Gombrowicz

Quelle est la gloire littéraire ultime ? Faire l’objet d’un autodafé. C’est ce qui est arrivé à Gombrowicz, qui fut rayé des programmes de l’instruction publique par un récent gouvernement polonais.

Qu’est-ce qui a bien pu produire l’ire polonaise ? Difficile de le savoir, en écoutant Une vie une oeuvre. A moins que cela tienne a ce que paraissait être Gombrowicz : un homme libre. Influence pernicieuse ?

Betting the farm

Le capitalisme américain à son meilleur.

La fuite dans une spéculation de plus en plus créative.

2 annonces du Financial Times, le 2 février dernier :

SpaceX buys xAI in $1.25tn deal to unite crucial parts of Elon Musk’s empire
Rocket company boosts valuation to $1tn and pays $250bn to acquire AI start-up as Musk envisions data centres in space

Oracle raises $25bn in bond offering despite concerns over rising debt
Company’s huge bet on AI has prompted investor concerns about the sustainability of its spending

(Un tel phénomène serait-il possible chez un peuple un peu plus évolué ?)

Post scriptum

Big Tech’s ‘breathtaking’ $660bn spending spree reignites AI bubble fears

Financial Times du 6 février

Big Tech groups race to fund unprecedented $660bn AI spending spree
Executives face choice between cutting returns to shareholders, raiding reserves or tapping the markets

Financial Times du 8 février

Travail en miettes

De temps à autre il est bon de faire un bilan. Il y a quelques années, on a annoncé que l’on allait libérer les forces de l’entrepreneuriat, pour le bien de l’humanité. Résultat : une surprenante précarité.

Faut-il chercher beaucoup plus loin les raisons du succès du « populisme » ?

En tous cas, ne serait-il pas utile que nos grands hommes se penchent sur les conséquences de leurs actions ?

Du recul du salariat à l’essor du microentreprenariat, comment la fragmentation du travail nourrit la précarité
« L’emploi morcelé » (1/5). CDD, temps partiel subi, plateformes… plus d’un travailleur sur quatre subit aujourd’hui une forme de précarité. Un phénomène qui retarde l’indépendance des jeunes, fragilise le collectif de travail et alimente l’abstention électorale.

Le Monde du 2 février

Heureux comme le diable aux USA ?

Le diable se serait transformé au Moyen-âge. Jusque-là c’était un « bon diable » que l’on pouvait berner. Mais cela n’a pas plu à l’église, qui ne pouvait admettre que chacun puisse à la fois avoir du bon et du mauvais. D’où un effet curieux : l’Occident s’est mis à convertir l’infidèle à tour de bras, de peur que le jour du jugement dernier il ne passe en masse à l’ennemi.

Mais le diable n’est plus à la mode. Alors il s’est réfugié aux USA.

Concordance des temps.

Golda Meir

Golda Meir fut la femme de fer originale. Elle avait bien des caractéristiques de Margaret Thatcher : une détermination que rien ne fait plier, mais aussi une surdité certaine. Comme Mme Thatcher, avec la guerre des Malouines, elle n’a pas vu venir celle du Kippour. Mais, alors que ses généraux étaient désemparés, elle a pris en main les événements. Contrairement à Margaret Thatcher, elle a dû ensuite démissionner.

Elle était travailliste, mais partageait le nationalisme du Likoud. D’ailleurs, elle aurait été fatale à son parti, le peuple lui reprochant son élitisme ashkénaze.

Voilà ce que je retiens de Golda Meir, de l’idéal socialiste à la realpolitik israélienne.

(Mon vernis culturel me faisait penser qu’elle était un modèle pour le féminisme international et une gloire pour Israël, alors que je crois comprendre qu’elle y est haïe.)

Miracle à l’Elysée

Dépêchons-nous d’écrire avant le prochain accident ? Je trouve que le gouvernement mérite des félicitations. Certes il n’a entamé aucune grande transformation, et nous sommes gros Jean comme devant. Mais il a réussi ce qui semblait impossible à la France, jusque-là.

