Aztèques

Les Aztèques semblent avoir eu une civilisation complexe. Une particularité aurait été qu’ils pensaient qu’elle était condamnée, et que la seule façon de gagner du temps était de faire un grand nombre de sacrifices humains. Peut-être 80.000 en une seule fois.

Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ?

Mais, quand on y réfléchit bien, étaient-ils aussi barbares que cela ? Nos guerres ne font-elles pas bien plus de morts ? de la nécessité du sacrifice humain ?

Massacre

La même histoire, une nouvelle fois. Une carrière passée à redresser des entreprises d’un groupe industriel, la plupart du temps à l’étranger. Des succès remarquables. Je suis admiratif. Et tout ceci se termine par un licenciement : il n’y a plus de place pour vous ! Et cela dit par une entreprise que je connais bien, pour laquelle j’ai travaillé et qui m’avait fait grande impression !

Comment ne pas voir la valeur de telles personnes me demandé-je ? Des usines à redresser, il y en aura toujours ! Sans compter qu’elles ne font d’ombre à personne.

Mais peut-être que l’entreprise « financiarisée » moderne obéit à une autre logique ? Tout n’est que politique ? On ne comprend plus rien au « métier » ? Et, partant, à la finance ?

Esclave du sucre

Quand l’Occident est sorti du moyen-âge et a exploré le monde, il a fait systématiquement voyager les espèces végétales. A cette occasion, on a constaté qu’elles n’étaient pas originellement là où elles pouvaient prospérer le mieux.

Ce phénomène a été aussi à l’origine de l’esclavage tel qu’on en parle aujourd’hui. L’esclavage a toujours existé, mais il se faisait à petite échelle. Or, l’Occident a développé une invraisemblable dépendance vis-à-vis du sucre. Pour cultiver sa cane, il a eu besoin de main d’oeuvre nombreuse. Il s’est mis à faire une traite systématique, quasi scientifique. S’il avait pensé à exploiter la béterave, il n’en aurait pas eu besoin.

Méfions-nous de nos dépendances et de notre paresse intellectuelle ?

Mystère grec

L’histoire aurait changé avec Socrate. Et peut-être pas pour le bien de l’humanité. C’est ce que semble avoir pensé Heidegger. Que s’est-il donc passé ?

Selon Les origines de la pensée grecque, l’innovation présocratique fut la cité, fini le roi de droit divin, la décision est « politique », le débat tranche ; mais, « l’opinion » c’est dangereux ; Socrate survient : il existe une vérité, la raison permet de la trouver. Preuve : le cosmos est parfait et régi par des lois mathématiques que l’esprit bien né peut discerner.

Invention de l’utopie et du totalitarisme, mais aussi de la science ? Science qui finit par se heurter à la complexité du monde et à « l’imperfection » d’un cosmos à l’image chaotique de la vie ?

Le philosophe, sûr d’avoir raison, remplace le roi, qui doit surveiller le peuple comme le lait sur le feu. Un progrès ? Idée éternelle ? La 3ème République a voulu un Etat gouverné par des esprits supérieurs et non par des « descendants », d’où ascenseur scolaire et énarque ?

Ce qui pourrait éclairer les propos d’Hannah Arendt :

Guide

J’entendais un guide dire à une émission de France culture qu’il avait appris son métier des visiteurs qu’il guidait. Le lieu qu’il faisait visiter attirait des savants.

Surprenant ? Les synonymes de « guide » ne sont-ils pas caudillo, ducce, führer, leader, grand timonier, voire berger… Le guide ne doit-il pas posséder un savoir exceptionnel, si possible divin ?

Mais le meilleur moyen d’apprendre n’est-il pas d’enseigner ? Et n’est-ce pas en construisant des maisons que l’on apprend à en construire ? Le savoir inné n’existe pas, il s’acquiert par la pratique. Le guide digne de ce nom est celui qui est curieux, qui apprend de son expérience et sait en tirer des enseignements utiles ?

Abus de faiblesse

Le propre de M.Trump ? Frapper le faible (l’Europe), aimer les forts. Alors qu’il avait déclaré la guerre à la Chine, il est le meilleur ami de Xi Jinping auquel il accorde des droits de douane plus faibles qu’aux autres nations. Il est vrai que la Chine a réduit de moitié son déficit avec les USA.

L’atout de celle-ci, ce sont les métaux rares, dont les USA ne peuvent se passer. Pour autant elle est étonnamment fragile. Son seul espoir est d’écraser le reste du monde sous ses exportations. Quant à son avenir elle le voit dans l’indépendance vis à vis d’un monde qui serait totalement dépendant d’elle ! (Affaires étrangères.)

Une question : la dépendance aux métaux rares tient à la bulle intelligence artificielle et à une transition climatique toute électrique, et si l’une et l’autre étaient une erreur ?

