Manifestations en Angleterre

En Angleterre, Suella Braverman fait des vagues. Elle critique les policiers pour deux poids, deux mesures. Pourquoi ne traitent-ils pas les manifestants pro palestiniens comme les mouvements d’extrême droite ?

Ce que ne dit pas la BBC, c’est qu’elle exprime probablement l’opinion de la communauté juive, dont est issu son mari.

En tous cas, beaucoup d’élus demandent sa démission, et la police estime qu’elle jette de l’huile sur le feu.

Oui, mais n’est-ce pas cela la démocratie ?

(Certains mauvais esprits pourraient dire que la démocratie est hypocrite. Pendant qu’elle donne l’illusion de la démocratie, elle laisse le temps à l’armée israélienne de nettoyer Gaza. Sa « désorganisation » paralyse ce qui aurait pu s’y opposer et qui, contrairement aux manifestants, ne semble pas très chaud pour mourir pour le Hamas…)

Qu’est-ce que la vérité ?

Pour savoir ce qu’est la « vérité », on interroge les travaux de philosophie. Pourquoi eux, uniquement ?

En écoutant ce qu’ils disent (In our time, de la BBC), je me demande si le mal du philosophe n’est pas de rechercher des absolus. Ce faisant, il débouche sur des classifications subtiles. Une joie pour l’esprit et ses jeux. Mais de quelle utilité ?

A mon avis, toute société utilise un certain nombre de concepts, justice, égalité, vérité ou autre. Ils sont essentiels pour sa bonne marche, mais ils n’ont pas de sens bien défini. A chaque fois que l’on en a besoin, on s’interroge sur eux. Par exemple, lors d’un procès. En fait, à tous les coups, on repart, ou devrait repartir, de zéro. Et on finit par trouver une solution, plus ou moins bancale, sur laquelle le groupe s’accorde, ou renonce à s’affronter.

Le plus curieux avec la philosophie est que son désir d’absolutisme part dans tous les sens. L’émission s’inquiétait du « postmodernisme », qui a perverti notre société, et qui veut que tout soit relatif. L’absolu dans l’anti-absolu !

En fait, j’ai fini par entendre une philosophie qui me convient : le pragmatisme paraît aller dans mon sens. Comme quoi, j’ai peut-être tort : il ne faut pas désespérer de la philosophie ? Tout est une question de réglage, comme aurait dit, avec ses mots, Aristote ?

Servage en Russie

L’originalité des Russes est d’avoir asservi leur propre peuple. Cela s’est fait relativement récemment, au 16ème et 17ème siècles. Le pays avait besoin d’une cavalerie de petits nobles, et ceux-ci avaient besoin de revenus pour faire la guerre. Alors on leur a donné des serfs.

La fin du servage tiendrait à la convergence d’un courant moderniste, ému de la défaite de Sébastopol et de ce qu’elle signifiait du retard russe, et d’un courant traditionaliste, qui considérait que le paysan était l’âme de la Russie.

In our time, de la BBC, remarquait que cette libération avait été relativement paisible, si on la compare à ce qui s’est passé aux USA, avec l’esclavage des Africains.

En tous cas, le servage a pris de multiples formes, au cours de l’histoire. Cela semble une tentation de l’humanité. Elle me rappelle ce que dit Rousseau de l’égalité. Pour lui c’était une égalité « de puissance »…

Matteo Ricci

L’histoire de Matteo Ricci est une histoire de conduite du changement.

Il est arrivé en Chine pour la convertir. Mais il a vite compris que, vue la sophistication de la société, et son colossal complexe de supériorité, les trucs usuels ne marcheraient pas. Le client ne serait pas facile à épater. Il fallait la connaître de l’intérieur, et jouer avec ses codes. Alors il a étudié le Chinois, s’est fait un habit de mandarin, et a cherché dans la culture nationale ce qui pourrait le servir. Il aurait en particulier marqué des points en attaquant la Chine sur sa force, le dit complexe de supériorité : il a produit une carte du monde, dont elle n’avait pas conscience.

Eut-il du succès ? Il s’est fait un nom pour lui-même. Apparemment, il fait partie du panthéon chinois. En revanche, il n’a converti qu’une poignée de marginaux. La faute en reviendrait, en fait, au pape, qui aurait « cassé sa baraque », en interdisant qu’il tolère le culte des ancêtres. Encore un qui n’avait rien compris à la conduite du changement ?

(Idées venues de In our time, de la BBC, as usual.)

Rome esclavagiste

Rome a porté l’esclavagisme à un niveau industriel. Les Romains auraient prélevé un million d’esclaves en Gaule, par exemple. Des peuples vaincus pouvaient être intégralement réduits en esclavage. (In our time, BBC 4.)

Mais c’était un esclavagisme qui plairait à nos intellectuels : il n’était pas raciste. Tout le monde était susceptible d’être esclave.

Ce besoin d’esclaves se serait expliqué par le mépris du travail manuel des élites romaines. Ce qui, avec mon mauvais esprit habituel, m’a fait m’interroger sur les actions de nos intellectuels. Car, lorsqu’ils accusent les peuples de colonialisme ou autre, ne se méprennent-ils pas ? N’est-ce pas leurs propres frères, parce qu’ils ne voulaient pas se salir les mains, qui ont réduit l’homme en esclavage ?

