Tu seras égoutier

Du métier d’égoutier. Un « métier d’homme », dangereux, que l’on pratique de père en fils, en équipe, où l’on travaille 4h par jour, où l’on a beaucoup de responsabilités et toute liberté, où on respecte une hiérarchie de la compétence… On y trouve même un informaticien, qui y a découvert sa vocation.

Je me suis demandé si ce n’était pas de tels métiers dont on avait besoin. Mais l’émission se terminait par une grande déploration : l’égout ruine la santé.

Que penser ? Exercice obligé ? Tous les métiers manuels sont des métiers de damnés ?

Anesthésie

Que ferons-nous après Trump ? Me suis-je demandé le jour de sa reculade groenlandaise. Allons-nous, nous les Européens, nous rendormir ?

A ce sujet, je me suis posé, brutalement, une question inattendue. Et si le mal dont je souffre ne m’était pas propre ? J’ai toujours eu un esprit paresseux. Je ne veux pas penser. C’est ma conscience qui me tourmente et qui force mon esprit à travailler, généralement trop tard. Et je lui en veux. Mon idéal a toujours été la retraite. Ce qui est anormal. L’esprit humain n’est-il pas fait pour l’éveil, comme celui de l’alpiniste en cours d’escalade, ou du pygmée, au coeur de la jungle ? Et si ce mal était celui de notre société, depuis la fin de la guerre ? me suis-je soudainement demandé. (Peut-être d’ailleurs est-ce ce que dit Hannah Arendt dans La condition de l’homme moderne ?) Sommes-nous anesthésiés ?

Mais, surtout : peut-on se réveiller ? Peut-on remettre en marche notre cerveau ? Faut-il être jeune pour avoir un espoir de réussir ? Et, d’ailleurs, comment, à l’avenir, éviter de retomber dans ce piège ? La retraite a la voix des sirènes, et le gouvernant a une telle tentation de nous endormir pour nous diriger ? Comment rendre Trump éternel ?

L’unique règle du succès

Les livres à succès anglo-saxons nous ont contaminés. Ils expliquent invariablement qu’il faut imiter les entreprises qui réussissent. Et, effectivement, on dit à la France et aux Français d’imiter les Américains, les Allemands, les Chinois et, récemment, les Grecs, les Italiens et les Portugais.

Ce qui a fait le succès de l’aristocratie d’ancien régime n’était pas les manières de cours, mais les boucheries de ses ancêtres. Si les Grecs se sont sauvés, c’est parce qu’ils ont regardé en face leurs problèmes grecs, et qu’ils ont trouvé un moyen de les résoudre. S’il y a une leçon à tirer de leur exemple, c’est probablement celle-là, et qu’il ne faut imiter personne. Et même n’écouter personne : si mes souvenir sont bons, les ténors de l’économie affirmaient, à l’époque de la crise grecque, que les Grecs étaient condamnés. (Mais ce n’est pas en s’exprimant ainsi que l’on devient une vedette de l’édition.)

Quelqu’un d’optimiste dirait que les conditions sont, donc, favorables, pour que, demain, l’Europe soit un modèle que l’on désire imiter.

Le mythe de l’Atlantide

Qui dit mieux ? Platon a créé un mythe. Celui de l’Atlantide.

Et ce mythe a eu un succès extraordinaire. Il n’y pas un endroit sur le globe, sous les mers et dans les terres, où l’on n’ait pas situé, avec certitude, l’Atlantide !

Le mythe est le propre de l’homme. Certaines idées lui plaisent particulièrement. Il semble que celle-ci « se rattache à un ensemble plus vaste, qui est celui des paradis perdus et des Ages d’or ».

Ces mythes paraissent ridicules et pourtant « on ne peut pas les tuer ». Pourquoi ? Parce qu’ils sont aussi séduisants qu’utiles. « Le mythe se sert du passé pour donner signification au présent. » Les mythes sont un code de la route pour le comportement collectif. Et c’était bien le projet que Platon avait pour son mythe : donner une leçon à la Grèce de son temps. Mais cette leçon ne vieillit pas : elle est aussi celle que veulent nous donner les écologistes.

