Edouard Philippe

Ce ne peut être lui, me suis-je dit. La photo était pourtant sous-titrée Edouard Philippe.

Il a fallu que je fasse une enquête. Les images de Google et wikipedia retracent la transformation de l’homme. Un curieux blanchissement par tâches. Puis tout est rasé. L’homme est méconnaissable. Le jeune fonctionnaire dynamique et devenu un vieux quelconque.

De l’importance de l’apparence ?

ADN et société

Ce que dit l’article précédent des rôles du bruit et de l’ADN se retrouve dans la vie quotidienne.

Prenons le cas d’une découverte, par exemple celle de l’appareil photo. Au début, il y a une idée simple. La chambre obscure. Mais ça ne marche pas très bien, alors on cherche des idées nouvelles. Et l’innovation ne se met au point qu’à coups de hasards. A posteriori l’histoire semblait écrite et, pourtant, elle n’est que chaos.

Quand on y réfléchit un peu, il est possible qu’il en soit de même de notre vie. Peut-être est-elle comme un voilier ? Elle ne peut rien faire sans vent, seulement celui-ci vient de tous les côtés, avec toutes les forces. Mais, ce qui compte est « qu’il vienne » ? Ensuite, « la chance sourit à l’esprit éclairé » ?

Eternelle Grèce ?

Aristote disait que la classe moyenne était essentielle à l’équilibre d’une nation. Il se trouve que beaucoup estiment que la classe moyenne a connu quelques difficultés, et que cela pourrait expliquer M.Trump, le Brexit, les Gilets jaunes, etc.

D’où cela est-il venu ? Apparemment, comme dans l’histoire grecque : de la prise de pouvoir par une « oligarchie ». Oligarchie qui a essoré la société à son profit. On n’est pas loin de Platon. Lui aussi dit que les « gardiens » de sa République idéale, qui ressemblent tant à nos hauts fonctionnaires, tels qu’on aurait aimé qu’ils fussent, ont tendance à devenir des oligarques.

Bruit et ADN

We give our genes and our environment all the credit for making us who we are. But random noise during development might be a deciding factor, too.

Article de Quanta Magazine

Aurais-je raison, pour une fois ?

Jusque-là le scientifique pensait que nous étions totalement déterminés par notre ADN. Décoder l’ADN c’était tout savoir, et tout résoudre.

En fait, on constate que le hasard, le « bruit », joue un rôle critique dans la création de l’individu, si bien qu’il y a de populations entières de clones, tous ayant le même ADN mais ni le même comportement ni la même apparence. Ce « bruit » serait particulièrement important dans la création du cerveau humain…

Une confirmation de ma théorie selon laquelle la nature sélectionnerait la diversité ?

It’s known that random noise is critical to the survival of bacteria and other single-celled asexual organisms. For them, random fluctuations allow for an evolutionary strategy known as bet hedging: The temporary, random introduction of variants into a population improves the species’ chances of survival should environmental conditions change. For instance, among infectious bacteria, the presence of a few “persister” cells that randomly shift into metabolic dormancy can help the population survive doses of antibiotics that wipe out the rest.

Délire philosophique ?

Ma découverte de la philosophie est tardive.

J’en suis arrivé à penser que c’était une sorte de religion. On l’aime pour ses contradictions.

Peu de gens la pratiquent. Ceux qui le font, soit lui doivent leur pain, soit la vénèrent. Aucun n’a d’esprit critique.

C’est la « raison pratique » que je trouve particulièrement utile. Les travaux d’Aristote, par exemple. En effet, c’est, généralement, une réflexion sur le bon usage de la raison.

Je considère la « raison pur », la métaphysique, comme un délire. Mais, c’est un délire utile, lui aussi. Elle montre, probablement, les limites de la raison. Là où elle ne doit pas s’aventurer. Les concepts qu’elle utilise sont « absurdes ».

Exercice curieux : comment construire notre vision du monde et de notre vie, en sachant que ces concepts n’ont pas de sens ?

WeWork

Faillite de WeWork. On me dit : enfin, on va revenir à l’économie réelle !

