Cry, Argentina ?

Ils sont fous, ces Argentins ?

M.Trump est devenu une marque mondiale. L’homme de marketing a réussi au delà de ses espérances. Quand plus rien ne va dans un pays, on appelle super-Trump. Car, il faut guérir le mal par le mal. Or, les Argentins, jadis un des peuples les plus riches du monde, ont une inflation de 140%, et un taux de pauvreté de 40%. Et, effectivement, cela devait aller très mal car il n’y avait plus en finale que deux candidats d’extrême droite… (La gauche, défenseur de l’opprimé, ne devrait-elle pas se poser quelques questions ?)

Apparemment, le problème dont souffre les Argentins serait relativement simple à expliquer : ils consomment énormément de subventions et paient peu d’impôts…

Dans ces conditions, il n’y a de rationnel que le miracle ?

(Inspiré par Affaires étrangères de France Culture.)

Corsaires berbères

L’empire Ottoman avait laissé s’installer au Maghreb des corsaires, qui écumaient la Méditerranée. Ils isolaient efficacement les Ottomans de la nuisance occidentale. Ceux sur qui ils mettaient la main étaient réduits en esclavage ou revendus contre rançon. Il s’y retrouvait les aventuriers de toute l’Europe. D’ailleurs, par certains côtés, c’était une société tolérante, où chacun pouvait pratiquer sa religion, et où l’esclave ayant quelque talent pouvait s’élever dans la société, parfois très haut.

Comme dans les romans des Lumières c’était peut-être un monde qui aurait pu donner quelques leçons à l’Occident, qui garde un fond de barbarie. En tous cas, dès que l’Occident a eu une flotte assez puissante il a rasé les villes corsaires, ce qui a ouvert la voie à la colonisation française.

C’est, du moins, ce que j’ai retenu de In our time, de la BBC.

Germinal à la BBC

Germinal, série de la BBC. Je suis surpris de la part que prennent nos classiques dans les programmes de la BBC.

Classiques que nous avons probablement reniés. Qui lit encore Zola ?

Le monde anglo-saxon est à la fois progrès et tradition. Il cultive le « classique », quel qu’il soit. Le Français est tout fou, il croit à l’idée. Si bien que sa culture n’est que terre brûlée ?

Tempête en Angleterre

M.Sunak a licencié Suella Braverman, son ministre de l’intérieur. Probablement, il y était contraint : elle avait fait preuve d’insubordination. En revanche, elle semble être bien partie pour être un prochain premier ministre. Elle a au moins autant de caractère que Mme Thatcher, et son combat contre l’immigration doit la faire aimer du peuple.

M.Sunak semble le calme dans la tempête. Le pays va mal, et, non seulement son parti perd élection sur élection, mais il est entre les mains d’extrémistes redoutables. Quand on est certain de la défaite, il n’y a plus de raison de s’inquiéter ? Quant au choix de Lord Cameron pour remplacer Mme Braverman, il est surprenant : son hybris est à l’origine du Brexit… Mais, on nous vante les mérites de l’erreur, soyons cohérents dans nos actions ?

Ce n’est pas mieux de l’autre côté. Sir Keir Starmer fait aussi face à une mutinerie. En cause, sa position concernant la situation en Israël.

Ce blog constate que, contrairement à l’opinion des théories économiques, le mauvais homme politique attire le mauvais opposant. Et si l’Angleterre faisait la démonstration que l’inverse est aussi vrai ?

Valeur travail

Ce blog raconte une rencontre avec un homme politique qui parlait de valeur travail et la déception qui s’en est suivie. Cet homme politique n’avait pas travaillé ses valeurs.

Il avait été victime de ce qu’il dénonçait : le brassage d’idées qu’est la vie selon l’intellectuel.

Un exemple des effets pervers du changement ? Avant de vouloir changer les autres, il faut se changer soi-même ?

Moyen Orient

N’aurais-je pas toujours tort ?

