Charme discret de la bêtise

Aux USA, ceux qui réussissent sont considérés comme des dieux. Leur parole est évangile. Ce qui est curieux, car, il faut être singulièrement limité intellectuellement pour parvenir au succès dans les affaires : un monomaniaque obsédé par une idée fixe, selon les Anglo-saxons.

Mais la bêtise n’a-t-elle pas un autre mérite ? Les idées qui ont fini par triompher, en particulier celles qui m’ont été enseignées en MBA, sont souvent stupides : elles ne résistent pas à une analyse de trente secondes. Que dire de celles des soixante-huitards ? Tout l’art de M.Trump ? Nous prendre par surprise. On ne se défend pas contre ce que l’on ne prend pas au sérieux ?

N’est-ce pas ce qui s’est passé dans l’entreprise ? Beaucoup se savaient irremplaçables ? Ils n’ont offert aucune résistance aux manoeuvres politiques qui les ont mis au chômage. Ils ne pouvaient imaginer que leur employeur était suicidaire.

Un enseignement ? Il faut savoir « perdre son temps » ? Il n’y a pas d’idée stupide, contrairement à ce que m’a enseigné, cette fois, l’Education nationale. Tout ce que dit un homme mérite la plus grande des attentions. Et il faut être in quiet (en deux mots).

Vivre en société

Des entreprises constatent que leurs clients leur préfèrent les pays à bas coût, et qu’elles ne peuvent compter sur le gouvernement, alors elles décident de prendre leur sort en main, et, pour ce faire, elles s’unissent. Elles découvrent alors qu’elles avaient en elles tout un savoir faire inexploité.

Le fantasme des Lumières et de la société occidentale a été « l’homme libre », c’est à dire seul. Il en est résulté des utopies, qui ont produit des drames. Or, c’est la société qui assure la liberté de l’homme. Pour cela il faut savoir y vivre. Certaines circonstances sont favorables à l’entente cordiale.

Ere du dumping ?

Il y a quelque temps, le dirigeant d’une entreprise de « reconditionnement » de portables me disait que les start-up nuisaient gravement à ses affaires. Elles vivent des fonds financiers et n’ont pas de souci de rentabilité. Elles « cassent les prix ».

On trouvera dans ce blog l’histoire d’Uber. Une hypothèse plausible est apparue petit à petit. L’histoire d’Uber part de propos que l’on entendait beaucoup un temps : le chauffeur de taxi est un voleur. Une théorie surprenante, car ces propos étaient tenus par des « privilégiés ». Une sorte de Marxisme inversé. Uber avait pour mission de redresser ce tort. Ce qui n’était pas totalement désintéressé. Son « innovation de rupture » consistait à faire de grosses économies de charges sociales, en transformant le statut du taxi de salarié à entrepreneur. Mais aussi d’abaisser les prix suffisamment pour que la concurrence ne puisse survivre. Une fois en situation de monopole, les prix se seraient adaptés à cette nouvelle situation.

Il n’est pas interdit de penser que cette logique de « dumping » soit celle de beaucoup d’investisseurs. L’innovation serait la feuille de vigne de bien des « grandes » start-up ?

Ce qui est peut être plus intéressant est que cette stratégie pourrait avoir été imitée par les Chinois. Mais, eux, ont organisé toute leur société pour la mettre en oeuvre, notamment en formant des personnels d’élite scientifique que l’on ne trouve pas aux USA, sinon chez les immigrés, comme, d’ailleurs, les USA l’avaient fait pendant la guerre.

Exécutif

Il y a eu les idées anglo-saxonnes sur le service et l’industrie, la politique de Mme Thatcher, l’Europe et le Green Deal, le modèle allemand de Schröder et Merkel, les start-up de la Silicon Valley, les PMI allemandes… et peut-être bien beaucoup d’autres modes. Maintenant, notre gouvernement embrasse la politique industrielle chinoise.

Comment peut-on se dire élite, voire posséder un cerveau, dans ces conditions ?

Si c’était voulu ? Nos hauts fonctionnaires sont formés par concours. On leur présente les matières les plus complexes, et ils prouvent qu’ils peuvent les dominer vite et bien. Et s’ils avaient été dressés pour appliquer les idées des autres ? (L’examinateur ?) C’est un exécutif ?

Seule erreur : s’être emparé du législatif ?

Développement durable

Certains chanteurs ont survécu à la vague Yéyé et à ses avatars modernes (suite de Françoise Hardy).

Gainsbourg en particulier. Ses métamorphoses sont fascinantes. Il commence comme chanteur de charme, à texte. Puis il adopte la « modernité ». Mais, contrairement à nos chanteurs actuels, imitateurs de bruit, il en avait compris le sens et se l’était approprié. Peut-être comme Boris Vian en son temps. La musique (anglo-saxonne ?) est un art de combat ?

