Confiance

La devise de la Bourse de Londres est “my word is my bond” – je n’ai qu’une parole. C’est probablement celle du capitalisme : pas d’affaires sans confiance. En France, il est exceptionnel que quelqu’un tienne ses engagements. Par exemple, il est devenu fréquent de ne pas venir à un rendez-vous que l’on a sollicité. Ou de ne plus répondre à un échange de mails. Et cela quel que soit l’âge, le degré d’éducation et le niveau de responsabilités de la personne.  

Fable du lion et du rat ? Ceux qui ont ce comportement comprennent-ils les conséquences qu’il peut avoir ? Car, si nous ne pouvons pas leur faire confiance, ils ne pourront pas, non plus, compter sur nous, et nos réseaux. Et, le jour où l’on nous demandera notre avis sur eux, nous donnerons le conseil de s’en “méfier”.

Il est évident, sans même être la bourse de Londres, que la confiance est le ciment d’une société. Sans elle, c’est le chaos. 

En période de bouleversement social, il est d’usage de citer Thucydide et ses propos sur la manipulation du discours. Aujourd’hui, ce sont des règles bien plus fondamentales que celles concernant le langage qui sont attaquées.

Notre pays fait penser à une entreprise familiale de troisième génération. Entreprise de rentiers qui n’entretiennent pas leur bien ?

Ayons confiance, tout de même ?

Tristan et Iseult

Tristan et Iseult aurait été inventé par un Anglais, qui parlait français, comme tout le monde, à l’époque. C’aurait été un best seller, immédiatement traduit en France et en Europe du nord.

Tristan porte la fatalité dans son nom, « triste » : sa naissance commence par un drame, et sa vie en est un.

En écoutant In our time, qui lui était consacré, je me suis demandé si la fatalité n’avait pas était la source d’inspiration première des littérateurs. Le courant moralisateur, qui a actuellement le haut du pavé, serait une invention récente.

Au fond, son ressort dramatique est faible. Il suppose que le monde est déterminé, que l’on sait le bien et le mal. Tout cela est médiocre et gris. Plus triste que Tristan ? Alors que l’homme affrontant la fatalité est glorieux. Certes, comme dans la vie de Napoléon ou d’Alexandre, cela finit mal, mais avant, il y a eu des exploits incroyables, ou, comme pour Tristan et Iseult, des moments de félicité que personne ne connaitra dans sa vie.

La fatalité aurait-elle du bon ?

Taxonomie

Dans le pacte vert européen, il est question de « taxonomie », de classification des activités économiques que l’Europe désire faire évoluer. Surprise, bien des gens croiraient qu’il s’agit d’une « taxe » !

En fait, le Robert déconseille Taxonomie, et recommande Taxinomie (de taxi et nomie), Science des lois de la classification des formes vivantes. Avec pour second sens : classification d’éléments.

Il y a des chances que notre « taxonomie » soit une traduction un peu brutale de la « taxonomy » anglo-saxonne.

L’avantage de « taxi » (du grec taxis : arrangement, ordre) est peut-être que cela évoquera dans nos têtes incultes l’image de la voiture électrique…

(Quant à taxi, il vient de taximètre, taxis étant aussi à l’origine de « taxe » !)

BBC 3

J’écoute Through the night, de BBC 3. 6h de musique classique, diffusée chaque nuit. Eclectique et intéressant. Curieusement, beaucoup de musique française et de compositeurs français que l’on n’entend pas en France. Mais aussi beaucoup de compositeurs inconnus, et estimables, venus de l’étranger. Et des découvertes surprenantes : Grieg n’aurait pas composé que Per Gynt !

France musique ne rend pas disponible « en réécoute » son programme de nuit, probablement de peur qu’il ne fasse de la concurrence à ses émissions. Cela me paraît un mauvais calcul.

Epate et impact

« L’entreprise à mission », une idée à la mode.

Les rapports des « entreprises à mission » ne sont pas convaincants. Admirez notre vertu ! disent-ils. Il y a des images, de la couleur, des gens qui sourient, des chiffres. Le même vocabulaire partout (chatgpt ?). Mais que signifient ces chiffres ? J’ai fait mon devoir, je peux dormir tranquille ? Tout dans l’épate, mais quel impact ?

Que faudrait-il faire, si l’on était sérieux ? Partir de ce que l’on cherche à obtenir, du phénomène global, et ensuite se demander ce qu’il faut faire pour changer la situation, et à quel endroit critique on peut intervenir.

L’entreprise à impact est un colibri qui prétend éteindre un incendie en crachant dessus. Il ferait mieux d’utiliser ses ailes pour aller prévenir les pompiers.

Le peuple est bête

On me dit, « le peuple est bête, donc dangereux ».

Pour ma part, il me semble que le « peuple » découvre que sa situation s’est dégradée, alors qu’il n’a pas démérité. Il constate aussi qu’il paie de plus en plus d’impôts (qui, contrairement à ce que disent les gens intelligents, ne se limitent pas à l’impôt sur le revenu, mais sont essentiellement indirects) pour un service public qui sombre dans le ridicule…

Et il ne comprend pas pourquoi l’élite, avec son QI de 250, ne saisit pas une réalité aussi simple.

C’est peut être ce qui le rend fou, et dangereux.

La voiture sera-t-elle électrique ?

Carmakers step up EV discounts in bid to stem global demand slowdown
Sharp deceleration in sales growth as mainstream buyers’ appetite proves weaker than expected
Financial Times de lundi 13

En Angleterre, la croissance des ventes d’automobiles serait forte, et la part de l’électrique serait de 22%. Seulement, ce n’est que du rattrapage, le niveau de 2019 n’est pas encore atteint. Et il faudrait qu’il y ait 80% de voitures électriques en 2030. Cela paraît hors de portée, disait un invité de la BBC. (Il y a quelques jours.)

53 % des Français ignorent que la vente de voitures thermiques prendra fin en 2035, selon l’étude 2024 de l’Observatoire Cetelem.

EcoRéseau de lundi 13

Va-t-on avoir le phénomène « chaudière à gaz » ? Lorsque le changement va toucher le peuple, il va réagir brutalement, et le gouvernement devra reculer ? Seulement, entre-temps, les constructeurs européens auront disparu. (Le président de Renault aurait dit qu’ils auraient 15 ans de retard sur les Chinois, car pour s’imposer sur le marché de la batterie électrique il faut toute une chaîne d’activités, dont ils ne maîtrisent pas les maillons essentiels.)

Que ferions-nous si nous étions à leur place ?

L’individualisme est un mauvais calcul

Mon travail avec les interpreneurs me montre des PME qui souffrent du « syndrome de Peter Pan ». Même lorsqu’elles en ont l’occasion, elles ne veulent pas grandir. Pourquoi prendre des risques ?

Du coup, notre économie est faible et le pays est gravement endetté.

Ce qui me fait penser qu’être individualiste, c’est vivre au dessus de ses moyens. Car, notre train de vie correspond à une société dans laquelle tout le monde donne le plein de son talent.

L’individualiste fait un mauvais calcul pour une autre raison. L’esprit d’équipe : il y a du bonheur à partager.