Green deal et France

Suite des aventures du Green deal.

Armé des convictions du billet précédent, j’explore l’opinion qu’en a la France. Ma thèse : il y a la une opportunité inespérée de sauver le pays. Green deal = business.

Réaction ? Je ne pense pas me tromper en disant qu’en dehors du cercle intime de la présidence, j’ai rencontré un échantillon représentatif de ce qu’il y a de mieux informé en France, Etat, politique, presse, université. Résultat : encéphalogramme plat. Ou plutôt : les réactions de l’homme de la rue. On n’est pas loin de me dire que c’est encore un coup de l’élite européenne, perdue dans ses délires ! (Mais je suis en face de l’élite européenne !)

Conseil que l’on me donne : vous devriez informer la nation !

Grande leçon ? Quand on pense « ils savent sûrement », on a tort. Au fond, chacun, qu’il soit ministre ou balayeur de déchets radioactifs, est pris dans le rite du quotidien. Il peut s’exprimer avec vigueur sur des sujets de société, mais, ce n’est là aussi qu’un rite. Etre vert, par exemple, ne l’empêche pas d’avoir plusieurs voitures, de multiples trottinettes électriques, de la climatisation, une piscine chauffée et de parcourir le monde en avion, dès qu’il a des vacances, ce qui est fréquent. Au contraire ? Son engagement n’est-il l’équivalent d’un droit à polluer ?

Voici ce que j’ai imaginé.

Robert Boyle

Robert Boyle était un fils de noble fort riche ayant vécu au 17ème siècle, et qui aurait inventé la méthode scientifique. Essentiellement chimiste, mais aussi, comme Newton, alchimiste. Il fut, en outre, le financier de la science.

Célébrité en Angleterre, inconnu chez nous. Ce n’est peut-être pas tant le progrès que fait-faire quelqu’un que les résultats qu’il laisse qui fait qu’on se souvient de lui ? L’histoire semble avoir une mémoire sélective.

(Découvert grâce à In our Time, de la BBC.)

Green deal

J’étudie le Green deal.

Comme l’expliquait la BBC lundi matin, c’est une « politique industrielle », l’équivalent de l’IRA américain. C’est un mécanisme qui consiste à orienter la finance vers ce qui doit changer.

Le principe du mécanisme est simple, avec un nom compliqué : « taxonomie ». Ce qui doit changer est défini. Si une activité d’une entreprise répond aux critères de l’UE, l’entreprise doit démontrer chaque année, qu’elle a fait un pas dans la bonne direction. Les organismes financiers, qui sont les moteurs du dispositifs, sont notés en fonction de la performance des projets qu’ils financent. Cela signifie pour eux de pouvoir prêter dans de meilleures conditions. Effet qui se diffuse sur l’ensemble de la chaîne économique. Il y a aussi tout un mécanisme de subventions via appels à projets, ou sous la forme de « capital risque » via la Banque du Climat.

Dans cette histoire, le plus malin, est qu’il n’y a pas besoin d’être vert pour en profiter. Il suffit de formuler « correctement » vos projets.

Apparemment, à l’étranger, c’est une sorte de « non événement », au sens où le mécanisme semblerait couler de source.

En France, il semblerait qu’il faille être soit une multinationale soit une métropole pour avoir les moyens d’en profiter. En fait, c’est une opportunité pour la « diagonale du vide » (et pour les autres territoires français) : elle a un savoir-faire qui est redevenu utile, il « suffit » qu’un territoire exprime ce savoir-faire sous la forme d’un projet entrepreneurial collectif (la géothermie du Cantal), pour avoir accès à des financements colossaux.

(à suivre).

Qu’est-ce que la vie ?

C’est étonnant ce que l’on peut faire pour avoir un enfant. Fécondation in vitro, greffe d’ovaires, naissances prématurées viables de plus en plus précoces…

Et, d’un autre côté, droit à l’avortement de plus en plus tardif.

A un moment où l’on cherche la vie sur d’autres planète, sait-on ce qu’elle signifie sur la nôtre ?

D’ailleurs, signifie-t-elle quelque-chose ? Ou n’est-ce qu’une convention juridique ?

Les dividendes du Brexit ?

La BBC, lundi matin, parlait d’énormément de projets de constructeurs automobiles européens sur le sol britannique : Stellantis, BMW, etc.

