Gladiateur

J’entendais dire que Galien, le grand médecin de l’antiquité, s’était fait la main sur les gladiateurs. Non seulement il les recousait, mais, en plus, il s’occupait de leur régime alimentaire. Apparemment, il s’agissait de protéger le muscle par de la graisse…

En ces temps, les gladiateurs, bien qu’esclaves, étaient d’immenses célébrités. (Nouvelles venues de deux émissions de BBC4.)

Il est difficile de ne pas voir de similitudes entre le footballer moderne et le gladiateur. Bien sûr, le footballer ne joue pas sa vie. Mais, au fond, il n’y a que ses mérites physiques qui ont une valeur pour la société. Elle le considère comme un animal. D’ailleurs, elle fait bien peu d’efforts pour cultiver son cerveau. Contrairement à la pratique qu’elle a adoptée pour d’autres virtuoses de telle ou telle discipline.

Un sujet pour les droits de l’homme ?

Terrorisme relatif

En direct, Israël-Hamas : des « combats acharnés » dans le nord de la bande de Gaza, rapporte le Hamas

Le Monde de samedi 16 décembre

Le Hamas est un groupe terroriste pour l’UE et la Grande Bretagne, entre autres. Il y a peu l’Allemagne disait avoir démantelé une tentative d’attentat sur son territoire, organisée par le Hamas. Ce qui semble confirmer son statut.

(Wikipedia note que cette question est un point de vue. L’Iran, par exemple, trouve le Hamas très sympathique, puisqu’il lui fournit des armes.)

Ce qui est curieux est que Le Monde (et la BBC) semble avoir de très bonnes relations avec lui. La presse est-elle au dessus des lois ?

Le mur

La force de la BBC est de faire des émissions historiques passionnantes. Cette fois, il s’agissait du mur de Berlin. On est à côté des dirigeants est-allemands, et même d’un Vladimir Poutine, qui assiste, impuissant, aux événements.

La chute du mur tiendrait à une bourde. Les dirigeants est-Allemands avaient prévu de permettre la sortie d’Allemagne de l’Est par un dispositif compliqué, fait pour doucher les enthousiasmes. Mais le responsable de la communication s’emmêle dans ses papiers et répond incorrectement à une question d’un journaliste, ce qui déclenche un mouvement de foule, qui a raison du mur de Berlin et de l’Allemagne de l’Est. Apparemment Gorbatchev n’en est pas mécontent. Y compris si cela signifie la réunification des deux Allemagnes.

L’histoire, celle-là en particulier, tient-elle à une bourde, ou est-elle un rouleau compresseur ?

(Une autre émission, sur la Chine cette fois, rappelait qu’elle ne s’est pas dissoute avec les autres pays communistes. Elle a écrasé les revendications populaires.)

Verdun

On a oublié ce que fut Verdun.

Apparemment tout commence par une idée d’un général allemand. Le fort de Douaumont, réputé imprenable, n’est pas défendu. Il domine Verdun. Il suffit de le prendre et d’y masser de l’artillerie. C’est le moyen de saigner l’armée française, qui va lancer ses hommes à l’assaut de canons. C’est là qu’apparaît Pétain, qui, jusqu’à la guerre n’avait pas eu une carrière bien remarquable, et allait prendre sa retraite. Il réorganise l’armée, établit des rotations, si bien que quasiment toute l’armée passe un moment à Verdun. Et reprend le fort et y masse de l’artillerie. Les Allemands se prennent au jeu, et ne se retirent pas. Ils subissent le sort qu’ils réservaient aux Français. Ils finissent par perdre la bataille. Des deux côtés les pertes sont à peu près égales, mais surtout énormes.

Pas étonnant que le Français n’ait plus voulu combattre en 40 ? Il avait « tout donné » en 14, et avait vaincu, sa victoire ne pouvait que lui avoir été volée ? Surtout, ce qui est curieux, me suis-je dit, est que cet épisode est totalement oublié aujourd’hui. Alors qu’il a longtemps marqué les consciences, et explique l’extraordinaire, aujourd’hui inconcevable, gloire de Pétain.

(Verdun, the sacred wound, BBC 4)

Antisémitisme de gauche

Les scores élevés sur la seconde dimension, nouvel antisémitisme, structuré par la critique d’Israël, vont de pair avec un niveau d’études et de revenus élevé (), un fort intérêt pour la politique, un positionnement politique de gauche ou d’extrême gauche (notamment une proximité affirmée avec les composantes de la NUPES – Insoumis, PS, EELV, PC), des scores particulièrement bas sur toutes les échelles de préjugés et d’autoritarisme, et l’absence d’affiliation religieuse () et ils sont associés à une image négative de la Palestine (0,44).

Telos

En fait, cet « antisémitisme » semble plutôt un anti sionisme. Curieusement il serait aussi anti palestinien. Serait-ce un anti-tout ? une forme de nihilisme ?

Ou une dérive de la bien-pensance ? Israël colonisateur occidental ?

Un moyen de se donner bonne conscience, à peu de frais : on attaque un ennemi qui ne vous veut pas de mal ? (Une tactique qui est peut-être plus dangereuse qu’on ne le pense : qui peut faire une différence entre le bon et le mauvais Occidental ?)

