Qui était Jürgen Habermas ? Il serait peut-être temps de se le demander, alors qu’il vient de mourir.
Une fois de plus, je constate qu’il est difficile de se faire une idée d’une oeuvre en écoutant des émissions de radio. Peut-être faudrait-il la lire ?
Je retiens (à tort ou à raison) qu’il aurait voulu trouver le moyen de faire « marcher » les grands principes qui ont enflammé l’Occident depuis les Lumières (brillantes en Allemagne), en particulier la raison et les droits de l’homme. (D’ailleurs, il faisait partie de l’école de Francfort, école de la « philosophie critique », la critique étant un mot d’ordre des Lumières.) Je soupçonne qu’ils ont été victimes de la tentation de l’absolu, alors qu’il aurait fallu chercher une sorte de juste milieu pragmatique. Et que là était son projet. Une façon de dire, aux philosophes français de l’époque, qui accusaient la raison de totalitarisme, « et pourtant elle tourne », à la façon de Galilée ?
Une idée importante ? Il semble avoir pensé que l’on pouvait trouver les « bonnes solutions » aux questions les plus vitales, par le débat au sein de l’espace public. La raison n’est pas individuelle, mais collective. (N’est-ce pas aussi l’idée des Grecs, au moins de certains d’entre eux, et le sens original de « politique », de polis, cité – trouver ensemble ce qui est dans l’intérêt général ?).
Seulement, l’intérêt individuel (cf. les manipulations des divers lobbys) déforme ce débat. Comment parvenir à faire de l’humanité un « ordinateur social » producteur dépassionné d’intérêt général ? La véritable raison ?