La ligue des refoulés

Lorsque Xi Jinping rêvait d’un siècle chinois, pensait-il se retrouver aux côtés de Poutine, Kim Jong-un, un Ayatollah iranien et toute une clique hétéroclite de potentats médiocres ?

Par contraste, cela fait ressortir un des aspects, redoutables ?, de la culture des USA, sa véritable soft power : sa joie de vivre. Cette sorte de pied de nez à tous les grincheux qui séduit tant la jeunesse, et a été fatal à de Gaulle. Un rire à la Bergson, qui révèle les principes contre nature des tristes Tartuffe ?

Péril jaune

(La Chine) contrôle deux tiers des capacités mondiales de traitement du lithium (…) et domine tous les aspects de la production de batteries. L’année dernière elle a produit 10 fois plus de batteries automobiles que l’Allemagne. Elle a un avantage en termes de coût de fabrication de peut-être 20 ou 25%. (Financial Times de mercredi dernier.)

La Chine, dont le marché interne faiblit, est tentée de submerger le marché européen de ses véhicules. Les constructeurs européens vont-ils résister ?

Le Financial Times y voit un coup de semonce. A qui le tour ? Et une leçon : imprévoyance et indécision.

Mais il y a plus intéressant, et plus mystérieux. C’est une forme de suicide de l’Occident. Car certains se sont enrichis en vendant ses secrets de fabrique à la Chine, et d’autres ont fait une promotion de tous les diables à la voiture électrique.

Dans un sens ils ont eu raison ? Quand l’Occident sera au chômage, il pourra crever en toute bonne conscience : il ne nuira plus à la nature ?

Hybrides

Prête-t-on suffisamment attention aux hybrides ?

L’hybridation permet le partage de gènes. Et le gène c’est la mémoire de l’expérience !

Paradoxalement, ça peut être la meilleure, et la pire des choses.

Imaginons que le climat se réchauffe. Eh bien, nous auront intérêt à nous croiser avec des individus qui sont habitués à ces nouvelles conditions. De même les croisements permettent aux plantes d’éviter les maladies. Et l’on a intérêt à multiplier les variantes.

Mais, le partage n’est pas toujours bon. Deux gènes ont parfois des effets contraires, ce qui peut, par exemple, produire des cancers foudroyants.

En conséquence, parler « d’espèce » est trompeur. La vie n’est que changement. Et, probablement, plus grande est la diversité, plus l’est aussi la capacité de l’ensemble à traverser les épreuves de la vie…

(Inspiré, comme d’habitude, de In our time, de la BBC.)

Avion électrique

Je découvre l’avion électrique. Beaucoup de start up se sont lancées. Et certaines ont déjà réussi de grosses levées de fonds.

L’avion électrique a de grands intérêts. Paradoxalement, il pourrait être moins cher que le TGV, pour les lignes intérieures – actuellement il aurait environ 500km d’autonomie. Avec l’avantage de pouvoir se poser sur n’importe quel aérodrome près de chez vous, y compris en tout terrain, et en hydravion. Ce qui, même si on se limite au conventionnel, multiplierait par 10 le nombre d’aérodromes utilisables par ce type d’appareils aux USA.

Il y aurait plusieurs segments. L’aviation d’affaire et les lignes intérieures, donc, et le taxi aérien. Peut-être aussi y a-t-il des applications militaires. Et on est proche des drones. D’ailleurs, il semble plus facile de mettre au point un avion autonome qu’une voiture.

Intelligemment, à mon avis, Stellantis a investi dans une de ces start-up taxis. Stellantis fabriquera le taxi, et la société le fera voler.

L’aviation électrique est aussi un enfant de notre temps. Il faut beaucoup d’argent et d’années pour mettre au point un prototype, le faire certifier et le vendre. Mais ce n’est rien pour Airbus. Pourquoi Airbus ne travaille pas sur ce sujet ? Parce que ce n’est plus à la mode. Aujourd’hui innovation = start up.

Le monde a changé. Les USA, en particulier, on distribué beaucoup d’argent à certains de leurs citoyens, en leur donnant, implicitement, la mission de l’investir dans la nouveauté. La France doit apprendre à jouer à ce jeu. En se rappelant que ce sont les meilleurs canassons, qui ont les plus gros handicaps… L’espoir fait vivre.

(Détail amusant : on peut imaginer que ces start ups finiront par être achetées par les constructeurs. Ils auront payé des milliards, ce qu’ils auraient pu développer, chez eux, pour quelques dizaines de millions d’euros. Seulement, pour cela, il aurait fallu avoir des compétences qu’ils ont perdues ?)

Etonnante eau

H2O est une molécule étonnante !

Une de ses particularités, c’est que l’eau liquide est une sorte de solide : l’atome d’oxygène étant relié à 4 atomes d’hydrogène, fermement s’il s’agit des propres atomes de la molécule, et moins solidement, pour les atomes d’hydrogène appartenant aux molécules adjacentes. Du coup sa température de fusion (gaz) est très élevée par rapport à des molécules qui semblent similaires.

En outre, cette propriété fait qu’il y a une forte tension de surface, qui permet à certains insectes des se promener, quasiment, à pied sec sur l’eau. Cela fait aussi que l’eau tend à se replier en petites sphères.

Et la glace est un des rares exemples de phase solide qui flotte sur une phase liquide.

Et il y a beaucoup d’autres propriétés, comme le transport de calories, que nous utilisons dans notre chauffage, qui sont surprenantes, pour l’esprit qui n’est pas blasé de tout.

J’écoutais dire cela à In our time, de la BBC, et je me disais, une fois de plus que l’enseignement de la complexité est merveilleux.

