Françoise Hardy disait que la génération d’artistes qui l’avait précédée lui en avait voulu. Elle avait écourté leur carrière.
J’aimais cette génération là. Pour moi, elle représente tout le talent de notre culture. De véritables poètes écrivaient le texte des chansons, et les interprètes étaient, souvent, des acteurs et même de grands acteurs. Ils possédaient un métier qu’ils avaient rarement appris à l’école. Elle représentait une forme d’ascenseur social. Le pauvre connaissait le succès grâce à son travail, et à sa détermination.
Cette génération a été balayée par la « loi du marché » et la « soft power » anglo-saxonne. Les chanteurs sont devenus des produits de grande consommation fabriqués par un marketing paresseux.
Il me semble que le monde anglo-saxon a conservé quelque-chose d’équivalent à ce que nous possédions. A côté des milliardaires de la chanson, produits d’un marketing de grand professionnalisme. La chanson demeure le moyen d’expression du talent d’un peuple d’incultes.