Sorcières de Salem

On voit parfois les USA comme un pays de progrès, mais, par bien des côtés, c’est un fondamentalisme religieux, bien plus à l’aise avec d’autres fondamentalismes, y compris islamiste, qu’avec l’héritage des Lumières (paradoxalement représenté par l’URSS).

C’est peut-être ce que rappelle l’histoire de sorcières de Salem. Une communauté prise de folie, et qui massacre ses membres. Le massacre ne cessant qu’au moment où il menace la haute société.

La communauté concernée connaît des conditions précaires : elle est à la frontière d’une guerre avec les Indiens et les Français. Elle vit dans la peur. En outre, il semble qu’il y ait beaucoup de haines en son sein. Et, surtout, qu’elle soit une secte à la pensée inquiétante. Etrangement, toutes ses valeurs semblent inversées. Elle croit, finalement, plus au diable qu’à dieu. L’élu, selon elle, se reconnaîtrait à ce qu’il est combattu par le malin, et donc qu’il est poursuivi par la malchance ! Idem pour la justice : c’est la communauté qui juge sans appel, celui qu’elle dit coupable ne peut sauver sa vie qu’en se repentant de ce qu’il n’a pas fait.

Mais, au fond, quoi de différent avec les procès staliniens ? Comment éviter qu’une pensée collective ne se détraque ?

(Idées venues de In our time, de la BBC.)

La grand peur de l’intelligence artificielle

Grande conférence sur les dangers de l’intelligence artificielle, en Angleterre.

J’entendais Elon Musk dire que, demain, elle ferait notre travail. Mais qu’y connait-il, me suis-je demandé ? En quoi le fait d’avoir séduit des investisseurs le rend-il omniscient ?

Pourquoi, d’ailleurs, a-t-on aussi peur d’elle ? Alors que l’on ne se préoccupe pas des dangers des batteries électriques, qui semblent pourtant s’enflammer spontanément, et qui se trouvent, bien souvent, dans des parkings d’immeubles… D’ailleurs, qui est « on » ? Les « people » ?

Mais l’exercice est peut-être sain. Cela nous donnera, ensuite, qui sait ?, envie de traiter d’autres sujets, comme, par exemple, notre propension au conflit armé, ou à écraser le faible, ou encore à la manipulation de notre prochain.

D’ailleurs j’ai entendu quelques propos dignes d’intérêt. Il serait important de comprendre ce que fait l’intelligence artificielle, par exemple.

Voilà une nouveauté. Jusque-là, l’obsession de l’humanité était de comprendre les lois de la nature. Avec l’IA, ce fut le renoncement, le laisser faire. Va-t-on remettre notre cerveau en marche ? Le bon moyen pour qu’elle ne nous prenne pas notre emploi ?

Supply chain sous contrôle

Certains rêveraient de connaître qui commerce avec qui.

La cartographie de la « supply chain » aurait apparemment beaucoup d’intérêts : identifier ses points faibles, et donc éviter ses accidents (qui coûteraient 2% du PIB mondial chaque année !), la fraude, le non respect des droits de l’homme, faciliter la « transition écologique ». (Article.)

Apparemment faire une telle cartographie serait facile pour les pays qui collectent la TVA à la transaction (contrairement à la France).

Un temps, on a cru qu’Internet serait le paradis du libertaire. Maintenant, on envisage un total contrôle de l’individu. Y aura-t-il un moyen terme, façon Aristote ?

Brics et Crics

Un temps, il n’y en avait que pour les Brics, un concept inventé par quelque consultant (en fait un économiste de Goldman Sachs, selon wikipedia). Si vous en doutiez, vous étiez, comme aujourd’hui pour les sujets à la mode, un déplorable obsolète. L’avenir avait fuit, emmené par son élite éclairée, l’Occident.

On imagine que le dit consultant doit maintenant avoir une autre théorie, à laquelle il tient toujours aussi fort. Ce n’est pas la girouette qui change…

Quant aux Brics, ils ont pris une mine méchamment patibulaire. Il y aurait de quoi refaire l’affiche de « usual suspects » avec leurs leaders. Les Brics sont devenus Crics : Chine, Russie, Iran, Corée du nord. Le plus curieux est que les deux premiers semblent aux mains des deux seconds, alors que ceux-ci paraissent faméliques…

Un bénéfice du changement ? Il a révélé les vertus de la démocratie. C’est peut-être le chaos, mais le chaos, c’est la vie !

Crypto des bois

J’écoutais parler des mésaventures de Sam Bankman-Fried. Il devrait écoper de 110 ans de prison, dit-on.

Fin de récréation pour « l’élite » ?

Ce qui me frappe est qu’on le traite comme d’un criminel ordinaire, alors qu’il semble avoir utilisé au moins 8 milliards de l’argent de ses clients pour « faire le bien ». Il menait grand train, certes, mais c’était probablement ce à quoi il avait été habitué.

Il aurait mérité qu’on aborde son cas comme celui d’un crime passionnel ! L’avocat américain, si riche, aurait-il perdu tout talent ?

C’était un Robin des bois moderne ?