L’Anglais et le travail

The work revolution, émission de la BBC. En Angleterre, il y a de plus en plus d’emplois, et de moins en moins de personnes qui cherchent un travail…

Cela ressemble à ce que j’entends dire de la France. Alors je m’attendais à ce que l’émission parle de génération Z et autres sujets du même genre.

Mais pas du tout. C’est le petit peuple qui ne veut plus travailler. 9 millions de personnes ne cherchent pas d’emploi. Et il y a 2,5 millions de personnes en invalidité, un nombre qui a cru de 350.000 depuis l’épidémie de coronavirus.

Je n’ai pas très bien compris la raison de cet état de fait. Il était question de salaires bas, et du désintérêt de l’employeur pour la technologie (le travail offert est de moins en moins qualifié), mais aussi, comme en France, par la prime donnée aux formations intellectuelles.

La « solution de facilité » serait l’immigration. Elle est massive depuis le Brexit (1% de la population par an). A croire que les Anglais sont atteints d’un racisme anti-Européens : ils aiment les immigrés issus de leur Empire, mais pas ceux du continent !

Et cette immigration peut être très qualifiée. Ce qui permet à l’Angleterre de faire des économies de formation. Si j’ai bien entendu : 1md£/an, pour la médecine.

Un invité accusait le gouvernement d’être « lazy, lazy, lazy ». Je me demande s’il n’a pas raison, et si ce qu’il dit ne s’applique pas à tous les gouvernements occidentaux.

N’ont-ils pas « laissé tomber » une partie de la population ? Si bien qu’aujourd’hui, on ne lui offre que des travaux « indignes », qu’elle refuse ? Et ce tout en l’endormant, par une forme d’assistanat ?

Réutilisable : danger ?

Hasard d’une émission sur les « macromolécules ». Le sac plastique a du bon : il demande très peu d’énergie pour être produit. Le sac réutilisable, pour être « concurrentiel », doit être utilisé des dizaines de fois.

Je me suis renseigné. Il semblerait effectivement que ce soit le cas. On parle même d’un « lot d’impacts négatifs » !

Le problème que pose l’écologie aujourd’hui est que l’on traite des symptômes et pas des causes.

Je cite ailleurs dans ce blog une étude qui a été faite par l’Université de Cambridge sur les plus gros consommateurs d’énergie et émetteurs de CO2. Elle concluait que l’on pouvait obtenir des gains réellement massifs, sans rien changer au confort de notre vie, en revoyant l’organisation de notre société (par exemple notre façon de construire et d’occuper les bâtiments).

C’est le type de changement que l’on réussit, en particulier les USA, pendant les guerres.

(L’émission est, comme d’habitude, In our time de la BBC.)

Argument ontologique

Anselme aurait démontré l’existence de Dieu par la raison. Argument ontologique.

En fait, je ne pense pas qu’il était le premier à le faire. Dans la République, Platon « démontre » que l’âme est éternelle. Il utilise un raisonnement qui me semble d’une nature identique à celui d’Anselme.

Je soupçonne qu’on est en face d’une pathologie de la raison. La raison invente un concept, et se convainc que, parce qu’elle l’a inventé, il doit exister. Jeu sans fin de Paul Watzlawick ?

Ce n’est pas étonnant que la maladie soit apparue chez les Grecs qui, les premiers, ont osé l’individualisme, et la rationalité non mâtinée de tradition.

Le philosophe : ce malade qui nous gouverne ?

(Pour autant, cela ne veut pas dire que le « concept » soit faux. Simplement, il n’est pas du ressort de la raison. Il est une question de croyance et d’expérience.)

(Réflexions venues de In our time, de la BBC.)

Juger

J’ai déjà parlé de cette ancienne émission de la BBC : Murder most foul.

Que lui trouvé-je de bien ? Très habilement, elle place l’auditeur dans la situation du juré. Avec ces preuves, enverriez-vous cet être humain à l’échafaud ? On est soulagé lorsque l’on apprend que, avant d’être pendu, il a avoué.

Elle montre aussi à l’oeuvre le redoutable système judiciaire anglais. Tout tient au doute. Le rôle de l’avocat est, systématiquement, de faire entrer le doute dans l’esprit des jurés. Ce qui est effrayant, c’est à quel point il est facile de douter. Pourtant, si une justice veut être digne de ce nom, elle doit condamner le crime, quitte à expédier quelques innocents à la guillotine.

Green deal et France

Suite des aventures du Green deal.

Armé des convictions du billet précédent, j’explore l’opinion qu’en a la France. Ma thèse : il y a la une opportunité inespérée de sauver le pays. Green deal = business.

Réaction ? Je ne pense pas me tromper en disant qu’en dehors du cercle intime de la présidence, j’ai rencontré un échantillon représentatif de ce qu’il y a de mieux informé en France, Etat, politique, presse, université. Résultat : encéphalogramme plat. Ou plutôt : les réactions de l’homme de la rue. On n’est pas loin de me dire que c’est encore un coup de l’élite européenne, perdue dans ses délires ! (Mais je suis en face de l’élite européenne !)

Conseil que l’on me donne : vous devriez informer la nation !

Grande leçon ? Quand on pense « ils savent sûrement », on a tort. Au fond, chacun, qu’il soit ministre ou balayeur de déchets radioactifs, est pris dans le rite du quotidien. Il peut s’exprimer avec vigueur sur des sujets de société, mais, ce n’est là aussi qu’un rite. Etre vert, par exemple, ne l’empêche pas d’avoir plusieurs voitures, de multiples trottinettes électriques, de la climatisation, une piscine chauffée et de parcourir le monde en avion, dès qu’il a des vacances, ce qui est fréquent. Au contraire ? Son engagement n’est-il l’équivalent d’un droit à polluer ?

Voici ce que j’ai imaginé.