Glaive et crachat

N’aurais-je pas toujours tort ? J’avais prévu pour Trump le destin de Sarkozy.

Sarkozy pensait prendre l’Etat de vitesse. Il s’est fait prendre à son piège. Trump se croyait formidable négociateur. Il a été ridiculisé par les Chinois, et maintenant par les Iraniens. (Que vont-ils exiger pour qu’il puisse sauver la face ? La tête des Israéliens ? (Est-ce suffisant ?))

Celui qui a vécu par le glaive… ou, qui crache en l’air… ?

Grande illusion ?

Rouleau compresseur chinois. Notre gouvernement prend conscience soudainement qu’il a vendu aux Chinois la corde pour nous pendre.

Si l’on en croit ce blog et bien d’autres observateurs, la manoeuvre crevait les yeux. Pourquoi notre élite ne l’a-t-elle pas vue ? Elle pensait, entend-on, que la Chine obéirait à la loi d’airain des économistes. Autrement dit, elle suivrait le chemin de l’Occident. Elle garderait l’activité la plus noble et confierait le sale boulot au miséreux. Et, le monde étant bien fait, il y aurait toujours des miséreux.

Voilà une loi agréable. N’est-ce pas son principal mérite ?

Sélection naturelle ?

Françoise Hardy disait que la génération d’artistes qui l’avait précédée lui en avait voulu. Elle avait écourté leur carrière.

J’aimais cette génération là. Pour moi, elle représente tout le talent de notre culture. De véritables poètes écrivaient le texte des chansons, et les interprètes étaient, souvent, des acteurs et même de grands acteurs. Ils possédaient un métier qu’ils avaient rarement appris à l’école. Elle représentait une forme d’ascenseur social. Le pauvre connaissait le succès grâce à son travail, et à sa détermination.

Cette génération a été balayée par la « loi du marché » et la « soft power » anglo-saxonne. Les chanteurs sont devenus des produits de grande consommation fabriqués par un marketing paresseux.

Il me semble que le monde anglo-saxon a conservé quelque-chose d’équivalent à ce que nous possédions. A côté des milliardaires de la chanson, produits d’un marketing de grand professionnalisme. La chanson demeure le moyen d’expression du talent d’un peuple d’incultes.

Politique de la terre brûlée ?

Aurais-je tort comme d’habitude ? J’ai vécu dans Les Landes, et y avais vu un dispositif efficace de protection contre le feu. Les informations me faisaient croire qu’il ne marchait plus. Feux plus violents que jadis ? Relâchement ?

Eh bien non. Ce qui brûle, c’est la Gironde, pas Les Landes. Les Landes ont eu des départs de feu qui auraient été bien plus méchants qu’en Gironde, me dit-on, mais elles ont réagi à temps. Par contre, la Gironde a été victime de la confusion. Ce que j’entends me rappelle ce que l’on voit un peu partout, notamment dans les hôpitaux ou dans les multinationales : une prise de pouvoir par une bureaucratie « politique ». On n’éteint pas des feux, on fait carrière ?

PS.

Incendie en Gironde : la gestion des premières heures du feu au cœur des interrogations
Alors que le mégafeu qui a ravagé 42 000 hectares en Gironde est officiellement fixé depuis samedi, les habitants des communes les plus touchées disent leur colère. Ils sont presque 1 000 à souhaiter qu’une plainte contre X soit déposée.

Le Monde du 3 août

Climat des affaires ?

Que penser de l’affaire Patrick Bruel ? Ce blog est toujours en retard sur son temps.

Je le prenais pour la vedette américaine du pauvre, la seule chose que la France puisse encore s’offrir. Je ne me suis jamais intéressé à lui. Mais pourquoi, soudainement, tous ces procès ? Complot ?

Doit-on évoquer l’affaire Polanski et quelques autres du même type ? La société était au courant de leurs agissements, mais ne réagissait pas. Il a fallu des décennies pour qu’elle prenne conscience que ses principes étaient violés. Ressemblerait-elle à l’atmosphère ? Les couches d’air se succèdent. Chacune impose son climat, quasi indépendamment de la saison ?

Françoise Hardy

Les débuts de Françoise Hardy. Où l’on retrouve la curieuse fascination qu’a exercée la musique américaine. Mais aussi que « le temps des copains » fut surtout celui du marketing : on faisait d’une inconnue une vedette. La culture française n’a pas pu résister.

Qu’en reste-t-il ? Des photographies des années 60 ? Un temps où la France comptait encore dans le monde ? La suite ne fut que grisaille ?

(Comme Serge July, Françoise Hardy fut le fruit d’une mésalliance : était-elle à la mode, alors ? une recette du succès ?…)

Vivons cachés

Les géants américains de la technologie vont émettre 30 % de toutes les obligations de qualité aux États-Unis. Un afflux massif de titres de créance qui expose les portefeuilles des investisseurs à la bulle de l’IA.

La Tribune

Les conséquences d’une bulle spéculative commencent à se manifester ? Qu’en pensent nos « décideurs » ? (Et le petit peuple qui pourrait boire le bouillon ?)

Big Tech AI spending spree tops $1tn
Google, Amazon, Microsoft and Meta have vastly increased their investments since the AI boom began in 2023

Financial Times

Oedipe

Les entretiens entre Paul Léautaud et Robert Mallet laissent entendre que Paul Léautaud a eu une enfance malheureuse. Sa mère l’avait abandonné à la naissance et son père l’avait traité avec indifférence. C’était un misanthrope au grand coeur.

Est-ce juste ? Il a écrit deux livres, en particulier. L’un raconte sa rencontre avec sa mère, alors qu’il est jeune homme. Elle le traite comme tel, non comme un fils. Le second parle du décès de son père. Curieusement, sa mère lui inspire des rêves érotiques, et sa sexualité se réveille alors qu’il a quarante ans, et n’est stimulée que par des femmes mures. Et il a une fascination pour la mort. A tel point qu’il se précipite au chevet des personnes décédées. (Seule sa « timidité » fait qu’il ne force pas leur porte !)

Il termine sa vie quasiment aveugle. Ne poussons pas trop loin les similitudes ?

Rendements décroissants

Erdös était un original. On dit qu’il vivait chez ses amis, et qu’il a inventé et résolu un nombre invraisemblable de problèmes mathématiques, sur le coin de leur table. Des chercheurs chinois ont récemment amélioré un de ses résultats. Mais, pour cela, il leur aura fallu une année, et faire appel à une combinaison de techniques exotiques. Résultat :

Ma, Shen, and Xie managed to nudge Erdős’ growth rate of ((√5+1)/2)puissance k up to ((√5+1)/2+10puissance−21)puissance k. 

C’est une tendance forte des sciences. Jadis un homme seul faisait des avancées gigantesques. Aujourd’hui, il faut des équipes d’experts de disciplines étranges pour réussir le moindre progrès, minable par ailleurs. Rendements décroissants ?

Zoroastre

Zoroastre aurait vécu il y a 4500 ans, ou 2500, et été l’inventeur du monotéïsme, donnant ainsi un coup de pouce décisif à des Juifs, alors en résidence à Babylone, en mal d’inspiration, et de la philosophie grecque, via Pythagore et Platon. Voici ce que disait une émission.

Malheureusement, en enquêtant sur la question, j’ai découvert que rien n’était certain. En fait on ne sait rien.

Mais tous ces gens, Perses, Grecs, Juifs… vivaient au même endroit, peut-être ont-ils été inspirés par des idées qui étaient dans l’air en ces temps ?