Bourdon et abeille

To make their choices, the bumblebees trade off the time they spend collecting nectar with the energy content of that nectar. This means they will forage to collect nectar that’s hard to access – but only if the sugar content of that nectar makes it worth doing so.

This big-and-fast approach contrasts with honeybee foraging: honeybees make their decisions by optimising their individual energy expenditure for any nectar they collect. This more measured approach should prolong the honeybee’s working life.

Je parle d’écologie comportementale, et je trouve un article sur le sujet.

Il s’agit de bourdons et d’abeilles. Ils ont adopté deux stratégies de collecte de pollen opposées. L’abeille semble privilégier sa longévité, et donc ne pas chercher l’exploit, alors que le bourdon veut récolter ce qu’il y a de plus énergétique, pour le bien de sa communauté, quoi qu’il lui en coûte. Mais les deux espèces ont aussi des stratégies de stockage différentes, qui vont avec ces comportements.

Cela irait-il dans le sens d’une sélection naturelle de la diversité ?

Intelligence accusée

Grande conférence sur l’intelligence artificielle. Comment empêcher ses méfaits ?

Si je comprends bien, il y en aurait trois : la sécurité, le risque de perte de compétences critiques, la confiance (on ne comprend pas ce que fait l’IA).

Voilà qui semble de bonnes questions, que l’on devrait se poser systématiquement. On devrait se demander, je crois, si l’on ne peut pas prévoir si l’innovation dernière en date ne peut pas avoir quelques effets pervers évidents. Mais aussi si ce n’est pas de la poudre aux yeux, qui nous fera lâcher la proie pour l’ombre.

Et, effectivement, il se trouve que l’IA a marqué l’avénement d’un changement curieux : jusque-là, l’homme voulait comprendre, c’était le règne des mathématiques. Brutalement, il y a renoncé. Celui qui avait les capacités de faire un travail scientifique s’est dit « élite » et « chef », et donneur d’ordres. Si bien qu’il a bien fallu que « quelque-chose » fasse le travail. Et cette chose a été l’IA. Une IA qui n’a rien de neuf sinon que la capacité de calcul désormais disponible a laissé croire à certains, et il n’en fallait pas beaucoup pour cela vus les intérêts en jeu, qu’elle pouvait faire des miracles.

Une nouvelle constitution pour l’Europe

WESTERN EU COUNTRIES UP PRESSURE FOR REFORM, STRESS CONDITIONS FOR UKRAINE ACCESSION: Western EU countries including Germany, France, Spain and Portugal are amping up pressure on the need to reform the Union, just as leaders prepare to open formal accession talks with Ukraine and Moldova next month.

Frankenstein’s monster: Their fear is that without more steps toward reform, but with the momentum for accession building, the EU could slide into a dynamic where it swells to 30 or more members with no coherent plan on how to function efficiently, resembling something like Frankenstein’s monster, or — worse still — the United Nations.

Politico.eu du 1er novembre

On envisagerait une Europe « à la carte ». Avec une offre de base et des options.

Qu’en penser ? Que cela parait bien important, pour être traité en catimini. Et que le danger de la théorie est qu’elle produit souvent des effets imprévus, qui pavent l’enfer de ses bonnes intentions. Ce qui semble préférable est la démarche des pragmatistes : l’expérimentation.

En tous cas, cela semble un changement de constitution, sans assemblée constituante. Europe fort peu démocratique ? Un sujet à ajouter à la liste des problèmes à résoudre ?

Ecologie comportementale

Si je comprends bien, l’écologie comportementale viendrait de l’idée que le comportement des animaux obéit à la sélection naturelle. Cette discipline aurait utilisé, outre les idées de Darwin, la théorie des jeux, et une transposition de résultats venus de l’économie. Elle s’opposerait aux travaux de Konrard Lorentz, qui pensait que certains comportements étaient innés.

Une de ses idées serait le « gène égoïste ». Le fait que les comportements animaux seraient déterminés par les intérêts de leurs gènes. (In our time, de BBC4.)

Cela mériterait d’être creusé. Mais pose quelques questions. Les expériences dont parlait l’émission portaient sur des micro phénomènes, pas sur la complexité d’un écosystème. Or, l’individu n’est pas seul. Il change avec son milieu.