Je me suis demandé ce qui expliquait cet intérêt.

Et si c’était l’immigration ?

Depuis le Brexit, l’Angleterre, est la plaque tournante d’une immigration à petit prix, et relativement qualifiée. La délocalisation, sans ses risques ?

Mauvais esprit ?

Front anti Bobo ?

Je participais à une réunion des membres d’une association que je trouve particulièrement dynamique. Ce que j’apprécie est qu’elle me semble très concrète, et obtenir des résultats « sur le terrain ».

Je la croyais sur la voie du succès. Mais ne me suis-je pas trompé ?

Ce qui m’a surpris dans ce que j’entendais des réactions que suscitait l’action de ses membres, était deux choses : à quel point le terme « Bobo » surgit rapidement pour censurer un argument, et à quel point le raisonnement conceptuel irrite.

Quelqu’un me disait l’autre jour qu’il était regrettable que Mme Le Pen se soit approprié « le bon sens ».

Je me suis demandé si le discours qui a « le haut du pavé » n’est pas celui d’une infime minorité, ayant un énorme pouvoir d’influence. Et si l’ombre ne cache pas un considérable mécontentement d’une très grande part de la société.

Du mensonge

On peut mentir en disant la vérité. En ne disant pas toute la vérité. C’est ce que font nos journaux.

Comme dans la fable des aveugles et de l’éléphant, la vérité est « complexe ». Elle a plusieurs dimensions. Si on ne les connaît pas toutes, on ne peut rien décider.

Exemple ? Il y a autour de moi des gens qui m’horripilent, mais, qu’aurais-je fait sans eux ?

Mozart était un avorton, Beethoven laid, Le Carravage un voyou…

Une erreur habituelle est de ne parler que de ce qui ne va pas. Ce faisant on passe à côté de la seule chose d’utile : les leviers du changement, la réelle richesse de l’individu ou de la société.

Décrochons

L’industrie a trouvé un gisement d’emplois : le « décrocheur ». Un seul critère de sélection : la motivation.

Il se trouve qu’en lisant la biographie de Jane Birkin et de son frère, j’ai découvert que, eux aussi, étaient des décrocheurs. Et pourtant, ils ont fait de très belles carrières, et sont devenus célèbres.

Il est vrai que c’est un avantage, lorsque l’on est un décrocheur, d’avoir une famille riche (et noble). Jane Birkin a commencé sa vie comme épouse d’une célébrité, et son frère comme assistant de Stanley Kubrik.

Mais il est aussi vrai que leur « décrochement » a peut-être été la raison de leur succès. Ils étaient originaux. D’ailleurs, Serge Gainsbourg semble avoir fait chanter Jane Birkin aux limites de sa voix, justement pour jouer de son a-normalité.

On a longtemps vanté les « marginaux », passons des paroles aux actes ?

Energiques Allemands

Je lisais (politico.eu), il y a quelques-temps, que si l’Allemagne s’opposait au nucléaire français, c’était par peur de perdre ses entreprises !

La question du prix de l’énergie est si aiguë pour elles, qu’elles pourraient venir en France.

Voilà qui est inattendu. Et qui montre que l’Allemagne pourrait être un géant au pied d’argile.

En tous cas, il me semble que les problèmes de chacun des membres de l’UE devraient être considérés comme des problèmes de la communauté…

Bas bleu

Le bas bleu serait une traduction de « blue stockings » anglais.

C’était un club de femmes de la haute société, à la fin du 18ème siècle. Son concept aurait été différent de celui du « salon » parisien. On y prônait la raison, et l’on recevait ce qu’elle comptait de mieux.

Sa fondatrice était une femme de tête ayant épousé un noble parmi les plus riches, possesseur de mines de charbon, mines qu’elle gérait. Elle avait acquis la célébrité en critiquant le traitement que Voltaire avait fait subir à Shakespeare.

Le club a souffert, dans ses dernières années, de la mauvaise image qu’avaient, en Angleterre, les clubs français de la révolution.

Pourquoi le terme est-il péjoratif ? Vengeance masculine ? Ou rire selon Bergson ? On devient ridicule lorsque l’on perd le sens de la mesure ?

(D’après In our time, de BBC4.)