J’en doute, WeWork, c’est l’Amérique. L’Amérique, ce sont des grands bateleurs qui séduisent des investisseurs par leurs folies. Elon Musk, Jeff Bezos, sont des bateleurs qui ont réussi. D’autres, comme Sam Bankman-Fried, échouent. Donald Trump est au milieu. Et, justement, les démocrates cherchent à le faire choir en attaquant ce que l’on tolère un temps chez les autres. L’électeur l’a bien compris : il trouve que ça n’est pas bien jouer. Le businessman est par nature un escroc, pourquoi le lui reprocher ?

En fait, la valeur de WeWork n’était pas plus artificielle que celle du dernier Picasso mis en vente. Le spéculateur sait que le marché leur donne un prix. Leur valeur réelle n’a aucun intérêt.

Hôpital : rien ne va plus ?

En Angleterre, le manque de personnel de santé aurait été comblé par l’arrivée de 60.000 immigrés l’an dernier (BBC).

En France, on me disait que, désormais, l’intérim fait rage. Un médecin peut gagner plus de deux mille euros pour un week-end. Du coup, il demande à ses collègues : pourquoi être salarié ? Pas étonnant que notre système nous coûte cher ?

On me disait aussi qu’un hôpital avait décidé de prendre le taureau par les cornes et de créer une « marque employeur », pour attirer des personnels fidèles.

Et si l’Etat, au lieu de gouverner par décret et théorie fumeuse, s’inspirait de l’entreprise ?

Distraction

Lors d’un oral, un examinateur m’a dit n’avoir jamais rencontré quelqu’un d’aussi distrait que moi. Aujourd’hui, je trouve cette remarque flatteuse : il y a tellement rare d’être trouvé unique !

Sur le tard, je prends conscience que cette distraction se comporte bizarrement. Ce qui la caractérise est mon incapacité à écrire une phrase correctement. Entre son début et sa fin, mon esprit a changé de cours. Si bien, par exemple, que le masculin devient féminin, et inversement. Et que dire des accords, qui se font au hasard de la dernière idée qui m’est venue.

Ce qui fait aussi que je suis un mauvais joueur : je perds sans arrêt le fil de la partie. Et que j’ai toujours eu du mal à suivre un cours. Mon esprit divague.

Il serait intéressant de trouver les origines du mal.

En tous cas, il a des conséquences imprévues. Connaissant mon manque de fiabilité, je n’arrête pas de relire mes textes. Ce qui me rend, paradoxalement, souvent remarquablement plus fiable que la moyenne. C’était particulièrement patent à l’époque où j’écrivais du logiciel. Dans ma jeunesse, j’avais aussi un art de retomber sur mes pattes qui surprenait mes professeurs. Me voyant distrait, ils me demandaient souvent ce qu’ils venaient de dire. Et, miracle, je parvenais à retrouver quelques éléments de discussion, et à les restituer dans un tout original, dans lequel s’entendait l’esprit à défaut de la forme.

J’anime beaucoup de réunions. Il s’agit toujours de résoudre un problème compliqué, sans avoir plus de deux heures pour cela. Curieusement, c’est au moment où je me dis que je suis échec et mat, que je n’y comprends rien et que l’on n’y arrivera pas, que surgit une solution. La créativité demande-t-elle d’être distrait ?

Théorie de la complexité ?

Manifestations en Angleterre

En Angleterre, Suella Braverman fait des vagues. Elle critique les policiers pour deux poids, deux mesures. Pourquoi ne traitent-ils pas les manifestants pro palestiniens comme les mouvements d’extrême droite ?

Ce que ne dit pas la BBC, c’est qu’elle exprime probablement l’opinion de la communauté juive, dont est issu son mari.

En tous cas, beaucoup d’élus demandent sa démission, et la police estime qu’elle jette de l’huile sur le feu.

Oui, mais n’est-ce pas cela la démocratie ?

(Certains mauvais esprits pourraient dire que la démocratie est hypocrite. Pendant qu’elle donne l’illusion de la démocratie, elle laisse le temps à l’armée israélienne de nettoyer Gaza. Sa « désorganisation » paralyse ce qui aurait pu s’y opposer et qui, contrairement aux manifestants, ne semble pas très chaud pour mourir pour le Hamas…)