OTAN

Quel est l’avenir de l’OTAN ? (Affaires étrangères.)

Etrangement, les dirigeants européens ne semblent pas encore avoir renoncé à la protection américaine. Qu’est-ce que cela peut bien révéler de ceux qui nous gouvernent ? Autre nouvelle, en dépit de ce que l’on entend de la Turquie, elle semble bien tirer son épingle du jeu. Son industrie de l’armement est puissante et elle a éjecté la marine russe de la mer noire.

Je crois que le retrait de Trump est l’inverse de ce qu’il braille : l’Amérique n’est plus une grande puissance. Elle se rétrécit. Et c’est une chance pour l’Europe qui va devoir sortir de son infantilisme. Et concurrencer l’Amérique sur le marché de l’armement. Un marché juteux, à condition que l’on n’en utilise pas les produits.

Les USA ne veulent pas soutenir l’Europe, pas plus qu’elle ne veut accompagner son aventurisme. Suis-je prêt à entrer en guerre pour soutenir un de ses membres s’il est attaqué ? Voilà le critère d’appartenance à l’OTAN ? Quant à sa mission ? La défense de la démocratie ? Car, c’est bien ce que veulent abattre Russes et Chinois. Ce qui fait que l’on y inclut des éléments de rempart, Ukraine et Turquie, par exemple. Ne faudrait-il pas y ajouter aussi des pays tels que le Canada, le Japon, voire Taiwan, qui occupe une position critique dans nos approvisionnements ?

Infantilisme

La table ronde du Commissariat au plan (un billet précédent) s’interroge sur la façon de donner aux Français l’idée d’avoir des enfants.

Faut-il que l’Etat s’empare du sujet ? Non ! Sa communication suscite la « méfiance », provoque la « lassitude ». Cela tient à sa pratique de « l’injonction infantilisante ». Bien plus efficace serait une série Netflix !

Lorsque j’écoute ce qui se dit, je me demande s’il n’y a que l’Etat qui soit adepte de cette pratique. Une question à se poser : mon propos ne serait-il pas « une injonction infantilisante » ?

Bruay en Artois

Dans mon enfance, j’ai entendu parler de « Bruay en Artois ». Mais ce n’était guère plus qu’un mot. L’émission consacrée à Serge July me l’a remis en tête. De quoi s’agissait-il donc ? J’ai enquêté. Du moins, j’ai lu ce qu’en disait wikipédia.

Sacrée affaire ! On retrouve le cadavre d’une jeune fille. Immédiatement, on accuse un notaire. Le juge décide qu’il n’est pas bon que l’instruction soit secrète. Serge July en fait un combat personnel. La culpabilité est évidente : le notaire a construit une belle maison, au milieu des corons, qui ne le sont pas, dit-il dans son interview. Les meilleurs avocats offrent leurs services aux parents de la victime.

Finalement, le prévenu doit être relâché, faute de preuves. Rebondissement, un jeune homme passe aux aveux. Et, lui, donne des preuves convaincantes (il indique où il a caché les lunettes de la jeune fille). Nouveau rebondissement : les parents de la victime demandent à leur avocat de le défendre. Cet avocat doit avoir beaucoup de talent, car il le fait relâcher pour « preuves insuffisantes ».

L’erreur est humaine, mais je n’aimerais pas être Serge July, et avoir une telle affaire sur la conscience.

Mais la répéter ? Curieusement, le cinéma s’est emparé de cette histoire, dénonçant, film après film, la culpabilité du notaire et de la bourgeoisie locale.

Jules Vallès

Il y a quelque-chose de curieux, en France, nos grands personnages se rêvent littérateurs, alors que ce sont des anarchistes tels que Proudhon, Elisée Reclus, Jules Vallès qui possèdent un talent naturel.

Vallès ne fut-il pas un saint laïc, d’ailleurs ? C’était un révolté, au sens de Camus. Quelqu’un qui ne pouvait supporter l’injustice. Il a crevé de faim, joué sa vie sans cesse, été fidèle en amitié, même lorsqu’il désapprouvait, à juste titre, ses amis, et tenu bon, jusqu’au bout. Et peut-être qu’il a bien servi la cause qu’il défendait.

(France Culture.)

Choc démographique

Le Commissariat au plan se penche sur le « choc démographique ». Il organisait un débat sur la question.

La France fut une exception. Mais son taux de fécondité s’est effondré, depuis 2010. Il ne permet plus le renouvellement de la population. Le phénomène est général. Les taux de fécondité diminueraient dans 185 pays sur 195.

Les écoles et les universités se vident, les EPHAD se remplissent (il devrait y avoir plus de personnes de plus de 70 ans, dans quelques années, que de jeunes de moins de vingt ans). Pénurie de ressources humaines dans les entreprises.

