Histoire de la nation portugaise

Encore un. Un livre bien écrit, mais dont la lecture est éprouvante.

La « nation portugaise » s’est constituée très tôt, à l’époque où les Musulmans ont été boutés hors de son territoire. Et depuis ? Quasiment plus rien. Sinon une sourde tristesse. Le regret d’une grandeur volée.

Comment expliquer cette différence avec la France, dont l’histoire n’est que bruit et fureur ? l’auteur serait-il passé à côté de quelque chose ?

Il ressort de la lecture un sentiment bizarre. N’en voudrait-il pas à Salazar ? Mais il n’apporte pas beaucoup d’éléments à charge. Certes ce fut un affreux fasciste, mais il a évité une guerre à son pays, et n’a pas collaboré avec l’Allemagne. Certes, il y a eu colonie. Mais, en ces temps, tous ceux qui le pouvaient étaient colonialistes et sa décolonisation semble beaucoup moins sanglante que la guerre d’Algérie, ou que les guerres qui ont résulté de la décolonisation de l’empire britannique d’Inde.

Finalement, il abat ses cartes. Il fait, effectivement, un procès en colonialisme au Portugal ! Repentance ! L’historien moderne se prendrait-il pour un procureur ?

Canal moins

L’autre jour, la BBC s’étonnait : pourquoi Canal Plus s’introduisait-il à la bourse à Londres, alors que tout le monde la quittait pour l’Amérique ?

Son dirigeant lui accordait une longue interview, qui expliquait à quel point sa manoeuvre était brillante. Un raisonnement comme seul un Français peut en faire.

Le soir, le prix du titre avait baissé de 20%…

Réchauffement cubain

Barack Obama avait décidé de se rapprocher des Cubains. Lorsqu’il fut élu, Donald Trump renia les promesse d’Obama. Beaucoup se sont sentis trahis. (Witness history, BBC world service)

De Gaulle aurait dit : « les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ».

C’est en particulier vrai pour les USA, qui sont sans arrêt revenus sur leurs engagements. A commencer par ceux qu’ils avaient pris après la guerre de 14. C’est d’ailleurs une caractéristique du pays : on appelle « innovation » le renoncement à un engagement auquel tout le monde croyait (par exemple à un engagement de verser une retraite).

Ce qui a au moins l’avantage de forcer l’individu à maintenir son cerveau en activité permanente.

Javier Millei

On présentait Javier Millei comme un « populiste » un peu timbré. Quel est le sort de l’Argentine, maintenant qu’il est au pouvoir ? (Une émission de la BBC.)

Il a été pragmatique. Il n’a pas utilisé les mesures les plus radicales de son programme. Il a fait une politique de type « FMI ».

On ne veut pas se prononcer sur l’avenir, mais, ce qui est certain est qu’il a ramené l’inflation à « seulement » 2% par mois et que les investisseurs étrangers reviennent, et ils étaient cruciaux. Quant aux pauvres, qui paient toujours la facture dans ce cas, ils étaient déjà tellement cabossés qu’ils ont absorbé le choc sans s’en émouvoir excessivement.

Plus remarquable : il gouverne sans majorité. Un pèlerinage à suggérer à M.Bayrou ?

Perdre pied

Drôle d’histoire. Il y a une quinzaine d’années sont apparues sur les plages de Vancouver des chaussures contenant des pieds.

Règlements de comptes entre gangsters locaux ?

Non. Tout tenait à l’invention d’un nouveau type de chaussure de sport, ultra légère. Les pieds appartenaient à des suicidés qui s’étaient retrouvés à la mer. Apparemment, il faut peu de temps à la faune marine pour trancher une jambe. Et les courants tendent à converger vers les mêmes plages.

Grâce à leur ADN on est parvenu à retrouver les propriétaires des pieds. Et à rassurer leurs familles, qui avaient enfin une réponse à leurs inquiétudes.

(D’après une émission de la BBC.)

La prochaine fois que la solution à une énigme nous paraîtra évidente souvenons-nous que nous avons toujours tort ?

Réforme de l’Etat

J’ai besoin de tickets pour prendre le train. Mais aucun distributeur ne marche, et il n’y a plus âme qui vive dans une gare. J’ai rebroussé chemin et annulé mon rendez-vous.

Et si c’était comme cela qu’avait été réformé l’Etat ? On achète des machines pour améliorer ses services. Il faut être moderne. On déplace les personnes dont la machine est supposée faire le travail dans des bureaux. On ajoute à tout cela des personnes qui achètent des machines et des consultants qui ne donnent pas de conseils, mais font, à bien plus cher, ce que ne veulent plus faire les personnels administratifs ? (Qui font grève pour protester contre la perte de sens de leur emploi ?)

Voilà pourquoi il n’a jamais été aussi coûteux et aussi (ridiculement) inefficace ?

Commandant Cousteau

Esprit 68 ? Le commandant ne m’a jamais beaucoup intéressé. En ce temps, la France avait des figures d’autorité qu’il fallait admirer.

Comme souvent, je me suis trompé. Cousteau était bien plus curieux que je ne le pensais. C’était un aventurier. Il aurait aimé être astronaute. Et ses films étaient fort difficiles à réaliser. Son bateau, petit et mediocre, était dirigé par sa première femme. Il a toujours couru après l’argent. Et il avait fini par en trouver auprès de studios américains. Ce qui a fait de lui une célébrité aux USA.

Etrange destin d’ailleurs. Il a vite découvert que l’océan se dépeuplait. A l’image des sociétés développées, il a dit à ses contemporains : ne m’imitez pas, sans quoi la planète est fichue. Conseil difficile à suivre.

(D’après une émission de France culture.)

L’ère du bien

On n’a pas assez parlé de Sam Bankman-Fried.

Fils de deux universitaires du plus haut niveau, l’aristocratie américaine. Il est, naturellement, un génie. Le petit génie type : celui qui reste toute sa vie un enfant, qui vit en pyjama, et passe de l’école aux commandes de l’économie. Le génie ne peut qu’être original. Durant ses études, qu’il fait dans les meilleures universités, il est marqué par les cours d’un illustre philosophe. Il enseigne comment faire le bien.

Le génie a une idée géniale : la solution finale à la question du bien : monter un fonds qui investisse dans le bien. Du fait de ses relations, il est vite milliardaire. Il est furieusement à la mode. Il est fréquenté par ce qui se fait de mieux. Seulement, on finit par s’inquiéter de ses placements. Il se retrouve en prison.

Tout le portrait de « l’élite de notre temps » ?

Jean-François Revel

Son esprit est celui de la mise en garde d’Abraham Lincoln : « Si la destruction est notre destin, c’est nous-mêmes qui devons en être les auteurs… En tant que nation libre, nous devons soit vivre jusqu’au bout, soit mourir par suicide. »

Article

Je découvre Jean-François Revel. Il aurait connu un grand succès d’édition tout en étant honni à la fois par l’élite intellectuelle et l’extrême droite.

Difficile de se faire un jugement sur une personne en un article. En tous cas son analyse du pays et des démocraties semble curieusement actuelle. En particulier, j’en suis aussi arrivé à penser que la démocratie est son pire ennemi. Si elle n’est pas menacée, elle s’auto-détruit.