Iran told US it did not want Israel-Hamas war to escalate
Iran’s top diplomat has revealed that Tehran told the US through back channels that it did not want the Israel-Hamas war to spread further, but also warned Washington that regional conflict could be unavoidable if Israeli attacks on Gaza continue.

Financial Times, vendredi dernier

Je pensais effectivement qu’il y avait un accord tacite pour qu’Israël règle son compte au Hamas. En fait, il serait quasiment explicite ! Seulement, il ne doit pas prendre trop de temps pour ce faire :

Opec+ weighs further oil production cuts as anger mounts over Gaza
Saudi Arabia is preparing to prolong oil production cuts into next year as Opec+ weighs further reductions in response to falling prices and rising anger over the Israel-Hamas war.

Financial Times, aussi vendredi

Contrairement à leurs élites, les populations arabes, au Moyen-Orient et en Europe, s’identifient avec le Hamas. (Solidarité entre « damnés de la terre » ?) Alors que les Juifs pensent être abandonnés de tous, les populations arabes sont convaincues, au contraire, que l’Occident est vendu à Israël.

Double danger ?

  • Que l’élite doive passer à l’action et cherche à créer une crise en Occident. Depuis longtemps, elle semble penser que l’économie est le point faible de l’Occident, le moyen de le mettre à terre. Pourrait-on revivre les années 70 ? Inflation et chômage massif ? Seulement, ce qui a changé, depuis lors est la Chine, qui, elle, n’a pas intérêt à la crise.
  • Que ceux qui se croient des damnés de la terre, et qui aujourd’hui sont de simples manifestants, deviennent des terroristes.

De l’intérêt de résoudre le problème à sa source ?

La République de Platon

Mais qui a dit « toute l’histoire de la philosophie n’est qu’une suite de notes de bas de page aux dialogues de Platon » ? Tout est faux. Tout ce qu’affirme Platon a été contredit par l’expérience.

Qu’est ce que le « bien » par exemple ? C’est ce qui paraît évident à « l’âme ». Car, ce qui est évident est éclairé par la « vérité et l’être », comme le soleil permet la vue. (Page 352.) Elégant sophisme qui justifie toutes les guerres de religion. Et la justice ? Tout le monde à sa place, en fonction de ses capacités, qui ne sont pas également réparties. En particulier en ce qui concerne l’aptitude à la pensée. Je croyais que Platon était le pionnier de la raison. Mais pas du tout. C’est un fondamentaliste. Un religieux. Il sait, il ne cherche pas. Pour lui, la connaissance est à l’intérieur de soi. Et il a des théories sur tout. Par exemple sur le pouvoir éducatif, déterministe, de la musique et de la gymnastique, ou sur l’équivalence entre cité et individu. Il donne même des leçons aux dieux ! Et il excommunie ceux qui ne partagent pas son opinion. Il les condamne à l’enfer.

La République est un rejet de ce que nous sommes, des valeurs de notre société. Platon veut la royauté, ou l’aristocratie d’une race d’élus, les gardiens, qui vivent de guerre et d’eau fraiche, dans un communisme primordial (en particulier des femmes et des enfants). Il maudit la démocratie, qui n’est guère mieux que la tyrannie ! C’est dit dans le texte : la République est l’histoire de frustrés qui refont le monde, dans leur coin. Ce sont des victimes. Ils sont le bien, la société le mal. Ils la vomissent.

Les dialogue en eux-mêmes sont insupportables. Socrate parle à une brebis bêlante, Glaucon, qui boit ses paroles, sans les comprendre. « Oui, et de beaucoup », « oui, pour sûr », « lequel », « si », « forcément »… (page 464, prise au hasard). Heureusement que, comme chez Shakespeare, on a droit à des moments de farce. C’est même le meilleur de Molière ! Par exemple, une démonstration délirante digne de la « Jalousie du barbouillé », où Socrate prouve que le roi « vit de manière 729 fois plus agréable » que le tyran !

