Géniale intelligence

Enfin un emploi pour l’Intelligence artificielle ?

IMF warns new AI models risk ‘systemic’ shock to finance
Fund says preparations needed for ‘inevitable’ AI-enabled breaches of financial institutions’ cyber defences

Financial Times 7 mai

Il va falloir payer cher pour éviter que l’intelligence artificielle ne détruise le monde ? L’innovation dont rêvait le mafieux ?

Fake it

Fake it until you make it est la devise des USA. En fait celui qui « fake it » correctement n’a même pas à « make it ».

L’intelligence artificielle en est un exemple. C’est une course en avant financée par la planche à billets de la FED. Comme pour les taxis d’Uber, l’espoir est d’installer un monopole, en vendant à perte, et alors de « se refaire ». Que l’on produise un désastre écologique ou que l’IA exploite les failles de l’individu et le détruise, rien de cela ne compte. Le succès, la fin, justifie tous les moyens. D’ailleurs, malheur au vaincu.

C’est la logique du virus. Et le virus a contribué à la vie. Il est partout dans notre génome. Ce qui ne tue pas renforce.

Stress test

Lorsque j’ai vu arriver Trump, j’ai pensé qu’il serait un « stress test » pour nous et pour le monde. C’était le mieux que je pouvais dire. Mais cela semble juste.

La guerre d’Iran et le détroit d’Ormuz sont en passe de révéler des failles invisibles du système résultant de l’ère de la globalisation.

PPE : la pénurie qui enraye toute la tech mondiale
La résine de polyphénylène éther, indispensable aux circuits imprimés, est devenue silencieusement l’un des premiers points de rupture provoqués par le conflit dans le Golfe.

La Tribune du 6 mai.

Quelles vont en être les conséquences ? Impossible à dire. Ceux qui m’en parlent, quelle que soit leur position, en France ou ailleurs, me font penser à cette personne qui tombe d’un gratte-ciel : « pour le moment, tout va bien ».

Tous misérables ?

Mona Ozouf juge les Misérables de Victor Hugo.

J’apprends à cette occasion qu’ils ont été mal reçus par la presse de tous bords. J’avais déjà lu que Flaubert et Baudelaire en avaient la plus mauvaise opinion.

Il semblerait que, comme ce que j’avais noté pour Notre dame de Paris, les Misérables est avant tout une réflexion sur la condition humaine et l’évolution de la société, qui est aussi celle de Victor Hugo, dont la vie a été, quasiment un passage, par étapes, d’un extrême à l’autre.

Cambrone serait le héros de Waterloo. Il symbolise la transformation du monde. A l’ère du surhomme succède celle du sans grade, du misérable. Il n’y a d’ailleurs pas de modèle, de héros de roman, dans les Misérables. Chacun est bien et mal. Et, comme pour Candide, sa vie peut-être aventures extraordinaires, comme celle de Jean Valjean, mais, elle se termine misérablement, à cultiver son jardin, et encore au mieux. Quand à la société, elle passe aussi par des phases dont chacune a ses bons et ses mauvais côtés, qui sont peut-être nécessaires. Pour autant, il n’y a pas de fatalité. Le libre arbitre existe. Et chacun, quoi que misérable, a la responsabilité de pousser l’histoire dans la bonne direction, celle montrée par la Révolution ?

Modèle français

On n’aime pas le dire, mais la France est à l’origine de bien des idées qui secouent le monde. C’est en France que le Bobo a son origine, c’est aussi elle qui a théorisé la liberté par le marché. Aujourd’hui, les Américains semblent découvrir qu’ils se comportent comme nous sous l’occupation.

“The Sorrow and the Pity,” a four-hour documentary from 1969 about Nazi-occupied France, chronicles the way that many ordinary citizens simply lived their lives as if nothing had changed—and the film is more relevant than ever, @dgraham.bsky.social argues. theatln.tc/tzsVJihW📸: Everett Collection

The Atlantic (@theatlantic.com) 2026-04-26T00:15:05Z

Hannah Arent a proposé une explication simple de ce phénomène : la « banalité du mal ». Au fond, c’est une propriété de la raison. Elle nous convainc que l’on minimise ses tourments en collaborant avec la dictature. C’est ainsi qu’Hannah Arendt expliquait que la coopération des Juifs avait permis aux Allemands de les transporter sans difficulté dans des camps d’extermination.

Réformer l’Etat

L’autre jour, un entrepreneur qui avait dû lever des fonds me racontait le parcours kafakaïen auquel l’avait soumis l’Etat et l’Europe, en pure perte.

Ce à quoi je lui ai répondu que l’on ne pouvait rien y faire. Et que chaque pays avait ses maux. Aux USA, il n’aurait pas pu espérer de subventions, par exemple. Il m’a alors appris qu’il avait cherché, en désespoir de cause, de l’argent aux USA et que c’était ce qui lui avait été fatal : un fonds n’avait pas tenu ses engagements.

Pour autant, le dysfonctionnement de l’Etat nous coûte cher. Ne pourrait-on pas le corriger ?

La première chose à faire, selon moi, serait de mettre en place des « boucles de rétroaction » pour quelques « fonctions » importantes de l’Etat. Il s’agirait simplement d’observer ce qui se passe et de chercher comment faire mieux « avec les moyens du bord ». En particulier, je constate qu’un acteur intelligent, par exemple un pôle de compétitivité, « bien dirigé », peut manoeuvrer efficacement l’Etat.

C’est d’ailleurs le principe de France simplification.