Le changement n’aura pas lieu ?

Qui est encore préoccupé par la transition climatique ? D’après une enquête récente, c’est un souci de plus en plus secondaire pour les nations, en particulier en France, et même chez les écologistes !

L’article révèle qu’un tiers des Français sont « climato-sceptiques » (voilà ce que l’on n’entend pas à la radio !) mais surtout que « une très forte majorité de Français (71%) est convaincue que « à cause de leurs batteries, les voitures électriques sont aussi nocives pour le climat que les voitures à essence ». » Cette opinion est même majoritaire chez les écologistes !

Globalement, la population semble penser de plus en plus qu’elle a déjà fait assez d’efforts personnels et que l’innovation technique doit prendre le relais.

Après tout ce battage, la transition climatique pourrait-elle se révéler un pétard mouillé ?

(L’exemple même de comment procède la résistance au changement ? Et de la première diapo que je présente lorsque je parle de changement…)

Raison et changement

La raison paraît inefficace face au changement.

Les sociétés semblent avoir peu de mémoire. Elles tendent à partir sans arrêt de 0, les nouvelles générations à peine sorties de l’enfance submergeant les anciennes. Et ces nouvelles générations ont la tête farcie de sornettes. Surtout l’intérêt fait loi.

Mais, à côté de cette forme d’élan produit par la volonté de puissance, des mécanismes sociaux, comme l’université ou les livres, maintiennent la mémoire du passé. Lorsque la réalité finit par attraper l’élan, les enseignements du passé ressurgissent.

Ce qui semble prouver que la raison a une certaine résilience.

Benoît Duteurtre

J’ai appris avec du retard que Benoît Duteurtre était décédé.

Il animait la seule émission que j’écoutais en direct (le temps d’étendre mon linge, ce qui n’est pas long). Elle avait un mérite rare : elle était calme. On y parlait de chanteurs désuets et de musique légère. Et Benoît Duteurtre, esprit encyclopédique, était ce que j’appelle un « littéraire brillant », quelqu’un à la parole facile et élégante.

Avec mon mauvais esprit habituel, je flairais le complot. J’avais cru comprendre que c’était un auteur à succès. Son éditeur ne lui avait-il pas obtenu cette émission ? Cela lui permettait de faire de la publicité à ses oeuvres, en échange de quoi France Culture bénéficiait d’une émission gratuite, et contournait la loi ?

En tous cas, la lecture de sa fiche wikipedia m’a fait découvrir qu’il n’était pas qu’un homme de lettres. C’était d’abord un musicien. Et son oeuvre semble avoir été une critique de la morale dominante. Ce qui mériterait peut-être qu’on la lise.

Déluge

Jeudi matin, j’entendais les agriculteurs britanniques dire que la pluie avait commencé en octobre 2023 et que depuis elle n’avait pas cessé.

Une autre émission expliquait que, régulièrement, en fonction de phénomènes tels que El Nino, la terre subirait des cycles climatiques caractérisés par des périodes durant lesquelles certaines régions sont hyper pluvieuses, et d’autres hyper sèches (la Californie en flammes ?).

Je lisais aussi chez wikipedia que je ne sais plus qui semblait mettre en cause le « consensus » des scientifiques concernant le réchauffement climatique. Mais ce « consensus », à l’opposé de l’esprit de la science, ne paralyse-t-il pas la curiosité de nos chercheurs ?

Le bon gouvernement

Aristote pensait que le bon gouvernement consistait à apprendre la vertu aux citoyens. Curieusement cela semble aussi le projet de notre gouvernement, qui a, comme ses prédécesseurs, un ministère de l’éducation nationale.

Pour ma part, je ne suis pas un partisan du lavage de cerveau. Je constate que ce que devrait veiller à éviter un gouvernement, c’est l’utopie, la révolution. Non-seulement celle-ci ne réussit pas, mais elle aboutit à une contre révolution. Le gouvernement devrait être prudent et éviter les mouvements violents.

