart d’une tranche d’âge). Or ce n’est pas ce dont notre économie a besoin.

D’ailleurs, nous ne sommes pas les seuls dans cette situation. Elle est vraie un peu partout dans le monde. Y compris en Chine, où le chômage des jeunes est considérable. (Plus de 20%.)

En fait, je me demande si la « pénurie RH » ne pose pas une question plus subtile que celle d’une mauvaise orientation. Tous les jeunes étant des chefs, ils ne supportent pas d’être traités comme des subalternes.

Ce sont, peut-être, simplement les relations sociales qui sont à réinventer… Vivre dans une société d’égaux : qu’est-ce que cela signifierait ?