Mystérieux.

La conscience de Bergson

Diantre ! J’ai déjà lu ce livre. Aubaine : un petit Bergson ! m’étais-je dit, en l’achetant. Je n’avais pas vu que ses trois chapitres étaient tirés d’autres ouvrages. J’en avais lu deux, déjà. Rationalisation : je me suis consolé en pensant qu’un philosophe devait se lire et se relire.

Effectivement. Dès les premières pages, je me suis demandé : mais que veut-il donc dire avec son histoire de temps qui est de l’espace ?

Il me semble, finalement, comme à la première lecture, que Bergson est l’antithèse de Kant. Pour lui la raison pure est la seule qui vaille. Ou, plutôt, l’intuition. Notre sensibilité, si elle n’avait pas été brouillée par la société, percevrait la réalité. Les artistes sont les seuls à avoir échappé à la malédiction commune. Et encore partiellement. Parce que nous devons agir, et vivre en société, nous avons inventé une modélisation de ce qui nous entoure. Elle est pratique, mais fausse. Ce ne serait peut-être pas si grave que cela, seulement nous l’utilisons, à l’envers, pour expliquer le fonctionnement de notre esprit. Il ne peut qu’en résulter des dommages.

Il semble aller fort loin. Ainsi, il dit que ce serait la conscience humaine qui transformerait les atomes en molécules. Il s’en prend donc à ce que la théorie de la complexité appelle « l’émergence ». Or, les atomes ont-ils le dernier mot ? Ils sont eux-aussi modélisation. L’esprit, effectivement, selon Bergson, percevrait la réalité ultime, bien au delà des rêves les plus fous des physiciens ?

Partant de ces idées, on peut se demander quelles applications pratiques Bergson va faire d’une telle théorie. Eh bien, il semble que son ambition soit relativement limitée. Le second texte traite du rire. Le rire est un rappel à l’ordre émis par la nature. C’est le signal d’avertissement qu’envoie le groupe humain à l’individu qui va un peu trop loin dans la confusion entre réalité et modélisation, dans aliénation. (Ce qui m’a fait me demander si Jankelevitch, et son traité des vertus, n’était pas le digne continuateur de Bergson. Si le projet de Bergson n’était pas, simplement de mettre un peu d’humanité dans notre vie quotidienne.)

Dans la dernière partie, il donne des leçons à Darwin. Il est invité à une conférence à la mémoire de Huxley, « bouledogue » du dit Darwin. Il explique le sens de l’évolution. Cela ressemble à de l’Héraclite. La vie est une lutte entre la matière inerte et quelque-chose d’autre, « élan vital », conscience ou autre. Ce combat produit de multiples embranchements, de multiples espèces, de plus en plus libres, mais finissant par être rattrapées par l’inertie, et devenant des robots. Seul l’homme est libre. Cette liberté lui est conférée par la société, qu’il fait évoluer, et qui lui donne les moyens de ses désirs. A la fin de la vie, l’âme, ou quelque-chose d’approchant, prend son envol dans l’état que lui a fait atteindre sa lutte contre la matière.

Quoique l’on puisse en penser tout cela est élégant et très bien écrit. De mieux en mieux au fur et à mesure que Bergson vieillit.

Impeachment

Les républicains américains ont décidé de renverser le président du pays.

Ce pays semble pris de folie. M.Trump, ancien président et candidat, après une tentative de coup d’Etat fait l’objet d’une série de procès. Et le président est attaqué, ce qui est une tradition.

Amérique ou démocratie ? Car la France lorsqu’elle était parlementaire était un chaos permanent. Et il en est de même de l’Italie.

Montesquieu disait que le principe de la démocratie était la « vertu ». C’est aussi son problème ?

Réputation de Mongol

Les mongols auraient été un peuple très civilisé, disait Concordance des temps, de France culture.

Ils étaient envahissants, certes. Mais ils étaient aussi un vecteur économique important, faisant circuler les biens d’une nation à une autre. Leur « horde » était un mode d’organisation sociale comme un autre. Horde signifierait « yourte », l’habitat idéal, chaud en hiver, et frais en été.

Pourquoi ont-ils aussi mauvaise réputation, alors ? Parce que ça les arrangeait. Mme Clinton répondrait probablement que c’était une forme de « soft power ».

L’Angleterre de Louis XIV

Et si l’Angleterre devait tout, et surtout sa gloire, à Louis XIV ?

Louis XIV a terrorisé l’Angleterre. Ce qui l’a amenée à se débarrasser de son roi catholique et à importer un roi protestant des Pays bas. Et, dans la foulée, à donner le pouvoir au parlement.

Le roi de remplacement voulait sauver son pays d’origine des griffes de la France, en le fusionnant avec l’Angleterre. Cela a permis d’unir l’Europe contre Louis XIV, et de lui faire mordre la poussière. Et il y a encore mieux, le parlementarisme qu’a dû accepter ce nouveau roi, en échange de son trône, s’est révélé la condition nécessaire du système financier qui a payé les défaites successives de la France.

Sans Louis XIV certains Anglais se demandent si leur pays aurait eu une histoire.

Voilà ce que j’ai retenu d’une émission historique de la BBC.

Histoire de France : la bêtise triomphante ?