Et, pourtant, c’est passionnant ! Parce ce que Platon dit de la vérité, de la justice, du bien et du mal, de l’âme, du paradis, en particulier, c’est toute la religion chrétienne ! On lui donnerait le dit paradis, sans confession. Et si elle devait bien peu aux Juifs ? Et si son esprit, caractérisé par l’intolérance, était ailleurs ? Et aussi parce qu’on y trouve le Nazisme. En particulier, Platon fait l’apologie de l’eugénisme. Du délit de sale gueule. Et, encore mieux ! la République de Platon, c’est la 5ème République, avec son général cultivé, et tout puissant, et ses hauts fonctionnaires, anciens combattants serviteurs de l’intérêt général ! Et sa dérive oligarchique ultérieure.

Et si Platon, c’était nous ? En concentré, toute la folie du logos, qui peut être la meilleure et la pire des choses ? Logos ou l’esprit de l’Occident ? Et c’est pour cela qu’il faut l’étudier ?

Pour commencer ne révèle-t-il pas les a priori de l’intellectuel ? Platon ne se pose pas un instant la question de savoir comment construire sa cité radieuse. Qui va sélectionner les gardiens, par exemple ? Je soupçonne qu’il croit que si Athènes n’est pas idéale, c’est du fait de la méchanceté de ses contemporains. Comme Gramsci et l’intellectuel moderne, il pense que c’est la parole, le logos, qui fait la société ?

Or, le logos est une arme redoutable. Et Platon en fait la démonstration. Sa parole est séduisante. Langue fourchue, diraient les Indiens. Elle n’est que désir du bien et de la justice ! Qui pourrait s’y opposer ? Seulement, qui veut faire l’ange fait la bête. Ce qu’il propose pour réaliser son rêve est au mieux totalitaire, et, au pire, impossible. Ce qui conduit, lorsqu’on suit ses conseils, ou ceux de ses disciples, Marx et autres, à Staline et Mao, à la tyrannie. Le « gardien » doit avoir une main de fer pour dompter le chaos social. Paradoxalement, ce qu’abhorre Platon.

« Chaque gouvernement porte en lui-même un vice naturel qui semble attaché au principe
même de sa vie ; le génie du législateur consiste à le bien discerner. » disait Tocqueville. « Toute l’histoire des vices de l’Occident n’est qu’une suite de notes de bas de page aux dialogues de Platon » ? Le bon législateur devrait lire Platon ?

(Je ne conseille pas, en revanche, cette traduction, que je trouve particulièrement désagréable.)

Confiance

La devise de la Bourse de Londres est “my word is my bond” – je n’ai qu’une parole. C’est probablement celle du capitalisme : pas d’affaires sans confiance. En France, il est exceptionnel que quelqu’un tienne ses engagements. Par exemple, il est devenu fréquent de ne pas venir à un rendez-vous que l’on a sollicité. Ou de ne plus répondre à un échange de mails. Et cela quel que soit l’âge, le degré d’éducation et le niveau de responsabilités de la personne.  

Fable du lion et du rat ? Ceux qui ont ce comportement comprennent-ils les conséquences qu’il peut avoir ? Car, si nous ne pouvons pas leur faire confiance, ils ne pourront pas, non plus, compter sur nous, et nos réseaux. Et, le jour où l’on nous demandera notre avis sur eux, nous donnerons le conseil de s’en “méfier”.

Il est évident, sans même être la bourse de Londres, que la confiance est le ciment d’une société. Sans elle, c’est le chaos. 

En période de bouleversement social, il est d’usage de citer Thucydide et ses propos sur la manipulation du discours. Aujourd’hui, ce sont des règles bien plus fondamentales que celles concernant le langage qui sont attaquées.

Notre pays fait penser à une entreprise familiale de troisième génération. Entreprise de rentiers qui n’entretiennent pas leur bien ?

Ayons confiance, tout de même ?