En outre, je ne suis pas certain que tous les animaux d’une même espèce aient le même comportement. Par exemple, un précédent billet disait que l’on ne savait pas pourquoi certains oiseaux migraient alors que ce n’était pas le cas de leurs semblables.

Et surtout, cela ne paraît pas expliquer l’extraordinaire bizarrerie du monde. J’ai l’impression que plutôt que de sélectionner des comportements, la nature sélectionne la diversité. Ce qui n’est peut-être pas idiot. Car, contrairement à ce que croit la théorie du gène égoïste, l’avenir n’est pas prévisible. Il ne faut surtout pas mettre ses oeufs dans le même panier. Mieux : il faut sans arrêt inventer. (Ce qui rend l’avenir imprévisible !)

J’ai beaucoup utilisé un article portant sur la « stratégie en environnement incertain », je me demande si les spécialistes des comportements animaux ne feraient pas bien de le lire.

(Par ailleurs, j’ai lu « the selfish gene », qui explique que, du fait des croisements et recroisements, on ne peut pas réellement parler de « gène »…)

5ème république, mal de la France ?

The USA, the UK and France, which have led the democratic world, are all suffering problems with their constitutions. But the problem is most acute in France, where President Macron has lost his parliamentary majority, and forced his pension reforms through by decree. But worse is to come; Macron can only serve as President until 2027 and will leave a vacuum at the heart of French politics when he steps down. And unlike Charles de Gaulle, he doesn’t seem likely to leave an enduring movement or an obvious successor. He hoovered up centrist support when he swept to power, and his main rivals now are either far-left or far-right. They both are populists, anti-NATO and pro-Putin. Edward Stourton explores if France is heading towards a constitutional crisis and asks what political turmoil in our nearest neighbour might mean.

Présentation de France : a constitutional crisis in the making (sans point d’interrogation). Une émission de BBC4.

Il est curieux d’entendre parler de son pays par des étrangers.

La France file un mauvais coton, pense la BBC. M.Macron pourrait suivre l’exemple de M.Obama et transmettre le pouvoir à Mme Le Pen. Le problème de la France vient de sa constitution qui permet de la gouverner sans faire grand cas de l’avis du peuple. A cela s’ajoute le fait que M.Macron a siphonné les voix de la droite et de la gauche modérées. Il n’y a plus que lui et les extrêmes. Or, la constitution de la 5ème République, parce qu’elle n’est pas démocratique, leur convient très bien et permet de gouverner en étant minoritaire. Quel serait, pour le monde, l’impact d’une France, qui demeure une grande puissance, d’extrême droite ?

Constitution dysfonctionnelle, mais problème complexe. L’émission disait que, faute d’un système de partis forts comme en Angleterre, un régime parlementaire, celui de la 3ème ou de la 4ème République, est instable.

La solution est peut-être, comme dans toutes les démocraties, entre les mains du peuple ? Tant qu’il se comportera de manière irresponsable, il sera ingouvernable ?

Francis Mer

Porterais-je malchance ? Je voulais demander un avis à Francis Mer sur mes projets, et je viens de voir qu’il était décédé.

J’ai envisagé un jour d’entrer chez Usinor, et je me souviens de l’avoir vu en photo sur la brochure de présentation de la société. Mais je ne l’ai rencontré que beaucoup plus tard. On me l’avait décrit comme tyrannique. J’ai découvert, au contraire, quelqu’un de charmant. La première question que je lui ai posée fut : qu’est-ce qui ne va pas en France ? Il m’a répondu : les dirigeants des grandes entreprises. Ils ne sont plus à l’écoute de leur entreprise.

Lui l’avait été. Ce blog rapporte l’histoire d’un anthropologue qui était venu lui dire que la science de ses ingénieurs était la cause des difficultés de ses usines, qu’il devait laisser libre cours à l’intuition de ses ouvriers. Et il avait suivi son avis.

Il avait créé la Fondation Condorcet. Mais celle-ci était dans une impasse. J’ai essayé de l’aider, seulement j’ai rencontré une résistance imprévue, et mon bénévolat a des limites.

