Hypocrisie ?

« Alternative truth » ? La gauche américaine était (est) le parti du bien, le défenseur de l’opprimé.

Résultat de sa politique : jamais les riches n’ont été aussi riches. (A moins qu’ils n’aient été opprimés ? Après tout c’est une minorité, et les minorités sont toujours opprimées par les majorités, n’est-ce pas ?)

Paradoxe pour paradoxe : la politique de Trump leur sera-t-elle aussi favorable que celle de Biden ? Serait-ce ce qu’a pensé l’électeur ?

The very richest Americans are among the biggest winners from Biden’s time in office, despite his farewell address warning of an “oligarchy” and a “tech industrial complex” that threaten US democracy

Bloomberg (@bloomberg.com) 2025-01-16T13:58:49.151Z

Négociation

Qu’est-ce qui a fait aboutir les négociations entre le Hamas et Israël ?

D’après ce que je lis :

Dans un premier temps, les succès militaires israéliens, qui ont fait comprendre au Hamas qu’il ne pouvait plus attendre de secours, dans un second, Trump, qui voulait un succès avant son intronisation, et qui aurait tordu le bras de Netanyahu.

Quant à la suite…

Mal du pays

Drogue. Une des épidémies des USA. 90.000 morts par an. Il s’agirait du Fentanyl. Un produit de synthèse, particulièrement peu coûteux, et tellement plus puissant que les drogues naturelles qu’il tuerait ses consommateurs en un temps record. Si bien que les trafiquants cherchent de nouveaux débouchés. On espère qu’ils vont commencer par le Brésil, avant de penser à l’Europe.

Le produit viendrait de laboratoires chinois. Ce ne serait pas l’effet d’un complot, mais plutôt d’une corruption endémique. Pourquoi consomme-t-on de la drogue ? Les victimes ne seraient pas celles (ou seulement celles) que l’on attend. Ce seraient d’anciens malades, privés de leur traitement, et d’anciens militaires en état de choc. (Ce que je retiens d’Affaires étrangères, de France culture, du 11 janvier.)

Pathologie sociale ?

Contrat social

Aux USA, la justice est devenue un champ de bataille. Les démocrates l’ont instrumentalisée, Donald Trump les a mis KO en s’appropriant la Cour suprême.

Le propre de la loi est d’être détournée de son esprit. Aux USA, avec assez d’argent, vous lui faites dire quasiment ce que vous voulez. Il n’y a que les pauvres qui s’assoient sur la chaise électrique.

Cet effet pervers est le propre de tout ce qui est explicite, de tout ce qui prétend imposer le bien en force. La véritable loi est implicite. Elle résulte de ce que l’on désire vivre avec ses contemporains, et que, pour cela, on est prêt à leur passer leurs petits défauts. Aime et fais ce que tu veux.

Colossal start up

Colossal Biosciences veut remettre le mammouth en circulation. Et Colossal Biosciences est une start-up. Et elle vaut 10 milliards de dollars.

Qu’est-ce que peut trouver un investisseur dans une telle entreprise ? Reconstituer Jurassic Park ? Ce que je lis n’est pas très clair. Il y aurait effectivement cette possibilité. Il y aurait aussi des sous-produits de la recherche qui donneraient d’autres start-up, qui elles-mêmes lèvent des fonds…

A moins que la start-up ne soit une sorte d’artefact de la culture américaine. Certains ont le talent d’inventer des idées qui plaisent à d’autres (de grands enfants qui ne savent quoi faire de leur argent ?). Sans trop se préoccuper de leurs conséquences ?

La voix de son maître

Je n’aime pas taper sur un ordinateur. J’ai eu l’idée d’écrire mes textes et de les lire à une application de reconnaissance vocale.

Amusant. Parfois cela marche. Parfois, cela délire. Cela colle les mots au lieu de les détacher, ou n’écrit rien. Il y a, bien sûr, beaucoup de fautes, mais c’est un mal mineur.

L’intelligence artificielle n’est pas inutile. Il faut apprendre à l’utiliser. C’est à dire parvenir à comprendre ses caprices. Curieusement, c’est l’inverse de ce qui nous est vendu.

(En revanche quel est le « retour sur investissement » ? Me faire gagner un peu de temps, mérite-t-il de consommer autant d’énergie et de fabriquer du matériel aussi peu ami de la nature ?)

Michelet

Michelet. Qui était-il ? Emission de France Culture de 1998.

Longue émission. Ramollissement cérébral : je n’en retire rien ? Sinon : était-il historien, comme on l’a présenté, ou un artiste ? L’un de nos trois ou quatre meilleurs écrivains ?