Le plus surprenant peut-être est qu’il semble que l’on croie sincèrement à un mythe dans la mesure où on y a intérêt…

Décryptage

Exercice favori de ce blog : comprendre la « logique » d’une personne. Affaires étrangères s’attaquait à Trump.

Au fond, j’avais vu relativement juste. En quelque-sorte, il n’y a pas de Trump sans feu. Comme il l’a souvent fait au cours de sa carrière, il donne de mauvaises solutions à de bons problèmes, problèmes que d’autres n’avaient pas vus ou ne voulaient pas voir. Il y aurait bien un « problème groenlandais », par exemple. Ensuite, il ne croit qu’au rapport de force. S’il a reculé en ce qui concerne le Groenland, c’est parce que la bourse américaine a compris que sa menace tarifaire concernant l’Europe allait créer une crise économique. La bourse s’est effondrée. La bourse est son point faible.

En revanche, j’ai sous-estimé son besoin de publicité. Il semble convaincu qu’il doit absolument être en permanence le centre d’attention de la planète.

Erreur et changement

On raconte que, pour certains peuples, l’animal descend de l’homme. Ce qui peut paraître idiot, mais cela a des conséquences sur la nature et l’homme éminemment favorables. Comprendre, réellement, ne signifie-t-il pas réussir un changement de ce type ?

J’ai toujours tort, dit ce blog. En fait, c’est pire que cela : je n’ai pas compris ce que signifie avoir tort ! Je ne me trompe pas aléatoirement, probablement, mais en obéissant à un mécanisme particulier. A une sorte de fatalité. Constater que j’ai tort devrait m’amener à me demander si je ne suis pas victime d’un a priori qui mérite d’être réformé ? Changer d’a priori est-il suffisant ? ne faut-il pas aussi explorer toutes ses conséquences ?

Patagonie

Histoire de la Patagonie, région perdue dans les brumes glacées de l’hémisphère sud.

Une histoire de massacre ? Des populations autochtones, mais aussi des immigrés venus d’ailleurs. Dans cette histoire, il n’y a pas de bons ? La misère fait de l’homme un loup pour l’homme ? C’est la société qui a inventé la justice et l’adoucissement des moeurs, et nous en a donné les moyens ? (Peut-être en ôtant beaucoup de sel à la vie ?)

La bataille de wikipedia

Wikipedia est visiblement un champ de bataille. Tous les rédacteurs un peu sérieux que j’ai rencontrés me l’ont confirmé. Chaque lobby tente d’influencer le lecteur.

On peut noter, au passage, que le lobby des intellectuels a un avantage à ce jeu. Mais aussi les lobbys des « puissants », qui peuvent se payer des intellectuels.

Mais est-ce un succès ? En tous cas, cela montre la difficulté de faire vivre un « bien commun ».

(Et il paraît que les algorithmes d’IA se nourrissent des textes de wikipedia : « garbage in garbage out » ?)

En Estonie, la réécriture de l’histoire sur Wikipédia inquiète
Les contributeurs ont constaté récemment des modifications préoccupantes concernant le pays balte sur les pages en anglais de l’encyclopédie, leur faisant craindre une opération d’influence visant à présenter une version prorusse des événements.

Le Monde du 22 janvier

Concorde

Concorde commençait sa carrière commerciale il y a 50 ans (le 21 janvier). C’était un avion révolutionnaire. Et il avait ses fans, pilotes, hôtesses, passagers.

Mais, il fut victime, déjà, d’un coup en traître des perfides Yankees. Ne parvenant pas à construire un supersonique, ils ont torpillé Concorde.

Un temps, la France déclarait des guerres pour un oui, pour un non, puis elle a tendu la joue gauche. Ne serait-il pas temps qu’elle retrouve un juste milieu ?

(Curieusement, même enfant, je n’ai jamais rêvé de Concorde, je n’appréciais pas sa ligne, sa carlingue était étroite et ses sièges ne semblaient pas confortables, et je ne voyais pas l’intérêt de voyager dans un avion de chasse… Ceux qui l’ont emprunté m’ont parlé d’un argument auquel je ne suis pas sensible : les sensations que l’on ressentait lorsque l’on était projeté à la verticale, lors du décollage.)