L’ère du rouleau compresseur

Affaires étrangères parlait d’une stratégie américaine visant à dominer le secteur de l’énergie. Pas seulement le pétrole, mais aussi le petit réacteur nucléaire. Procédé est habituel : financement par fonds d’investissement, qui permettent de prendre des marchés à perte, avec l’espoir de « se refaire » une fois un monopole obtenu ? Et il y a l’Allemagne. Méthodiquement, elle transforme son industrie pour en faire un champion de l’armement.

Un précédent billet parlait du « rouleau compresseur chinois », qui éliminait une à une toutes nos entreprises. Mais, au fond, il restait un espoir. Lorsqu’elles sont touchées par le départ d’un donneur d’ordre, nos entreprises essaient de « pivoter » vers l’armement ou le nucléaire. Seulement, que va-t-il leur arriver si les Américains et les Allemands s’emparent de ces deux derniers secteurs ?

Le plus surprenant, peut-être, est que tous ces pays semblent avoir adopté des politiques industrielles méthodiques, « rouleau compresseur », alors qu’en France la confusion la plus complète règne.

Japon et métaphysique

Le Japon serait présocratique, ce qui aurait suscité l’intérêt d’Heidegger.

Socrate et Platon auraient été des innovateurs, ils auraient inventé la métaphysique. Autrement dit, ce bas monde ne compte pas. L’idéal est dans les nimbes. Curieuse idée lorsque l’on y réfléchit un rien.

Quel impact a-t-elle eu sur notre histoire et sur notre vie ? Voilà qui mériterait d’être étudié.

Les mérites de Donald

A 103 ans, le long chemin vers la citoyenneté allemande de Ruth Gruenthal, juive américaine ayant fui Hambourg dans les années 1930
Quatre-vingt-six ans après en avoir été déchue, une retraitée résidant à New York a décidé de « récupérer » sa nationalité par crainte de dérives de Donald Trump.

Le Monde du 30 avril

L’Allemagne a beaucoup de malheurs, mais peut-être a-t-elle matière à se consoler : en 80 ans, elle est parvenue à faire oublier son passé ? Une leçon ?

Inde éternelle

Il est curieux d’entendre nos ancêtres parler de l’avenir. En 1951, André Siegfried (fils de Jules) revient d’Inde où il a passé plusieurs mois. Il y avait déjà séjourné, en 1900, point culminant du règne britannique.

Que voit-il ? Une fourmilière de 400 millions d’habitants, qui n’ont pas où se loger et dorment dans la rue. Les Anglais sont toujours là, ils occupent des positions stratégiques, celles qui permettent de servir leurs intérêts économiques. Mais cela ne durera pas. Quant à l’organisation héritée de l’empire, elle va certainement se dégrader, car les Indiens n’ont pas les mêmes attentes de la vie que les Occidentaux. Que les trains arrivent à l’heure n’est pas leur préoccupation. D’ailleurs l’Inde, comme les autres pays en développement, ne veut pas du modèle américain. Le sien est soviétique. Certes l’URSS singe les USA, mais elle a retiré de cette culture ce qu’elle avait d’inacceptable. Et l’avenir, donc ? Il est certainement à l’affrontement entre la Chine et l’Inde.

Henri Mendras

Henri Mendras fut un anthropologue de la campagne française. Qu’a-t-il observé ?

Que la paysannerie traditionnelle a été rayée de la carte, pour laisser la place à l’agriculture productiviste, et fournir des ouvriers aux usines. Que la campagne de jadis n’était pas ce qu’on en dit : elle n’était pas spécialement agricole, toutes les activités économiques s’y trouvaient. Que l’on n’est pas malheureux à la campagne, mais à la ville.

Notre gouvernement jacobin aurait-il mis en place un programme qui nous a transformés en citadins salariés ? (En chevilles ouvrières de plans conçus « d’en haut » ?) Serait-il une bonne idée d’inverser ce mouvement ?

Pygmalionne

D’ordinaire, lorsque l’on parle de M.Macron et de l’âge de son épouse, on estime qu’il a voulu revivre la relation qu’il avait eue avec sa grand mère. Un peu comme cela semble avoir été le cas pour Sartre et sa mère.

On m’a fait part d’une idée surprenante. Et si leur histoire avait été celle de Pygmalion, au féminin ?

Aurais-je dû être surpris ? N’est-ce pas le projet de toutes les mères ? (Ou n’était-ce par leur projet : le féminisme moderne n’a plus besoin de pantin ?)

Malraux (bis)

Une seconde chance pour Malraux ? Malraux et l’engagement.

Au fond, Malraux confondait le rêve et la réalité, mais il a probablement était là au bon moment. C’est peut-être cela qui compte vraiment, en définitive ?

Sa préoccupation aurait été la mort, synonyme de néant ? L’engagement était le moyen de donner un sens à la vie. Ce serait l’explication de « la condition humaine ». Et l’art était la trace que laissait l’humanité.

Malraux

Qui était Malraux ? J’écoute une émission qui lui est consacrée. Mais qu’en dire ?

J’ai lu La condition humaine, dans ma jeunesse. Elle ne m’avait pas plu : on y trouvait tout ce qui fait un succès. Des idée « avancées », il était bon d’être sympathisant communiste avant guerre, qui choquent le bourgeois (on y jette des gens dans des chaudières), avec une morale qui fasse croire au lecteur qu’il est capable de penser.

Malraux a été prix Goncourt, fut un guerrier d’opérette, s’est enflammé pour la « culture », a été communiste puis âme damnée de De Gaulle, alcoolique et drogué… ? Un déséquilibré, sans grande substance ? Mais, en dépit de tout cela, aurait-il contribué au sauvetage de débris de notre culture ? Il faut de tout pour faire un monde ?

Vannes

Watergate. Pose de micros, enquête de journalistes, un président tombe. On tourne des films à la gloire des journalistes. Trump enfreint toutes les lois, il ne se passe rien. Où sont les héros ?

Devin Stone turned punchy legal explainers into a YouTube empire. Now he’s warning that the sheer volume of Trump administration scandals is distorting reality itself. http://www.wired.com/story/the-bi…

WIRED (@wired.com) 2026-04-21T10:33:53.201Z

Maison de la culture

Drôle d’homme que ce Malraux. Il inaugure une maison de la culture en province. Comme souvent en ces temps, il me semble faire des généralisations osées. Il souligne, en particulier, qu’ils sont exceptionnels. On entrerait dans l’ère des loisirs. Mais travaillait-on autant que cela, jadis, et Thorsten Veblen n’a-t-il pas parlé de « leisure class » ?

En fait, il semble en avoir eu après « l’usine à rêve » de Hollywood, qui joue sur les instincts les plus viles de l’homme. A l’entendre c’est le pire des totalitarismes. (Hitler et Staline ne seraient, en comparaison, que des apprentis sorciers ?) Et voilà quel était le projet de ces « maisons de la culture », que j’ai toujours trouvées si ridicules, mais aussi du TNP et de tous ses acteurs, qui voulaient diffuser la « grande culture » à un peuple de brutes ? France culture ?

Aurait-il réussi, malgré tout ? Car nous avons bien été envahis par la culture anglo-saxonne, mais il demeure des débris d’une civilisation. Peut-on rêver à une renaissance ?