A cette époque Francis Mer avait publié un article sur le cercle vicieux dans lequel se trouvait le pays. Ce qui le minait était la logique d’un capitalisme qui tournait à l’envers et était en train de tuer la poule aux oeufs d’or, ses producteurs ; le salut, c’était son opposé : le capital humain.

On parle désormais « d’économie productive ». Notre société va-t-elle dans la direction que lui indiquait Francis Mer ?

Francis Mer, ministre des finances :

Mass shooting

La semaine dernière il était question d’une nouvelle tuerie de masse, aux USA, dans le Maine, un Etat pourtant connu pour être exceptionnellement pacifique, selon la BBC.

Je pense que la tuerie de masse est un rite culturel américain. La personne dépressive ressent la nécessité d’éliminer quelques-uns de ses semblables avant de mettre fin à ses jours. Ce faisant, elle a droit à beaucoup de publicité. Elle crée des émules. (Ce que l’on appelle « l’effet Werther ».)

Curieux phénomène. Individualisme américain ? Pour l’individualiste, le mal ne peut qu’être social ?

Dommage qu’Emile Durkheim n’ait pas fait école ? Ses techniques d’analyse des pathologies sociales auraient sans doute éclairé la situation.

Eternel Japon

J’ai appris (Carbone 14, de France Culture), que le Japon avait été peuplé par le nord, il y a environ 30.000 ans. On aurait pu, à l’époque, peut-être, y aller à pied sec du continent.

J’ai aussi appris que sa société s’était développée selon un mode différent de ce que l’on pensait jusque-là un parcours obligé.

Comme quoi, me semble-t-il, ce qui fait une société n’est pas un déterminisme historique, mais, plutôt, des conditions locales. En revanche, il semble qu’aux mêmes conditions, elle réponde, plus ou moins, de la même façon.

(Emission du 14 octobre.)

Paix en Palestine

Le calcul du Hamas semble avoir été, par ses atrocités, de contraindre les Israéliens à massacrer ses frères palestiniens. D’en faire des martyrs, et de déclencher un cycle de vengeances sans fin, qui gagne le monde.

L’autre jour, j’entendais la BBC se demander si les Israéliens n’avaient pas adopté une stratégie à la Poutine (ma traduction) : le sort de leurs otages compte moins que l’élimination des terroristes.

Et si l’Europe, qui a été détruite par une guerre fratricide, aidait les Palestiniens et les Israéliens à trouver une solution à leurs problèmes ? Et à reconstruire ce qui a été détruit. Après tout cela ne devrait pas coûter aussi cher que le soutien aux Ukrainiens.

Pour cela, il faudrait sûrement s’inspirer des erreurs commises par les Américains, en Irak et en Afghanistan. Evitons de plaquer un modèle culturel sur une société. Il faut comprendre son âme. Et il ne faut pas lui envoyer ce que l’on a de plus fruste, une armée, mais, au contraire, ce que l’on compte de meilleur et de plus subtil. Car le succès du changement, selon ce blog, c’est « in quiétude » et « donneur d’aide ».

Institution durable

Pensée pour jour des morts ?

Lorsque j’observe les institutions d’enseignement par lesquelles je suis passé, deux semblent promises à une fin peu glorieuse : Centrale et l’Insead. Une autre, Cambridge, est indestructible. Et, pourtant, elle est aux prises avec un wokisme qui s’est saisi de tous ses organes de communication.

Qu’est-ce qui rend une organisation durable, ou non ?

Je pense que la France donne l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Centrale et l’Insead sont, comme notre pays, des constructions théoriques avec un pouvoir jacobin. La théorie est rapidement pervertie et tend à donner son contraire, un pouvoir fort offre à l’incompétent la capacité de démolir l’édifice.

Cambridge, par contraste, est résilient. Il n’y a pas de chef, sinon sous une forme de potiche, mais tout un écosystème compliqué de collèges et d’institutions d’enseignement et de recherche, qui cultivent leurs rites exotiques et poursuivent leur petit bonhomme de chemin depuis 800 ans.

Travaillez, prenez de la peine… ?