Temps modernes

Un ami me disait s’inquiéter pour l’avenir de ses enfants. Ils devaient passer dix entretiens pour obtenir un CDD de 3 mois et être payés le SMIC, pour un travail de technicien, alors qu’ils avaient un Master. Que les choses ont changé depuis notre temps !

J’ai fait un rapprochement avec un billet précédent.

J’avais été surpris, au début des années 90, d’entendre mes professeurs de MBA affirmer, sans preuve à l’appui, qu’il fallait vider les entreprises de leur argent pour le donner au marché, qui l’allouerait parfaitement comme chacun savait. Le billet précédent semble dire qu’un mécanisme d’essorage a aspiré les ressources de la nation pour les donner à une minorité « bien placée ». Comme souvent ses effets dépassent l’entendement ordinaire : qui aurait pu penser qu’il puisse inverser le fonctionnement des banques centrales ?

Ne faut-il pas y voir le principe de la fameuse « supply chain » ? La société s’est organisée en « supply chain », la plupart d’entre-nous sont au bas de l’échelle, ils sont des ressources ; d’autres sont des courroies de transmission ; les derniers récoltent l’argent qu’elle produit ? Toute la logique du dispositif est d’en extraire le maximum ?

Mystérieux phénomène « d’aliénation » à la La Boétie ?

Petite bête

Il est reposant d’entendre parler de la nature. Surtout lorsqu’il s’agit d’une nature de ville. Ainsi Paris abrite-t-il toute une faune et une quantité d’insectes. Et tout cela entretient une forme d’équilibre bienvenu. Seulement, l’observer c’est aussi découvrir qu’elle n’est que violence. Chacun y est proie et prédateur.

Pour autant, elle semble apaiser l’homme. Rien de mieux que la pêche, par exemple, pour transformer un vaurien en passionné de ladite nature, et en bon citoyen. (Emission de France culture la nuit : cherchez les petites bêtes.)

Voilà qui peut paraître choquant à un écologiste. Mais peut-être n’y a-t-il pas de véritable amour de la nature sans acceptation de sa nature propre, qui est celle d’un tueur ?

Anti voyage ?

Les hasards de wikipedia me font m’intéresser au MV Hondius, dans lequel s’est déclarée une épidémie. Le virus, un de plus passé de l’animal à l’homme, est dit peu dangereux, mais il se propage vite (il a suffi qu’une victime passe 45 minutes dans un avion pour contaminer au moins deux personnes), et l’on a peu de chances d’en réchapper. Le premier atteint avait 70 ans, il venait de passer plusieurs mois à parcourir le Chili, l’Uruguay et l’Argentine et s’apprêtait à visiter l’Antarctique pour un voyage coûteux. Profil type du groupe de personnes qui a profité de la globalisation, riche, dynamique, aimant la nature et ayant, plus généralement, des idées « socialement avancées » ?

Et si ce virus sonnait le glas du tourisme « aventureux » qu’aimait ce milieu favorisé ?

Essorage Ponzi

La France subit un phénomène de concentration du pouvoir économique. Certes, direz-vous. Mais soupçonnons-nous sa nature et ses implications ? La franchise est une concentration, par exemple. Maisons de retraite, santé, éducation supérieure… la concentration est partout, à commencer par ce qui était jadis public.

Cette concentration éloigne les centres de décision des territoires et peut-être du territoire. Elle résulte d’une croissance effrénée par acquisitions et endettement massif favorisé par des taux bas, une politique agressive de création monétaire et les encouragements des Etats. D’où gigantesques fortunes, qui auraient quelque-chose de Ponzi… La France, une fois n’est pas coutume, serait à la pointe de ce phénomène.

« De l’ordre de 100 000 sociétés sont en fait des filiales des 7 000 principaux groupes. Ceux-ci ne représentent que 0,15 % des 4,5 millions d’entreprises françaises, mais 54 % des emplois privés. Ils assurent les deux tiers des chiffres d’affaires et 58 % des valeurs ajoutées. Ils portent l’essentiel de l’export, de la R&D, de l’investissement. »

Antidote ? « La structuration d’écosystèmes territoriaux bien organisés, avec un capital-investissement régional puissant, des réseaux d’entreprises solidaires, me semble seule en mesure de tempérer les mouvements de concentration et de financiarisation actuels. »

Mais en attendant ? Edifice précaire en des temps incertains ? Combien de temps encore ces conglomérats auront-il envie de faire travailler le Français ? Plus curieux, peut-être : leur principe ne serait-il pas « d’extraire la valeur » de notre pays pour l’envoyer « ailleurs » ?…

Passionnante étude de Nicolas Portier pour la Banque des Territoires.