Un autre résistant fut Brassens. Lui s’est inspiré de ce qu’il y a de plus ancien dans notre culture. Villon. Aussi, d’ailleurs, un poète de combat.

Esprit anar et artisan de la culture : deux bonnes pratiques dont nos artistes en puissance pourraient s’inspirer, diraient les gourous du management ?

(L’esprit du Canard enchaîné des origines ? L’esprit de la véritable gauche ?)

Glaive et crachat

N’aurais-je pas toujours tort ? J’avais prévu pour Trump le destin de Sarkozy.

Sarkozy pensait prendre l’Etat de vitesse. Il s’est fait prendre à son piège. Trump se croyait formidable négociateur. Il a été ridiculisé par les Chinois, et maintenant par les Iraniens. (Que vont-ils exiger pour qu’il puisse sauver la face ? La tête des Israéliens ? (Est-ce suffisant ?))

Celui qui a vécu par le glaive… ou, qui crache en l’air… ?

Grande illusion ?

Rouleau compresseur chinois. Notre gouvernement prend conscience soudainement qu’il a vendu aux Chinois la corde pour nous pendre.

Si l’on en croit ce blog et bien d’autres observateurs, la manoeuvre crevait les yeux. Pourquoi notre élite ne l’a-t-elle pas vue ? Elle pensait, entend-on, que la Chine obéirait à la loi d’airain des économistes. Autrement dit, elle suivrait le chemin de l’Occident. Elle garderait l’activité la plus noble et confierait le sale boulot au miséreux. Et, le monde étant bien fait, il y aurait toujours des miséreux.

Voilà une loi agréable. N’est-ce pas son principal mérite ?

Sélection naturelle ?

Françoise Hardy disait que la génération d’artistes qui l’avait précédée lui en avait voulu. Elle avait écourté leur carrière.

J’aimais cette génération là. Pour moi, elle représente tout le talent de notre culture. De véritables poètes écrivaient le texte des chansons, et les interprètes étaient, souvent, des acteurs et même de grands acteurs. Ils possédaient un métier qu’ils avaient rarement appris à l’école. Elle représentait une forme d’ascenseur social. Le pauvre connaissait le succès grâce à son travail, et à sa détermination.

Cette génération a été balayée par la « loi du marché » et la « soft power » anglo-saxonne. Les chanteurs sont devenus des produits de grande consommation fabriqués par un marketing paresseux.

Il me semble que le monde anglo-saxon a conservé quelque-chose d’équivalent à ce que nous possédions. A côté des milliardaires de la chanson, produits d’un marketing de grand professionnalisme. La chanson demeure le moyen d’expression du talent d’un peuple d’incultes.

Politique de la terre brûlée ?

Aurais-je tort comme d’habitude ? J’ai vécu dans Les Landes, et y avais vu un dispositif efficace de protection contre le feu. Les informations me faisaient croire qu’il ne marchait plus. Feux plus violents que jadis ? Relâchement ?

Eh bien non. Ce qui brûle, c’est la Gironde, pas Les Landes. Les Landes ont eu des départs de feu qui auraient été bien plus méchants qu’en Gironde, me dit-on, mais elles ont réagi à temps. Par contre, la Gironde a été victime de la confusion. Ce que j’entends me rappelle ce que l’on voit un peu partout, notamment dans les hôpitaux ou dans les multinationales : une prise de pouvoir par une bureaucratie « politique ». On n’éteint pas des feux, on fait carrière ?

PS.

Incendie en Gironde : la gestion des premières heures du feu au cœur des interrogations
Alors que le mégafeu qui a ravagé 42 000 hectares en Gironde est officiellement fixé depuis samedi, les habitants des communes les plus touchées disent leur colère. Ils sont presque 1 000 à souhaiter qu’une plainte contre X soit déposée.

Le Monde du 3 août

Climat des affaires ?

Que penser de l’affaire Patrick Bruel ? Ce blog est toujours en retard sur son temps.

Je le prenais pour la vedette américaine du pauvre, la seule chose que la France puisse encore s’offrir. Je ne me suis jamais intéressé à lui. Mais pourquoi, soudainement, tous ces procès ? Complot ?

Doit-on évoquer l’affaire Polanski et quelques autres du même type ? La société était au courant de leurs agissements, mais ne réagissait pas. Il a fallu des décennies pour qu’elle prenne conscience que ses principes étaient violés. Ressemblerait-elle à l’atmosphère ? Les couches d’air se succèdent. Chacune impose son climat, quasi indépendamment de la saison ?