Depuis plus de 6 ans, je mène une enquête pour savoir comment changer la France. Avec l’association des interpreneurs, cela m’a amené à récolter plus de 300 témoignages, à « accompagner » quelques dizaines d’entreprises, de tous genres, et à rencontrer beaucoup de monde (et à publier deux livres). Un point :
Le constat et le credo majeurs des interpreneurs : nos territoires ont un considérable « potentiel ignoré ». Depuis, ce constat s’est précisé :
➡️ Nous observons une transformation systématique de l’activité humaine. Pour nous, c’est là que se trouve l’économie de demain. Elle a pour dénominateur commun « durabilité » : elle se nourrit de ce qui n’est pas durable. Par exemple, récupérer la chaleur perdue (par les centrales nucléaires, l’industrie…) ressortit à la fois de techniques conventionnelles et est beaucoup plus efficace et moins désastreux pour l’environnement que l’exploitation des énergies renouvelables. Curieusement, cette transformation (cf. témoignages du blog des interpreneurs) ne fait pas la une des journaux.
➡️ Le cas de la chaleur perdue illustre, d’ailleurs, ce qui pourrait expliquer la faillite du pays. Nos gouvernements ont cru à des illusions (« innovation de rupture ») et ont cherché à imposer par la force ces changements « contre nature ». D’où un Etat surpuissant mais qui est un panier percé, qui ne sert plus le citoyen. Citoyen qui paie de plus en plus, pour de moins en moins de services.
➡️ Que demande le changement dont nous avons besoin ? Les succès que nous observons s’appellent « ETI de PME » ou « Projet de territoire » (mais pas au sens où on l’entend habituellement, voir vidéo pour explication). Ce sont des changements qui viennent de l’initiative d’un collectif d’entreprises, dans laquelle s’investissent les élus locaux, qui savent mettre à son service l’Etat.
Seulement, l’on observe qu’en France toute la politique, et même toutes les relations humaines, semble conçue comme lutte du bien contre le mal. Le cœur de la question est peut-être là. Nous avons besoin de retrouver l’esprit du Conseil National de la Résistance, qui a réuni l’ensemble des partis politiques et des syndicats, pendant la guerre, et a produit un programme dont la France actuelle est sortie.