Surtout, il devrait chercher à placer sa société dans des conditions qui la forcent à la sagesse. Henri Bouquin disait que la mission du contrôle de gestion était d’organiser l’autonomie. C’est l’idée.

De quelles conditions s’agit-il ? Difficile à dire. Probablement il faut qu’elles créent un milieu favorable à l’entraide. Autrement dit, l’individu doit se sentir en permanence quelque peu en danger. Un excès de protection est probablement un mal.

Enfin, ces conditions ne doivent pas pouvoir être remises en cause. C’est la question de la gestion des communs étudiée par Elinor Ostrom.

Ethique de la responsabilité

L’on pourrait encore imaginer d’importer le génial mécanisme allemand de la motion de censure constructive, qui oblige ses signataires à donner le nom de celui qui deviendrait automatiquement premier ministre en cas d’adoption. Ici comme là, cela protégerait des majorités contre-nature (droite et communiste) dont faillir être victimes Michel Rocard, Edith Cresson et Pierre Bérégovoy. De plus cela permettrait à la majorité en place de remplacer elle-même un premier ministre devenu par trop impopulaire. Elle ne ferait pas aisément, mais le simple fait qu’elle le puisse pourrait conduire le président de la République à la traiter moins mal…

La constitution introduite et commentée par Guy Carcassonne et Marc Guillaume.

Une solution à notre instabilité parlementaire : que nos députés nous proposent le nom d’un premier ministre ? La critique est facile…

Le monde en jeu

Les USA sont aux mains de MM. Trump et Musk. Tous 2 sont des représentants d’une tradition américaine éternelle : celle de l’entrepreneur. L’entrepreneur américain est un joueur. Ce n’est pas un homme de raison mais d’intuition. Ce qui fait qu’il va de faillite en faillite. C’est lui contre tous. Il se veut immortel. Ce qui se passe après sa mort ne le concerne pas. Si bien que rien de ce qu’il fait n’est durable.

Tocqueville l’avait remarqué. La force du commerce américain en son temps s’expliquait par une forme de course contre la montre qui mettait à mal homme et navire. Marche ou crève. Betting the  farm dit-on en anglais.

Notre avenir : roulette américaine ?

Cause toujours ?

Pourquoi la BBC parle-t-elle tant d’Israël et pas du tout de la Russie, de la Corée du nord, du Soudan, de la Chine ? Pourquoi ne se demande-t-elle pas s’il était une bonne idée de cacher les quartiers généraux du Hamas sous des hôpitaux ? Pourquoi a-t-il fallu un coup d’Etat pour qu’elle découvre la situation de la Syrie ?…

Peut-être parce qu’Israël est une démocratie et qu’il est peu dangereux d’y enquêter ? Peut-être aussi par un phénomène curieux qui fait que l’on semble voir l’arbre mais pas la forêt ?

Mais ce que démontre aussi la BBC, c’est qu’elle peut dire ce qu’elle veut, cela ne change pas le cours des événements ? Au moins, cela lui donne bonne conscience ?

Vaccin

Une émission de la BBC disait que l’on avait découvert un moyen plus efficace et moins désagréable que le vaccin pour protéger l’homme des infections.

On a observé que notre peau disposait de systèmes de défense particulièrement puissants. Par conséquent pourquoi ne pas mieux en tirer partie en réutilisant à leur profit nos techniques de création de vaccins : en les entraînant à réagir aux nouvelles épidémies ?

New insights into how our skin learns to tolerate and co-exist with bacteria on its surface show great potential for the development of simpler and less invasive vaccines.

Emission

L’homme serait-il un apprenti sorcier ? Pourquoi serait-il capable d’inventer ce que la nature n’a pas imaginé ? Mais, après tout, il semble que nous devions à l’homme et à la société nos maladies. Peut-être est-ce dans l’ordre des choses que nous leur cherchions aussi des traitements qui auraient été inutiles sans nous ?