D’abord, il cherche le compromis. De Gaulle et beaucoup d’autres croyaient que cela était incompatible avec la culture française ! Tremblement de terre.

Ensuite, avec M.Macron, pour la première fois dans l’histoire, nous avons un président qui comprend les codes de conduite internationaux, et qui ne met pas mal à l’aise ses collègues.

Un bonheur n’arrivant jamais seul, j’ai lu qu’il s’entendrait bien avec M.Lecornu. Ce qui est peut-être le plus grand miracle des trois.

Fortune carrée

Un livre lu il y a près d’un demi siècle. Aucun souvenir. Curieux roman. Un premier personnage apparaît, puis disparaît. D’autres surviennent. L’histoire semble artificielle.

Aventures dans les années 30 autour de la mer rouge. Un des personnages est Henri de Monfreid. Et il me semble bien avoir déjà lu une partie de ce qui est raconté ici dans ses mémoires.

Mais ce livre est beaucoup moins intéressant que ceux de Monfreid. Une fois de plus une belle histoire vraie est gâchée par un sentimentalisme regrettable.

Il faut bien gagner sa vie ?

(Un livre qui choquerait les sensibilités modernes ? L’aventurier européen est respecté, parce qu’il se fond dans les cultures locales, qui consistent, entre autres, à s’étriper et à faire le commerce d’esclaves.)

Thelma et Louise

Relecture de l’argument de Thelma et Louise, film que j’ai dû voir à sa sortie.

Je pense qu’on ne peut le comprendre si l’on ne connaît pas l’Amérique. L’Amérique est un pays de pauvres. Il est riche de bien matériels, synthétiques, fast food ou autres, mais ses habitants sont curieusement frustes. Il n’y a peut-être que le peuple anglais qui s’en approche. Car l’élite anglaise est intellectuellement bien plus sophistiquée que l’américaine.

Le propre de l’Amérique est de ne pas avoir de culture ? Peuple d’individus, une innovation ? Pour un anthropologue, il n’y a rien à étudier ?

Nietzsche de Zweig

Nietzsche comme on ne le raconte jamais. Un texte approuvé par Freud.

D’ordinaire on disserte doctement sur le sens des travaux de Nietzsche. Nazi ? Anti-nazi ? Nihiliste ? Humaniste ? On s’interroge sur sa folie. A-t-elle affecté son oeuvre ? Y avait-il anguille sous roche ? etc. Mais personne ne parle de ce que fut réellement la vie de Nietzsche.

Ici, on voit un Nietzsche quasi aveugle, malade des nerfs, qui se drogue pour dormir, ce qui le détraque… Seulement ce calvaire produit, en réaction, une pensée extraordinaire, qui le fait croire en sa force. Une pensée qui avance en détruisant ce qu’elle a fait, et qui aliène tous ses amis. Elle produit de plus en plus et de plus en plus vite. Jusqu’à ce qu’il sombre dans le néant, au moment où il croit atteinte la pénétration ultime.

Comment interpréter l’oeuvre de Nietzsche, alors ? « La grandiose indépendance de Nietzsche n’offre par de doctrine. » Révolte d’un « Alexandre le grand » de la liberté contre une humanité de moutons qui se dirige en bêlant vers l’abattoir (en l’occurence, 25 ans plus tard, la guerre de 14) ? « La liberté est toujours le sens ultime de Nietzsche. »

L’héritage de Nietzche ? Sa vie, non son oeuvre ?

Enantiodromie

Comment l’aventure Trump va-t-elle se finir?

Si nous sommes encore là pour en parler, il se pourrait qu’en bonne application de la systémique, elle donne le contraire de ce qu’esperait Trump.

On commence à se dire que l’on ne peut pas compter sur les USA et qu’il serait bien de chercher d’autres fournisseurs.

talk of strategic decoupling has expanded beyond military and defense, with German politicians discussing ways to reduce dependence on the U.S. in areas ranging from gold storage to policing software and American liquefied natural gas.

politico Berlin bulletin