Du coup, je suis allé revoir un livre de lui que je n’avais pas fini.

Effectivement, c’est un écrivain au talent hors du commun. Mieux que du Victor Hugo, ou du Chateaubriand, car son écrit ne semble pas travaillé mais dicté par l’inspiration divine : il ne raconte pas l’histoire, mais une histoire. Et elle coule sans effort, mais avec le souffle de l’épopée, du drame antique. C’est l’Iliade.

La France c’est le Messie. Elle annonce à l’humanité la véritable bonne nouvelle. Même mouvement que la religion catholique mais avec, cette fois, le message juste : dieu c’est le peuple, égalité de l’homme dans une société mondiale. Chaque civilisation a été une étape vers cette découverte, et c’est la France qui l’a réalisée.

Il a aussi écrit un cours de philosophie. Curieusement, il ne semble pas avoir lu les philosophes. Il s’intéresse plutôt à ce que nous appellerions la « sociologie des organisations », le comportement des peuples.

Conclusion ? C’était un homme de son temps. La technique qu’il emploie est aussi celle de Hegel. Tous deux décrivent la marche de l’histoire. Dans un cas, elle aboutit à la France, dans l’autre à l’Allemagne. Avec la même idée : l’homme découvre, enfin, qu’il appartient à une communauté. Auguste Comte emploie les mêmes procédés, d’ailleurs. Tous essaient de donner une cohérence aux découvertes de leur temps.

Mais c’est peut-être avant tout un sociologue. Sa description du Français, en particulier, est frappante. Il est moche individuellement, contrairement à ce qu’est l’élite aristocratique. Mais il fait preuve de génie dès qu’il participe à un mouvement collectif. (Enseignement pour la France de 2025 ?)

On retrouve aussi Marc Bloch. Plutôt : une certaine idée de la France ? Comme de Gaulle, mais autrement, son oeuvre fut une tentative d’agir sur les événements ? Non une étude de l’histoire mais la volonté d’inventer la société que méritait l’humanité ? 

Éternel milliardaire

Trump a en commun avec d’autres milliardaires une sorte d’étrange jeunesse. Il n’a pas les traits que l’on associe d’ordinaire à son âge, pas de lunettes, de rides, il a des cheveux, il est toujours bronzé. Surtout il semble toujours aussi énergique

Il semble jeune mais étrangement jeune : il inspire un sentiment bizarre un peu comme ces robots qui deviennent inquiétants à mesure que la ressemblance à l’homme augmente.

J’imagine qu’il doit exister toute une industrie de la réfection du milliardaire. Peut-être partage-t-elle l’esprit des fanatiques de l’intelligence artificielle ? La machine est l’avenir de l’homme ?

Affreux, sales et méchants

Trump et Musk : la folie au pouvoir ? Des malades ? Au moins des garnements ? Tout permis. Ne respectent aucune convention sociale. Aucune raison. L’un veut s’emparer du Canada, du Groenland et du canal de Panama, l’autre veut remplacer les gouvernements anglais et allemands par des fascites.

Ce qui révèle l’injustice de notre société. On ne tolérerait pas leur comportement d’un enfant ou d’un citoyen.

Ce qui révèle, curieusement, la faiblesse du parti de la raison. Il se tait et collabore. Au fond, il n’avait aucune conviction ? Les grands du GAFA, hier impeccablement moraux, font allégeance, et ce avec enthousiasme. On se croirait revenu en 40. « Le savant est une merde », comme disait élégamment Proudhon ?

Une fois de plus, les résistants sont rares. Au fond, ce que l’on attend, c’est que les événements ramènent ces affreux à la raison ? Que leur folie leur explose à la figure ? Sans que nous en fassions les frais ?

Elizabeth Bowen

Le hasard me fait écouter une nouvelle d’Elizabeth Bowen (BBC 4 extra).

Je ne comprends rien. Je recherche le texte de la nouvelle. Curieusement, si, j’ai compris les mots. Mais pas le sens. Enquête. C’est une disciple de James Joyce.

Tout s’éclaire. Tolstoï, Virginia Wood, James Joyce, Proust, et Bergson, dans une autre catégorie, avaient une idée fixe : trouver un procédé qui fasse vivre au lecteur les moments infimes et décisifs où une existence bascule. Les big bangs de l’individu.

Contrairement à ce que disait Proust, l’oeuvre serait-elle inséparable de la vie de l’auteur ? Dans l’oeuvre, l’esprit du temps est implicite. Sans lui que reste-t-il ?

Chercher à reconstituer cet esprit a une utilité : nous sortir de nos idées reçues. C’est un exercice intellectuel salutaire. La véritable utilité de la « recherche du temps passé » ?