Que faire ? Il était question de « fertility gap ». Les femmes désireraient 2,3 enfants en moyenne, qu’est-ce qui les empêche de les avoir ? Comme souvent, c’était trop facile ! Un invité mettait en doute ce résultat. En tous cas, la question semble économique. L’augmentation du prix de l’immobilier et la baisse des salaires des jeunes font qu’ils ne parviennent à l’autonomie que vers la trentaine. Or, plus tôt on a un premier enfant, plus il y a de chances d’en avoir d’autres. Il semble aussi qu’un enfant, quel que soit son numéro, soit un gros investissement.

Et l’âge des retraites ? Il se pourrait que la France soit l’unique pays qui ne parvienne à légiférer sur la question.

On a assez peu parlé d’immigration. Sinon qu’il faudrait faire venir des personnels qualifiés.

Quant aux robots utilisés par les Japonais pour aider les personnes âgées, ils demandent plus de personnel qu’ils n’en remplacent !

Les universitaires du management parlent de « burning platform », quand une plate-forme pétrolière est en feu, ceux qui s’y trouvent attendent le dernier moment pour sauter à l’eau. Notre histoire ?

Serge July

Serge July n’est-il pas, comme tous ceux qui ont fait 68, une illustration des notaires de Jacques Brel ? Un pourfendeur de la bourgeoisie, qui finit gros bourgeois. Une émission lui est consacrée.

C’est le fils d’une mésalliance entre un X-Mines et une couturière, qui devra attendre la mort de ses parents pour rectifier sa situation. C’est surtout un leader syndicaliste étudiant, le meilleur des ascenseurs sociaux. Puis un meneur de 68, qu’il analyse avec pertinence. Puis arrive Libération. Il rencontre les mêmes difficultés que les autres patrons de presse : sous capitalisation. Une malédiction. Si bien qu’il fait appel au capitalisme (mais bien pensant) pour se maintenir à flots. Au moment de l’émission, il s’interrogeait sur les maux de la société. On ne parvenait pas à se débarrasser du Thatchérisme. Il n’avait rien contre le libéralisme, au contraire, mais il fallait bien avouer qu’il avait des conséquences regrettables.

Réjane

Mort où est ta victoire ? Réjane fut l’égale de Sarah Bernhardt, seulement, qui s’en souvient ?

(« Réjane, c’est Paris, c’est le Gavroche de Paris, c’est la grâce, le sourire, et la tendresse et le caprice… » France culture.)

En ces temps, les acteurs étaient des artisans de génie. Des talents innés qui s’étaient forgés par un long apprentissage. On n’avait pas encore inventé le diplôme.

Extraordinaire

Maud Bregeon – porte-parole du gouvernement et ministre de l’Energie
Episode de canicule : « L’extraordinaire va devenir l’ordinaire » affirme Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement

RadioFrance

Curieux. Depuis des années, on nous assène qu’il y a un changement climatique, et pourtant, dès qu’on tend un micro à qui que ce soit, il se croit obligé de le répéter, comme s’il était un être supérieur face à des ânes. Et, ce, en utilisant des « éléments de langages » usés, comme s’il était le premier à le dire !

Et si l’imbécile c’était lui ? Et s’il s’adressait à des gens qui ont compris depuis très longtemps son message, mais sont confrontés à des problèmes que, lui, ne comprend pas ?

S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche… disaient les êtres supérieurs d’un autre temps.

Eternelle Amérique

Affaires étrangères fêtait le quart de millénaire des USA. Triste anniversaire ? En réalité D.Trump n’est pas aussi erratique qu’on le dit. Il représente les valeurs originelles des USA.

En cela, il ressemble à George W. Bush ou à Ronald Reagan, ou encore à Hoover, lors de la crise de 29, qui laissait faire.

Ce sont aussi des valeurs WASP. La démographie américaine ne les condamne-t-elle pas ?

Paradoxe

Quand j’enseignais, j’avais trouvé un moyen de présenter ce que je considère comme la méthode fondatrice des sciences humaines : le paradoxe.

Je demandais à mes élèves ce qu’il leur était arrivé de trouver « bizarre », comment il l’avait interprété, et s’il n’y avait pas une autre façon de voir les choses.

La bizarrerie révèle une différence entre ce que l’on dit et ce que l’on fait. Ce que l’on dit est influencé par des sortes de tabous sociaux, alors que nos comportements suivent des règles inconscientes. Ce sont ces règles qui sont les codes du changement : en les utilisant on transforme les sociétés. La bizarrerie révèle leur présence. Il reste à les décrire.

Mais, l’affaire ne s’arrête pas là. La façon dont nous décodons la bizarrerie révèle, aussi, nos a priori inconscients. Et ceux-ci sont souvent faux. D’où l’intérêt de se demander si notre interprétation immédiate est unique.

Si j’ai toujours tort, cela vient de ce que je m’en tiens souvent à cette première interprétation.