
Encore un. Un livre bien écrit, mais dont la lecture est éprouvante.
La « nation portugaise » s’est constituée très tôt, à l’époque où les Musulmans ont été boutés hors de son territoire. Et depuis ? Quasiment plus rien. Sinon une sourde tristesse. Le regret d’une grandeur volée.
Comment expliquer cette différence avec la France, dont l’histoire n’est que bruit et fureur ? l’auteur serait-il passé à côté de quelque chose ?
Il ressort de la lecture un sentiment bizarre. N’en voudrait-il pas à Salazar ? Mais il n’apporte pas beaucoup d’éléments à charge. Certes ce fut un affreux fasciste, mais il a évité une guerre à son pays, et n’a pas collaboré avec l’Allemagne. Certes, il y a eu colonie. Mais, en ces temps, tous ceux qui le pouvaient étaient colonialistes et sa décolonisation semble beaucoup moins sanglante que la guerre d’Algérie, ou que les guerres qui ont résulté de la décolonisation de l’empire britannique d’Inde.
Finalement, il abat ses cartes. Il fait, effectivement, un procès en colonialisme au Portugal ! Repentance ! L’historien moderne se prendrait-il pour un procureur ?